Une Startup Nation de compét.

Petits chiffres rapides sur l’optimisation et l’évasion fiscale, vite fait, en passant…

Je vais faire un saut sur la page du Fond Monétaire International chercher quelques chiffres pour une prochaine note et je tombe sur cette information :

Alors que les Pays-Bas se sont opposés avec vigueur contre Corona Bonds, le FMI nous apprend que c’est le pays qui a reçu le plus d’investissements étrangers directs en 2018.

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Oui, vous avez bien lu, ce pays de moins de 18 millions d’habitants, a reçu en investissements directs de la part des États suivants plus de 4 700 milliards de dollars en 2018 (devant les États-Unis et… le Luxembourg) :

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Si j’étais un peu ironique, je dirais que c’est sans doute pour son tissus industriel exceptionnel et sa R&D de renommée mondiale… Une Startup Nation de compétition quoi.
Mais en réalité, les parts de l’emploi dans l’agriculture, 2,2 % et dans l’industrie 16,1 % comparée à celle des services, 81,6 %, nous donnent une réponse plus simple : les services financiers, le nirvâna de la « création de valeur » selon la logique intellectuelle de nos dirigeants depuis quelques décennies, celle qui met au dessus de tout les gestionnaire de fonds, les banquiers, les traders et les contrôleurs de gestion, loin, bien loin au dessus des petites mains héros de l’actualité (agriculteurs, infirmiers, caissiers, éboueurs, femmes de ménage etc.). Mais je m’égare…

On remarquera au passage que sur les 5 États qui ont le plus « investis » aux Pays-Bas, 4 sont membres de l’UE, et que ces derniers sont connus pour avoir permis une optimisation fiscale agressive de la part des multinationales.

Si on se fie à la Société Générale, la fiscalité y est très avantageuse :

Imposition des « dividendes: 15% (0% pour les dividendes soumis à la directive de l’UE sur le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et aux filiales d’États membres différents ou payés à une société mère basée dans un pays avec lequel les Pays-Bas ont signé une convention fiscale supprimant cette retenue à la source)
Intérêts: 0%
Redevances: 0% »

Comme le dit Lison Rehbinder, porte-parole de CCFD – Terre solidaire, les Pays-Bas on fait de l’optimisation fiscale une véritable industrie (interview à écouter sur le site France Culture) : « Les Pays-Bas proposent (…) des taux d’imposition tout à fait ridicules, validés ensuite dans des accords fiscaux. En faisant cela, ils favorisent l’accueil sur leur territoire d’entreprises qui n’y ont pas forcément d’activité réelle mais qui échappent à l’impôt dans d’autres pays où ils ont une véritable activité. »

Donc…

Les Allemands et les Pays-Bas ne veulent pas entendre parler des « Corona Bonds », ils ont fait le choix économique d’être les passager clandestins de l’Union Européenne (c’est un terme économique pour parler d’un acteur qui profite indûment d’une position dans un système économique).

Ils ne veulent pas se retrouver « solidaires » des dettes des pays du « club Med » comme ils disent, alors que leur modèle économique ces dernières décennies à été de piller les autres pays européen : évasion fiscale des entreprises et des fortunes aux Pays-Bas (et au Luxembourg), dumping fiscal de l’Irlande et de la Grande Bretagne, dumping social de l’Allemagne grâce à la création d’un hinterland de sous traitance industrielle allemand avec l’entrée à marche forcée des anciens pays de l’Europe de l’est, alors que les membres de Union Européenne ont soutenu la réunification Allemande, notamment en annulant la dette Allemande…

L’Union Européenne est une honte.

Et que va nous annoncer notre banquier manager dirigeant leader chef de l’État Emmanuel Macron alors que notre pays continue de faire naufrage dans les eaux glacées égoïstes de cette Europe ? Un nouveau monde ? Un changement de modèle économique ?

Phase 3 : un naufrage sanitaire

Le 20 mars, Emmanuel Macron agacé par les critiques, a ironisé en « félicitant toutes celles et ceux qui avaient prévu tous les éléments de la crise une fois qu’elle a eu lieu ».

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Finalement, Emmanuel Macron est comme Nicolas Sarkozy : c’est un coq qui ne supporte pas d’être mis en cause, contesté, surtout quand il se prend les pieds dans le tapis parce qu’il regardait ailleurs.


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On se rappelle — et on oubliera pas quand l’alternance sera là — le fameux « qu’ils viennent me chercher » à propos de l’affaire Benalla, une attitude aussi grotesque et prétentieuse que le « descends si t’es un homme » de Nicolas Sarkozy en son temps… Ces saillies et sorties sont dignes d’adolescents pris sur le fait et cherchant à détourner l’attention sur leurs erreurs, mais sont indignes d’un Président, et on se pince à chaque fois qu’on les entends…

Le job, mais sans les risques…

Emmanuel Macron a voulu, et a fait de son accession à la magistrature suprême, l’auto-célébration de sa réussite et de sa supériorité. Il s’avère qu’un nombre sans cesse croissant de Français s’interroge depuis sa prise de fonction, où se trouvent ses fameuses compétences…

À l’heure où la fonction présidentielle est donc une nouvelle fois entachée par des comportements de coq de basse-cours, des centaines de personnes sont dans un état critique dans les hôpitaux.

Ça fait plusieurs jours que ça me démange de faire une note sur ce sujet parce que justement, cette crise, elle a bien été prévue, et depuis longtemps, et les avertissements ont bien été lancés, depuis suffisamment longtemps, pour qu’on reproche à ce gouvernement et à ce président, leur malhonnêteté ou à minima, leur incompétence.

Le gouvernement et Emmanuel Macron pouvaient-ils prévoir cette crise ?

On pourrait trouver, à foison, des articles de presse, des papiers de recherche, des revues spécialisées, des propositions de recherche, qui depuis des années alertent sur la question des risques de pandémies, notamment sur les « coronavirus » et la nécessité de s’y préparer très sérieusement.

Des rapports pour « les décideurs » sans ambiguïté.

Il y a, dans le monde politique, dans le monde de l’entreprise, quelque chose qui s’appelle la « gestion de risque » ou le « management du risque » pour les amateurs d’anglicismes.

Si on est dans le club très sélect des dirigeants de ce monde, comme notre président, il y a le « Rapport Global Risk » produit chaque année par le «  Forum Économique Mondial », et, si on est, seulement, qu’un dirigeant Français, alors, il y a le « Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale », paru en 2008, puis en 2013 (donc bien avant que vous ne soyez président, Monsieur le Président), et qui oui, explique assez précisément les risques et les impacts des pandémies, et comment s’y préparer un tant soit peu.

Et, au regard de quelques éléments qui démontrent l’impréparation de notre Nation :

  • Pénurie de masques,
  • La découverte que des molécules essentielles pour la santé, sont fabriquées à l’autre bout du monde,
  • L’absence de stocks de produits sanitaires aussi basiques que masques, gels hydroalcoolique
  • La mise en place tardive d’un « conseil scientifique »
  • Le flou sur la stratégie face à la crise (confinement, pas confinement)

On est en droit de se faire la remarque que la « Start’up Nation » a peut-être bêtement fait naufrage avant même d’appareiller vers le monde merveilleux de la mondialisation.

Le Président Français prépare la nation au pire :

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Oui, ce monde merveilleux, fait de délocalisation, de chaines de production en flux tendu « juste à temps » ultra fragiles, de prix fixés par la loi du marché donc de l’offre et de la demande, et surtout, de réalités bien moins sexy que les cours de bourse de la dernière start’up : les excrétas chargés de virus, de malades que seuls des vrais professionnels, pas des communicants, peuvent soigner…

Tous les gens un peu sérieux ont lu le « Livre Blanc de la Sécurité Nationale » de 2008, qu’en est-il d’Emmanuel Macron ?

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Le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale de 2008

On y lit : « L’interdépendance accrue des marchés et des économies mondiales tempère les risques de confrontation aiguë entre États. On observe, lors d’accidents majeurs d’ordre climatique ou sanitaire, comme à l’occasion du tsunami du 26 décembre 2004, de l’épidémie du SRAS en 2002-2003, ou cette année en Birmanie et en Chine, une capacité croissante de mobilisation et de coopération internationales. La conscience d’une responsabilité commune face à des risques planétaires progresse, même si l’adoption de solutions globales demeure difficile à obtenir. » ça commence plutôt bien mais…

Dans le chapitre intitulé « LES NOUVEAUX RISQUES NATURELS ET SANITAIRES » il est rappelé que :

« Les désorganisations sociales majeures que peuvent provoquer les nouveaux types d’épidémies ou les accidents climatiques violents font partie des risques d’ampleur nouvelle qui pèsent sur la collectivité nationale. »

Dans la troisième partie du Livre Blanc de la Sécurité Nationale de 2008, intitulée « UNE NOUVELLE STRATÉGIE POUR L’ACTION », il y a même un chapitre dédié aux Pandémies (P. 164) : « Pandémie massive à forte létalité »


Dans cette partie, les auteurs préviennent donc, dès 2008, que « sur les quinze années à venir, l’apparition d’une pandémie est plausible » et donnent une série d’indications tant sur la prévention, que la préparation et les actions à mener en cas de pandémie:

« le premier volet de la stratégie porte sur la connaissance et l’anticipation et simultanément sur la prévention. Il comporte l’orientation du système de veille et d’alerte sanitaires, un effort continu de recherche, de développement et de production de produits de traitement, la planification de la vie nationale en situation de pandémie, la sensibilisation précoce de la population, la formation des intervenants et leur entraînement par des exercices, la constitution de stocks nationaux correspondant aux principaux risques sanitaires, enfin une contribution à l’action des agences internationales compétentes. (…) Cette organisation mobilisera tout le personnel soignant compétent ainsi que les infrastructures hospitalières. »

  • Concernant l’effort continu de recherche et développement, on appréciera donc particulièrement les propos du chercheur qui travaillait sur les Coronavirus, Bruno Canard, qui travaille avec son équipe depuis 2004 : « En délaissant la recherche fondamentale, on a perdu beaucoup de temps ».
  • Concernant la constitution de stocks nationaux, là encore, on appréciera le caractère inédit des pénuries organisées par les gouvernements sous François Hollande, Emmanuel Macron : « En 2013, il a été décidé que le milliard de stock d’Etat n’était plus indispensable, tant les productions mondiales de masques étaient désormais intenses, notamment en Asie”, regrette le ministre Olivier Véran à l’Assemblée. »
  • Sur la question de la contribution à l’action des agences internationales, on s’intéressera en particulier à la question du financement de l’OMS, de plus en plus tributaire et donc sous le guidage bienveillant des lobbyistes et de fondations comme celle de Bill et Melinda Gates : « Comment rester indépendant quand on est financé en majorité par des dons privés ? »

Que sont devenus les constats de 2008 et quelles mesures ont été prises ?

 

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Tous les gens un peu sérieux ont lu le « Livre Blanc de la Sécurité Nationale » de 2013, qu’en est-il d’Emmanuel Macron ?

En 2013, le nouveau « Livre Blanc, Défense et Sécurité Nationale » revient sur la question de la pandémie, mais avec une tournure particulière, il est en effet expliqué que c’est la « faiblesse d’un état qui est un risque » : « Que des États se révèlent incapables d’exercer leurs responsabilités régaliennes (…). Une épidémie peut devenir pandémie si elle n’est pas enrayée dès l’origine. »

Dans son introduction du Livre Blanc de 2013, François Hollande y écrit : « Dans le même temps, les menaces identifiées en 2008 – terrorisme, cybermenace, prolifération nucléaire, pandémies… – se sont amplifiées. La nécessité d’une coordination internationale pour y répondre efficacement s’impose chaque jour davantage. »

Les analystes y écrivent ensuite que si le Livre blanc de 2008 identifiait déjà les problèmes, la suite des événements avait validé cette analyse du risque:

« Les événements intervenus depuis lors sont venus confirmer la réalité de ces risques. Plusieurs évènements ont illustré la vulnérabilité de nos sociétés aux risques naturels : en 2009, l’épidémie de grippe A/H1N1 (…) ».

Et les auteurs de préciser que « la circulation des personnes et des marchandises, la concentration de populations dans des mégalopoles et la défaillance des systèmes de santé dans certaines zones favorisent la survenue de crises majeures. Le risque existe notamment d’une nouvelle pandémie hautement pathogène et à forte létalité résultant, par exemple, de l’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou d’un virus échappé d’un laboratoire de confinement. »

Et bien sûr là encore il est bien précisé les impacts potentiels de ce type de crise : « Dépendantes d’infrastructures vitales complexes, fonctionnant à flux tendus, en contact quotidien avec le monde entier, nos sociétés peuvent être rapidement et profondément perturbées par des événements qui ne frappent initialement qu’une fraction de la population. Une désorganisation au départ limitée peut rapidement se propager et être amplifiée au point de constituer une menace affectant la sécurité nationale. »

À ce stade, on pourrait se dire que le Livre Blanc est un élément d’analyse stratégique qui n’intéresse pas les hommes et les femmes politiques qui, dans leur grande majorité, n’ont aujourd’hui plus aucune vision à long terme des enjeux pour la Nation.

Trop préoccupés par leur propre devenir politique, leurs places dans les arcanes du pouvoir et leurs aller-retour dans des grandes entreprises, ils sont trop impliqués avec les réseaux économiques pour avoir une vision à long terme.

Mais même dans le monde « économique » il y a aussi des études « sérieuses » et de référence, sur le sujet.

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Tous les gens un peu sérieux ont lu le « Rapport Global Risk » du Forum Economique Mondial, qu’en est-il d’Emmanuel Macron ?

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Je ne m’attarderai pas sur l’ironie de cette série de rapports puisque les questions d’effondrement, de réchauffement climatique, des mesures à prendre pour améliorer la résilience de nos sociétés, sur les questions environnementales, tout est bien documenté avec des références scientifiques dont visiblement, nos gouvernants n’ont que faire.

Je ne m’attarderai pas non plus sur le cynisme de ces rapports en terme d’analyse des problèmes mondiaux et des solutions qu’ils proposent puisque, années après années, la solution aux problèmes relevés, est souvent davantage de libéralisme.

Mais on sera content d’apprendre que nos dirigeants actuels ont bien participé aux rencontres du Forum Économique Mondial et certains membres de nos gouvernements ont bien lu ces rapports puisqu’ils appliquent certaines recommandations — et pas d’autres vous l’aurez compris — comme par exemple celles que l’on trouve dans la version 2017 :

« Nouveaux systèmes de protection sociale: une approche globale :
(…) Les systèmes devront offrir une flexibilité suffisante pour aider les individus à suivre des parcours de vie et des carrières sensiblement différents tout en maintenant une certaine équité entre les groupes (on dirait du Macron, non ?) et en renforçant la résilience individuelle :
1. Dissocier la santé et la protection du revenu des employeurs ou des emplois individuels
2. Refonte des modèles de retraite en fonction des nouvelles réalités du travail et du vieillissement (on dirait du Macron, non ?)
3. Mettre en œuvre des politiques pour accroître la «flexicurité» (on dirait du Sarkozy, non ?)
4. Mise en œuvre de modèles alternatifs de distribution des revenus »

On voit donc par là que ces rapports sont produits par de dangereux gauchistes très éloignés des idées défendues par nos récents gouvernants.

La version 2013 du rapport, toutefois, est très intéressante pour qui s’intéresse aux risques posés par la mondialisation :

Une partie de ce rapport insiste notamment sur la prédiction de ce qui n’est pas prévisible — une tâche pour les personnes qui sont censées diriger un pays par exemple. Cette section sur les facteurs X donc à considérer les préoccupations émergentes qui ne sont pas encore « sur le radar des décideurs ».

«  Si les 50 risques mondiaux représentent des connus, donc connus, ces facteurs X pourraient alors être considérés comme des inconnues connues. Ils ont été élaborés conjointement avec les rédacteurs de Nature (excusez du peu) et bénéficient de la connaissance approfondie de leurs contributeurs en matière de recherche scientifique de pointe qui n’a pas encore atteint le discours dominant. » et donc qui doivent de manière urgent rentrer sur les radars des dirigeants.

Ce rapport met en demeure les « futurs décideurs » de renforcer la résilience des États face aux risques mondiaux, avec comme objectif d’élaborer une stratégie continue de mesure et d’action pour « renforcer la résilience nationale et identifier les domaines où de nouveaux investissements sont nécessaires ».

Deux parties sont donc particulièrement intéressantes parce qu’étant très directes :

D’une part, un chapitre intitulé « Les dangers de l’ubris sur la santé humaine», qui traite plutôt des risques bactériens et de la menace existentielle posée par les bactéries résistantes aux antibiotiques, plutôt que des risques viraux, mais qui reste tout à fait pertinent sur les questions sanitaires;

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Et d’autre part, toute une section intitulée « Rapport spécial : Renforcer la résilience nationale face aux risques mondiaux ».

Cette partie du rapport propose des outils d’analyse, en particulier autour de la question de la « résilience » et de la nécessité de mettre en place des politiques systémiques pour se préparer à de futurs chocs.
Le rapport présente cinq composantes de la résilience : robustesse, redondance, ingéniosité, réponse et reprise – qui peuvent être appliquées à cinq sous-systèmes nationaux : économique, environnemental, gouvernance, infrastructure et social.

Un autre insert spécial concerne les « Risques dans la Chaine d’approvisionnement » puisque les chaines d’approvisionnement sont mondiales, interconnectées et à flux tendus.

Encore une fois, les évaluations qui sont faites concernant les pays comme la France montrent une sur-représentation de risques tels que les « Conséquences négatives imprévues de nouvelles réglementations », mais ce rapport averti toutefois sur ces « flambées depuis 2000 décrites comme une successions de quasi-catastrophes »

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À nouveau, dans la version 2019 du Rapport Global Risk, on lisait :

« Going Viral, The transformation of Biological Risks »


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Celui-ci commence par pointer du doigt « l’impréparation de nos sociétés aux risques biologiques, même les plus modestes ».

Le rapport revient sur les épidémies successives « Ebola, MERS, SARS, Zika, fièvre jaune etc. » :

Comme le rappelle très bien le professeur Philippe Sansonetti dans sa conférence au Collège de France « Covid-19, chronique d’une émergence annoncée », MERS et SARS sont des coronavirus…

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Going Viral :

« La fréquence des flambées épidémiques augmente régulièrement. Entre 1980 et 2013, 12 012 foyers ont été enregistrés, comprenant 44 millions de cas individuels et affectant tous les pays du monde. Chaque mois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) détecte 7 000 nouveaux signaux d’épidémies potentielles, générant 300 suivis, 30 enquêtes, et 10 évaluations complètes des risques. En juin 2018, il y a eu – pour la toute première fois – des flambées de six des huit catégories de maladies figurant sur la liste des «maladies prioritaires» de l’OMS. S’ils s’étaient répandus à grande échelle, ils auraient pu tuer des milliers de personnes et créer des perturbations mondiales majeures. »

Et de continuer en pointant du doigt la mondialisation et l’anthropocène :

« Premièrement, l’augmentation des niveaux de voyage, de commerce et de connectivité signifie qu’une épidémie peut se déplacer d’un village éloigné vers des villes du monde entier en moins de 36 heures.
Deuxièmement, la vie à haute densité, souvent dans des conditions non hygiéniques, il est plus facile pour les maladies infectieuses de se propager dans les villes – et 55% de la population mondiale vit aujourd’hui dans les zones urbaines, une proportion qui devrait atteindre 68% d’ici 2050.
Troisièmement, l’augmentation de la déforestation est problématique: la perte de couvert forestier a augmenté régulièrement au cours des deux dernières décennies et est liée à 31% des flambées telles que le virus Ebola, Zika et Nipah.
Quatrièmement, l’OMS a souligné le potentiel de le changement climatique pour modifier et accélérer les modes de transmission des maladies infectieuses telles que le Zika, le paludisme et la dengue.

Enfin, le déplacement humain est un facteur critique à cet égard. Que ce soit en raison de la pauvreté, des conflits, des persécutions ou des urgences, le déplacement de grands groupes vers de nouveaux endroits – souvent dans de mauvaises conditions – augmente la vulnérabilité des populations déplacées aux menaces biologiques. Parmi les réfugiés, la rougeole, le paludisme, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës représentent ensemble entre 60 et 80% des décès pour lesquels une cause
est signalé. »

Bref, là aussi donc, on voit que tout ce qui se produit aujourd’hui devrait donc être loin d’être une surprise pour l’ensemble des dirigeants de la planète, qu’ils soient politiques ou économiques !


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En conclusion de cette partie, les auteurs du rapport insistent sur le fait que les dégâts « limités » des crises successives qui n’ont alors pas dégénérés en pandémies ont fini par endormir la vigilance des institutions et des États.
L’OMS allant jusqu’à parler d’une forme de « complaisance » et à donc introduit en 2015 un liste de « maladies prioritaires » dont en 2018, une « maladie X » pour attirer l’attention des chercheurs sur les risques liées à des maladies perçue comme non susceptibles d’être transmis à l’homme mais qui pourraient le devenir. L’OMS et le rapport pointent enfin du doigt que le budget 2017-2021 de la « Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) » mise en place en 2017 pour coordonner et financer le développement de vaccin n’est que de 1 milliard de dollar ! »

Les risques de pandémies et leurs conséquences économiques et sociales sont donc des sujets relativement anciens mais très bien documentés et sur lesquels la communauté scientifique alerte de manière répétée et avec constance. Comme pour le réchauffement climatique, les dirigeants ne veulent pas mettre cela sur leurs radars car cela va à l’encontre de leurs projets de libéralisation.

En effet, les solutions pour se préparer à ces risques et renforcer la résilience de nos sociétés passent par reprendre le contrôle sur les chaines de valeurs mondialisée, relocaliser nos économies, investir dans les infrastructures sanitaires et leurs personnels… Au risque tôt ou tard, à défaut, d’être confronté de manière impuissante à une catastrophe pourtant annoncée.

Gouverner c’est prévoir.

Il y a quelques années j’ai renforcé dans mes cours sur le « management du Développement Durable et de la RSE », la question de la gestion du risque. Je m’étais particulièrement ému de l’impréparation des Japonais en 2011 face à ce que l’on a appelé « l’accident de Fukushima » qui n’est pas réellement un accident, mais le résultat de l’enchainement d’incuries et la négation de tout ce qui fonde une gestion raisonnée du risque.

En effet, à l’époque là aussi, nous avons tous vu sur nos écrans, incrédules, se dérouler un drame pourtant bien prévisible :

Nous avons vu une centrale nucléaire construite dans un pays connu pour ses risques sismiques, être construite elle-même sur une faille sismique, et en bord de mer, dont « on a pas prévu » qu’un tsunami de plus de 8 mètres puissent se produire, alors qu’historiquement, les preuves de tsunamis de plusieurs dizaines de mètres se retrouvent partout dans les campagnes japonaises…

Dans un pays que l’on pensait être une puissance technologique rigoureuse et ultra organisée, nous avons vus des réacteurs nucléaires fondre, des enceintes de confinements et des hangars exploser, et des pompiers non préparés, véritablement improviser, bricoler des lances à incendies pour essayer d’arroser de loin des piscines remplies de combustible. L’ensemble des acteurs, gouvernement, services de sécurité et entreprises concernées, impuissants à gérer la crise… Des millions de tonnes d’eau contaminées finiront donc dans l’océan…

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La gestion de risque ne consiste pas à évaluer les possibilités d’occurrence des événements, mais bien d’évaluer la gravité des occurrences qui viendront tôt ou tard, et les réponses que l’on doit y apporter lorsque ces événements se produisent.

Comme le faisait remarquer Emile de Girardin : Gouverner c’est prévoir.

En Janvier 2019, encore lui, le Forum Economique Mondial publiait un…
Livre Blanc sur les risques pandémiques :

« Outbreak Readiness and Business Impact, Protecting Lives and Livelihoods across the Global Economy » :

On y lit :
« Le monde est mal préparé pour détecter et enrayer les épidémies
Bien que des progrès significatifs aient été accomplis depuis la réponse à Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, les experts s’accordent généralement à dire que le monde reste mal préparé pour détecter et répondre aux flambées et n’est pas prêt à répondre à une menace pandémique importante. »

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Que pouvait donc faire Agnes Buzyn ?
Avec Emmanuel Macron au pouvoir, rien !


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On a sans doute raison de fustiger — voire de poursuivre en justice — ce gouvernement et notamment notre ancienne ministre de la Santé, partie en pleine crise en campagne pour la Mairie de Paris. Il s’agit bien évidemment là aussi d’une preuve de plus de l’incurie de la macronie, comme celle de ses prédécesseurs, plus préoccupés par renvoyer l’ascenseur à ceux qui financent leur campagne et à travailler pour s’assurer une place durable dans l’arène politique, que de faire le nécessaire pour préserver l’intérêt général, mais franchement, que pouvait-elle faire ? Rien.

Quand la crise à commencé en Chine, il était déjà trop tard puisque tout ce dont nous avions besoin n’était non seulement pas prêt, mais n’avait même pas été envisagé.

Pour comprendre la façon dont Emmanuel Macron et son gouvernement se préparent sur les questions des crises sanitaires, pourtant annoncées, on relira la tribune de décembre 2019 dans le JDD, où 660 médecins hospitaliers se disent « prêt à la démission », et qui finira par la démission de plus de 1000 chefs de service en janvier 2020 « pour sauver l’hôpital Public », actions elles-mêmes précédée d’une longue grève des urgences depuis l’été 2019

E6DSIK6OP5W5YYLOWLEPCSPUHE-2020-03-23-13-16.jpgSoignants en grève et en souffrance, les urgentistes (ici à l’hôpital Necker) sont à bout. LP/Louise Méresse

« L’hôpital public se meurt, faute de moyens à même d’assurer la qualité des soins et de garantir la sécurité des patients. Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie. »

Certes, ce n’est pas ce gouvernement qui a commencé les purges puisque cela fait longtemps que la santé des Français coute trop cher pour nos gouvernements respectifs :
« En pleine épidémie de grippe, cela ferait désordre. En visite aux urgences de l’hôpital La Pitié Salpêtrière à Paris vendredi 27 février, Manuel Valls et Marisol Touraine se sont auto-congratulés d’avoir réagi “avec détermination” et “au bon moment” face au pic de la maladie. En revanche, le Premier ministre et la ministre de la Santé n’ont pas dit mot sur les économies prévues dans les budgets des hôpitaux d’ici à 2017. »

« (…) le nombre d’administratifs travaillant dans le domaine des soins a augmenté de 3 200 % et le nombre de médecins de 150 %. »
Extrait de l’Interview de Stéphane Velut sur la régression managériale et comptable de la santé sur Usbek & Rica.

Rien, absolument rien n’a été fait au cours des 20 dernières années en France pour faire face à une pandémie pourtant annoncée, d’où la posture aujourd’hui du Président Emmanuel Macron de dire « quoi qu’il en coûte ».
Tout d’un coup, réalisant la gravité de la situation et la hauteur de l’impréparation, il ne lui reste plus qu’à sortir le chéquier, en espérant nous faire oublier la vrai raison de la catastrophe.

On peut même s’étonner que dans La « REVUE STRATÉGIQUE DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ NATIONALE » de 2017, préfacée par le Président de République, le risque sanitaire ne soit plus évoqué que dans deux maigres paragraphes…

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Dans les deux précédents Livres Blancs de la Défense et de la Sécurité Nationale, les Présidents de l’époque n’avaient pas jugés nécessaire de mettre leur trombine en guise d’introduction…
Ceci explique peut-être cela… Ubris ?

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Il est encore trop tôt pour faire le bilan, mais quel que soit le nombre de morts et le nombre de milliards qu’il va falloir « sortir » pour faire face, on a déjà les éléments pour constater la vacance du pouvoir et la nécessité urgente de mettre en place un gouvernement « pour le peuple, et par le peuple ».

Il n’est pas étonnant que de plus en plus de Français pensent « tribunal populaire ». Comment leur en vouloir ?
Aux armes, ou aux urnes, citoyens ?

——
Je vous invite à voir, ou revoir « Hôpital public, la loi du marché », 2017, d’Envoyé Spécial de France 2, où la question du management et des méthodes de gestion sont clairement décrites.

Sans nous, ils ne sont rien

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Le président du groupe LREM à l’Assemblée Nationale : “Nous avons insuffisamment expliqué (…) été trop intelligents“…

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Voilà voilà. Ce n’est pas que vous ne voulez pas de ce qu’on fait, non, on ne vous a pas assez expliqué, on n’a pas assez « fait de pédagogie »… Vous n’avez rien compris parce que nous sommes trop intelligents.

Franchement, vous croyez vraiment que les gens de « La République En Marche » ont compris quoi que ce soit ?

Ce sont des « ravis de la crèche » complètement hors sol, qui n’ont qu’une seule préoccupation en tête : détruire le modèle social français de 1945 (comme le réclament depuis 30 ans les « premiers de cordée » qui ont financé la campagne électorale de Macron, avec le soutient massif du « Parti de la Presse et de l’Argent » comme les journaux « gratuits », LCI, BFM pourtant subventionnés par nos Impôts). Ils sont en train de détruire un a un tous les éléments de base qui ont fait la solidarité dans ce pays au profit d’un classe dominante qui se fout bien de savoir si vous avez de quoi remplir votre assiette à la fin du mois.

  • Ils vous ont dit que la Sécu c’est un vieux truc (70 ans) alors que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité (± 15 000 ans) qu’une société exsangue et détruite s’est donné les moyens de protéger les plus faibles tout au long de la vie… Parce qu’il n’y a pas de paix durable sans justice sociale !
  • Ils vous ont dit que si vous n’avez pas de costard, c’est que vous ne voulez pas travailler,
  • Ils vous ont dit que les services publics seraient « mieux gérés » par des groupes privés et proposeraient des services moins chers, la bonne blague : ces groupes qui récoltent tous les bénéfices sans faire les investissements (autoroutes, barrages, gaz, télécoms, banque postale, et bientôt services postaux, hôpitaux, études supérieures, écoles…),
  • Ils vous ont dits que, dans les gares, vous n’étiez rien et que eux, ils sont tout,

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  • Ils vous ont dit que si vous êtes au chômage, ce n’est pas digne, et que pour regagner votre dignité, vous devez vous transformer, devenir un winner, et que là seulement vous mériterez d’être aidé,
  • Ils vous ont dit que les premiers de cordée méritent de gagner 500, 1000 fois plus que vous, pour un travail dont la pénibilité leur permet de vivre plus de 20 ans de plus que vous, parce que pour eux, ce travail vaut plus et est plus digne à leurs yeux que celui d’infirmiers, de militaires, de paysan, de garagiste, d’épicier, de petit patron, de chauffeur de taxi, de maçon, d’artisan, de balayeur…
  • Ils vous ont dit que tout doit être soumis à la concurrence, mais on verra plus tard pour les règles, parce que c’est « mieux pour l’économie », mais sans vous dire que c’est pour leur économie à eux, que c’est meilleur, pas pour la vôtre,
  • Ils vous ont dit que votre pays est irréformable, parce que pour eux, la « réforme », c’est transformer votre vie, vos droits, votre dignité, en droit de consommer, en « liberté » de juger les autres, avec pour seul devoir d’obéir à la « loi du marché »,
  • Ils vous on dit : « vous ne comprenez rien, vous demandez des services publics et vous voulez payer moins de taxes » alors que vous aviez très bien compris : l’évasion fiscale et les baisses d’impôts des 1% les plus riches paierait tous les services publics, et effacerait la « dette » illégitime de la France en quelques années de vrai travail, de labeur, parce que les Français non, ne sont pas des abrutis,
  • Ils vous ont dit : « il n’y pas d’alternative » parce que pour eux, il n’y a pas d’autre chose à faire que de vous soumettre à leur logique, pas eux, vous ! En plus de 15 000 ans de civilisations sur la planète, il y a eu des milliers de modèles économiques et de sociétés, mais pour eux, il n’y en a qu’un seul, et il n’y en aura plus qu’un seul car pour eux, c’est « la fin de l’histoire »,
  • Ils vous ont dit que pour protéger la planète et l’avenir de nos enfants, il n’y a que le marché et la liberté d’entreprendre, car en devenant tous des entrepreneurs, tout le monde sera riche, donc tout le monde fera attention à protéger l’avenir de la planète… Regardez dans quel état elle est avec toute cette « liberté » d’entreprendre pour des industriels sans vergogne! Il faut pas être complètement « ravi de la crèche » pour croire vraiment ça ?

Pour eux tout est marché, tout est marchand parce que pour eux, il y a aura toujours plus à gagner en vous vendant plus cher, en prenant toujours plus de marge, tout ce dont vous avez besoin pour vivre dignement plutôt qu’en faisant en sorte que ce soit accessible à tous, voire fait par l’État c’est à dire nous tous, si c’est de l’intérêt général.

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Défendez-vous, défendons-nous, sans nous ils ne sont rien !


Publié originalement le 17 décembre 2018 sur FB.

Et ça continue…

Depuis le 1er tour, comme à chaque élection, on assiste à un déversement de mépris pour les électeurs du FN. Le Parti de la Presse et de l’Argent est parti en campagne contre le Front National, enfonçant le clou qui les a jusque là disqualifiés aux yeux de ces électeurs… Depuis que je vis en France, je suis consterné par cette façon de faire de la politique, lorsque des millions de gens se reconnaissent dans un parti, dans une proposition, et que l’on n’est pas d’accord, on argumente, on essaye de comprendre, on propose…

Non ?

Et nous voilà de nouveau, sommés de sauver la Démocratie… La quoi ?

À chaque fois que les partis traditionnels sont en difficultés du fait de leurs incuries, nous avons droit aux mêmes injonctions, pour lutter contre la « montée » du Front National…  Encore ? Mais qui fait « monter » le Front National ?

Être de gauche, c’est considérer que chacun doit trouver sa place et que la richesse créée doit être répartie de manière équitable, que l’humain doit être libre.
Être de droite, c’est considérer que chacun doit trouver sa place et contribuer à la création de richesses au profit de quelques-uns, que l’humain doit se soumettre.
Avant, le FN était donc d’extrême droite. Les anciens caciques du FN dénonçaient l’interventionnisme de l’État, les taxes, les impôts, les dispositifs de soutient aux improductifs et aux « malades » (SIDA, homosexuel, etc.) et, avec la décolonisation et l’amertume de la perte de l’Empire, l’immigration.

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Depuis la décolonisation et la fin des trente glorieuses, le FN dénonce la présence de la population immigrée originaire d’Afrique du Nord venue construire la France pendant les trente glorieuses, et exige la fin du droit du sol pour que leurs enfants vus comme non « intégrables » ne puissent pas être français.

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Face à cette inquiétude, les autres partis se sont bouché le nez en niant une réalité objective : les immigrés d’Afrique du Nord ne sont pas « rentrés chez eux » et ont fait des enfants qui sont devenus de fait, des Français.

Les partis de gauche et de droite (PS, RPR, UDF, UMP etc.) se sont bouché le nez en méprisant ces préoccupations, en niant la panne de l’ascenseur social, en niant l’aggravation des inégalités, en faisant toujours semblant de traiter les conséquences sans jamais traiter les causes… Et en minimisant le fait que les enfants des premières générations, rejetés et laissés dans des ghettos, se sont tournés vers d’autres formes d’identification et de cohésion en refusant de se taire contrairement à leurs parents: revendications sociales, parfois violentes, communautarismes, parfois radicaux, adoption d’un islam wahhabite par certains comme moyen de reprendre en main un destin, trop contents de trouver des exutoires à des situations injustes qu’ils font leurs.

Dans une société désormais habitée par l’individualisme le consumérisme, qui frise le nihilisme, même pour les enfants des « Gaulois », le système libéral a détruit la cohésion territoriale et cassé l’ascenseur social laissant ainsi se développer un terreau fertile à la rancœur et à l’amertume.

Les élites de ces partis désormais amalgamés dans le même sac, car défendant finalement les mêmes valeurs, flirtant avec, ou possédant les médias, ont renforcé la stigmatisation de ceux qui questionnent, d’un côté le libéralisme et ses conséquences (sociales et environnementales) et de l’autre, les inquiétudes soulevées par l’augmentation de la part de français d’origine maghrébine et les revendications de certains d’entre eux, utilisant une forme radicale de confession musulmane comme moyen de cohésion et de reconnaissance faute de faire parti de la société française et le renforcement de communautarisme faute d’autres perspectives.

Ainsi, avec la mondialisation et son dumping social (on sera toujours plus cher qu’un ouvrier de Chine ou qu’un ingénieur Indien), et l’ultralibéralisme des classes dirigeantes des partis traditionnels, le FN a su faire sien d’un côté la dénonciation des classes privilégiées et des élites intellectuelles qui se sont révélées incapables d’adapter nos modèles économiques et nos systèmes de protection pour que chacun trouve sa place dans une société.

Face à l’injonction faite à tous ceux qui s’inquiètent de la croissance de la présence de l’Islam, de se taire, par l’ensemble des médias et des élites, le FN a récupéré les discours sur la laïcité alors qu’il défend fondamentalement le catholicisme, et a su au fil des années, attirer vers lui une grande partie des Français catholiques, en particulier les traditionalistes, grâce notamment à des personnalités comme Marion Maréchal Le Pen.

Depuis 1995, cette exaspération sociale s’est renforcée par l’incapacité des partis de gouvernement à recréer de la cohésion sociale et à résorber les revendications identitaires et les communautarismes. Ceci à permis de nourrir l’idée que d’une part, les intellectuels, les médias et les dirigeants actuels sont incapables d’entendre et de « protéger » les « vrais Français », et que d’autre part une 5e colonne de « faux Français » est désormais à l’œuvre, en voyant dans les attentats les prémices d’une guerre de civilisation qu’ils annoncent depuis des années… À tort ?

La question comme la réponse ne sont pas simples, mais la façon dont ce parti pose la question et y répond est simple à comprendre, et comme ceux qui sont en mesure d’y répondre de manière complexe et en tenant compte des enjeux longs, géopolitiques et historiques, ont depuis longtemps été discrédités par les médias et les partis traditionnels, laissant ainsi toute la place aux messages limpides du Front National.

Du coup, aujourd’hui, le FN, n’est plus « d’extrême droite », le FN est devenu, dans son discours, un parti National Socialiste qui défend une forme de solidarité sociale réservée aux « vrais Français ».

Et si son score augmente au fil des ans, c’est d’une part parce qu’une partie des déçus des autres partis soit s’abstiennent soit se tournent vers d’autres petites formations, et que d’autre part l’autre partie des déçus le rejoint dans l’espoir qu’il mette au pas les médias et les classes dirigeantes qui défendent un ultralibéralisme sans limites, et surtout qu’il mette au pas les immigrés et les musulmans.

La « réussite » du FN n’est que la manifestation de la faillite et des manipulations des autres propositions, des trahisons des valeurs soutenues depuis des décennies par les autres grandes formations. C’est la faillite d’une société sans valeurs humaines fortes, sans cohésion forte, sans projet, sans culture, sans avenir.…

Mesurer

Robert Barbault :

« Un indicateur c’est fondamental (…) ça correspond à une vision du monde que l’on veut se donner et aux moyens d’y parvenir.

On est en train de passer d’un indicateur monolithique et dictatorial (le PIB) à un autre qui est le carbone, et quand on voit qu’un indicateur est tellement important psychologiquement qu’il finit par “contraindre” la réalité qu’il prétend simplement indiquer.

(…) il faut quand même se poser la question de faire intervenir le peuple : Qu’est ce que vous voulez comme avenir, et sur quels paramètres vous voulez que l’on appuie pour atteindre cet avenir ? C’est plutôt social, c’est plutôt santé, c’est plutôt environnement, c’est plutôt biodiversité. »

http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/co2monamour/

Petits rappels…

18 mars 2007, Nicolas Sarkozy répond aux propositions de Besoin d’air.

[…]
Le temps de travail et l’abrogation des 35 heures…

Nicolas Sarkozy :
« Il est aussi rigide de demander l’abrogation des 35 heures que de l’avoir imposé unilatéralement à toutes les entreprises et à la fonction publique, comme l’a fait le gouvernement de Lionel Jospin. Les 35 heures sont désormais un acquis social et l’on ne voit pas comment l’on pourrait obliger les salariés à travailler 39 heures en étant payés 35. Ce qui est important en revanche, c’est de permettre à tous ceux qui veulent travailler plus que 35 heures, ou plus tard que 60 ans, de le faire. »

Mise en place d’une fiscalité compétitive…

Nicolas Sarkozy :
« L’inscription des principes de sécurité juridique et de confiance légitime dans la Constitution, ainsi que celui de la « règle d’or », selon lequel les déficits publics ne sont autorisés que pour financer des dépenses d’investissement, fait partie de mon projet présidentiel. »

Réforme et adaptation des régimes sociaux…

Nicolas Sarkozy :
« La loi Fillon assure le financement des régimes de retraites jusqu’en 2020, pour peu que nous atteignions le plein emploi d’ici 2015 et que la productivité du travail augmente. C’est en ce sens que doit agir notre politique économique et sociale, le plein emploi étant à mes yeux possible et souhaitable bien avant. […] »

Révisionnisme

Extrait du Petit Robert :

révisionnisme [YevizjCnism] n. m.

• 1907; de révision, d’apr. le russe

Position idéologique préconisant la révision d’une doctrine politique dogmatiquement fixée. Voir : réformisme. Le révisionnisme poststalinien, dans les partis communistes.

(v. 1985) Position idéologique tendant à minimiser le génocide des Juifs par les nazis, notamment en niant l’existence des chambres à gaz dans les camps d’extermination. Voir : négationnisme.

Dans l’émission « J’ai mes sources » du lundi 20 avril 2009, la « journaliste » Colombe Schneck (je mets des guillemets sciemment), présente et participe à une discussion autour de la chronique de Pierre Langlais qui parle d’un des héros de la série « Rescue me » qui défend l’idée d’un « Inside Job » concernant les attentats du 11 septembre 2001…

Dans son introduction du sujet et dans ses propos, Colombe Schneck utilise le terme « révisionniste » pour qualifier ceux qui parlent d’un complot intérieur à propos des attentats. Il ne fait aucun doute que pour Colombe Schneck, ce n’est pas à la première des définitions de « révisionnisme » présentées ci-dessus qu’elle fait référence, mais bien de la seconde : cette « position », pour le moins polémique, défendue par nombre d’états-uniens, est de manière générale systématiquement présentée comme douteuse, stupide, fascisante, insupportable dans les médias traditionnels.

Douteuse ? Soit !

Personnellement, je ne me sens pas le droit de dire quel est le vrai du faux. Je ne suis pas journaliste.

En revanche, un « journaliste » qui présente un point de vue différent de la doxa et qui l’assimile directement au révisionnisme, hors de toute question liée à la Shoah, ne me semble tout simplement pas acceptable. En réalité, je suis sur internet les différents développements de cette thèse depuis qu’elle s’est fait jour, et je me contente d’écouter, de lire et de regarder les arguments présentés par les différents « partisans » de la théorie du « complot intérieur » et si la plupart de leurs arguments me paraissent grossiers, quelques-uns mériteraient quelques éclaircissements… J’attends avec impatience des contradicteurs offrant des arguments construits et étayés.

Quand on ne craint pas ses adversaires, ou ses contradicteurs, on n’a pas peur de débattre.

J’aurais cru que le rôle d’un journaliste était de permettre au débat d’avoir lieu, de présenter les faits et éventuellement les différents points de vue.

Pour Colombe Schneck donc, quelqu’un qui n’est pas d’accord avec elle est un « révisionniste ».

Ça laisse songeur.

Plus on est de fous…

Depuis… bien longtemps, Rezo.net est une de mes premières adresses quotidiennes…

Et bien aujourd’hui, il y a L’autre Réseau, et l’on peut s’en réjouir.

C’est bien, (on se demandait un peu ce qu’il se passait avec Rezo.net), comme c’est bien de lire que tous ceux qui ne sont pas « pour Val » ne sont pas du coup forcément «  pro Siné », personnellement, je ne me sens pas à l’aise ni avec l’un ni avec l’autre (et je dis ça en ayant grandi avec, entre autres, Charlie Hebdo, les albums de Reiser et de Wolinsky etc.) je ne me suis donc pas précipité pour acheter le numéro 1 de « l’hebdo satyrique du gars qui ne se prend pas au sérieux, mais n’a aucun problème à ce que l’hebdo porte, en toute modestie, rien moins que son nom »

Bref. J’attends de voir, j’apprécie énormément certaines des signatures que l’on y trouve.

Un peu de subtilité, néanmoins incisive, et de diversité de points de vue, est d’un bien meilleur goût que les sales blagues misogynes (les femmes sucent, les mecs montrent leurs couilles, leur bite, etc.) et limites racistes ou discriminantes : il ne faut pas confondre représenter un président avec une plume dans le cul et traiter ses adversaires « d’enculés ».

On peut être sardon sans être gras ou lourd ! CQFD.

(note en retard du 11 septembre 2008 15:04)

Hey, I found it!

I have a plan to save our economies and turn back the investments to down to earth wealth creation and this time with environmental preservation, once for all, for the sake of the next generations. It would cost nothing compared to all the billions stolen by the financial serious managers and acclaimed clever investors of the so called* “free market that will self regulates”…

Let’s nationalize The Economist!

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And as a light “go back to school and do your assignments” punishment for each editorial writer of The Econcomist of the last decade, have them to write an essay on: where has the money gone and why financial (unproductive) real economy diverting investments deserve more money then… say… the UN World Food Programme (or just simple SMBs support if that’s too painful for their pen) for example.

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Read on their leader:
“I want your money. No government bail-out of the banking system was ever going to be pretty. This one deserves support…”

This is so… how can I say, mmhh… Unexpected!

Damn, how can anyone take these guys for serious. Will they ever learn something?
And we, the “liberals/green/progressives” are the ones that are not serious?


* you know the saying: “privatize profits, share losses”, don’t you?

La partie émergée de l’iceberg…

Bon, je vais évidemment diffuser, imprimer et envoyer une copie de l’excellentissime carte postale de Philippe à notre cher président.

Mais puisque celle-ci est signée Edvige, et pour rester dans ce sujet, je voudrais juste rappeler à mes concitoyens qu’Edvige n’est que la partie émergée d’un iceberg qui est bien plus large qu’un continent tout entier et qui se construit depuis bien, bien, bien longtemps :

Par exemple, vous voulez envoyer cette très pertinente carte postale en l’imprimant avec l’imprimante laser de votre bureau, ou la votre personnelle, puisque leur prix se sont nettement « démocratisés » ces dernières années y compris les couleurs qui se vendent comme des petits pains… Et bien ce faisant, qui allez vous « alimenter » en faisant cet acte citoyen que vous croyez banalement anonyme ?

Edvige, justement !!

Ben oui, attention, certaines imprimantes ne sont pas anonymes ! Petit rappel important à mes amis militants :
« Depuis dix ans, les imprimantes laser couleur sont dotées d’un système de marquage invisible. Un procédé caché aux utilisateurs que les fabricants confirment aujourd’hui. Son but serait de lutter contre la contrefaçon de devises ou de documents officiels. »