Archive pour la Catégorie 'Tranches'

Hello, again…

Comme vous pouvez le remarquer, le site est en train de recouvrer son aspect et ses contenus d’avant « l’accident »…

À force de rédiger des lettres de motivation et des CV, il m’est apparu que je ne devais pas rougir de mes valeurs, même s’il m’arrive parfois d’avoir une verve peu consensuelle, mais après-tout, il s’agit d’un carnet personnel.

À la recherche active d’un emploi, je réalise que j’ai tu trop longtemps ce qui pourtant m’apparaît peu à peu comme fondamental dans ce qui me caractérise :

Travail, coopération, environnement, éthique…

J'ai encore seize ans…

Je m’approche doucement de mon petit garçon, il dort dans son lit.

Je lui parle doucement, en lui caressant le dos. Au bout de quelques secondes, il se redresse et s’approche à genou pour que je le prenne dans mes bras. Il se love contre moi et cette sensation qu’il s’abandonne sur moi me réchauffe. J’attrape ses pantoufles et je descends doucement les escaliers. Une fois en bas, je m’approche de la fenêtre, et je me tourne pour que, toujours la tête appuyée sur mon épaule, il puisse voir la rangée de jeunes frênes en face. L’heure à laquelle je le réveille est celle à laquelle ces temps-ci un groupe d’écureuils traverse de manière un peu folle les branches de ces arbres pour rejoindre l’énorme sycomore juste en face de la maison.

Ces instants, la multiplication de ces instants quotidiens est un don précieux.

Je me sens privilégié et cet apaisement que me procurent ces instants, je les transmets, je les diffuse à mon enfant quand il est contre moi, quand il cherche ma chaleur dans la fraîcheur de la maison après avoir quitté le cocon de son lit.

Je n’arrive pas à ne pas faire un parallèle horrible entre les tensions affectives vécues ces derniers jours, ces dernières heures, et le double regards, le double standard avec lequel j’ai joué ces derniers jours avec la vie des loirs et des écureuils :

Voilà dix jours que je suis à l’affût dans la maison, de 9 heures du soir à 8 heures du matin, éliminant méthodiquement, violemment, la douzaine de loirs qui à fait de ma laine de chanvre un refuge pour l’hiver. Je tue systématiquement et avec mauvaise conscience ces petits rongeurs improprement considérés comme des parasites, en prenant soin de cacher ce massacre à mon enfant, et en même temps, tous les matins, après avoir par exemple hâtivement ramassé le corps ensanglanté du loir que je viens d’abattre en me réveillant, je suis heureux de montrer à mon enfant le spectacle de ces écureuils qui s’ébattent en sautant et en grimpant dans l’arbre en face.

J’ai tué ce que j’avais d’un côté, en m’émerveillant de ce que je voyais en face. C’est donc ça la vie ?

Dans la tourmente qui m’agite, j’ai expliqué une fois encore à sa mère ce que j’appelle le syndrome de Mireille l’abeille* et elle m’a répondu que les hommes sont aussi comme ça. Elle me demande de faire attention à ça. Et je ne veux pas l’entendre. je ne veux pas l’entendre parce que ces événements me renvoient à mon adolescence et jusqu’à ma vie de jeune « adulte ». Vingt ans après mes seize ans, le décalage entre le discours et la réalité des actes de ces filles qui m’ont brisé le cœur, me blessent toujours autant. Pendant vingt ans, j’ai appris à gérer ces tensions, cette douleur, cette incompréhension, et pour y faire face, pour me protéger, je suis devenu exigeant, trop exigeant. J’ai petit à petit construit un système, des valeurs, sur ces dires, et plus je fais face à leurs contradictions, plus je suis exigeant, parfait, à la hauteur.

Oui, c’est prétentieux, mais ce n’est en réalité qu’une stratégie de survie, qu’une protection. J’ai toujours seize ans, et j’entends encore la fille dont je suis amoureux me raconter ses déboires avec les garçons stupides et inconséquents dont elle s’entiche encore et encore, au point de devoir avorter, parce qu’il n’y a que moi pour lui accorder autant d’écoute, alors que je ravale ma souffrance. Et j’entends encore les autres filles, plus tard, les copines, pleurer les unes sur les autres sur la façon dont les garçons les traitent, les maltraitent, les baisent comme ils se masturbent : pour voir celui qui va le plus loin, celui qui va le plus vite, celui qui s’en fait le plus… Les filles ne sont que les objets de leurs fantasmes adolescents, maladroits, égoïstes. Ils ont peur de l’inconnue que représentent les corps de ces autres, et la seule façon qu’ils ont trouvés d’y faire face, c’est d’en jouer, de les affronter, de les maîtriser, de les contraindre, de les salir.

Quand ma fille dont les émois adolescents deviennent de plus en fort, de plus en plus urgent, me parle des garçons qui ne la voient pas, je lui dis qu’il ne faut pas passer sa vie à regretter de ne pas avoir osé, et qu’il faut faire face, s’armer de toute sa fragilité, de toute son angoisse, avoir la force d’aller voir le garçon désiré et de lui parler. Si c’est le bon, si vraiment c’est celui-là qui doit avoir le droit de te toucher, alors il saura quoi répondre, il saura te rassurer, te respecter, te parler et peut-être t’aimer.
Quand elle est revenue du collège pour la première fois en me disant « je suis allé lui parler » j’ai été tellement fier de son courage, car malgré la peur d’être ridicule, elle a préféré affronter son désir plutôt que de se lamenter sur son sort et s’épancher sans fin sur les autres, et je sais que c’est un atout de plus pour survivre toute sa vie, car même ceux qui se prétendent adultes aujourd’hui se rient comme les adolescents de celui ou de celle qui s’ouvre à eux.

Pour l’adolescent que j’étais, le corps désiré d’une fille aimée, c’était la vie tout entière qui se jouait dans un regard, dans un désir, dans un espoir. Et quand ce corps se donnait à meurtrir ailleurs, c’était la haine qui prenait le dessus. J’ai donc haï. Encore haï, vingt ans j’ai haï les hommes inconscients, les pères absents, les prédateurs… L’homme que j’ai refusé d’être. J’ai cherché à être double, homme qui fusionne avec le corps de l’autre, qui s’y fond, à être féminin et masculin. Pas celui qui possède, celui qui veut être l’alter. Celui qui sait prendre le temps de sentir le temps, qui comprend les écoulements, qui sait goûter, désirer et faire désirer. J’ai voulu être le tout parfait, celui qui écoute, celui qui protège, celui qui prend comme celui qui respecte, celui qui aime, celui qui fait face, celui qui… Celui dont elles parlaient toutes, mais qu’au fond elles ne voulaient pas. J’ai voulu être, et je sais aujourd’hui être cet homme. Je suis aussi le père « exemplaire » qui va avec.

Il m’est arrivé parfois, dans une soirée par exemple, de m’assurer que chacune des femmes soit admirative : je me suis occupé des enfants, j’ai fait la cuisine, j’ai fait la vaisselle, j’ai rangé, j’ai été prévenant, attentif, sympa, pas collant, léger, je me suis intéressé à leur travail, à leurs discussions, même, à leur mec, j’ai été souriant, parfait. Pas pour les attirer, non, pour les mettre face à leur contradiction : regarde ce mec qui fait tout ce que tu prétends vouloir en te lamentant avec tes copines et tu vas rentrer chez toi tout à l’heure avec un autre imbécile qui a passé sa soirée à picoler en fantasmant sur une jeune femme, et qui rentré à la maison ira se coucher sans même jeter un œil aux enfants qui dorment et se soulagera dans toi avant de se retourner et de s’endormir, comme un porc, ça te fait pas mal ? T’as pas l’impression d’avoir raté quelque chose dans ta vie ? Qui va se lever pour faire le bib, ou changer la couche, qui va faire la vaisselle après le repas bien arrosé et passer un coup d’éponge sur la table pour que demain matin le réveil ne soit pas dégoûtant, qui va prendre le temps de sentir, d’effleurer, de déguster chaque centimètre de ta peau pour jouir de ton désir qui monte, qui va embrasser à ton rythme ton sexe devenu fontaine, qui va être l’homme que tu guideras en toi et qui sentira chacun de tes mouvements et de tes désirs, qui va être l’homme qui va te serrer tendrement contre lui pour te rassurer quand tout ton être se sera entièrement abandonné et se sentira apaisé mais peut-être un peu vulnérable, qui va aller aux réunions des parents d’élève, qui va regarder les cahiers pour vérifier les devoirs, qui va… Moi bien sûr.

J’ai toujours seize ans et ces vingt ans passés, je ne pourrais jamais les changer, je vivrais avec ce que j’ai raté, ce qui me fait mal, ce mal qui m’a été fait. C’est la faute à personne, c’est la mienne. Je devais décider qu’il en soit autrement, je devais simplement choisir ce que je voulais, et aller vers là où je voulais, et puis un jour, d’un coup, tout est devenu plus simple. La douleur est toujours là, mais l’apaisement est arrivé, enfin, vingt ans après.

Je suis peut-être devenu Mireille l’abeille, et je n’ai pas voulu voir celle qui me regardait, et je n’ai eu d’yeux que pour l’autre. Double standard. J’ai tué ce que j’avais, en regardant émerveillé ailleurs. Oui, c’est donc ça la vie ! C’est à vomir.

Mais je n’ai plus seize ans, et je décide seul de ce que je veux et de ce que je ne veux plus.

Mes enfants sont merveilleux et je veux simplement être là pour eux, je veux être le père que je n’ai pas eu. Je prends ce temps-là pour eux, et c’est à eux que je pense tout le temps. Nos agitations d’adultes, nos amours et nos désespoirs ne sont que la suite de nos amours adolescentes, maladroites, imparfaites, j’ai aujourd’hui la certitude que cet horizon fini est dépassable. C’est même facile. Je ne veux plus être parfait, je suis moi, le fruit doux amer de cette histoire, et ce fruit est mûr, il est savoureux, il est toujours aussi fragile, comme aux premiers jours, et je prends soins de semer encore et encore des graines de cette ardeur fragile.

Mon petit enfant, que les autres parents autour de moi ont tendance à considérer avec si ce n’est du dégoût, au moins de la distance parce que trop émotif, pas assez bien pour leur enfant, comme un handicapé, parce qu’il est tout simplement ultra sensible et d’une intelligence époustouflante, sentant nos émois d’adultes et les enjeux que nos amours impossibles mettent en jeux, dit à sa mère qu’il veut un petit frère ou une petite sœur comme s’il nous autorisait à reconstruire quelque chose ailleurs, pour notre bonheur, ce que nous avions décidé de ne plus faire quand nous étions ensemble, et ce que nous pensions ne plus faire dans nos vies maintenant séparées. Sa mère lui dit donc qu’elle, elle ne veut plus, mais qu’il peut demander à son père (même si elle n’est pas d’accord), il dit alors « je vais en parler à papa ». Moi je ne voulais plus d’autres enfants, enfin, je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il va me demander ce qu’il s’est passé pendant les quelques jours de cette Bérézina qu’il n’aura pas vue mais qu’il sentira dans mon souffle, et je vais lui répondre, le coeur en hiver : « tu sais, il y avait une fille avec qui…… Mais elle vient de me filer entre les doigts — je vais ravaler ma douleur, penser à tout le mal que j’ai fait, et continuer : mais ce n’est pas grave, c’est la vie ». Je sais qu’il va être fâché, mais je suis sûr qu’il ne m’en voudra pas et qu’il me dira : « tu sais papa, je t’aime ». Et presque tout disparaîtra d’un coup : Mireille l’abeille, les ratés l’amertume et le temps qui nous file entre les doigts.

Je n’ai plus seize ans, mais vingt ans de plus, et c’est très bien comme ça.

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* : « C’est le syndrome « Mireille l’abeille » qui se rejoue indéfiniment dans nos vies, depuis la cours de récré : les filles se lamentent sur « les mecs », qui sont bêtes et insensibles, tout en « flashants » sur les bœoeufs, leurs apparences et leurs muscles/mobs et plus tard voitures etc. qui vont se servir d’elles juste pour se mettre en valeur, tandis que les mecs « gentils », ouverts, à l’écoute, mais pas canons vont être au rancart pendant la moitié de leur vie, voir plus, les éternels copains qui écoutent, un vivier d’amoureux transis, tu te souviens ? »

J’appelle cela le syndrome « Mireille l’abeille » parce que dans les histoires d’Antoon Krings, Mireille sait au fond d’elle même que Siméon le Papillon est amoureux d’elle, et elle feint de l’ignorer, elle en fait même son confident, elle lui demande des choses ambiguës qui n’ont de cesse de lui faire du mal parce qu’il est timide et qu’il n’ose pas se déclarer. C’est selon moi immoral et injuste et indigne d’être raconté à des enfants…

Combien de temps…

Les événements personnels de cette année auront au moins le mérite de m’avoir fait ouvrir et trier tous mes cartons trimballés depuis tant d’années… Il en reste encore ça et là, mais le plus gros est fait.

Pour être chez moi, je dois enfin me poser, les ouvrir, sortir leurs contenus et les mettre sur mes murs, les lire…

Un été studieux.

Trier :
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Creuser :
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Garder précieusement la sciure de hêtre pour les toilettes sèches :
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Prendre le temps de regarder, même s’il n’y a pas de trains :
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Faire les photos du Festival des Violettes (ici Raoul Petite Band) :
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Passer :
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Construire :
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Raboter :
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Travailler (enfin là pas trop) :
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Aller voir les Têtes Raides :
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Trier encore :
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Bref, avoir le vague à l’âme…

Pour le reste, c’est à dire le contenu habituel de ces notes, je vous invite à aller lire cette interview.

Bleu blues rouge*…

Bon, ben voilà…

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Le bleu, c’est sa couleur préférée.

Contrairement à elle, je continuerai pour ma part à suivre la fraise.
Je continuerai à suivre la fraise parce que j’aime la suivre pour pouvoir vivre aussi des moments comme celui-là :
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Comme celui-là :
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Ou encore comme celui-là :
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Et tant d’autres…

Et d’ailleurs, je préfère vivre comme ça :
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En fait, même si c’est ensemble que nous avons donné un nom si particulier à ce lieu de vie, si anachronique, ou plutôt si décalé, je m’y suis pour ma part investi totalement, à corps perdu (sans m’empêcher) et je peux dire, pour la première fois de ma vie après tant d’errance, que je reste ici, enfin, pour être chez moi.

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De l’extérieur vivre ici est rude, ça à l’air d’être un combat.

Certes.

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Mais comme je me suis permis de le faire remarquer aux Aminches l’autre soir à Rajasse, mes choix de vie mènent souvent à des « combats ».

Des combats rouges, pacifistes, féministes. Ils me reprochaient d’accuser les bobos, la gauche casa, et les copains du CAC40 de Sarkozy d’être des criminels, parce que pour nous la vie n’est pas qu’une suite de fatalités, c’est aussi le résultat de choix. Criminels parce que leurs choix tuent à petit feu des millions de gens dans le monde, et nous usent, alors que nous faisons des efforts, des efforts énormes, au quotidien, et parce que vivre comme nous sommes des millions à tenter de le faire, en essayant de le faire le moins possible aux dépens des autres, c’est autrement plus difficile que de passer le samedi à pousser le caddy dans les allées des grandes surfaces en payant avec une carte « plus plus de pouvoir d’achat » pour avoir le « libre choix » entre 27 sortes de mayonnaise aux OGM…

Quand une poule bronzée, fardée et couverte de pacotille comme un arbre de noël se pointe en 4×4 noir de ville à la Biocoop pour acheter un morceau de tofu et une salade, et se pâme devant les « pierres d’énergies vitales », elle nous tue, c’est donc une criminelle. Quand ••••• pille la forêt, il tue des populations locales à petit feu.

Bien sûr que j’exagère, et je ne lèverai pas la main sur eux ni ne leur voudrais du mal, mais je suis comme Gilles Balbastre, je pense qu’il faut « nommer l’ennemi ». Cet ennemi « intime » lui ne se prive pas de nous pourrir la vie, de nous obliger à lutter pour vivre, la moindre des choses, c’est de le dénoncer.

Alors combat, oui.

Mais un combat pour vivre, pour aimer encore et pour partager.
Combat pacifiste pour mes enfants, parce que c’est ça qui compte :

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Revenir aux fondamentaux.
Blues donc. Pas d’amertume je l’ai aimée, je l’aime encore mais bien sûr plus comme avant. Toujours beaucoup d’amour à partager, mais beaucoup de regrets parce que malgré tant d’efforts, tant d’énergie et tant d’investissement à aimer, à respecter, à partager et à construire, ça n’a pas suffit à nous protéger…

J’ai des bleus à l’âme, mais ma couleur préférée à moi, c’est le rouge :

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* Mon ami d’enfance m’avait surnommé « fêtenat », en rapport avec une sale blague raciste quand nous étions gosses en Afrique.

Rompre

Voler son appareil, ses négatifs ou sa carte mémoire à un photographe, c’est sans doute pour lui aussi douloureux, aussi intrusif dans son intimité que de voler un manuscrit à un écrivain… Enfin, je me l’imagine. Enfin, je ne sais pas. Pas l’intimité de choses que l’on voudrait ne pas montrer, mais plutôt l’intrusion, la destruction ou la punition privation gratuite de quelque chose de soi que l’on cultive et cherche à préserver.

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Je ne suis ni photographe, ni écrivain… Mais je crois que je comprends.

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Depuis mes seize ans, j’ai toujours un appareil photo pas loin de moi, et depuis que j’ai photographié des plagistes sur la plage de Sète, ou modestement contribué aux compétences photographiques des étudiants de mon école d’architecture, un appareil ne me quitte plus.
Mais vraiment plus du tout.

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J’ai aujourd’hui, en bon « écolo de merde* », délaissé l’argentique pour le numérique (très modeste), mais cette envie irrésistible de fixer, capter, voler, observer, examiner, savourer, surprendre, témoigner, restituer, interpréter des instants et des lieux dont on a l’impression qu’ils ne seront plus jamais les mêmes et dont on veut s’approprier, ou créer, une trace ; cette envie je l’ai là dans mes yeux et dans ma tête, au bout de mes doigts, tout le temps…

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Et quand j’écris tout le temps, c’est tout le temps, jusqu’à rendre les autres dingues.

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Aussi, je comprends le désarroi, la tristesse de Phil.

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Voilà, noter une bafouille pour un ami qui comme moi pleure comme enfant, qui m’a témoigné son attention, me paraît être une bonne raison de rompre un silence douloureux.

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Tiens, Phil,en grattant dans mes ruines il y a 15 jours, j’ai trouvé la réponse à ta question, tu penses si j’ai pensé à faire une photo rien que pour toi :
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Merci à, et pour, Philippe.


* Petit clin d’œil à la FNSEA.

Vacances, j'oublie tout…

Les petits sont chez « papy & mamy », pas loin de la mer, ça les change des hauts plateaux ardéchois… Et comme je voulais passer du temps avec eux hors de la maison, je suis venu passer quelques jours ici après les obsèques.

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J’en profite pour acheter ma fille en la sortant tous les soirs, par exemple en l’emmenant voir tous les « blockbusters » au multiplexe du coin… Ce qui fini souvent en longue conversation avec elle sur l’état de la porcherie à la fin des projections, épiphénomène inhérent au niveau intellectuel (ce terme a-t-il même un sens dans ce contexte) de la faune qui fréquente assidûment ce genre d’endroit.

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C’est particulièrement réconfortant de constater qu’elle est aussi dégoûtée que moi, et que les rires gras des ados mâles (et des adultes qu’ils deviennent) n’attirent plus son attention que pour un haussement d’épaule. C’est déjà ça de gagné…

Lundi, nous avons vu en « avant première » le dernier Disney/Pixar : Ratatouille. Bon, c’est du Pixar…

Ce qui m’a particulièrement frappé, c’est l’étrange proximitée d’Ego (le critique culinaire) avec le big boss Steve Jobs qui justement, a la réputation d’être un vrai Duplo (un gros Légo si vous voulez).

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Sachant que c’est en plus un amoureux de Paris, que c’est un « mal aimé », un végétarien… Moi je trouve la caricature frappante, mais bon. Sinon, cette histoire à comme un arrière-goût de Ben, le film éponyme à la chanson de Mickaël Jackson — période Motown donc encore sympa, pour ceux qui ne connaissent pas.

Les Américains, et en particulier le boss donc (cf ci dessus) aiment à fantasmer un paris romantique à la Ella… (…Fitzgerald : I Love Paris). Si vous voulez vous en convaincre, allez donc faire quelques pas à la butte Montmartre, au Trocadéro ou traîner sur le trottoir voir ceux qui vont se donner des sensations fortes en croyant s’encanailler aux alentours du Moulin Rouge.
J’en profite d’ailleurs pour lui transmettre justement un message de ma fille : « pourquoi mon papa il n’a pas de vacances ? ». Je veux bien aller passer mes vacances chez lui justement, s’il aime la vraie ratatouille*… Ou mieux, des poivrons grillés* à l’huile d’olive et à l’ail (voir ci-dessous)…

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Être dans la maison sans être le parent en charge me permet de me consacrer sans vergogne à mon travail tout en pantouflant à table (enfin pas trop non plus, j’ai ma dignité, et j’ai du mal à ne pas faire quelque chose chez mes hôtes*) ou pour jouer avec les enfants. Je me laisse faire, c’est les vacances, enfin, pas pour moi mais c’est bien que les enfants aient cette impression.

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Il y a un autre intérêt pour moi dans ce petit séjour annuel dans l’arrière-pays biterrois : c’est l’occasion d’aller traîner mes espadrilles dans les centre commerciaux, histoire de ne pas oublier ce contre quoi je me bats. Confirmation, si besoin était : il y a toujours autant de produits impropres dans les rayons, et toujours plus de gens pour les mettre dans leurs chariots. Tout va bien donc. Notre nouveau président va donc pouvoir allègrement dépenser des fonds publics pour compenser le surpoids, les cancers, les allergies, les crédits etc.

Il y avait bien comme une petite gêne l’autre matin lorsque j’examinais comme il se doit l’emballage du tube de « fromage frais parfumé au goût de fruits » à la recherche de la composition et du lieu de production, et qui sert de petit-déjeuner au petit quand il est chez papy et mamy.

Comme je ne suis pas chez moi et que je suis bien élevé, je me contente d’être un ethnologue curieux, décontracté, souriant et observateur.

Par contre, pour faire suite à une houleuse discussion avec mon père sur ce que j’estime être de la co-responsabilité/culpabilité des industriels de l’agroalimentaire, dans vingt ans, si je suis encore là et que mes enfants ont le cancer, je brûlerai sans remords la cervelle de ceux qui geindront en disant qu’ils ne savaient pas…

P. S. : Ce soir, nous sommes allés voir en « avant-première » le film « Les Simpsons ».
Compte tenu de l’histoire du film, il y avait de quoi être songeur en traversant les immondices pour sortir de la salle à la fin de la projection…

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Assez !

Ras le bol de devoir traduire des documents pour lesquels les termes clés ont été choisis par des fainéants…

Exemple sur lequel je me fais mal tous les 100 signes : Support.
La traduction de « support » en français ne devrait pas être « support » mais « assistance » !

Dans le même genre répété jusqu’à la nausée par nos icônes médiatiques et politiques : « flexibility » qui devait être traduit à l’origine par « polyvalence » et non « flexibilité ».

Ça me casse les doigts de devoir constamment taper des termes inappropriés pour vendre de la soupe ou du yaourt franglais de « marcom » ou de « management » bafouillé par des handicapés du cerveau…

D’un côté ils nous brisent les cacahuètes en nous inventant des mots comme « courriels » ou « mél » au lieu d’utiliser le vrai nom qui permet de connaître son origine c’est-à-dire « e-mail ». Et de l’autre, ils se contentent de faux amis ou de choisir la version la plus réductrice, en terme de sens, pour des mots qui sont importants…

Moi, quand j’ai un problème de panne informatique, je veux que l’on m’assiste ou que l’on m’aide, pas que l’on me supporte !
Et quand je demande à mes collaborateurs salariés de faire preuve de polyvalence, voire de souplesse, je ne leur demande pas d’être « flexibles » (comme une lame d’acier par exemple)…

Et il y en a des tartines comme ça sur le Web, dans la bouche de nos « managers », de nos « journaleux », sans parler des « politiques »…

Argh ! Au secours !

Une autre petite bête qui monte…

Hier mon grand père, la tante de ma femme, aujourd’hui ma tante, demain…

Cette nuit sur une chaîne de télé, en zappant pour oublier la route et la fatigue d’une interminable migraine, un cancérologue expliquait les formidables progrès de la médecine en matière d’imagerie et donc de précision dans les traitements contre le cancer… Avançant, peut-être emporté par son discours enthousiaste, la possibilité de curer cette maladie, pour tous, d’ici une dizaine d’années.

Arrivé tard à l’hôtel, en entendant cela, il était difficile de ne pas faire le parallèle avec le fait que je n’ai pas pu trouver dans le rayon frais de la cafétéria, un simple yaourt nature, sans conservateur, colorant ou parfum de synthèse, ni une bouteille d’eau qui n’avait pas le goût du plastique de son emballage. En tapant cela, je pense aux panneaux d’aggloméré du lit, de la tablette de mon ordinateur, aux revêtements de la chambre, aux colles et au PVC de la douche, etc.

Pendant la cérémonie de tout à l’heure, je devrais respecter la douleur de ma cousine, de ma mère et de tous ceux qui se sentent proche de la victime, en essayant de ne pas penser, et encore moins d’évoquer, une réalité que personne ne veut regarder en face : un homme sur deux, une femme sur trois, de plus en plus d’enfants…

À qui le tour ?

Les dormeurs doivent se réveiller !

Nouvelles du Festival Résitances !

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Arrivé hier (6 juillet), j’ai pris un peu de temps pour me repérer, installer une connexion Wi-Fi capricieuse et aller voir le film « Viva Zapatero » de Sabina Guzzanti qui traite sans détour de la censure dans les médias sous le pouvoir de Berlusconi.

Cette année, le festival a été « repris » par des producteurs indépendants après le retrait, semble-t-il, de soutiens publics, apparemment pour des raisons politiques (vous aviez deviné je présume).

Le festival repose donc cette année entièrement sur les épaules d’une toute petite structure qui joue son avenir pour promouvoir une vision militante du film documentaire.

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Bref, je ne suis pas ici pour voir tous les films, ni faire un reportage sur le sujet, mais simplement pour rencontrer des humains, voir des documentaires et prendre un peu de temps pour bouquiner les innombrables livres en souffrance dans ma bibliothèque (L’empire de la Honte de Jean Ziegler actuellement).

Aujourd’hui, j’ai assisté aux projections de « Outfoxed » de Peter Greenwald, puis « On air » de (et en présence de) Christophe Joly.

C’est assez plaisant de voir que d’autres personnes s’efforcent de montrer qu’aux États Unis d’Amérique, il n’y a pas que des « gros cons de beaufs qui roulent en 4×4 et vomissent sur le reste du monde » (comme on l’entend souvent par chez nous).
Je regrette juste le côté superficiel (pardon pour l’auteur de ce documentaire) de la façon dont est décrit le combat de ces militants que l’on qualifie trop simplement « de gauche ». Cela ressemble plus à une ballade dans l’univers des médias alternatifs américains qu’à une rencontre avec ceux-ci et sur l’ampleur de ce mouvement.

Ce que j’adore dans ce festival, ce sont les stands de documentaires :

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Internet et WiFi rural (1/2) …

C’est bien beau de faire des grands discours sur la « fracture sociale », la « fracture numérique »… Mais ce n’est pas en privatisant France Télécom que ce dernier va investir dans les zones non rentables. Encore une contradiction que tout citoyen devrait faire payer cher à son député…

Ça me fait toujours sourire (jaune) quand j’entends des gens en milieu rural se plaindre du fait que France Télécom ne veut pas venir, ne s’occupe pas du problème de ceci, ne veut pas investir là etc. En général, ce sont ceux qui ont voté pour un député UMP en 2002 (et PS avant d’ailleurs), ils devraient donc lui demander pourquoi France Télécom, pardon, Orange, à du mal à mettre la main au portefeuille pour ne pas abandonner les territoires ruraux (et entre-autre aussi les hôpitaux, mais j’y reviendrais en parlant du dernier film de Christian Tran : « Le temps de l’urgence »).

Et de fait, l’Internet dont parlait Jacques Chirac en campagne électorale, et dont Nicolas Sarkozy parle aujourd’hui, et bien, non, justement, en zone rurale, c’est fou le nombre d’endroit où ça ne passe pas, et où ça ne risque pas de passer avant un bon moment (sauf à demander aux collectivités de payer, alors qu’avant, c’étaient les zones rentables qui finançaient celles qui ne le sont pas).

Il faut donc se débrouiller tout seul, comme d’hab.

Pour une toute petite entreprise qui fait dans les services dématérialisés des nouvelles technologies, une bonne connexion Internet, c’est un bon moyen de se rendre hors des agglomérations, voir dans les zones les plus éloignées, par extension, ça permet à beaucoup d’indépendants et de sociétés de services de maintenir des activités dans des zones rurales

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ADSL, WiFi & Satellite

En l’absence de connexion ADSL à proximité, il y a un FAI par satellite qui offre un excellent rapport qualité/prix. Avec les connexions bidirectionnelles par satellite, en tout cas, pour les premiers niveaux d’accès, il faut impérativement exclure le transfert au-delà de quelques gigas par mois. Ces connexions sont tout à fait adaptées pour surfer quotidiennement à plusieurs, échanger des fichiers de quelques dizaines de mégas etc., le tout de manière confortable.

Flux multimédias
En revanche, pas de flux continus (radio, vidéo etc.) sur ce type de connexion, même si il n’y a pas de limitation définie comme telle, la notion de Qos permet de réduire le débit disponible de manière très significative, en réduisant la priorité, dès lors que l’on a dépassé un quota de données, en upload comme en download.

Concrètement, vous pourrez par exemple bénéficier de 512 kbps tant que vous n’aurez pas téléchargé 1 ou 2 Go de données pendant 30 jours (attention, en jours glissants). Dès que vous aurez atteint votre quota, votre « priorité » va baisser en vertu de la fameuse Qos, et vous allez vite vous retrouver avec un débit réduit à à quelques kbps.

Téléphonie et conférences vidéo
Cette technologie ne permet pas des télécommunications satisfaisantes du point de vue téléphonie ou chat vidéo, principalement en raison du ping : pour simplifier, lorsque vous parlez, votre voix va parcourir 2 fois 36 000 km avant de rejoindre internet, et la réponse de votre interlocuteur de même. Comptez donc un minimum ne pouvant pas descendre en dessous du temps nécessaire pour que le signal parcoure (4 x 36 000 km) 144 000 km pour un simple aller-retour (requête réponse). Physiquement on ne peut donc pas descendre en dessous de la demi-seconde, au mieux, sachant que les différents routages rajoutent quelques millisecondes à l’ensemble.

Bases de données et FTP
J’ai tenté par tous les moyens, de travailler sur des bases de données distantes partagées, notamment FileMaker, et là, en raison du ping justement, c’est le cauchemar. Le problème se pose de la même façon pour la publication Web via FTP. Pour ces deux utilisations, il vaut nettement mieux se tourner vers l’ISDN (Numéris™ en France) si c’est possible. Même avec un débit disponible nettement inférieur, la réactivité (ping réduit) reste plus importante.

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VPN
J’ajoute que, en tout cas pour ce qui des offres de ce FAI, j’ai pu utiliser une solution VPN logicielle (RSA SecureID en l’occurrence) via Mac OS X, vers des serveurs US, sans souscrire une offre particulière auprès du FAI. Avec un bémol toutefois, dans ce cas-là, le débit disponible ne dépassait pas au mieux les 50 kbps.

La notion de priorité en fonction d’un quota de données, introduite dans le Qos, fait que pour un accès mutualisé, comme par exemple un petit réseau WiFi dans un village, une connexion bidirectionnelle par satellite est totalement inadaptée, sauf à disposer d’une offre spécifique pour cet usage :

Quelques particuliers échangeant quelques mails, des photos et surfant sur le Web, plus une ou deux PME, sur un accès Satellite bidirectionnel classique, tournera vite au cauchemar. Le cas typique dans ce cas, c’est la mise à jour des logiciels : si vous avez une dizaine d’ordinateurs sur plusieurs sites, derrière un accès satellite mutualisé avec un quota de 2 Go de données, il suffit d’une mise à jour système de 120/150 Mo (ce qui n’est pas rare) et vous atteindrez le quota en quelques jours, et devrez attendre la fin des trente jours avec un débit inférieur à celui d’une connexion par téléphone !

Enfin pour finir sur la connexion, celle de mon FAI en tout cas, je dois avouer que j’ai été très surpris de la stabilité exceptionnelle de la connexion !

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J’ai des conditions météo assez rudes en hiver (hauts plateaux ardéchois) avec des températures descendant à -20°, des brouillards givrants, des chutes de neiges ponctuelles pouvant être très importantes, des tourmentes neigeuses de plusieurs jours etc. Pas une seule déconnexion ! Quand la réception depuis ASTRA (CanalSat) était complètement perturbée par la charge neigeuse dans l’air, la connexion Internet elle au pire, perdait quelques dizaines de kbps ! Bon, en hiver, j’ai dû dégager la parabole une dizaine de fois mais bon…

À suivre : ADSL + réseau WiFi :

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Silence…

Bon, je sais, je n’ai pas beaucoup « posté » ces derniers temps, mais j’ai beaucoup travaillé sur les billets…

D’habitude, je date les billets du jour ou j’ai pris les notes, et pas du jour où je les finalise, mais il paraît que ça ne se fait pas. Je laisserai donc le système dater tout seul les billets.

Je vais aussi essayer de faire court, et de couper les billets longs en plusieurs morceaux… Je ne suis pas sûr que ce sera plus lisible mais bon, on verra ce que ça donne.

Tsunami, Jean Hélène et la Somalie

Quand il y a eu le Tsunami en Indonésie, outre le spectacle, comme d’habitude obscène, auquel nous avons eu droit, on n’a parlé que pendant les premières heures du fait que les vagues avaient aussi atteint les côtes africaines, que ça avait fait pas mal de dégâts, puis, plus rien.

Pendant que tous les regards et les portefeuilles se rachetaient une conscience en « aidant » ceux chez qui les occidentaux allaient par charters se « vider les couilles » (je suis désolé pour ceux que ça choque, mais je ne vois pas comment le dire autrement) ou s’offrir des « vacances de rêve » pas cher, et bien la Somalie, Madagascar etc. se débrouillaient quand à eux comme ils pouvaient.

Et ça, ça m’a frappé, comme à chaque fois qu’il s’agit d’Afrique.

J’ai fouiné un peu sur Internet parce que ça m’a paru réellement bizarre, et j’ai trouvé quelques documents très intéressants comme cet article de Fabienne Gautier (Contratom-Genève) :

« Un récent rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement, traitant de la reconstruction des zones ravagées après le passage du raz-de-marée du 26 décembre 2004, révèle que la force des vagues a remué quantité de déchets déversés le long des côtes ou enterrés sur les plages somaliennes. Parmi ces restes de notre civilisation florissante, outre des fûts de déchets radioactifs, on trouve du plomb, du mercure, du cadmium, des déchets d’industries, d’hôpitaux ou de traitements chimiques. »

Et donc bon, maintenant, on peut dire qu’on sait pourquoi on n’en parle pas.

Et alors ?

Et puis, en faisant des recherches sur la Côte d’Ivoire (et oui, on ne se refait pas) je viens de tomber sur un petit commentaire de « patfalc » , sur le blog « C’est pour dire ». Ça prend du coup davantage de relief, enfin, de mon point de vue, mais ça, c’est à vous de voir si ça connecte.

(6/07/2006)

Grosse fatigue…

Alors voilà, je me bats comme je peux, en fait beaucoup, en « républicain laïque », pour défendre les services publics face à la profonde manipulation dont mes compatriotes sont les consentantes et bêlantes victimes. Je démontre chaque fois que possible l’importance de l’impôt, la fumisterie des néolibéraux et des conservateurs, en passe de gagner une guerre de propagande entamée dans les années soixante-dix etc.

J’essaye aussi de me battre pour faire comprendre à des syndicats largués que non, tous les « patrons » ne sont pas des « salauds et des exploiteurs* », et que c’est ensemble que nous devons remettre à plat les choses pour ne pas nous laisser bouffer par l’OMC et la Commission européenne… Mais bon.

Enfin bref, pourquoi « grosse fatigue » ?

Et bien il se trouve que, comme je suis un « salaud d’entrepreneur/patron », qui ne doit surtout pas se retrouver en déficit face aux inéluctables charges qui pèsent sur son activité (que je paye avec joie et même fierté pour contribuer à la chose publique) ; je bosse beaucoup, et nuitamment en plus avec à peine 5 heures de sommeil par nuit ces derniers temps (environ un mois). Du coup, et bien c’est vrai, j’ai un peu oublié la paperasse, et mon comptable aussi.

Alors quand ça fait un mois que je me couche toutes les nuits entre 2 et 3 heures du matin (avec levé tôt, mais ai-je besoin de le préciser ?), et que rentrant d’accompagner les enfants à l’école, je bois mon premier café en me mettant immédiatement à mon travail, mon téléphone sonne et je me fais sermonner sur un ton très hautain, comme à un attardé, par une « responsable de la TVA » parce que « ce n’est pas bien il manque les déclarations pour les mois de X et de Y et que ça commence mal (je viens de changer de département) et que je vais vous taxer d’office vous allez voir »…

J’essaye de rassembler mes pensées épuisées, je respire un grand coup, et je me dis que moi ça va, j’ai des convictions, mais elle scie sur la branche sur laquelle elle est assise la petite dame. Et c’est moi qui gueule en bas pour lui dire d’arrêter de scier.

Et je suis sûr que ça, ça lui échappe complètement. Elle ne me facilite vraiment pas la tâche !

* Et vis-à-vis de ce point-là, je crois que l’effet de serre aura cramé la planète avant que Thibault, Laguiller et Besancenot, et les autres « copains », n’aient débloqué leurs neurones. Et que les « cocos-trotskistes » ne viennent pas me casser les pieds : tout patron que je suis, il m’arrive de voter parfois (aussi) pour leurs représentants, avec joie ! Donc, en tant que « sympathisant », j’ai d’autant plus le droit de les critiquer sur leurs incommensurables tares.