Où va France Inter ?

Bon ben voilà, « Où va France Inter ? », « Rance Inter » comme l’avait qualifié certains*, est une question qui me fait, à moi aussi, soucis.

Au vomi poujadiste et consumériste gerbé sur l’ensemble des médias privés du PAF, je préfère les enregistrements programmés et choisis des émissions d’inter** (et d’ailleurs) qui m’intéressent et que je peux écouter et critiquer*** à loisir.

Donc voilà, il y a une soirée débat ce soir au Gymnase Japy, à Paris. Super, je veux y aller, je m’organise à la dernière minute, etc. Et puis…

Après un divorce houleux dans le bureau, une série d’arguments et de contre arguments valables comme excessifs, et une réflexion approfondie, je n’y vais pas.

Non pas que je ne veuille pas rencontrer des gens actifs, non pas que je ne veuille pas participer au débat, mener des actions, créer des réseaux et apporter, éventuellement, une pierre au petit édifice alternatif qui grandit… Non pas que je ne veuille pas éventuellement croiser dans la vraie vie des gens qui semblent sur les ondes avoir des valeurs proches des miennes…

Mais voilà, c’est à Paris.

Ce n’est pas écologique, c’est élitiste (ça fait quand même pas loin de cent euros de train même avec ma carte famille nombreuse) et c’est « parisien », serait-ce bobo ? J’espère que non, mais comment le saurais-je ?

*Notamment à cause de la position largement OuiOuiste défendue sans arguments par de nombreux intervenants durant la campagne référendaire

**Là-Bas, eclectik, Rendez-vous avec X, Le Pont des artistes, CO2, Pollen etc. mais aussi pour la critique le 7/9, le téléphone sonne, Système disque et quelques autres.

m.à.j. le 30/06/2006 :

Il faut entendre « (…) par l’ensemble des médias privés du PAF ».

*** éventuellement…

Ce Qu’il Faut… Lire !

Bon, c’est vrai, ils sont aussi distribués par les NMPP. Ça me gène, effectivement.

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Mais bon, à part ça, je suis bien content d’être abonné à CQFD. Dans la une du numéro 35, cet extrait résume assez bien ce que nous sommes très nombreux à penser :

« Sans les médias, pas de Royal. Ça aussi, c’est une violence qui demanderait à être traitée durement : le manque absolu de scrupules avec lequel une clique de plumitifs encruchés couronnent leur favorite. »

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Pour ce qui me concerne, je ne supporte plus depuis longtemps la façon dont les médias et les milieux parisiens (et leurs cortèges de suivistes régionaux) nous inventent de l’information, de l’opinion, de l’événement, du candidat.

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On le sait bien, « Paris, c’est la France » mais une telle concentration, au mètre carré, de partis, de dirigeants de groupes industriels, de médias et d’organes de « culture » et d’influence (avec leurs cours, leurs mignons, et tout un cortège de kapos serviles) pose un véritable problème de consanguinité qui, via les organes locaux des partis de la presse et de l’argent, déteint et pollue tout le reste du pays.

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Pendant qu’ils parlent d’eux-mêmes, de leurs idées, de leurs amis, de leurs problèmes, de leurs états d’âme ; pendant qu’ils se regardent dans la presse en train de faire les bouffons, il y en a un qui ne dit rien, et qui laisse monter la sauce toute seule.

Chroniques marchiennes

France Inter le vendredi 16 juin, émission e-clectik :

Il y avait, comme d’habitude, quelque chose de totalement surréaliste à entendre Alberto Toscano introduire son propos avec des trémolos dans la voix en parlant d’un enfant défiguré, puis très remonté contre la presse qui ne dirait pas toute la vérité quand on parle des agressions par chiens dangereux :

« Il y aussi si vous me permettez Rebecca, un problème dans le problème, la façon ou, la presse, parfois parle de ces choses. »

Alors là, on pourrait s’attendre à une dénonciation de l’exploitation émotionnelle et du racolage pratiqué par les médias et les effets d’annonce d’un certain ministre de l’intérieur en campagne…

« Dans le premier cas il s’agissait d’une personne qui se baladait dans la rue avec un chien, une personne qui était qualifiée en tant que SDF, et parfois on a peur de dire que quand on voit des SDF dans la rue avec la bouteille de vin et des chiens à côté qui ne sont pas muselés et qui sont parfois, parfois, on le dit dangereux, je ne suis pas un expert de chiens non plus ».

Rebecca n’y tenant plus (je n’aurais pas eu autant de patience) : « Cela dit »…

Mais il ne se démonte pas : « On a peur, on a peur, (Rebecca intervient à nouveau, mais il ne se démonte pas, on l’imagine emporté dans son combat pour la vérité, porté par tout un peuple de petites vieilles réactionnaires, exultant derrière leur poste en maugréant « vas-y Alberto » avec leurs youkis dans les bras) on a peur de lancer un cri d’alarme dans ces cas-là et la police n’intervient pas. »

Mais que fait la Police ? Bon, la suite, vous écouterez…

[audio:20060616_ECLECK.mp3]

En général, les médias poubelles et racoleurs qui dominent dans les kiosques et sur les ondes ne se privent pas de préciser les origines « ethniques » (enfin, quand elles sont autres que « blanches » avec 5 générations au cimetière du coin) des agresseurs d’enfants et de petites vielles, ou de remplir leurs colonnes, éditos et rubriques de SDF avinés rançonnant à l’aide de chiens agressifs le bon peuple.

Notons donc que selon Alberto, il est plus que temps de dénoncer le politiquement correct qui fait qu’on ne peut pas parler de ces choses-là.

Mais ce n’est pas tout…

Puis d’entonner plus loin un discours affligé sur la façon dont les opérateurs traitent les gens (il semblait vouloir insister sur un grand opérateur, et mon petit doigt me souffle, à entendre l’énervement du monsieur, que ce doit être notre ex-opérateur national, mais je ne peux pas le prouver hélas).

D’abord, Alberto Toscano introduit son propos sous l’angle tarte à la crème « économies pour les petites gens » qu’il serait possible de réaliser grâce aux boîtiers ADSL qui font télévision, téléphonie et Internet : les personnes âgées.

Comme si des populations entières de petits retraités sans le sou attendaient qu’enfin les opérateurs se décident à avoir un comportement un peu plus moral au lieu d’essayer de gagner un maximum d’argent sur de la communication en vendant du toujours plus et des appels payants aux services d’assistance.

Ah bon ? Les opérateurs se feraient de l’argent en vendant des produits qui ne marchent pas forcément bien et racketteraient les pauvres utilisateurs perdus ? Ah mais c’est scandaleux, c’est une honte ma chère madaaame !

En fait que veut-il, Alberto ?

– L’accès pour tous à des technologies modernes qui permettraient aux plus modestes de réaliser des économies…

– Une assistance par des gens compétents, désintéressés et disponibles tout le temps…

– Un service à moindre coût…

Et bien tout ça, ça s’appelle un service public Monsieur Toscano.

À force de taper comme des malades sur ces « feignants de fonctionnaires » qui ont « ruiné la France » (une autre grande vérité qu’on n’ose pas dire), l’ex opérateur désormais privatisé a pris le discours libéral au pied de la lettre : tout pour gagner un max, vous voulez des services, vous aurez ce qu’on voudra bien vous donner et vous aller raquer. Péréquation des ressources, aménagement du territoire, accès pour tous etc. c’est la mission de service public, et ça, c’est terminé, circulez !

Il est « journaliste » où Alberto Toscano ? À France Dimanche ?