La France qui travaille, justement…

J’ai eu de nouveau l’audace d’aller bafouiller ça sur le répondeur :

« José Bové ? Mais est-ce bien sérieux ? »

« Pourquoi pas revenir au Moyen-âge tant que vous y êtes ? »

Eh oui, il y a un discours assez méprisant, de la part des médias et des acteurs économiques ou politiques invités à s’exprimer sur les comités dits antilibéraux. Et dès que l’on approche les milieux professionnels, les PME, les TPE, les indépendants, les professions libérales, les artisans et les commerçants, ce discours méprisant devient parfois totalement irréaliste [ surréaliste ? Fallacieux ! ].

J’avais déjà laissé un message dans ce sens sur le répondeur, j’espère que vous allez diffuser celui-ci s’il est audible.

Le véritable projet de société qui est sous-tendu dans les valeurs portées par les comités antilibéraux, avec aujourd’hui José Bové comme porte-parole, n’est pas cette caricature de pseudo-communisme (j’ai bien dit pseudo) d’un autre âge bien sûr qu’ils ont de fortes affinités à gauche ou à l’extrême gauche, puisqu’ils veulent remettre l’humain et la justice sociale au cœur de la société. Mais si les membres de ces comités n’étaient réduits qu’à cette proximité de valeurs, comme on l’entend et on le lit ici où là, ils auraient rejoint depuis longtemps les partis comme le PC, la LCR ou Lutte Ouvrière.

Non, les gens qui s’investissent dans ce mouvement veulent justement sortir des clans et remettre à plat certains fondamentaux de la société, des valeurs qui nous animent quotidiennement. Alors, je sais bien que l’on lit ici ou là qu’il faut « bouffer du patron », mais il faut aller au-delà de cela.

Il y a beaucoup de propositions discutées, et parmi certaines je voudrais revenir, si vous le permettez sur quelque chose qui me paraît très important surtout quand on se sert toujours des arguments dits économiques pour tirer toute la société vers le bas : En quoi cela devrait-il particulièrement, selon moi, intéresser les PME, les TPE, les indépendants, les artisans, les commerçants, etc. Ainsi que les agriculteurs et les élus locaux ?

C’est que l’un des points clés, l’un des éléments fondamentaux au coeur de ce projet de société, c’est de redonner au local sa place fondamentale. C’est de faire en sorte, pour des raisons sociales comme écologiques que les circuits de production et de consommation, soient les plus courts possibles.

Ça veut dire par exemple que pour se nourrir, il faut commencer par le local, par son voisin paysan, par son voisin artisan… En leur payant un juste prix pour leur permettre de vivre de leur travail.

Ça veut dire par exemple consommer des produits qui au lieu d’être fabriqué par des enfants en Asie dans des conditions abominables, seront fabriqués en France par exemple, par des PME et dans des conditions respectueuses des travailleurs et de l’environnement.

Et ça ne serait pas forcément plus cher puisque les délocalisations, « grâce » à l’économie du tout pétrole, ont pour principale raison l’augmentation des marges pratiquées par notamment les réseaux de la grande distribution, et pas simplement le coût du travail comme certains le martèlent dans les médias.

Cette logique n’est pas raciste ou xénophobe, en référence à un certain parti qui prône d’autres valeurs qui n’ont rien à voir, et avec lequel certains observateurs tendancieux s’empressent de faire l’amalgame. Tout cela n’est juste qu’une question de bon sens.

Parmi les réformes fondamentales pour ce projet de société, on trouve aussi la réforme des marchés publics et la réforme de la sous-traitance : ces deux réformes sont le véritable bol d’air dont les PME, les sociétés de service et les artisans ont justement besoin (et qu’on peut opposer au bol d’air vicié de M Parisot), Pourquoi ?

Parce que ces réformes visent notamment à casser la logique du moins-disant, et à redonner un véritable statut aux salariés de ces petites entreprises, ce qui va forcément apaiser le cauchemar que vivent nombre de petits patrons, qui se retrouvent dans une position intenable à devoir presser comme des citrons leurs salariés (et eux-mêmes !) pour justement répondre à cette logique du moins-disant.

Bon d’accord y’a aussi des patrons voyous, je sais, mais y’a aussi des patrons qui voudraient dormir la nuit sur leurs deux oreilles, dans un monde véritablement plus juste. Et ceux-là, je m’adresse à eux, ils devraient sortir du bois et s’investir en tant que tels dans la campagne de José Bové.

Voilà, merci à toute l’équipe.

Union sacrée du Mépris Populiste et de la Gauche Casa ?

Depuis des décennies, nous avons droit à un dialogue de sourds entre d’un côté des individus et des groupes fortement préoccupés par le sens de la vie et la nécessité de limiter notre impact sur l’environnement, et de l’autre une machine infernale souverainement méprisante, qui a toujours ricané avec mépris, traitant les premiers d’idéalistes, de doux rêveurs, de doux dingues, d’incompétents, bref, de gens pas sérieux qui feraient mieux de se réveiller.

Et de fait, malgré les petites propositions disséminées çà et là pour faire bonne figure, force de constater, que le pli, est bien loin d’être pris : obnubilé par les méthodes d’analyses économiques les plus « sérieuses » et les plus « réalistes » nos professionnels de la candidature naviguent à vue au grès de sondages pilotés par les marchands du temple.

Quand bien même une étude de leurs pairs leur démontre que le mur est en face et que même d’un point vu économico-marchand, que cela n’est pas viable à court terme, le calcul partisan à très court terme reste plus fort.

Alors attention, là c’est sérieux hein. Là faut arrêter de faire les enfants et se serrer les coudes ! Allez hop, tout le monde d’accord… Je ne veux rien voir qui dépasse.

Nicolas Hulot :

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« Personne ne peut se sentir immunisé contre les conséquences des désordres économiques et climatiques, donc chacun devra prendre sa part de responsabilité. C’est ben l’esprit du Pacte écologique : qu’est-ce que l’on peut faire individuellement et collectivement, parce que la chose qu’il faut que nous sachions ensemble : d’abord, c’est complexe, c’est grave, c’est imminent et certains de ces phénomènes sont déjà amorcés, et que personne ne peut se sentir là où il est par un statut géographique économique et politique immunisé contre les conséquences de ce désordre. [… ] Nous n’avons que deux choix : ou nous laissons le temps nous dicter la mutation et ce sera tragique pour tout le monde, à commencer comme d’habitude par les plus démunis et les pays du sud, ou nous décidons, nous, notamment les pays du nord, d’opérer cette mutation parce que nous sommes sommés de changer, et c’est à nous de faire jaillir, ensemble, et pas séparément, parce qu’on peut pas se payer le luxe, une société ou économie et écologie soient compatibles, et nous avons la possibilité de le faire… Je ne suis pas convaincu que dans trente ans, ça soit encore à l’échelle de l’humanité. »

Il n’est pas si loin (est-il seulement révolu ?) le temps où les élus, les responsables « très sérieux » du monde de l’entreprise, des affaires, se plaisaient à ricaner en considérant de haut les « écolos ».

Aujourd’hui, tout le monde parle d’écologie, de développement durable… Nicolas Hulot a lancé son Défi pour la Terre et son Pacte Écologique, le rapport Stern (qui compte ce qui n’intéresse que ceux qui comptent, et surtout pas des vies) révèle le coût économique que représente le mur vers lequel les industries nous précipitent depuis des lustres. Les élus se mettent à tenir des discours responsables, durables, écologiques ?

C’est tendance, et de gauche à droite, le discours sur l’environnement se fait de plus en plus présent. Et il ne faudrait pas politiser ? Que l’écologie transcenderait le clivage gauche droite ?

Ben voyons !

Nicolas Hulot :

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« Pardon, mais compte tenu de l’envergure, de l’échelle des enjeux, il me semble que l’on doit dépasser cela, et c’est tout l’esprit du pacte écologique, c’est qu’il faut qu’il y ait une espèce de surenchère de propositions. [… ] Le premier devoir des politiques, c’est d’acter ensemble, que cet impératif est là, et de dire que nous avons aujourd’hui probablement des solutions… »

Nous n’avons pas besoin d’un monsieur météo pour nous dire le temps qu’il fait dans notre jardin : pas besoin d’avoir fait l’ENA, HEC ou Harvard pour simplement ouvrir les yeux et contempler l’état social et environnemental du monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Ceux qui depuis des décennies alertent les médias et les politiques sur l’état du monde n’ont pas souvent été du côté du marché et de l’industrie, c’est un peu insultant de faire semblant de l’oublier.

Nathalie Kosciusko-Morizet :

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« Moi comme responsable de l’écologie dans mon parti, engagé dans l’écologisation de mon parti, parce que je suis convaincue de ce que disait Nicolas Hulot tout à l’heure, à savoir que le temps des alibis, des petits partis écologistes, spécialisés, à côté du grand parti de gouvernement, qui ne travaille pas sur lui-même, qui ne travaille pas sur le sujet et qui fait seulement une petite plate-forme à l’occasion d’une élection est fini. Et je crois, que nous avons essayé de faire ça depuis 2002, qu’il faut écologiser, notamment l’UMP, qui est mon parti […] C’est pas plus difficile à droite, je crois que la droite, la droite comme la gauche, on longtemps eu la démarche de ce petit parti alibi [… ] et nous avons choisi nous de travailler, et nous le montrons par exemple, avec le projet de l’UMP qui est sorti, qui est très solide sur toutes les questions écologiques et propose une véritable révolution écologique [NDR : à voir absolument, quelle rigolade, on finirait presque par croire que ce sont des altermondialistes ! ] , ce qui n’est pas du tout le cas du projet du PS. »

On remarquera donc la présence des deux leaders politiques du moment (exit les autres, pas invités) que sont Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui ont effectivement acté de l’importance du sujet, et qui ont tenu par leur présence sur ce plateau et dans leurs prises de position dans les médias à mettre en avant leur vision de l’écologie !

La droite, avec ses idéologues, ses entrepreneurs, ses capitaines d’industrie, ses banques, ses financiers, ses traders, ses milices, ses armées, ses industriels, ses lobbies, ses paradis fiscaux, n’a jamais eu cure des humains, des êtres vivants, de l’environnement. Et il faudrait maintenant détourner le regard critique contre le capitalisme à la papa, le libéralisme, les marchés financiers et les industries criminelles pour « dépasser le clivage gauche droite » au nom de l’écologie ?

Bien sûr de nombreux idéologues, fanatiques, dictateurs ou manipulateurs qui se prétendaient de gauche ont aussi participé à la destruction massive de l’environnement, mais étaient-ils vraiment de gauche ?

La philosophie qui sous-tend l’écologie ne peut pas être de droite, elle s’oppose aux fondements même des valeurs de droite (élitisme, productivisme, croissance infinie, illusion que seule la science sous contrôle peut résoudre tous les problèmes, etc.).

D’ailleurs, c’est bien connu, c’est de la faute aux écolos-cocos-gauchos, et pas de l’économie libérale, qu’il y a eu Bhopal, L’Amoco Cadiz, l’incendie du tunnel du mont-blanc, les guerres du Congo, les cancers de l’amiante, les morts et les milliers de contaminés d’Abidjan…

L’écologie ne peut pas s’accorder avec des valeurs qui priment les intérêts individuels, qui se conforment à des méthodes convenues et conservatrices, avec un renoncement du type que le meilleur gagne, quel qu’en soit le prix, et tant pis pour la casse, il n’y a pas de place pour tout le monde.

Jacques Attali :

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« Pourquoi Nicolas Hulot n’a pas trouvé nécessaire d’être à la tête du combat pour la constitution européenne, au moment ou elle a été en débat puisque que c’est pas la constitution européenne qu’on aurait pu créer l’instrument européen qui aurait permis aujourd’hui de se battre sur ce problème, comme sur d’autres, à l’échelle de l’Europe [NDR : donc Jacques Attali n’a pas lu la constitution, bel effort !] et non pas comme aujourd’hui on doit le faire malheureusement, à cause de l’échec de la constitution européenne, à l’échelle nationale. [… ] Je me méfie toujours d’une pensée unique, et je ne voudrais pas que la pensée unique monétaire soit remplacée par une pensée unique écologique. Il y a beaucoup d’autres problèmes à 50 ans devant nous, celui-là en est un, l’humanité est comme un équilibriste qui peut tomber à gauche, si j’ose dire, dans le vide de l’écologie, et puis tomber à droite dans le vide de la violence. »

Notons donc que, pour Jacques Attali, une fois encore, si les Français ont rejeté le projet de constitution, ce n’est pas parce que c’était un fourre-tout abscon qui gravait dans le marbre une économie débridée, productiviste et inhumaine initiée par les traités précédents, mais parce qu’ils sont décidément trop cons et irresponsables. Oui, on reconnaît bien là le PS méprisant de François Mitterrand : « Salauds de pauvres » devrait-il conclure !

La gauche façon PS, gauche Caviar que l’on devrait plutôt renommer gauche Rabat, ou gauche Casa* (…blanca) est blindée niveau écologie avec ses bobos qui vont exploser leur bilan carbone pour passer des vacances très simples dans un pays authentique

Belle, la gauche cling-cling (du bruit des bijoux quand ils applaudissent Nicolas Hulot) incapable de proposer autre chose que de se vendre au marché, en promettant de mettre quelques bouts de pansements ça et là sur les béances purulentes d’un monde en pleine autodestruction.

Jean Louis Bianco :

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« Je crois qu’il faut rendre hommage aux Verts, ils ont joué malgré leurs limites un rôle historique de précurseurs, mais je crois que pour le parti socialiste il est hors de question, en tout cas depuis un certain temps, de sous-traiter l’écologie à qui que ce soit, on doit prendre nos propres responsabilités. Et notre projet a été adopté avant que Nicolas Hulot ne se manifeste […] et que dit ce projet, ce projet dit qu’on est dans une impasse climatique, qu’on est obligé de changer, ce projet dit que le développement durable peut être aussi une source de croissance économique […] nouveaux par rapport aux moteurs traditionnels qui existent, qui sont l’innovation, la recherche l’éducation ou le pouvoir d’achat. »

Pouvoir d’achat ????

Le travailler plus pour gagner plus façon PS s’appelle pouvoir d’achat. On va augmenter le SMIC pour tous aller pousser nos chariots dans les grandes surfaces, qui, comme chacun le sait, sont les leaders en matière d’environnement…

Nicolas Hulot :

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« C’est quoi l’équation : dans une société qui jusqu’à présent était dans le culte de la croissance quantitative, comment fait-on pour que d’un côté, nous ayons une continuité de la croissance économique avec une répartition encore plus équitable des richesses, mais en organisant la décroissance d’un certain nombre de flux de matières ou d’énergies qui viennent à la rareté. Parce que comme l’a dit Paul Valéry : « le temps du monde fini commence ». On vient juste se rendre compte qu’on vit dans une planète ronde, et que dès lors qu’on vit dans une planète ronde, on vit dans un monde fermé et qu’on ne peut lui demander plus qu’elle ne peut nous donner. »

On vient de se rendre compte ? Elle est bien bonne celle-là ! Non, non, non !

Certains s’en sont rendu compte depuis bien longtemps et ont tenté par tous les moyens de se faire entendre, et c’est être bien méprisant que de les amalgamer avec des politiques en campagne et des acteurs économiques qui ne jurent, encore aujourd’hui, que sur la croissance et qui ont fait preuve d’un aveuglement et d’un mépris criminel !

La libre concurrence acharnée, le consumérisme, le dumping social sont des clefs pour comprendre les mécanismes qui mènent au pillage des ressources naturelles…

Pour conclure, je dirais juste à Nathalie Kosciusko-Morizet que l’UMP peut aller se faire voir au Congo, en avion privé affrété par les amis de son président ! Elle n’a pas suffisamment bossé sur son dossier, si elle croit vraiment à ce qu’elle dit, le vrai courage serait d’aller déchirer sa carte de l’UMP sur le bureau de son président !

Bref, on n’a pas le cul sorti des ronces avec des rapaces pareils…

*Comme ces poules bronzées qui roulent en 4 x 4 et qui vont dans une Biocoop, entre une mise en pli chez le coiffeur et une séance de relaxation zen, acheter deux morceaux de toffu fumé (sous plastique), sac Vuiton sous le bras. Quand je les croise là-bas, je me dis qu’il y a des coups de pied au cul qui se perdent…

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Archives :

• Nicolas Hulot, France Europe Express du 26/11/2006 sur France 3 (MPEG2 SD 3,6 Go).

Voir aussi :

• Éoliennes, du vent ? C dans l’air du 24/11/2006 sur France 5 (MPEG2 SD 850 Mo).

• La planète meurt, Arrêt sur image du 19/11/2006 sur France 5 (AVI SD 428 Mo).

Internet et WiFi rural (1/2) …

C’est bien beau de faire des grands discours sur la « fracture sociale », la « fracture numérique »… Mais ce n’est pas en privatisant France Télécom que ce dernier va investir dans les zones non rentables. Encore une contradiction que tout citoyen devrait faire payer cher à son député…

Ça me fait toujours sourire (jaune) quand j’entends des gens en milieu rural se plaindre du fait que France Télécom ne veut pas venir, ne s’occupe pas du problème de ceci, ne veut pas investir là, etc. En général, ce sont ceux qui ont voté pour un député UMP en 2002 (et PS avant d’ailleurs), ils devraient donc lui demander pourquoi France Télécom, pardon, Orange, à du mal à mettre la main au portefeuille pour ne pas abandonner les territoires ruraux (et entre autres aussi les hôpitaux, mais j’y reviendrais en parlant du dernier film de Christian Tran : « Le temps de l’urgence »).

Et de fait, l’Internet dont parlait Jacques Chirac en campagne électorale, et dont Nicolas Sarkozy parle aujourd’hui, eh bien, non, justement, en zone rurale, c’est fou le nombre d’endroits où ça ne passe pas, et où ça ne risque pas de passer avant un bon moment (sauf à demander aux collectivités de payer, alors qu’avant, c’étaient les zones rentables qui finançaient celles qui ne le sont pas).

Il faut donc se débrouiller tout seul, comme d’hab.

Pour une toute petite entreprise qui fait dans les services dématérialisés des nouvelles technologies, une bonne connexion Internet, c’est un bon moyen de se rendre hors des agglomérations, voir dans les zones les plus éloignées, par extension, ça permet à beaucoup d’indépendants et de sociétés de services de maintenir des activités dans des zones rurales

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ADSL, WiFi & Satellite

En l’absence de connexion ADSL à proximité, il y a un FAI par satellite qui offre un excellent rapport qualité/prix. Avec les connexions bidirectionnelles par satellite, en tout cas, pour les premiers niveaux d’accès, il faut impérativement exclure le transfert au-delà de quelques gigas par mois. Ces connexions sont tout à fait adaptées pour surfer quotidiennement à plusieurs, échanger des fichiers de quelques dizaines de mégas, etc., le tout de manière confortable.

Flux multimédias

En revanche, pas de flux continus (radio, vidéo, etc.) sur ce type de connexion, même s’il n’y a pas de limitation définie comme telle, la notion de Qos permet de réduire le débit disponible de manière très significative, en réduisant la priorité, dès lors que l’on a dépassé un quota de données, en upload comme en download.

Concrètement, vous pourrez par exemple bénéficier de 512 kbps tant que vous n’aurez pas téléchargé 1 ou 2 Go de données pendant 30 jours (attention, en jours glissants). Dès que vous aurez atteint votre quota, votre « priorité » va baisser en vertu de la fameuse Qos, et vous allez vite vous retrouver avec un débit réduit à quelques kbps.

Téléphonie et conférences vidéo

Cette technologie ne permet pas des télécommunications satisfaisantes du point de vue téléphonie ou chat vidéo, principalement en raison du ping : pour simplifier, lorsque vous parlez, votre voix va parcourir 2 fois 36 000 km avant de rejoindre internet, et la réponse de votre interlocuteur de même. Comptez donc un minimum ne pouvant pas descendre en dessous du temps nécessaire pour que le signal parcoure (4 x 36 000 km) 144 000 km pour un simple aller-retour (requête réponse). Physiquement on ne peut donc pas descendre en dessous de la demi-seconde, au mieux, sachant que les différents routages rajoutent quelques millisecondes à l’ensemble.

Bases de données et FTP

J’ai tenté par tous les moyens de travailler sur des bases de données distantes partagées, notamment FileMaker, et là, en raison du ping justement, c’est le cauchemar. Le problème se pose de la même façon pour la publication Web via FTP. Pour ces deux utilisations, il vaut nettement mieux se tourner vers l’ISDN (Numéris™ en France) si c’est possible. Même avec un débit disponible nettement inférieur, la réactivité (ping réduit) reste plus importante.

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VPN

J’ajoute que, en tout cas pour ce qui des offres de ce FAI, j’ai pu utiliser une solution VPN logicielle (RSA SecureID en l’occurrence) via Mac OS X, vers des serveurs US, sans souscrire une offre particulière auprès du FAI. Avec un bémol toutefois, dans ce cas-là, le débit disponible ne dépassait pas au mieux les 50 kbps.

La notion de priorité en fonction d’un quota de données, introduite dans le Qos, fait que pour un accès mutualisé, comme par exemple un petit réseau WiFi dans un village, une connexion bidirectionnelle par satellite est totalement inadaptée, sauf à disposer d’une offre spécifique pour cet usage :

Quelques particuliers échangeant quelques mails, des photos et surfant sur le Web, plus une ou deux PME, sur un accès satellite bidirectionnel classique, tournera vite au cauchemar. Le cas typique dans ce cas, c’est la mise à jour des logiciels : si vous avez une dizaine d’ordinateurs sur plusieurs sites, derrière un accès satellite mutualisé avec un quota de 2 Go de données, il suffit d’une mise à jour système de 120/150 Mo (ce qui n’est pas rare) et vous atteindrez le quota en quelques jours, et devrez attendre la fin des trente jours avec un débit inférieur à celui d’une connexion par téléphone !

Enfin pour finir sur la connexion, celle de mon FAI en tout cas, je dois avouer que j’ai été très surpris de la stabilité exceptionnelle de la connexion !

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J’ai des conditions météo assez rudes en hiver (hauts plateaux ardéchois) avec des températures descendant à -20°, des brouillards givrants, des chutes de neige ponctuelles pouvant être très importantes, des tourmentes neigeuses de plusieurs jours, etc. Pas une seule déconnexion ! Quand la réception depuis ASTRA (CanalSat) était complètement perturbée par la charge neigeuse dans l’air, la connexion Internet elle au pire, perdait quelques dizaines de kbps ! Bon, en hiver, j’ai dû dégager la parabole une dizaine de fois, mais bon…

À suivre : ADSL + réseau WiFi :

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L’état de la France ?

Des grands mots, de l’emphase faussement humble dans cette très respectâââble Bibliothèque Médicis.

Réunis autour de l’inénarrable Jean-Pierre Elkabbach, Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), Olivier Pastré (Économiste, professeur à l’Université Paris VIII), Martin Hirsch (Président d’Emmaüs France), le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), et enfin, Jean-Jacques Vorimore (Président de France Export Céréales).

Le thème : Dans quel état sommes-nous ?

Que des hommes pour traiter de ce sujet, mais passons, on aurait sans doute eu Mme Parisot…

C’est évident, je vais trouver dans cette réunion de quoi satisfaire ma curiosité :

Jean-Pierre Elkabbach :

[…] « On va voir comment éclairer le monde et la France d’aujourd’hui. Mais vous avez tous plusieurs points communs, vous ne mâchez pas vos mots, et en tout cas, vous ne déguisez jamais vos solutions. »

Ah il l’aime le livre de Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), tous les autres invités, à part peut-être le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), ne sont là que pour faire bonne figure.

Michel Camdessus :

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« Il faut remettre la France au travail ».

[…] « Un autre thème sur lequel nous avions mis le doigt, c’est celui de l’endettement, alors depuis, on a remis une couche si je puis dire avec le rapport que nous avons écrit avec Michel Pébereau ».

Jean-Pierre Elkabbach, s’adressant à Michel Camdessus :

« Vous dites, c’est la plus inacceptable des injustices, parce que ce sont les jeunes qui vont rembourser les dettes des aînés. »

(Donc c’est de ma faute si je dois rembourser la dette que Michel Camdessus et Jean-Pierre Elkabbach vont nous laisser, et vu leurs appointements, notamment celui de M. Elkabbach par les services publics, je vais devoir bosser un bon moment, mais bon).

Michel Camdessus :

« C’est exactement ça. Et bien cette idée, maintenant, me semble-t-il, elle sera incontournable dans le débat politique. Tout homme politique qui dira il n’y pas de problème de la dette, comme ils l’ont dit très souvent dans le passé sera tout de suite suspect ».

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Jean-Pierre Elkabbach donne la parole à Olivier Pastré, attendant, semble-t-il une sorte de confirmation des principes posés par Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France). Mais là, ce n’est pas tout à fait son propos…

Olivier Pastré :

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« Je crois qu’il faut être anti-décliniste (mine sombre de Jean Pierre Elkabbach), il n’y a aucune fatalité, il y a beaucoup de marges de manœuvre, sous réserve que l’on ne sous-estime pas les contraintes qu’il y a aussi. Vous parliez de remettre la France au travail, une des questions fondamentales c’est : Quel travail ? Comment l’homme est dans l’entreprise et comment il arrive à l’entreprise. Et dans ce domaine-là, en matière éducative, on sait qu’il y a un besoin considérable, qu’on est en retard par rapport aux États-Unis, que le retard s’accroît… Il y a deux politiques possibles, une qui est plutôt tournée vers le service public, mais aussi vers l’efficacité*, et ce n’est pas contradictoire ; l’autre qui est plutôt pour l’autonomie complète des universités, la sélection, qui est plus libérale. Les deux sont compréhensibles, mais le problème c’est que, il faut que les hommes politiques, ou la femme politique, en parlent ! Or, notre inquiétude…

Jean-Pierre Elkabbach interrompant Olivier Pastré et tenant un propos incompréhensible se terminant par :

« quantité de travail par âge actif ? » Il tourne la main vers Michel Camdessus, Gouverneur honoraire de la Banque de France) pour revenir au sujet important qui est que les Français ne travaillent pas assez…

Olivier Pastré visiblement pas décidé à approuver Michel Camdessus :

« La France est le pays développé dans lequel la productivité horaire des salariés est parmi les plus élevées, donc les Français sont très productifs. »

Jean-Pierre Elkabbach redonne la parole à Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), attendant sans doute qu’il rebondisse et en « remette une couche » (sur le manque de travail des feignants que nous sommes).

Michel Camdessus (visiblement décontenancé et regardant Jean-Pierre Elkabbach, celui-ci semblant faire meilleur accueil à ses idées) bredouillant :

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« Ils sont d’autant plus productifs, qu’ils travaillent moins ! »

Vous noterez comme moi la brillante démonstration du propos… Et il continue, bredouillant de plus belle :

« Et que ce sont les gens vers la tranche, euh, d’âge, où l’en est en effet très productif, que, qui sont au travail ».

Je vous laisse apprécier…

Voulant sans doute sortir Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France) de l’embarras dans lequel il s’est mis, Jean-Pierre Elkabbach lui tend une perche :

Jean-Pierre Elkabbach :

« Quand ils veulent des emplois, est-ce qu’ils les ont, et est-ce qu’ils vont les avoir ? »

On change donc de sujet, d’ailleurs la pirouette marche :

Michel Camdessus, retrouvant son assurance et ses effets :

« Alors voilà, il y a plusieurs choses à faire, d’abord, il y a les emplois d’aujourd’hui et préparer les emplois de demain. »

Outre l’évidence de la sentence, y a-t-il là une démonstration ou une suite cohérente dans la démonstration ?

« Si nous avons un regard sur l’avenir, il est bien évident que la réforme de l’université est absolument essentielle, euh, pour le reste, euh, je crois qu’il faut aussi, euh, faire sauter tous les obstacles législatifs, réglementaires, qui font que l’entrepreneur, le petit entrepreneur en particulier, n’ose pas créer l’emploi ou les deux emplois de plus qu’il pourrait créer ».

Il finit sur une note guillerette, sans doute satisfait d’avoir pu conclure sur le cheval de bataille des ultras libéraux en s’appuyant sur un abus que nous sommes trop bêtes pour pouvoir déceler : « si nous avons un regard sur l’avenir… » c’est-à-dire que si l’on n’est pas d’accord avec lui, c’est que forcement, on n’a pas de vision d’avenir

Avant de passer à la suite, en tant que petit entrepreneur justement, je mesure tout le cynisme et le poujadisme crasseux de ces propositions… J’ai déjà longuement expliqué ici pourquoi, notamment dans cette note, où encore celle-ci, mais j’y reviendrais plus tard.

S’il y a bien une France qu’il faudrait remettre au travail, et bien j’ai envie de dire à M. Camdessus : « chiche ! » :

Ce doit être parce qu’il est plus habitué à côtoyer des barons du capital et des rentiers qu’il doit avoir l’impression que la France ne travaille pas ; ou ne veut pas travailler. Il y a tant d’hommes et de femmes dans ce pays qui non seulement veulent travailler, qui voudraient se voir reconnaître la pénibilité de leur travail, qui voudraient ne pas revenir en arrière, que c’est de l’indécence de continuer à tenir de tels propos.

Homme de l’entregent des grands de ce monde, il doit y avoir bien longtemps qu’il n’a pas vu « de près » un travailleur pauvre, une infirmière, un prof de collège (qui fait bien plus de 35 heures), mais également un ouvrier, voire même un petit entrepreneur !

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C’est sûr, travailler, c’est plus dur que de se tenir les bras en s’échangeant des idées toutes faites (par d’autres) avec des airs entendus, dans les fastueux couloirs des grandes institutions françaises et européennes (avec nos impôts donc)…

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Après un petit échange fait des poncifs économiques sur la croissance, les pays émergeant, etc., Jean Pierre Elkabbach passe la parole à Martin Hirsch qui avait bien des raisons d’être impatient, car comme il le dit, il fait partie « des gens qui remettent les gens au travail, en particulier ceux dont personne ne veut et qui souhaitent travailler ; des personnes considérées comme pas rentables, pas productives, pas capables de travailler, pas capables de s’inscrire dans une logique de production d’entreprise. »

Suivent des débats sur les institutions, la possible fusion de GDF avec un opérateur privé, etc.

Puis…

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Jean-Pierre Elkabbach :

« Alors, général Kelche. Le président de la République vient d’inaugurer le nouveau musée de la Légion d’honneur, près du musée d’Orsay au bord de la Seine, vous êtes magnifiquement installé, on passe devant souvent on ne sait pas que vous êtes là, portant haut les couleurs de la république, etc. Vous l’avez restauré, justement, c’était mérité. On sait généralement et confusément que vous formez les jeunes filles de la Légion d’honneur… »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Tout à fait. Deux maisons d’éducation, mille élèves. Les meilleurs résultats de Paris et de l’île de France » (il fait un mouvement de la main ressemblant à un geste définitif).

Jean-Pierre Elkabbach :

« Très bien et qu’est-ce qu’elles deviennent après ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Toutes des études supérieures ! Mais certaines ont des cycles plus courts parce qu’elles ont une vocation. Par exemple j’ai deux petites qui sont venues pour le dix novembre à une cérémonie lire un texte en mémoire des poilus, et je les interviewé et elles m’ont dit : “on veut devenir sage femme”. Elles ont des niveaux extraordinaires. Un petit détail, elles sont littéraires, et je ne sais pas comment elles vont devenir sages femmes. »

Jean-Pierre Elkabbach :

Étonné de l’inefficacité de l’honorable institution : « Mais pourquoi on ne les a pas décelées pendant leurs études ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Ben simplement, elles ont une aptitude littéraire et non pas maths physiques, il faut passer par la première année de médecine. Je viens d’en parler au ministre. »

Bon, on n’est pas dans le même monde visiblement. J’adore aussi ce ton badin : « j’ai deux petites », façon, « j’ai fait le Congo, le Biaffra »… Ah mes petites Causettes…

Mais bon, posons le parcours de l’homme :

Jean-Pierre Elkabbach :

« Vous qui avez été conseiller, si je me rappelle bien, des deux présidents, Mitterrand et Jacques Chirac, chef d’état-major des armées, vous qui avez fait face à… Des guerres ou des crises ? »

Général Jean-Pierre Kelche : « Des crises, pas de guerres. »

Jean-Pierre Elkabbach : « Combien ? Beaucoup ! »

Général Jean-Pierre Kelche : « Une dizaine… »

Jean-Pierre Elkabbach : « Lesquelles ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

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« Si vous voulez, l’Afrique, hélas l’Afrique, avec ses problèmes récurrents hein, mais disons la Côte d’Ivoire, le Congo euh, la RCA euh, y’en pas mal comme ça, la RDC, les Balkans, les Balkans qui sont loin d’être stabilisés avec une grosse crise au Kosovo tout à fait importante, et puis euh, le Liban bien sûr, mais qui à l’époque était un peu en, en montée en puissance, puis, ben l’Asie, l’Afghanistan…

Je passe sur les petites choses… Si je prends la peine de retranscrire tout ça, c’est parce que, vous vous en doutez, moi qui me posais des questions quand je regardais passer les troupes françaises qui débarquaient la nuit dans le port de Douala pour aller au Tchad, j’aimerais bien qu’il en lâche un peu plus que :

« On est très engagé sur les théâtres de crise avec l’armée professionnelle que l’on a constituée et qui marche bien, mais où il y a énormément d’engagements, on demande beaucoup aux soldats français… »

Jean-Pierre Elkabbach :  « Vous qui avez lancé la réforme des armées […] vous avez imaginé lancer une fondation liée à la Chancellerie de la Légion d’honneur, euh, pourquoi faire, vraiment, et avec quels moyens, est-ce que c’est l’état qui vous a donné des sous, est-ce que vous vous adressez ? (la question n’est pas orientée déjà, mais justement, la réponse arrive).

Général Jean-Pierre Kelche :

« Ah non ! Pas de sous ! En fait j’ai posé le principe que la Légion d’honneur, que ceux qui en font partie, qui font aussi partie de la Médaille militaire et du mérite ont assez de conviction citoyenne pour ne pas avoir besoin de subventions de l’État […] si vous voulez, moi ce que je pense, j’écoutais tout à l’heure… »

Là on sent qu’il n’en peu plus de lâcher son mot, notamment à propos de la proposition de Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch, le Président d’Emmaüs France. Il y a bien là, deux France qui se regardent.

Général Jean-Pierre Kelche :

« L’état ne peut pas tout, cette société elle a besoin de la solidarité des citoyens, de l’engagement des citoyens. On ne réglera pas tout avec des règles de SMIC et de machin et de truc. Ce n’est pas possible ! Il faut remettre de l’humain. Et moi j’ai constaté une chose, j’ai lu le rapport Montaigne qui montre qu’il n’y a plus d’ascension sociale en France. En trente ans, le taux des élèves, faisant des études supérieures, issues des classes modestes, a été divisé par cinq. On va dans le mur ! »

Et il lui a fallu lire le rapport Montaigne pour ça. Ça me rappelle quand mon père demandait à sa secrétaire de lui rappeler la date de mon anniversaire… Et il poursuit :

« J’ai 500 000 décorés en France, c’est formidable, y’a une force, et normalement ce sont des gens de mérite, je pense qu’il n’y a pas trop d’erreurs, et à partir de là je leur dis : vous qui avez été reconnus faites quelque chose. Aidez les jeunes. Donc parrainage. On prend des jeunes boursiers méritants, en seconde, on les amène premier temps au Bac, on les accompagne trois ans ».

Jean-Pierre Elkabbach : Parainage ou paternalisme ?

Petits rires balayés par un « on me l’a déjà faite ».

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Général Jean-Pierre Kelche :

« Une exigence, une exigence de comportement, vous voyez ce que je veux dire ? Un jeune n’a pas le droit de déroger aux règles des valeurs qui sont les nôtres, de comportement. En revanche, je cherche pas l’excellence à tout prix […] les boursiers méritants c’est excellent. Pourquoi ? Parce que c’est, les résultats au brevet des collèges, et c’est le comportement scolaire, la fameuse note qui fait d’ailleurs débat parmi les enseignants… Et je ne comprends pas pourquoi il y a un débat ! »

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Donc on peut barbouser comme des bêtes dans la Françafrique (avec ou sans drapeau tricolore sur le treillis), on peut piller la France avec les comptes offshore, mais attention, pas de zéro de conduite au collège ! Sinon, on est un mauvais citoyen.

Général Jean-Pierre Kelche :

« Vous prenez une famille avec deux enfants. Deux SMICs : pas de bourse ! Qu’est-ce qu’on fait si il y a un potentiel ? Ben on fait rien. On l’arrête. On fait un caissier, une caissière. Et moi je vais arriver, avec mes moyens, que je suis en train de rassembler, je suis en train de faire le tour du CAC40 ! […] et c’est avec cet argent-là que je vais en fait compléter les ressources de la famille pour permettre de tenter l’aventure de l’enseignement supérieur… »

« L’ascenseur social est en panne » dit-il, et le voilà en justicier de la république, distribuant les bonnes âmes et des sous du CAC40 aux jeunes méritants, ceux qui n’auront pas eu de zéro de conduite. La condescendante charité des « grands de ce monde » se penchant sur la « France d’en bas », entre deux petits fours sur les parquets cirés de la république, est bien l’apanage de ceux pour qui « fraternité » ne revient à leur mémoire qu’une fois en haut de l’échelle, entre le champagne.

À l’américaine : des congrégations d’hommes et de femmes fortunés vont financer les études de quelques happy few triés sur le volet. Ça me rappelle la venue de La Jeanne (bateau-école de la Marine nationale) dans le port d’Abidjan, où était organisé un bal pour lequel une sélection de jeunes filles du lycée Français était envoyée pour servir de « cavalières »…

Pour « contribuer à remettre en route l’ascenseur social », il faudrait peut-être se demander ce qu’il signifie !

S’il y a un haut dans la société, il y a donc un bas, et c’est bien là que le bas blesse. Parce qu’au mot fraternité qu’ils avaient déjà oublié, il faut ajouter le mot égalité.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir »

Au lieu de se contenter de mettre un petit pansement sur une béance, nos chers « papas » qui s’inquiètent pour nous feraient mieux de dénoncer l’entregent dont ils usent et qui permet de ruiner la France, justement.

Misérable condescendance de ces « hommes » fiers et droits…

La droite aujourd’hui, c’est l’art de ponctuer chaque discours de mot comme « social », « justice » ou « droit », comme si ça pouvait effacer la réalité des actes.

*Je ne sais pas si vous mesurez la lourdeur du contexte réactionnaire, ici de l’emprise idéologique ultralibérale, quand, lorsque l’on parle de service public, l’on se sent immédiatement obligé de préciser que ce n’est pas contradictoire avec efficacité !

Archive :

MPEG2 SD 5 Go, enregistrée sur Public Sénat, le 25 novembre 2006.

Copyright PUBLIC SENAT 2006

ITER, EPR (Élus Pour Rien) etc.

Quand j’étais adolescent, je m’amusais à fabriquer des petites bombes avec des récipients dans lesquels je réalisais une électrolyse de l’eau. De fait, ça m’a toujours paru étonnant que l’on accorde autant de place au pétrole et au nucléaire, quand on sait qu’on ne peut pas stocker l’électricité, et que l’hydrogène, c’est propre et que ça peut soit se brûler, soit s’utiliser dans des piles pour fabriquer de l’électricité. C’est étonnant que l’on tourne tout le temps autour du pot…

Pour sa consommation énergétique, l’humanité dispose déjà d’une formidable centrale thermonucléaire qui ne lui coûte rien, dont elle n’a pas à gérer les déchets, les risques d’explosion etc.

Est-ce que ça ne coûterait pas, tout de même, largement moins cher, de construire des pipelines d’eau de mer que l’on enverrait en plein coeur des déserts (d’Afrique, du Moyen-Orient, du Mexique etc.), puis électrolyser cette eau grâce à de bêtes panneaux solaires. En plus, ça permettrait aussi d’apporter sur place de quoi faire de l’eau douce, et serait une bonne occasion de créer des infrastructures de transports ferroviaires…

Comme vous êtes bien formaté par « l’intérêt scientifique validé par l’économie de marché », vous me direz : « et le rendement » ?

Ah oui, ça le rendement, c’est là que l’on voit si le problème est traité de manière « sérieuse », par des scientifiques « sérieux », et pas des rigolos-écolos-cocos

Certains scientifiques et ceux qui financent la recherche (privés ou publics) posent toujours la question du rendement pour pousser de côté les solutions simples (simpliste ?) et pas chères.

Alors, bêtement, le problème du rendement :

Est-ce que convertir en électricité l’énergie de la fission de l’atome en chauffant de l’eau pour créer de la vapeur, puis en convertissant le mouvement de la vapeur en électricité (sans compter la perte d’énergie pour ensuite refroidir l’excès de chaleur ! non maîtrisée), c’est avoir un bon rendement ? Et que dire du rendement global si on compte la filière d’approvisionnement de la matière première, et de la gestion des déchets ? mmhh ? Niveau rendement, là, excusez du peu, ça coince quand même un chouïa…

Est-ce que convertir en électricité l’énergie de la fusion de l’atome en chauffant de l’eau pour créer de la vapeur, puis en convertissant le mouvement de la vapeur en électricité (sans compter la perte d’énergie pour refroidir l’excès de chaleur ! non maîtrisée), c’est avoir un bon rendement ?

Et que dire des investissements colossaux, pour la recherche dont on ne sait même pas si ça va réellement aboutir. Quid de la gestion des déchets (au moins tous les matériaux irradiés, ce qui n’est pas rien) ?

Dans les deux cas, que dire du rendement final de la production de l’hydrogène si ensuite, on utilise cette même électricité pour faire une électrolyse de l’eau ?

Bonjour « l’usine à gaz » !

Pour « le futur de l’humanité* », il y a même des programmes de recherche consistant à « produire » ou collecter de l’énergie dans l’espace, sur la Lune etc. puis l’envoyer sur la terre via des micro-ondes etc. Là aussi, pourquoi pas, mais le rendement ?

Ce ne sont pas les mégawatts qui arrivent déjà sur la terre qui manquent…

Les dirigeants africains et du Moyen-Orient seraient d’ailleurs bien avisés d’utiliser leurs pétrodollars pour partir sur des solutions de ce type plutôt que de piller leur pays et/ou construire des hôtels climatisés, des îles artificielles, des parcs d’attractions pour « assurer » l’avenir de leur pays… Mais bon.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué (et cher) ?

Pour notre indépendance énergétique pardi ! Je croyais que l’on parlait de l’avenir de la planète ?

Sans doute aussi parce que ça permet à des industriels de rester des « acteurs privilégiés », mais bon, ça, on le savait déjà…

À quand un « ITER » Africain, c’est-à-dire un projet commun, basé sur des technologies actuelles, pour produire en masse de l’hydrogène dont l’occident va être très, très, très gourmand ?

P.S. :

Sur la même chanson de comment faire des gros chèques d’argent public à des industries privées :

Convertir l’énergie éolienne en électricité, n’est-ce pas aussi une aberration** du point de vue du rendement ?

Si on simplifie en disant que le vent c’est déjà à la base, de l’énergie solaire qui chauffe des masses d’air qui se mettent en mouvement. Pourquoi dépenser des fortunes en sursubventionnant avec des fonds publics des projets industriels privés qui de toute façon ne produiront même pas assez pour couvrir ne serait-ce que l’augmentation de la consommation de nos villes et de nos grandes surfaces éclairées comme en plein jour, de nos bâtiments en verre climatisés, de nos chauffages individuels électriques…

Pourquoi ne pas directement convertir l’énergie solaire là où elle se trouve ? (et aussi faire de réelles économies d’énergie)…

* C’est vrai que si nos dirigeants (on a ceux que l’on mérite) avaient un tant soit peu une once d’empathie pour « le futur de l’humanité », ça se saurait…

** Sans parler de la dépense énergétique de la fabrication, du transport des structures, de l’impossibilité de recycler les pales et autres matériaux composites, de l’énergie dépensée pour fabriquer les centaines de tonnes de béton des socles, de l’impossibilité de gérer et de planifier l’utilisation de cette source, et enfin, bien que ça, se discute, des nuisances…

Ils ne mourraient pas tous…

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Je tenais absolument à voir ce documentaire. J’ai donc profité du fait de devoir me rendre à Valence pour aller le voir. C’était l’avant-première, au cinéma « Le Navire ».

Après le film, durant le débat, j’ai voulu prendre la parole et m’exprimer sur de nombreux points.

Je voulais, en prenant comme point de départ ma réaction à un propos d’un des présentateurs, rebondir sur une vision manichéenne du travail dans l’entreprise, selon laquelle les « patrons » ne sont que les kapos serviles d’un système politico-financier, tout juste bon à asservir et exploiter sans vergogne des employés soumis…

Certes, ce n’est pas du tout le propos de ce film, qui est bien de témoigner de ce que des hommes et des femmes subissent quotidiennement dans leur travail, en abordant la détérioration des conditions de travail notamment ces dernières années. Et c’est… frappant.

Mais quand on parle de la souffrance d’employés, on en vient forcément à parler des employeurs…

On ne peut pas tous ensemble lutter contre ce qui fait que des humains subissent de telles pressions si on ne prend pas du recul pour regarder la société dans son ensemble. On réagit avec les tripes, mais concrètement, il faut agir au quotidien… D’autant que la pression augmente constamment, sur tous les travailleurs, quels que soient leurs statuts.

Il y a trois aspects dont on parle très peu dans ce genre de débat et qui méritent, il me semble, d’être développés :

– Le premier est que le monde de la petite entreprise (TPE, artisans, commerçants, professions libérales) n’est pas le « monde de l’entreprise » au sens où l’entend le MEDEF. Contrairement à l’idée véhiculée par les médias dominants, le MEDEF ne représente pas le patronat français, mais une certaine partie de celui-ci. Le patron du MEDEF n’est certainement pas le « patron des patrons ».

Et la majorité des « petits patrons » de France ne se sent pas représentée par les discours « ultra-néo-libéraux » d’une organisation qui dicte au gouvernement les orientations qu’il doit prendre et qui se font toujours en faveur des grosses entreprises, par exemple dans les dispositifs régissant la sous-traitance (d’ailleurs, pour être sûr de son fait, le MEDEF porte son action au niveau Européen, et là, c’est silence total des médias). Si ces petits patrons ne se sentent pas représentés par le MEDEF, c’est que justement, nombre d’entre eux savent ce que c’est d’être précaire…

De plus, chez les « petits patrons », il y a aussi des gens « de gauche », sans aucun doute une petite minorité, mais qui ont une vision partagée de la « richesse » éventuellement produite par le travail, non par condescendance ou bienveillance paternelle, mais par profonde conviction (d’ailleurs, je voudrais bien qu’on se regroupe, mais bon, c’est un autre sujet).

Les petits patrons ne sont pas tous des instruments reproducteurs d’une classe dominante bourgeoise, ou qui souhaitent accéder à ce statut. Il y a parmi eux des gens qui croient profondément aux valeurs républicaines, et qui n’ont pas peur de dire que l’impôt est utile, de défendre la péréquation, la justice sociale, la proximité, l’écologie (énergies, cycles cours, développement durable, etc.), voire la décroissance économique (par rapport au discours économique dominant), et qui voient dans leur entreprise un instrument pour essayer de faire les choses autrement, en toute indépendance.

Ceux-là sont d’autant plus « fragiles » et sensibles, car ils doivent redoubler d’efforts à la fois pour ne pas mettre « leurs » éventuels employés dans des situations difficiles (voir le point suivant), tout en subissant la méfiance des syndicats et l’hostilité de l’administration publique qui les traite de fait comme toutes les entreprises, c’est-à-dire comme des suspects : de malversation, de détournement, de fraude, d’exploitation, etc.

La médiocrité et la mauvaise foi sont partout, aucune organisation n’échappe à ces défauts, je regrette pour ma part que ceux qui sont en charge de réguler, de manière désintéressée, les activités de la société française conservent en leurs rangs des gens particulièrement néfastes à tout le monde, mais c’est un autre propos.

Depuis les années soixante-dix, il y a une offensive idéologique qui tend à opposer et à faire se haïr deux parties de la société, pourtant dans le même bateau (national, mais aussi européen et mondial) : les indépendants, artisans et petits patrons d’un côté, et la fonction publique de l’autre.

Le regard méfiant des syndicalistes quand on déclare être un « patron » dans une réunion d’un collectif (pour la défense des services publics par exemple) ou le ton résolument hostile de la part de certains fonctionnaires de l’administration fiscale, d’une part ; et le mépris et la défiance vis-à-vis de l’administration publique ou de l’éducation nationale, de la part des petits patrons, des artisans et des professions libérales, d’autre part, sont de modestes exemples qui montrent à quel point cette offensive néolibérale de manipulation des esprits est en passe de réussir.

On ne compte plus les brûlots poujadistes et les propos haineux… Parfois même de la part de nos propres gouvernants, ce qui est bien une des preuves les plus accablantes de la façon honteuse dont ces derniers font de la politique.

– Le second point est dans la continuité du premier : les petits patrons et les indépendants récoltent notamment les miettes de la sous-traitance appelée pompeusement « outsourcing » dans les milieux dématérialisés (mais bon, cela existe dans toutes les branches de l’industrie, des T.P., etc.), et la plupart d’entre eux n’ont que le droit de proposer leurs services, sachant que quand ils reculent devant un travail (notamment parce que ça les obligerait à mettre leurs salariés dans des conditions inacceptables), il y a peu de chance qu’ils en trouvent d’autre.

Le système de précarisation des travailleurs que met en place la droite dite « libérale », de l’OMC à la Commission Européenne, dans le domaine du droit du travail, s’il n’est qu’un des derniers points avant la totale annihilation des systèmes légaux de protection des peuples, est à l’image de la position qu’occupe et que vit actuellement au quotidien un « petit patron » d’ici, qu’il soit parfaitement honnête et respectueux de ses salariés ou qu’il soit un margoulin fraudeur.

Ce n’est pas une légende qu’un « patron » ne peut pas dormir la nuit, soit surmené, a des palpitations, des ulcères, des attaques, etc. et encore une fois, a fortiori s’il est parfaitement honnête et respectueux de ses salariés, de la législation, etc. Le système, notamment fiscal, tel qu’il fonctionne partant du postulat que le patron est par définition un fraudeur, même si c’est hélas vrai pour pas mal, met une pression hallucinante sur celui qui essaye de faire les choses correctement. Et même celui-là, de toute façon, commet des erreurs qui pourront tôt ou tard le rattraper. « Celui qui ne se trompe jamais… »

Mais surtout, surtout, tel qu’il est le système ne permet aucune « défaillance » dans le flux de travail :

Dès lors que vous vous déclarez, vos charges courent. Forfait, réel, etc. Elles courent. Point

Hauts ou bas, retards de paiement ou pas (j’en suis à 110 jours à l’heure où j’écris ces lignes), travail ou pas (!) les charges courent. Si vous avez des salariés, que vous voulez leur payer un salaire honnête et à toutes les fins de mois, vous avez intérêt à ne pas avoir de retards de paiement, à avoir des réserves, et surtout, à toujours avoir du travail qui entre dans le tuyau. Dis comme ça, ça coule tout seul, mais dans la pratique…

Sachant que le sous-traitant peut difficilement avoir une vision au-delà de quelques mois (ce qui est déjà merveilleux), il ne faut pas se faire d’illusion, sa vie est en très haute tension, constamment, et pour lui, c’est nuit et jour, 365 jours par an, et ce quel que soit son état de santé, sa situation familiale, etc.

Le sous-traitant ne peut pas « la ramener », parce que s’il se tourne vers celui qui lui commande des travaux en disant que ce n’est pas possible, il y a de fortes chances que ce dernier prenne un autre sous-traitant. Le sous-traitant peut difficilement compter sur la patience de son banquier.

Même les entreprises publiques sont depuis de nombreuses années des championnes dans ce jeu de pression (il y a d’ailleurs là aussi une des sources de rancoeur vis-à-vis des fonctionnaires, qui constitue un abcès qu’il faudrait un jour percer).

Bon, j’ai bien là conscience que ce n’est pas la majorité, mais quelle que soit la proportion, elle n’est pas à négliger.

Le petit patron en question donc travaille, et le seul moyen pour lui de tirer son épingle du jeu de manière réellement honnête, c’est d’accepter de grosses responsabilités, c’est de travailler comme un fou (en faisant le tampon des surcharges de travail), de faire un travail de très haute qualité (pour essayer d’avoir quelques leviers de négociation avec le donneur d’ordre), et de se contenter de peu.

Et c’est là l’idée centrale de mon propos : c’est un choix que RIEN dans la société actuelle n’incite à faire !

– C’est là que vient le troisième point donc : Il faut qu’un commanditaire ou un donneur d’ordre veuille un travail de qualité, il faut accepter de gagner moins, de consommer moins. La « société de consommation » est un des moyens les plus puissants pour rendre les populations esclaves d’elles-mêmes au profit des classes dominantes qui dominent et dirigent les marchés de la production et de la distribution.

C’est notamment par le choix des produits que nous consommons que nous donnons du poids à telle ou telle forme de production, travail, de commerce et de financement.

Ce qui signifie quoi ?

Qu’il n’y a pas de fatalité…

Cela signifie par exemple qu’il faut acheter un produit de qualité, plutôt que dix médiocres, auprès de fournisseurs honnêtes. Cela signifie privilégier les produits de proximité, les filières courtes, consommer moins, mais mieux, ne pas se payer des « vacances* moins chères » à l’autre bout du monde en s’asseyant sur l’équité, mais du temps convivial chez des gens proches… Bref, ça demande un effort constant, quotidien, qui va de l’endroit où l’on se fournit à la lecture des étiquettes, de la composition, etc.

Nous sommes tous donneurs d’ordres au système ! Si demain la consommation d’un produit ou d’une marque baisse de manière significative pour des raisons éthiques, soit le produit sera retiré, soit le fabricant et le distributeur plieront sous la pression.

La consommation n’est pas le seul moyen de renverser la tendance : l’enfance (des crèches publiques) l’éducation (le système public) et le temps consacré à ses propres enfants, le dialogue, la rencontre avec l’autre, le refus des inhumanités (pour nous comme pour les autres, ici et ailleurs) doivent prendre une forme active dans la société, avant de prendre forme dans l’urne !

Lors des élections législatives de 2002, il suffisait de se rendre en masse aux urnes pour choisir des représentants… Où était le « peuple de gauche » quand il fallait faire ce choix crucial ?

Enfin, les médias dominants se sont prostitués et abreuvent quotidiennement, minute par minute, les cerveaux des enfants encore dans le ventre de la mère, pour leur dire : consommez plus, moins cher, ne réfléchissez pas, l’école ne sert à rien, les fonctionnaires sont des sangsues, vous n’avez pas le choix, nous pouvons gagner la bataille de la mondialisation, achetez des actions, gagnez au loto, méprisez l’effort intellectuel, regardez le football à la télévision…

Bref, je voulais dire tout ça et tellement plus encore…

J’étais très impressionné, d’autant que je comprenais bien qu’il y avait là des personnes occupant des postes clés au niveau de l’inspection du travail, des prud’hommes, mais aussi des « petites gens », des syndicalistes, des chômeurs…

C’est normalement dans ce genre de situations que doivent avoir lieu les vrais débats, notamment ceux qui doivent aller au-delà des idées reçues, pour pouvoir échanger et diffuser des idées constructives, nouer des liens entre-nous, que la pensée dominante essaye de diviser entre public/privé, patron/employé, pseudo réformateur/immobiliste, etc. C’est là que l’on peut se rencontrer, bâtir des projets et se regrouper pour lutter contre cette « marchandisation » de tout et de tous au profit de quelques privilégiés…

Je regrette de ne pas m’être mieux exprimé. J’ai bafouillé des trucs avec MEDEF, syndicats, inspecteur de travail, Gérard Filoche etc. j’ai perdu mon souffle comme happé par un vide, perdu le fil de ma pensée… Je ne suis pas toujours aussi nul en public, mais je voulais vraiment interpeller le public sur ces points…

Ce n’est pas grave. Je passe sans doute pour un énervé, voire un frustré. Je suis en tout cas convaincu qu’il y a une véritable urgence, car il est certain qu’avec la façon dont notre pays évolue, les personnes qui sont montrées dans ce film vont rapidement mourir, au sens propre du terme.

Enfin, je voulais insister sur le fait qu’il est sans doute urgent, non pas seulement de s’intéresser aux problèmes, mais d’agir, car la « représentation nationale » que nous avons aujourd’hui est le produit de notre coupable négligence et de la confiscation du débat politique par des partis comme le P.S. ou son pendant l’U.M.P. orchestré par des médias serviles. On a aussi le système que l’on mérite. Je voudrais bien, pour ma part, que le réalisme de gauche ne bascule pas soit du côté « blairisme » soit du côté « guerre patronat syndicat »… Il y beaucoup de solutions justes et efficaces pour recadrer et développer l’entreprise dans un monde social et réellement égalitaire et « à gauche », et ça passe par des moyens simples que je n’entends nulle part. Pourquoi ?

À la fin, en disant cela, j’ai eu à subir le regard méprisant et la petite pique cynique de celui qui, apparemment, était le gérant de la salle, quand j’ai fait remarquer qu’il était normal que l’on se méfie de partis traditionnels comme le P.S. dominant à gauche quand, à l’exemple de Montpellier, pendant de très longues années, les gens de gauche n’avaient eu droit qu’à Georges Frêche comme candidat incontournable.

Bon, ceci dit, il faut absolument aller le voir :

« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés », de Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil.

* Bon je n’en prends pas, mais ce n’est pas pour autant que je considère que les autres ne doivent pas en avoir le plus possible.

Grosse fatigue…

Alors voilà, je me bats comme je peux, en fait beaucoup, en « républicain laïque », pour défendre les services publics face à la profonde manipulation dont mes compatriotes sont les consentantes et bêlantes victimes. Je démontre chaque fois que possible l’importance de l’impôt, la fumisterie des néolibéraux et des conservateurs, en passe de gagner une guerre de propagande entamée dans les années soixante-dix etc.

J’essaye aussi de me battre pour faire comprendre à des syndicats largués que non, tous les « patrons » ne sont pas des « salauds et des exploiteurs* », et que c’est ensemble que nous devons remettre à plat les choses pour ne pas nous laisser bouffer par l’OMC et la Commission européenne… Mais bon.

Enfin bref, pourquoi « grosse fatigue » ?

Et bien il se trouve que, comme je suis un « salaud d’entrepreneur/patron », qui ne doit surtout pas se retrouver en déficit face aux inéluctables charges qui pèsent sur son activité (que je paye avec joie et même fierté pour contribuer à la chose publique) ; je bosse beaucoup, et nuitamment en plus avec à peine 5 heures de sommeil par nuit ces derniers temps (environ un mois). Du coup, et bien c’est vrai, j’ai un peu oublié la paperasse, et mon comptable aussi.

Alors quand ça fait un mois que je me couche toutes les nuits entre 2 et 3 heures du matin (avec levé tôt, mais ai-je besoin de le préciser ?), et que rentrant d’accompagner les enfants à l’école, je bois mon premier café en me mettant immédiatement à mon travail, mon téléphone sonne et je me fais sermonner sur un ton très hautain, comme à un attardé, par une « responsable de la TVA » parce que « ce n’est pas bien il manque les déclarations pour les mois de X et de Y et que ça commence mal (je viens de changer de département) et que je vais vous taxer d’office vous allez voir »…

J’essaye de rassembler mes pensées épuisées, je respire un grand coup, et je me dis que moi ça va, j’ai des convictions, mais elle scie sur la branche sur laquelle elle est assise la petite dame. Et c’est moi qui gueule en bas pour lui dire d’arrêter de scier.

Et je suis sûr que ça, ça lui échappe complètement. Elle ne me facilite vraiment pas la tâche !

* Et vis-à-vis de ce point-là, je crois que l’effet de serre aura cramé la planète avant que Thibault, Laguiller et Besancenot, et les autres « copains », n’aient débloqué leurs neurones. Et que les « cocos-trotskistes » ne viennent pas me casser les pieds : tout patron que je suis, il m’arrive de voter parfois (aussi) pour leurs représentants, avec joie ! Donc, en tant que « sympathisant », j’ai d’autant plus le droit de les critiquer sur leurs incommensurables tares.

Journaliers

« En phrases rapides, il remontait au premier Maheu, il montrait toute cette famille usée à la mine, mangée par la Compagnie, plus affamée après cent ans de travail ; et, devant elle, il mettait ensuite les ventres de la Régie, qui suaient l’argent, toute la bande des actionnaires entretenus comme des filles depuis un siècle, à ne rien faire, à jouir de leur corps. N’était-ce pas effroyable ? Un peuple d’hommes crevant au fond de père en fils, pour qu’on paie des pots-de-vin à des ministres, pour que des générations de grands seigneurs et de bourgeois donnent des fêtes ou s’engraissent au coin de leur feu ! »

Merci à Gérard Filoche

CQFD

28 octobre 2005. LCI, L’invité de l’économie :

Invité du jour : Thierry Breton

Éric Revel est un homme qui connaît la vérité, c’est son métier, il est dynamique et connaît les vrais enjeux de ce monde de gagnants, mais comme on « ne peut pas dire la vérité sur la nécessité de « réformer » en France » etc. (enfin, on ne peut pas le dire sauf que c’est ce qu’on entend à longueur de journée sur tous les médias du P.A.F. mais bon).

Bon donc il est tout content le Revel, il va pouvoir faire le coq sur les médias des marchés :

wpid-20051028_LCI_EDF-2005-10-29-01-08.jpg

Éric Revel : « Entre nous maintenant que l’ouverture du capital est réalisée, euh, Thierry Breton, euh, est-ce qu’il était nécessaire d’avancer comme argument : EDF a besoin d’ouvrir son capital pour nouer des partenariats à l’étranger, vu qu’EDF en a noué pleins ces années dernières sans, sans ouvrir son capital. »

[ M.à.j. ] 2 Juin 2006 :

Bon, je ne vais pas m’étendre sur Éric Revel, ça se passe de commentaire : « Vote connard ! »

Merci pour le conseil, mais je n’ai pas besoin d’un kapo pour être un citoyen responsable.

Ne vous inquiétez pas Monsieur Revel, on va aller voter, je vous suggère de préparer vos bagages parce que comme le dit votre mentor « la France, aimez là ou quittez là » et si ce sont mes petits copains qui passent, vous allez pouvoir prendre un aller simple pour Dubaï avec vos amis imposés à l’I.S.F. Vous pourrez aller bosser, je ne sais pas moi, pour FBC, ou pour Bloomberg par exemple…