Une Startup Nation de compét.

Petits chiffres rapides sur l’optimisation et l’évasion fiscale, vite fait, en passant…

Je vais faire un saut sur la page du Fond Monétaire International chercher quelques chiffres pour une prochaine note et je tombe sur cette information :

Alors que les Pays-Bas se sont opposés avec vigueur contre Corona Bonds, le FMI nous apprend que c’est le pays qui a reçu le plus d’investissements étrangers directs en 2018.

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Oui, vous avez bien lu, ce pays de moins de 18 millions d’habitants, a reçu en investissements directs de la part des États suivants plus de 4 700 milliards de dollars en 2018 (devant les États-Unis et… le Luxembourg) :

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Si j’étais un peu ironique, je dirais que c’est sans doute pour son tissus industriel exceptionnel et sa R&D de renommée mondiale… Une Startup Nation de compétition quoi.
Mais en réalité, les parts de l’emploi dans l’agriculture, 2,2 % et dans l’industrie 16,1 % comparée à celle des services, 81,6 %, nous donnent une réponse plus simple : les services financiers, le nirvâna de la « création de valeur » selon la logique intellectuelle de nos dirigeants depuis quelques décennies, celle qui met au dessus de tout les gestionnaire de fonds, les banquiers, les traders et les contrôleurs de gestion, loin, bien loin au dessus des petites mains héros de l’actualité (agriculteurs, infirmiers, caissiers, éboueurs, femmes de ménage etc.). Mais je m’égare…

On remarquera au passage que sur les 5 États qui ont le plus « investis » aux Pays-Bas, 4 sont membres de l’UE, et que ces derniers sont connus pour avoir permis une optimisation fiscale agressive de la part des multinationales.

Si on se fie à la Société Générale, la fiscalité y est très avantageuse :

Imposition des « dividendes: 15% (0% pour les dividendes soumis à la directive de l’UE sur le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et aux filiales d’États membres différents ou payés à une société mère basée dans un pays avec lequel les Pays-Bas ont signé une convention fiscale supprimant cette retenue à la source)
Intérêts: 0%
Redevances: 0% »

Comme le dit Lison Rehbinder, porte-parole de CCFD – Terre solidaire, les Pays-Bas on fait de l’optimisation fiscale une véritable industrie (interview à écouter sur le site France Culture) : « Les Pays-Bas proposent (…) des taux d’imposition tout à fait ridicules, validés ensuite dans des accords fiscaux. En faisant cela, ils favorisent l’accueil sur leur territoire d’entreprises qui n’y ont pas forcément d’activité réelle mais qui échappent à l’impôt dans d’autres pays où ils ont une véritable activité. »

Donc…

Les Allemands et les Pays-Bas ne veulent pas entendre parler des « Corona Bonds », ils ont fait le choix économique d’être les passager clandestins de l’Union Européenne (c’est un terme économique pour parler d’un acteur qui profite indûment d’une position dans un système économique).

Ils ne veulent pas se retrouver « solidaires » des dettes des pays du « club Med » comme ils disent, alors que leur modèle économique ces dernières décennies à été de piller les autres pays européen : évasion fiscale des entreprises et des fortunes aux Pays-Bas (et au Luxembourg), dumping fiscal de l’Irlande et de la Grande Bretagne, dumping social de l’Allemagne grâce à la création d’un hinterland de sous traitance industrielle allemand avec l’entrée à marche forcée des anciens pays de l’Europe de l’est, alors que les membres de Union Européenne ont soutenu la réunification Allemande, notamment en annulant la dette Allemande…

L’Union Européenne est une honte.

Et que va nous annoncer notre banquier manager dirigeant leader chef de l’État Emmanuel Macron alors que notre pays continue de faire naufrage dans les eaux glacées égoïstes de cette Europe ? Un nouveau monde ? Un changement de modèle économique ?

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