Résistances…

Du 5 au 8 juillet, rendez-vous à Foix (Ariège), pour la nouvelle édition du Festival Résistances.

Au programme, des projections et débats autour des thèmes « Culture insoumise », « Les services publics sont-ils solubles dans la mondialisation ? » et « L’environnement à l’épreuve du développement et vice-versa ».

En présence de Amic Bedel, Peire Brun, Erwann Briand, Bernard Cauvin, Christian Dauriac, Jean Druon, Alain Dussort, Michel Gayraud, Michel Griffon, Christophe Joly, Marc Khanne, Yohan Laffort, Yann le Masson, Roger Pasturel, Denys Piningre, Robin Renucci, Stéphane Valentin, Vanina Vignal, Francis Wurtz, Wladimir Koslov, Thierry Gentet, Vincent Munié, Rémy Ricordeau, Anne Viel…

Invité d’honneur : Robin Renucci

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À l’affiche :

Les services publics sont-ils solubles dans la mondialisation ?

* La poste un drôle de pli

* SNCF une erreur d’aiguillage de Atisso Medessou

* EDF les apprentis sorciers de Gilles Balbastre

* Une trilogie de Gilles Balbastre

* Nioro du Sahel, une ville sous tension de Ch. Lallier

* Quelque chose de notre histoire de Jean Druon

* La voie est libre de Vincent Munie

Environnement à l’épreuve du développement

* Pays Massaï : terre interdite ! De Kristin Sellefyan

* Le Beurre et l’argent du beurre de Badini Alidou, Baque Philippe

* Terre commune de Yohan Laffort

* Putain d’usine de Remy Ricordeau

* Terre vivante de Jean-François Vallée

* Quatre maires dans le vent De Bernard Cauvin

* Ma mondialisation De Gilles Perret

* Kashima paradise de Yann le Masson

* Eloge du maraîchage d’Alain Dussort

* Nous sommes nés pour marcher sur la tête des rois de Vincent Sorrel

* Aigoual La forêt retrouvée de Marc Khanne

* Le bruit du canon de Marie Voignier

* Après moi le déluge de David Martin

* L’assiette sale de Denys Piningre

* Notre pain quotidien de Nicolos Geyrhalter

* Abya Yala de Patrick Vanier

* Les vaches ne regardent plus passer les trains de Patrick Gérard

* Still Life de JIA ZHANG-KE

La Télévision de service public en région ?

* On air de Christophe Joly

* Le temps de l’urgence de Christian TRAN

* Cette télévision est la vôtre de Mariana Otero

* Le journal commence à 20 H de William Karel

* Viva Zapatero de Sabina Guzzanti

Culture en résistance, culture insoumise

* Sirventés de Michel Gayraud

* Fecas et Godilhs de Peire Brun

* Se Canta de Stéphane Valentin

* Le Rock clandestin de Vladimir Koslof

* Stella

* 12h08 à l’est de Bucarest Corneliu Porumboiu

* Sempre Vivu de Robin Renucci

* Outfoxed de Peter Grenwald

Santé et assurance-maladie : constat et propositions

Si vous ne connaissez pas les excellentes émissions de Pascale Fourier, courrez vous rattraper sur le site de « des sous et des hommes », une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 (en région parisienne).

Le PS, l’UMP et l’UDF nous parlent constamment de la dette de la France qui ferait que… L’on ne pourrait rien faire ! La dette est une réalité qui mériterait de savoir pour quelles raisons l’état s’est autant endetté, et à qui ça a profité, mais ce n’est pas l’objet de cette note.

Fin octobre 2006, l’UFAL (l’union des familles laïques) a été à l’initiative des EGSAM, les États Généraux de la Santé et de l’Assurance-Maladie.

Mettez de côté vos a priori, et prenez donc deux fois 20 minutes pour écouter attentivement les deux émissions des 5 et 12 décembre 2006 avec Bernard Teper, président de L’UFAL.

Congo Na Bisso

Collette Braeckman (42e minute) :

« Au fond, tout le monde avait intérêt à la mort de Kabila, je crois que c’est surtout ça qui l’a emporté. Tout le monde avait un intérêt… Bien entendu ses opposants , les pays voisins, le Rwanda et l’Ouganda qui estimaient qu’il n’avait pas rempli le contrat initial ; c’était le monde occidental dans son ensemble qui se trouvait en face d’un dirigeant qui invoquait des principes révolutionnaires , marxistes, tous ceux, les étrangers, qui avaient misé sur Kabila lors de la Première Guerre ne s’y retrouvaient pas, ne retrouvaient pas leur compte parce que l’homme se révélait beaucoup plus nationaliste, plus indépendant, plus incontrôlable qu’on le pensait. »

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Congo Na Bisso

Un film de Yannick Muller, Chuck De Liedekerke        

2006 – Belgique, France – 52 minutes

L’état de la France ?

Des grands mots, de l’emphase faussement humble dans cette très respectâââble Bibliothèque Médicis.

Réunis autour de l’inénarrable Jean-Pierre Elkabbach, Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), Olivier Pastré (Économiste, professeur à l’Université Paris VIII), Martin Hirsch (Président d’Emmaüs France), le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), et enfin, Jean-Jacques Vorimore (Président de France Export Céréales).

Le thème : Dans quel état sommes-nous ?

Que des hommes pour traiter de ce sujet, mais passons, on aurait sans doute eu Mme Parisot…

C’est évident, je vais trouver dans cette réunion de quoi satisfaire ma curiosité :

Jean-Pierre Elkabbach :

[…] « On va voir comment éclairer le monde et la France d’aujourd’hui. Mais vous avez tous plusieurs points communs, vous ne mâchez pas vos mots, et en tout cas, vous ne déguisez jamais vos solutions. »

Ah il l’aime le livre de Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), tous les autres invités, à part peut-être le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), ne sont là que pour faire bonne figure.

Michel Camdessus :

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« Il faut remettre la France au travail ».

[…] « Un autre thème sur lequel nous avions mis le doigt, c’est celui de l’endettement, alors depuis, on a remis une couche si je puis dire avec le rapport que nous avons écrit avec Michel Pébereau ».

Jean-Pierre Elkabbach, s’adressant à Michel Camdessus :

« Vous dites, c’est la plus inacceptable des injustices, parce que ce sont les jeunes qui vont rembourser les dettes des aînés. »

(Donc c’est de ma faute si je dois rembourser la dette que Michel Camdessus et Jean-Pierre Elkabbach vont nous laisser, et vu leurs appointements, notamment celui de M. Elkabbach par les services publics, je vais devoir bosser un bon moment, mais bon).

Michel Camdessus :

« C’est exactement ça. Et bien cette idée, maintenant, me semble-t-il, elle sera incontournable dans le débat politique. Tout homme politique qui dira il n’y pas de problème de la dette, comme ils l’ont dit très souvent dans le passé sera tout de suite suspect ».

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Jean-Pierre Elkabbach donne la parole à Olivier Pastré, attendant, semble-t-il une sorte de confirmation des principes posés par Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France). Mais là, ce n’est pas tout à fait son propos…

Olivier Pastré :

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« Je crois qu’il faut être anti-décliniste (mine sombre de Jean Pierre Elkabbach), il n’y a aucune fatalité, il y a beaucoup de marges de manœuvre, sous réserve que l’on ne sous-estime pas les contraintes qu’il y a aussi. Vous parliez de remettre la France au travail, une des questions fondamentales c’est : Quel travail ? Comment l’homme est dans l’entreprise et comment il arrive à l’entreprise. Et dans ce domaine-là, en matière éducative, on sait qu’il y a un besoin considérable, qu’on est en retard par rapport aux États-Unis, que le retard s’accroît… Il y a deux politiques possibles, une qui est plutôt tournée vers le service public, mais aussi vers l’efficacité*, et ce n’est pas contradictoire ; l’autre qui est plutôt pour l’autonomie complète des universités, la sélection, qui est plus libérale. Les deux sont compréhensibles, mais le problème c’est que, il faut que les hommes politiques, ou la femme politique, en parlent ! Or, notre inquiétude…

Jean-Pierre Elkabbach interrompant Olivier Pastré et tenant un propos incompréhensible se terminant par :

« quantité de travail par âge actif ? » Il tourne la main vers Michel Camdessus, Gouverneur honoraire de la Banque de France) pour revenir au sujet important qui est que les Français ne travaillent pas assez…

Olivier Pastré visiblement pas décidé à approuver Michel Camdessus :

« La France est le pays développé dans lequel la productivité horaire des salariés est parmi les plus élevées, donc les Français sont très productifs. »

Jean-Pierre Elkabbach redonne la parole à Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), attendant sans doute qu’il rebondisse et en « remette une couche » (sur le manque de travail des feignants que nous sommes).

Michel Camdessus (visiblement décontenancé et regardant Jean-Pierre Elkabbach, celui-ci semblant faire meilleur accueil à ses idées) bredouillant :

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« Ils sont d’autant plus productifs, qu’ils travaillent moins ! »

Vous noterez comme moi la brillante démonstration du propos… Et il continue, bredouillant de plus belle :

« Et que ce sont les gens vers la tranche, euh, d’âge, où l’en est en effet très productif, que, qui sont au travail ».

Je vous laisse apprécier…

Voulant sans doute sortir Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France) de l’embarras dans lequel il s’est mis, Jean-Pierre Elkabbach lui tend une perche :

Jean-Pierre Elkabbach :

« Quand ils veulent des emplois, est-ce qu’ils les ont, et est-ce qu’ils vont les avoir ? »

On change donc de sujet, d’ailleurs la pirouette marche :

Michel Camdessus, retrouvant son assurance et ses effets :

« Alors voilà, il y a plusieurs choses à faire, d’abord, il y a les emplois d’aujourd’hui et préparer les emplois de demain. »

Outre l’évidence de la sentence, y a-t-il là une démonstration ou une suite cohérente dans la démonstration ?

« Si nous avons un regard sur l’avenir, il est bien évident que la réforme de l’université est absolument essentielle, euh, pour le reste, euh, je crois qu’il faut aussi, euh, faire sauter tous les obstacles législatifs, réglementaires, qui font que l’entrepreneur, le petit entrepreneur en particulier, n’ose pas créer l’emploi ou les deux emplois de plus qu’il pourrait créer ».

Il finit sur une note guillerette, sans doute satisfait d’avoir pu conclure sur le cheval de bataille des ultras libéraux en s’appuyant sur un abus que nous sommes trop bêtes pour pouvoir déceler : « si nous avons un regard sur l’avenir… » c’est-à-dire que si l’on n’est pas d’accord avec lui, c’est que forcement, on n’a pas de vision d’avenir

Avant de passer à la suite, en tant que petit entrepreneur justement, je mesure tout le cynisme et le poujadisme crasseux de ces propositions… J’ai déjà longuement expliqué ici pourquoi, notamment dans cette note, où encore celle-ci, mais j’y reviendrais plus tard.

S’il y a bien une France qu’il faudrait remettre au travail, et bien j’ai envie de dire à M. Camdessus : « chiche ! » :

Ce doit être parce qu’il est plus habitué à côtoyer des barons du capital et des rentiers qu’il doit avoir l’impression que la France ne travaille pas ; ou ne veut pas travailler. Il y a tant d’hommes et de femmes dans ce pays qui non seulement veulent travailler, qui voudraient se voir reconnaître la pénibilité de leur travail, qui voudraient ne pas revenir en arrière, que c’est de l’indécence de continuer à tenir de tels propos.

Homme de l’entregent des grands de ce monde, il doit y avoir bien longtemps qu’il n’a pas vu « de près » un travailleur pauvre, une infirmière, un prof de collège (qui fait bien plus de 35 heures), mais également un ouvrier, voire même un petit entrepreneur !

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C’est sûr, travailler, c’est plus dur que de se tenir les bras en s’échangeant des idées toutes faites (par d’autres) avec des airs entendus, dans les fastueux couloirs des grandes institutions françaises et européennes (avec nos impôts donc)…

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Après un petit échange fait des poncifs économiques sur la croissance, les pays émergeant, etc., Jean Pierre Elkabbach passe la parole à Martin Hirsch qui avait bien des raisons d’être impatient, car comme il le dit, il fait partie « des gens qui remettent les gens au travail, en particulier ceux dont personne ne veut et qui souhaitent travailler ; des personnes considérées comme pas rentables, pas productives, pas capables de travailler, pas capables de s’inscrire dans une logique de production d’entreprise. »

Suivent des débats sur les institutions, la possible fusion de GDF avec un opérateur privé, etc.

Puis…

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Jean-Pierre Elkabbach :

« Alors, général Kelche. Le président de la République vient d’inaugurer le nouveau musée de la Légion d’honneur, près du musée d’Orsay au bord de la Seine, vous êtes magnifiquement installé, on passe devant souvent on ne sait pas que vous êtes là, portant haut les couleurs de la république, etc. Vous l’avez restauré, justement, c’était mérité. On sait généralement et confusément que vous formez les jeunes filles de la Légion d’honneur… »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Tout à fait. Deux maisons d’éducation, mille élèves. Les meilleurs résultats de Paris et de l’île de France » (il fait un mouvement de la main ressemblant à un geste définitif).

Jean-Pierre Elkabbach :

« Très bien et qu’est-ce qu’elles deviennent après ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Toutes des études supérieures ! Mais certaines ont des cycles plus courts parce qu’elles ont une vocation. Par exemple j’ai deux petites qui sont venues pour le dix novembre à une cérémonie lire un texte en mémoire des poilus, et je les interviewé et elles m’ont dit : “on veut devenir sage femme”. Elles ont des niveaux extraordinaires. Un petit détail, elles sont littéraires, et je ne sais pas comment elles vont devenir sages femmes. »

Jean-Pierre Elkabbach :

Étonné de l’inefficacité de l’honorable institution : « Mais pourquoi on ne les a pas décelées pendant leurs études ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Ben simplement, elles ont une aptitude littéraire et non pas maths physiques, il faut passer par la première année de médecine. Je viens d’en parler au ministre. »

Bon, on n’est pas dans le même monde visiblement. J’adore aussi ce ton badin : « j’ai deux petites », façon, « j’ai fait le Congo, le Biaffra »… Ah mes petites Causettes…

Mais bon, posons le parcours de l’homme :

Jean-Pierre Elkabbach :

« Vous qui avez été conseiller, si je me rappelle bien, des deux présidents, Mitterrand et Jacques Chirac, chef d’état-major des armées, vous qui avez fait face à… Des guerres ou des crises ? »

Général Jean-Pierre Kelche : « Des crises, pas de guerres. »

Jean-Pierre Elkabbach : « Combien ? Beaucoup ! »

Général Jean-Pierre Kelche : « Une dizaine… »

Jean-Pierre Elkabbach : « Lesquelles ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

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« Si vous voulez, l’Afrique, hélas l’Afrique, avec ses problèmes récurrents hein, mais disons la Côte d’Ivoire, le Congo euh, la RCA euh, y’en pas mal comme ça, la RDC, les Balkans, les Balkans qui sont loin d’être stabilisés avec une grosse crise au Kosovo tout à fait importante, et puis euh, le Liban bien sûr, mais qui à l’époque était un peu en, en montée en puissance, puis, ben l’Asie, l’Afghanistan…

Je passe sur les petites choses… Si je prends la peine de retranscrire tout ça, c’est parce que, vous vous en doutez, moi qui me posais des questions quand je regardais passer les troupes françaises qui débarquaient la nuit dans le port de Douala pour aller au Tchad, j’aimerais bien qu’il en lâche un peu plus que :

« On est très engagé sur les théâtres de crise avec l’armée professionnelle que l’on a constituée et qui marche bien, mais où il y a énormément d’engagements, on demande beaucoup aux soldats français… »

Jean-Pierre Elkabbach :  « Vous qui avez lancé la réforme des armées […] vous avez imaginé lancer une fondation liée à la Chancellerie de la Légion d’honneur, euh, pourquoi faire, vraiment, et avec quels moyens, est-ce que c’est l’état qui vous a donné des sous, est-ce que vous vous adressez ? (la question n’est pas orientée déjà, mais justement, la réponse arrive).

Général Jean-Pierre Kelche :

« Ah non ! Pas de sous ! En fait j’ai posé le principe que la Légion d’honneur, que ceux qui en font partie, qui font aussi partie de la Médaille militaire et du mérite ont assez de conviction citoyenne pour ne pas avoir besoin de subventions de l’État […] si vous voulez, moi ce que je pense, j’écoutais tout à l’heure… »

Là on sent qu’il n’en peu plus de lâcher son mot, notamment à propos de la proposition de Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch, le Président d’Emmaüs France. Il y a bien là, deux France qui se regardent.

Général Jean-Pierre Kelche :

« L’état ne peut pas tout, cette société elle a besoin de la solidarité des citoyens, de l’engagement des citoyens. On ne réglera pas tout avec des règles de SMIC et de machin et de truc. Ce n’est pas possible ! Il faut remettre de l’humain. Et moi j’ai constaté une chose, j’ai lu le rapport Montaigne qui montre qu’il n’y a plus d’ascension sociale en France. En trente ans, le taux des élèves, faisant des études supérieures, issues des classes modestes, a été divisé par cinq. On va dans le mur ! »

Et il lui a fallu lire le rapport Montaigne pour ça. Ça me rappelle quand mon père demandait à sa secrétaire de lui rappeler la date de mon anniversaire… Et il poursuit :

« J’ai 500 000 décorés en France, c’est formidable, y’a une force, et normalement ce sont des gens de mérite, je pense qu’il n’y a pas trop d’erreurs, et à partir de là je leur dis : vous qui avez été reconnus faites quelque chose. Aidez les jeunes. Donc parrainage. On prend des jeunes boursiers méritants, en seconde, on les amène premier temps au Bac, on les accompagne trois ans ».

Jean-Pierre Elkabbach : Parainage ou paternalisme ?

Petits rires balayés par un « on me l’a déjà faite ».

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Général Jean-Pierre Kelche :

« Une exigence, une exigence de comportement, vous voyez ce que je veux dire ? Un jeune n’a pas le droit de déroger aux règles des valeurs qui sont les nôtres, de comportement. En revanche, je cherche pas l’excellence à tout prix […] les boursiers méritants c’est excellent. Pourquoi ? Parce que c’est, les résultats au brevet des collèges, et c’est le comportement scolaire, la fameuse note qui fait d’ailleurs débat parmi les enseignants… Et je ne comprends pas pourquoi il y a un débat ! »

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Donc on peut barbouser comme des bêtes dans la Françafrique (avec ou sans drapeau tricolore sur le treillis), on peut piller la France avec les comptes offshore, mais attention, pas de zéro de conduite au collège ! Sinon, on est un mauvais citoyen.

Général Jean-Pierre Kelche :

« Vous prenez une famille avec deux enfants. Deux SMICs : pas de bourse ! Qu’est-ce qu’on fait si il y a un potentiel ? Ben on fait rien. On l’arrête. On fait un caissier, une caissière. Et moi je vais arriver, avec mes moyens, que je suis en train de rassembler, je suis en train de faire le tour du CAC40 ! […] et c’est avec cet argent-là que je vais en fait compléter les ressources de la famille pour permettre de tenter l’aventure de l’enseignement supérieur… »

« L’ascenseur social est en panne » dit-il, et le voilà en justicier de la république, distribuant les bonnes âmes et des sous du CAC40 aux jeunes méritants, ceux qui n’auront pas eu de zéro de conduite. La condescendante charité des « grands de ce monde » se penchant sur la « France d’en bas », entre deux petits fours sur les parquets cirés de la république, est bien l’apanage de ceux pour qui « fraternité » ne revient à leur mémoire qu’une fois en haut de l’échelle, entre le champagne.

À l’américaine : des congrégations d’hommes et de femmes fortunés vont financer les études de quelques happy few triés sur le volet. Ça me rappelle la venue de La Jeanne (bateau-école de la Marine nationale) dans le port d’Abidjan, où était organisé un bal pour lequel une sélection de jeunes filles du lycée Français était envoyée pour servir de « cavalières »…

Pour « contribuer à remettre en route l’ascenseur social », il faudrait peut-être se demander ce qu’il signifie !

S’il y a un haut dans la société, il y a donc un bas, et c’est bien là que le bas blesse. Parce qu’au mot fraternité qu’ils avaient déjà oublié, il faut ajouter le mot égalité.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir »

Au lieu de se contenter de mettre un petit pansement sur une béance, nos chers « papas » qui s’inquiètent pour nous feraient mieux de dénoncer l’entregent dont ils usent et qui permet de ruiner la France, justement.

Misérable condescendance de ces « hommes » fiers et droits…

La droite aujourd’hui, c’est l’art de ponctuer chaque discours de mot comme « social », « justice » ou « droit », comme si ça pouvait effacer la réalité des actes.

*Je ne sais pas si vous mesurez la lourdeur du contexte réactionnaire, ici de l’emprise idéologique ultralibérale, quand, lorsque l’on parle de service public, l’on se sent immédiatement obligé de préciser que ce n’est pas contradictoire avec efficacité !

Archive :

MPEG2 SD 5 Go, enregistrée sur Public Sénat, le 25 novembre 2006.

Copyright PUBLIC SENAT 2006

L’assassinat de Felix Moumié

La répression du parti UPC, l’Union des Populations du Cameroun, est sans doute une des plaies les plus honteuses dans la mémoire de la Françafrique.

Entre le génocide dont parle François Xavier Vershave dans son livre « La Françafrique », et les quelques centaines de victimes reconnues du bout des lèvres par Mesmer et Delauney, comment savoir ? Comme toujours quand il s’agit de l’Afrique, la désinformation et le silence, institutionnalisés, permettent au temps d’effacer les traces, de brouiller les pistes.

Extraits :

Jean-Martin Tchaptchet :

« On savait qu’un grand homme venait de disparaître, et que c’est un coup dur pour la résistance Camerounaise. »

Pierre Messmer :

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« Lui, n’est intéressé, que par le combat pour le pouvoir. Il n’accepte aucune élection ! »

Marthe Ekemeyoung Moumié :

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« Il y a eu la répression. Roland Pré est venu au Cameroun avec un programme : finir l’UPC en 6 mois ! »

Frank Garbely :

« La France en effet envoi un nouveau commissaire : Roland Pré. Les colons européens applaudissent ce choix, car Roland Pré va aussitôt s’attaquer à sa mission, liquider le mouvement d’opposition UPC. […] Contrairement à aujourd’hui, l’UPC de l’époque était un parti très puissant. Sous la présidence de Moumié, il volait de succès en succès, il était même devenu le plus grand parti du Cameroun. L’UPC comptait alors plus de 400 sections et chaque mois il s’en créait de nouvelles. »

Marthe Ekemeyoung Moumié :

« Roland Pré à fait une conférence, pour attaquer les UPCistes ; et Moumié a fait une contre conférence, pour démentir les choses que Roland Pré avait dites. Tout le monde a couru pour aller à la conférence. Les militaires étaient là, ils tiraient. Là c’est le commencement des émeutes. »

Frank Garbely :

« Le meeting du 25 mai 1955 se termine dans un bain de sang. Dans le seul quartier de New Bell, on dénombrera plus de mille morts. Commence une véritable chasse à l’homme, d’abord à Douala, puis dans tout le Cameroun. Partout, Roland Pré fait emprisonner les UPCistes, et les partisans de Moumié. Juillet 1955, l’UPC est interdite. Son fondateur, Miobé, passe à la clandestinité, le président Moumié s’enfuit à l’étranger. […] Finalement, le chef d’État de la Guinée, le socialiste Sékou Touré le fait venir à Conakry. De là, Moumié combat avec succès, la puissance coloniale établie au Cameroun. C’est à l’ONU qu’il obtient son plus grand succès politique. Une majorité le soutient et réclame l’indépendance du Cameroun. Mais au même moment débarque au Cameroun un nouveau haut-commissaire : Pierre Messmer. »

La suite…

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Jacques Vergès :

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« Les prisons étaient des mouroirs où les gens étaient torturés, tués, nous étions en pleine illégalité. Il y a eu génocide, usage du Napalm contre des populations civiles. »

Film à voir et à revoir, parce que ce n’est pas dans nos livres d’histoire !

Interview du réalisateur sur le site Royaume Bamoun

Images extraites du documentaire :

L’assassinat de Félix Moumié – L’Afrique sous contrôle

Un film de Franck Garbely

© 2005 Triluna Film AG / ARTE / TSR / Aïe Production SA

Archive :

MPEG2 SD 1,5 Go, enregistrée sur ARTE, le 24 juillet 2006.

Note du 11 août 2006.

Tragédie africaine

Les relations entre la France et les anciennes colonies francophones d’Afrique me préoccupent beaucoup.

Il y a lourd à dire sur le Zaïre. Ce pays qui regorge de ressources minières capitales pour les économies occidentales est dans un état catastrophique alors qu’il devrait être, à mon très humble avis, une des premières puissances mondiales, libre, indépendante…

Et ce qu’il se passe aujourd’hui dans ce pays, redevenu Congo, qui s’y intéresse ? Là-bas aussi, ça crève en masse.

Mais à qui profite le crime ? mmhhh ? Si Kabila fils gagne les élections, et « pacifie » le pays, qui y gagne ?

Bon, un bout de réponse, en tout cas pour ceux à qui ça a déjà bien profité, à travers la série documentaire « Mobutu, roi du Zaïre » de Thierry Michel, réalisée en 1999, et qui retrace le parcours du maréchal président Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabenga (le guerrier tout puissant qui embrase tout sur son passage et de conquête en conquête reste invincible) et de ses petits copains occidentaux, dont certains nous dirigent encore…

Thierry Michel avait déjà réalisé en 1992 un documentaire, « Le cycle du Serpent », document qui m’avait littéralement démonté quand je l’ai découvert, alors que j’avais fait un séjour édifiant à Kinshasa entre deux émeutes de la fin de règne du léopard, et à propos duquel je mettrai ici quelques photos personnelles et une note prochainement : par rapport à l’ambiance de fine de règne qui pesait sur Kinshasa à l’époque, mais aussi pour avoir un témoignage très prenant sur la situation au Congo aujourd’hui, il y a un article assez poignant dans Harper’s Magazine du mois d’Avril 2006 : Congo’s daily blood, ruminations from a failed state, de Bryan Mealer.

Enfin bref, quelques extraits :

Colonel de Tenbossche (intendant de Mobutu) :

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« Il distribuait énormément, et à des chefs d’État étrangers, pour les aider, et qui étaient des pros occidentaux ; et tout autour de lui, dans les différentes provinces, évidemment, sa famille aussi. Il était très généreux. »

Question : « Et à des politiciens étrangers aussi ? »

Colonel de Tenbossche : « ah oui ! (il insiste) Ah oui ! (il sourit)

Question : « Qui venaient lui demander… ou… ? »

Colonel de Tenbossche : « C’est-à-dire qu’il y a des gens qui venaient lui dire « écoutez voilà, nous allons entrer en période électorale, si nous gagnons, nous allons beaucoup vous aider… » Mais, vous savez, toute période électorale, il faut des sous ! Et je sais qu’il en a donné. »

L’ironie est assez vertigineuse quand il dit d’un ton pudique : « Et je sais qu’il en a donné. »

Et on continue donc :

Georges Bush (1989) :

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« Zaïre is among America’s oldest friends and it’s president, president Mobutu, one of our most valued friends on the entire continent of Africa. I find president Mobutu analysis valuable and we support him, has he strives to peacefully (!) resolve problems. We thank him for his leadership, and we are proud, and very very pleased to have you with us today. Thank you sir. »

Jacques Chirac (1988) :

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« Je voudrais d’abord vous dire toute ma joie d’avoir à nouveau rencontré le président ; vous savez l’estime dont le président jouit en France comme en Europe et qui est très grande ; le respect dont il est entouré dans nos pays ; vous savez l’amitié qu’on lui porte ; et puis alors s’agissant de moi vous savez que j’ai pour lui des sentiments très profonds et très respectueux, mais qui sont les sentiments de l’affection, si bien qu’un entretien avec le président est toujours pour moi quelque chose d’extrêmement agréable et où j’apprends toujours beaucoup. »

Et il y en a d’autres : de la CIA au général Lacaze ou de J.C Mitterrand à Chirac, la liste des « amis » est longue…

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La série entière vaut d’être attentivement vue et revue, parce que ce n’est pas dans nos livres d’histoire qu’on y verra une description aussi éclairante des ressorts de l’ère postcoloniale, de la duplicité de nos dirigeants et de nos hommes d’affaires (pour ne pas dire la monstrueuse complicité quand on sait ce que vivaient et vivent les peuples sous le pouvoir de ces amis de l’occident).

Ce qui reste dommage dans ce genre de documents, c’est qu’on ne peut pas aller jusqu’au bout de la chaîne : les véritables fortunes réalisées par des « acteurs privés » en Afrique restent toujours masquées (enfin, légalement) par des intermédiaires politiques et des « groupes ».

Il y a aussi d’autres bénéficiaires dont on parle peu : nous.

Si demain nous devions payer notre cuivre, notre cobalt, notre uranium, nos diamants (dont nos industries sont friandes) etc. en appliquant au Congo (et aux autres pays où nous nous « fournissons » en matière première) les mêmes règles d’échange économique et de droit social que ce qui s’applique en France, on paierait un prix autrement plus élevé pour nos produits.

Quel Français se préoccupe du parcours des litres de gazole qu’il met dans son réservoir (ou du câble électrique qu’il achète dans une grande surface de bricolage), tant que ça coule à la pompe et que ça reste abordable ?

En tout cas, ne ratez pas une éventuelle rediffusion de ce documentaire :

« Mobutu, roi du Zaïre » de Thierry Michel, 1999, 135 min, Les Films de la Passerelle.

(29/06/2006)

Archives :

MPEG2 SD 2,1 Go x3, enregistrés sur Histoire, le 15/05, le 16/05, et le 17/05/2006

Pouvoir et Télévision

« POUVOIR et TÉLÉVISION » est une série documentaire particulièrement intéressante parce qu’elle traite des rapports incestueux entre la télévision et les pouvoirs… Il faut donc absolument la voir ne serait-ce que pour comprendre comme on est passé de l’ORTF aux ordres à la télé poubelle.

Les extraits suivants en disent long sur ce que sont les médias en France aujourd’hui :

Paul Amar (à propos de l’état de grâce médiatique d’Édouard Balladur en 1994) :

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« Je pense que là il y a un homme qui a joué un rôle considérable, considérable, c’est son génie. Il faut qu’il fasse attention d’ailleurs, ce génie peut se retourner contre lui ; c’est Nicolas Sarkozy ; qui avait eu le génie de faire croire à tout Paris, donc au tout Paris politique, journalistes compris, que Balladur était élu, avant l’élection. […] Et le Tout-Paris a fini par y croire ! »

Et Philippe Meyer d’enfoncer le clou avec humour :

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« Et puis, là encore, les vieux démons français du rapport incestueux avec le pouvoir s’y mettent. On peut aussi bien citer l’exemple de Claire Chazal avec son livre sur Balladur qui arrivera juste avant l’élection présidentielle de 95, qui est un livre qu’il faut relire ! Absolument ! Il faut le relire ! Parce que c’est un remède contre la mélancolie… Écrire un livre hagiographique, à ce point lourdingue, au moment même où tous les sondages, toute l’opinion est prête à parier sa chemise et sa culotte que ce sera Balladur qui sera président de la République, normalement, dans n’importe quel pays européen ou au moins comparable […] ça vous conduit à disparaître dans l’éclat de rire général ; ben en France ça vous conduit à devenir une institution. »

Entre le spectacle et le vrai débat politique, Ruth Elkrief peut légitimement nous résumer la situation lorsqu’elle évoque avec émotion le travail de Michel Drucker par rapport au sien :

Ruth Elkrief  :

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« Je regardais son travail, qui est un vrai travail, qui est un gros travail, c’est enregistré, c’est monté, il y a beaucoup d’invités, il y a beaucoup de travail en amont… Et je regardais notre travail ; c’était une petite équipe, on se défonçait aussi, et en même temps on faisait du journalisme et eux, ils faisaient de l’animation et donc le problème c’est qu’on nous comparait, point par point, et je dirais, point d’audimat par point d’audimat hélas pour nous. C’est ça le problème ! […] Mais cette bataille, je l’ai menée je vais vous dire, comme la chèvre de Monsieur Seguin, je l’ai perdue. J’étais la dernière, maintenant elle est perdue, il n’y a plus, à mon avis, ou très peu, sauf les présentateurs du 20 heures quand ils font leur job, il n’y a plus de journalistes à la télévision. Il y a des émissions de télévision, un peu spectacle, un peu rigolote, parfois avec des moments de vérité, parfois avec des moments de connivence terrible, c’est autre chose… »

Drucker peut désormais recevoir son ami Nicolas Sarkozy, dont je ne sais pas s’il sera le prochain président de la République, mais qui a déjà pour lui les médias de Bouygues, de Lagardère, de Dassault (et quasiment du service public), etc.

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Vous voilà, une fois de plus, prévenus…

Pour conclure cette série documentaire, c’est le sujet des « médias de la haine » de la campagne présidentielle de 2002 :

Patrick Poivre d’Arvor :

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« Et les gens étaient très durs là-dessus, ils nous adressaient de très nombreux courriers, je me souviens très bien, avec des petites coupures de presse venant de la province, venant de journaux régionaux… Qui disaient ah ben ça évidemment, vous, vous n’allez pas en parler sur TF1 ; ils devaient certainement envoyer le même courrier sur la 2. Et moi je me suis dit, mais au fond… Au début je me suis dit c’est peut-être une manipulation, c’est peut-être le Front National qui essaie de rameuter ses différents adhérents de cette manière, et je me suis aperçu que c’est des gens qui disaient ça spontanément. Donc j’ai parlé un peu plus souvent de ces problèmes-là. »

Amis d’ACRIMED, vous savez ce qu’il vous reste à faire pour que TF1 parle du fond…

Désolé d’être cynique, mais c’est quand même ahurissant d’entendre cette pâle justification.

Gérard Leclerc :

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« Là aussi, c’est le phénomène des médias : tout le monde se lit, tout le monde s’écoute, tout le monde se regarde et donc il y a eu cette espèce d’emballement, de tous les médias, et en particulier de la télévision, mais il n’y avait pas que nous, je crois que les autres aussi en parlaient beaucoup. Et donc c’est vrai que petit à petit ça a pris une place de plus en plus grande »

Et bôôô, le suivisme :

Gérard Leclerc :

« Je me souviens une fois il y a avait eu une conférence, où donc chaque service, chaque département dit ce qu’il y a dans l’actualité, la politique, l‘étranger, la société, etc. et puis à la fin, le rédacteur en chef dit : mais il n’y a pas de sujet sur l’insécurité ? On dit : ben oui, y’a pas de sujet aujourd’hui ; et il dit : ben eh non, c’est la question du moment il faut qu’on traite l’insécurité. »

Patrick Poivre d’Arvor :

« Mis à part le fait, je l’avais dit en conférence de rédaction, que je trouvais que le dimanche, le samedi et le dimanche, l’affaire de papy Voise c’était trop, ça, c’était mon jugement. Mis à part ça fait là, je n’ai pas trouvé de malhonnêteté de la part de tel ou tel média sur ce sujet. »

Il y a de quoi devenir aphone…

Alain Duhamel :

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« Dans cette campagne en particulier, mais dans les campagnes présidentielles en général, ce qui compte dans la prise de décision électorale des Français […] c’est le climat sociétal qu’il y a à la télévision, qui est hypertrophié, intensifié par la télévision, cristallisé ; et que c’est lui qui joue le rôle. Qu’au fond ce qui est important pour le vote c’est la façon dont on va parler ici de licenciements, là d’un crime crapuleux, ou ailleurs de je ne sais pas quoi dans un établissement scolaire… C’est ça qui influence ! »

Et si Patrick Poivre d’Arvor trouvait que c’était « trop » c’est sans doute qu’il y en avait anormalement déjà trop, qu’il savait aussi que c’était ça qui influence et que c’était ça qui était exactement en train se produire.

C’est un documentaire intéressant, mais je regrette aussi que l’on ne s’attarde pas sur le sujet de La Cinq ! Dans le genre berlusconien, ça valait son pesant de cacahuètes…

Je suis sûr aussi que les étudiants gabonais, enfin, ceux qui ont survécu, se souviennent encore des journalistes de La Cinq ! Mais c’est un autre sujet… Peut-être un jour, dans un autre documentaire ?

En tout cas, ne ratez pas une éventuelle rediffusion de cette série :

« POUVOIR et TÉLÉVISION » une série documentaire en trois épisodes de Bertrand Delais et Stéphanie Malphettes, réalisée en 2005, coproduite par CAPA et INA Entreprise avec la participation de France 5.

(26/04/2006)

Archives :

MPEG2 SD 1,5 Go x3, enregistrées sur France 5, le 18/02, le 25/02, le 03/03 et le 10/3 2006

Mou du genou…

Ça part quand même d’une bonne idée : montrer le décalage des préoccupations entre une « entreprise-commerciale-qui-gagne-dans-la-mondialisation-heureuse-pour-l’avenir » d’une part, et un « service-public-vieillot-qui-refuse-la-modernité-et-qui-est-trop-fonctionnarisé » d’autre part.

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Parce qu’effectivement, l’état d’esprit un peu pépère de certains personnels de la poste montrés, et j’insiste sur ce dernier mot, dans le document en question, démontre bien comment il a été facile pour les parangons du discours « efficacité de la concurrence privatisation » d’endormir le débat et spolier une fois de plus les citoyens de ce pays.

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On aurait aimé y voir traité le dossier de l’épargne des ménages (qui fait baver les vendeurs de services d’investissement de vol sur les marchés financiers et que Nicolas Sarkozy voudrait bien voir dépensé en consommation et « investi » en bourse), de la « captivité » des usagers désormais devenus malgré eux « clients », le fait que des privés, des secrétaires de mairies ou autres vont avoir accès aux comptes des clients (en milieu rural, j’ose à peine imaginer les conséquences de ce « détail »)…

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On aurait aimé aussi y voir traité le chantage ordurier exercé sur les maires qui ont tenté de s’opposer à la réduction des services et à la privatisation de la poste : du genre « si vous l’ouvrez trop, le service (APC) sera déplacé dans la commune voisine »…

Enfin, on aurait aimé y voir à quel point il est ridicule de voir les services déplorables des transporteurs privés (exploités en chaînes de sous-traitance à n’en plus finir) « couiner » et « chouiner » pour mal faire ce que le service public de la poste réussi quotidiennement et discrètement, quelles que soient les conditions météo, depuis sa création, quand il faut livrer des petits colis et des plis à plus de 10 kilomètres d’un centre urbain…

Entendons-nous bien, j’aurais bien aimé que la démonstration soit efficace pour montrer à quel point les tenants de la privatisation des services publics se moquent du monde. Or là, je trouve que l’exercice n’est pas très bien réussi, voir carrément « mou du genou ».

Bon, ceci dit, il est super ce documentaire, il faut absolument le voir :
« La Poste, un drôle de pli »

Documentaire de Marie-Pierre Jaury (2006), d’une série en trois épisodes « Service public » de Gilles Balbastre, produite par Point du jour. 50 min

Les images insérées ici sont évidemment © Marie-Pierre Jaury, Gilles Balbastre, Point du jour ou France 5.
Archive personnelle MPEG2, SD, 1014 Mo, enregistrés le 16/03/2006 sur France 5.