Mou du genou…

Ça part quand même d’une bonne idée : montrer le décalage des préoccupations entre une « entreprise-commerciale-qui-gagne-dans-la-mondialisation-heureuse-pour-l’avenir » d’une part, et un « service-public-vieillot-qui-refuse-la-modernité-et-qui-est-trop-fonctionnarisé » d’autre part.

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Parce qu’effectivement, l’état d’esprit un peu pépère de certains personnels de la poste montrés, et j’insiste sur ce dernier mot, dans le document en question, démontre bien comment il a été facile pour les parangons du discours « efficacité de la concurrence privatisation » d’endormir le débat et spolier une fois de plus les citoyens de ce pays.

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On aurait aimé y voir traité le dossier de l’épargne des ménages (qui fait baver les vendeurs de services d’investissement de vol sur les marchés financiers et que Nicolas Sarkozy voudrait bien voir dépensé en consommation et « investi » en bourse), de la « captivité » des usagers désormais devenus malgré eux « clients », le fait que des privés, des secrétaires de mairies ou autres vont avoir accès aux comptes des clients (en milieu rural, j’ose à peine imaginer les conséquences de ce « détail »)…

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On aurait aimé aussi y voir traité le chantage ordurier exercé sur les maires qui ont tenté de s’opposer à la réduction des services et à la privatisation de la poste : du genre « si vous l’ouvrez trop, le service (APC) sera déplacé dans la commune voisine »…

Enfin, on aurait aimé y voir à quel point il est ridicule de voir les services déplorables des transporteurs privés (exploités en chaînes de sous-traitance à n’en plus finir) « couiner » et « chouiner » pour mal faire ce que le service public de la poste réussi quotidiennement et discrètement, quelles que soient les conditions météo, depuis sa création, quand il faut livrer des petits colis et des plis à plus de 10 kilomètres d’un centre urbain…

Entendons-nous bien, j’aurais bien aimé que la démonstration soit efficace pour montrer à quel point les tenants de la privatisation des services publics se moquent du monde. Or là, je trouve que l’exercice n’est pas très bien réussi, voir carrément « mou du genou ».

Bon, ceci dit, il est super ce documentaire, il faut absolument le voir :
« La Poste, un drôle de pli »

Documentaire de Marie-Pierre Jaury (2006), d’une série en trois épisodes « Service public » de Gilles Balbastre, produite par Point du jour. 50 min

Les images insérées ici sont évidemment © Marie-Pierre Jaury, Gilles Balbastre, Point du jour ou France 5.
Archive personnelle MPEG2, SD, 1014 Mo, enregistrés le 16/03/2006 sur France 5.

Plan B

C’est dommage que le jour où Stephane Paoli reçoit un type hautement intéressant, en l’occurrence le Président de la ligue algérienne des droits de l’homme (qui du coup ne sert vraiment que de faire valoir à S. Paoli mais bon, c’est une autre histoire), les lecteurs du Plan B déjouent la très filtrée « libre antenne » pour s’en prendre à S. Paoli.

La réaction de S. Paoli a été une confirmation, s’il en fallait une, que le roi ne supporte pas la critique. Édifiant : c’est mon journal, je vous donne la parole, mais si vous jouez avec, je vous l’enlèverai. Ce n’est pas ce qu’il a dit, mais c’est bien ce qu’il a voulu qu’on comprenne. D’ailleurs on sentait bien que les autres personnes autour de lui étaient soulagées quand il a corrigé le tir de sa verve à la fin de l’émission… Colérique le garçon hein ? !

Donc dommage, mauvaise « pub » pour le Plan B

Quoique ;-)

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Vous pouvez vous rattraper en allant commander le Plan B et vous abonner !

Et si vous voulez de quoi lire d’ici à ce que vous receviez votre exemplaire (c’est un peu long à arriver), allez lire ACRIMED c’est toujours « plaisant », et puis aussi, j’ai envie de dire surtout, allez lire CQFD et ABONNEZ-VOUS !

L’extrait :

Archive personnelle enregistrée le 13/03/2006 sur France Inter.

Audio AAC 64 kbps 57,3 Mo 20060313_FInter – 7_9 de 2 h02 min.

Manifs…

Ça gueule, ça couine, ça se plaint, ce n’est pas d’accord, ça sait tout, ça ne veut pas savoir bref… Comme disait grand-papa national, c’est la « chienlit ».

Mais ce n’est pourtant pas compliqué : arrêtez de consommer de la m••• !

Tout le monde me prend pour un ayatollah ecolo-pédago-droitdelhommiste, et se moque de moi quand j’apprends à mes enfants à lire la composition de ce qu’ils mangent, quand je leur explique qu’à force d’aller chercher moins cher dans la grande distribution ils font crever leurs voisins, que je préfère donner de l’argent pour mon chauffage à mon voisin bûcheron plutôt qu’à des émirs ou à la famille Bush, que je préfère la viande pas bio (mais propre quand même) de mon voisin à de la viande Bio qui à fait des centaines de bornes en camion réfrigéré, etc.

Nous avons trois bulletins de vote :

Le premier, c’est celui de ce que l’on achète : démerdez-vous ! Vous être assez grand pour lire les étiquettes, vous renseigner, sur Internet, vous inscrire à une bibliothèque, participer à des mouvements…

Le second, c’est où on achète : posez-vous la question de ce que devient l’argent que vous donnez.

Le troisième, c’est celui auquel vous n’accordez plus aucune importance : oui vous savez, le papier que vous n’êtes pas allé glisser dans l’urne quand il fallait choisir ceux qui votent les lois contre lesquelles vous êtes en ce moment dans la rue comme des moutons…

Dette de la France

J’ai reçu une éducation pas toujours équilibrée, pas toujours facile, mais j’ai longtemps cru que travailler décemment, être honnête, respecter ses engagements, réfléchir, user d’une certaine créativité, et respecter les autres, suffisait à se mettre en situation de vivre décemment, d’avoir de l’autonomie, d’être à peu près, si ce n’est à l’abri, du moins de se tenir loin des problèmes…

Il y a un décalage cynique entre ces valeurs et la réalité.

Aujourd’hui, une excroissance parasite maligne de la société du commerce et des échanges a peu à peu réussi à convaincre, abusivement, que c’était elle qui détenait les clés de la vérité et qui devait décider de l’intérêt et du droit d’existence de tous les autres corps de la société, à toutes les échelles.

Ce sont ces « parasites », improductifs et inutiles, qui aujourd’hui décident de la valeur et des droits de tous ceux qui produisent de la richesse et de la valeur, et qui fondent la richesse d’un pays, d’un état, d’une nation : les producteurs, les transformateurs, les commerçants, ainsi que ceux qui soignent, protègent, participent de l’éducation et organisent pour le bien de tous (et qui donc créent aussi de la richesse).

Inutiles ceux qui se lèvent à 4 heures du matin pour aller traire, ou aider un vêlage.

Inutiles ceux qui veillent et accueillent pour soigner sans condition et avec dévouement…

Inutiles ceux qui posent le chauffage, qui coupent le bois, qui fabriquent les tables, cousent les vêtements…

Inutiles les infirmières, les ouvriers, las cantonniers, les petits entrepreneurs, les commerçants…

Inutiles, remplaçables, malléables, corvéables…

Ces nouveaux parasites ont réussi à monter l’une contre l’autre les deux faces d’une république : ceux qui créent la richesse et ceux qui protègent et servent la première de manière, en principe, impartiale et désintéressée.

Pour pouvoir obtenir rapidement et inconditionnellement plus de biens éphémères et futiles, ces inutiles ont adroitement convaincu les producteurs de biens, de valeurs, de richesses, que les hommes et les femmes désintéressés qui les protègent, les soignent et s’efforcent sincèrement d’apporter à leurs enfants un minimum d’outils intellectuels pour ne pas finir en chair à canon, n’étaient que des oisifs improductifs et donc inutiles.

Ce faisant, ils ont vendu les chimères de la facilité, du luxe clinquant, et de l’individualisme aux productifs en leur faisant croire qu’en tuant la moitié d’eux-mêmes qui les sert et les protège, ils pourraient chacun individuellement accéder à un monde de bien-être, de richesse de biens et de confort éternel.

Qu’importe si de par le monde leur travail a détruit les nations, les peuples et les économies, semant famine, guerres et misère.

Pour s’assurer que nul contradicteur ne viendrait entraver leurs desseins, ils ont sélectionné quelques privilégiés qu’ils ont grassement pourvus, afin que ceux-ci s’emparent du pouvoir. Non pas directement le pouvoir en renversant celui des urnes, mais le pouvoir qui influe sur les consciences et les choix.

Les voilà donc qui s’emparent des sources d’information en les transformant en flux continus de message abscons et incohérents qui endorment les pensées, les laissant disponibles pour des idées « saines » : travaillez en prenant ce qu’on vous concède, consommez sans regarder, dormez…

Aujourd’hui que les effets de cette besogne commencent à se faire de plus en plus sentir, et que de plus en plus éreintés, les « producteurs de richesses » cherchent à redresser la tête et commencent à demander des comptes, veulent savoir où part le fruit de leur labeur, ils détournent les regards qui se tournent vers leurs insolentes accumulations, en leur répondant que c’est le fardeau de ceux qui les servent et qui les protègent qui est inutile et dont il convient de se débarrasser.

Pour s’assurer de pérenniser la prise de pouvoir, ils promeuvent régulièrement de nouveaux commissaires de conscience qu’ils laissent approcher de leur cercle de pouvoir, en leur faisant miroiter un accès possible au Saint des Saints contre encore un coup de cravache sur la tête des travailleurs.

Ces kapos serviles sont d’autant plus prompts à être furieux que leurs intelligences limitées se voient constamment contredites par le monde qui les entoure et dont ils cherchent à s’extraire par tous les moyens, avant d’être eux aussi entraînés dans l’abîme qu’ils feignent d’ignorer.

Enfin, pour perdre en conjecture et désespérer ceux qui cherchent d’autres voies, ils exacerbent les tensions entre les minorités, renforceront les communautarismes, et jetteront à leur face quotidiennement des images visant à leur faire peur, à les croire cernés, envahis, en sursis…

Les pyromanes vont de par le pays, l’Europe et le monde se montrer en négociateur face à la caméra tout en déployant tous les trésors de leurs ressources pour semer les incendies qui vont diviser pour mieux prendre de l’ascendant. Qu’importe si les peuples aspirent à la paix, à la réconciliation et vivre…

Aux gémonies les écoles, les hôpitaux, les réseaux, la sécurité et l’énergie toutes ces choses qui ne sont que « marchés ».

Les producteurs de richesses au lieu de se demander pourquoi ceux qui les « servent » ne parviennent plus à le faire (après de multiples « réformes » destinées à achever le patient à chaque fois un peu plus malade), préfèrent le discours rassurant de la cravache, seriné sur tous les tons.

Il n’est pas jusqu’au bras armé chargé de la sécurité de tous les citoyens qui ne se laisse endormir par les discours de la tentation facile : valorisée dans les discours des propagandistes les plus acharnés, qui par ailleurs s’efforcent de susciter la haine contre ces serviteurs de l’ordre et de la loi, ceux qui donnent leur vie pour servir la nation n’auront même pas le temps de se retourner que leur pouvoir leur sera retiré, par la loi, par le pouvoir :

Les milices ne sont pour l’instant que municipales, mais bientôt, après 2007, viendra l’heure de la sous-traitance en matière de sécurité !

Des bouffons de ces sociétés du spectacle reviennent régulièrement ratisser et balayer à gauche comme à droite ceux qui s’éloignent vers d’autres pensées. Au moment du choix important, ils sauront comme à la dernière présidentielle, vous enjoindre de sauver la république en plébiscitant à reculons un dictateur qui n’en demanderait pas tant.

Hormis quelques militants embrigadés et les pourvoyeurs de prêt à penser, quel peuple de gauche, désireux de liberté et d’égalité, a souhaité le retour des caciques suffisants et incapables et de leurs héritiers déjà rejetés à plusieurs reprises…

Hormis quelques militants embrigadés et les pourvoyeurs de prêt à penser, quel peuple conservateur a souhaité que les valeurs républicaines et de la loi soient bafouées par des repris de justice, des menteurs et des manipulateurs.

Ceux qui inondent les cerveaux préparent un dessein particulier : offrir un non-choix afin de laisser une minorité de militants choisir ceux qui verrouilleront définitivement et en toute légalité le pouvoir et le feront muer en dictature constitutionnalisée. Entre la peste, le choléra et la famine, qu’allez-vous choisir ?

La démocratie n’est pas un droit, c’est un combat.

C’est une lutte quotidienne contre le prêt à penser, l’ignorance et surtout, la facilité.