À l’abordage !

Pendant des années j’ai régulièrement acheté The Economist, un hebdomadaire britannique particulièrement bien renseigné, mais aussi, et surtout, un porte-drapeau international très influent de « l’ultra libéralisme ». Je ne me suis jamais résolu à m’abonner, j’avais du mal à me faire à cette idée de cofinancer un point de vue aussi cynique et élitiste, version policée du monde selon Rupert Murdoch

Les années passent, vivre loin de la ville et des kiosques à journaux me font de plus en plus réfléchir sur le sujet. Si je n’ai aucune hésitation à m’abonner au Plan B, à CQFD ou à d’autres publications (Politique Africaine, Harper’s ou The Nation etc.) j’ai encore beaucoup de mal à me résoudre à soutenir malgré moi les spin doctors, qu’ils soient français ou d’ailleurs.

Il en est un qui est né en France il y peu, et qui tend, comme The Economist, mais en beaucoup plus médiocre, à aboyer sur tout ce qui peut représenter une forme de solidarité, de justice sociale, de services publics, le filet de bave aux lèvres : Challenges.

D’ailleurs l’apparition de cet hebdo n’est-elle pas à la montée de la « droite décomplexée » incarnée par la garde rapprochée de N. Sarkozy, ce que la poussée d’acné est à la montée d’hormones des ados ?

Bref, mettant quotidiennement en application le leitmotiv de Gilles Balbastre : « nommer l’ennemi », je suis souvent avide des médias utilisés par nos adversaires, pour décrypter les discours, la désinformation et les mensonges de la « volaille qui fait l’opinion ». J’ai bien TF1 et M6, ou encore Direct 8, BFM etc., mais niveau presse, mes rares déplacements à la ville ne me permettent pas de suivre avec assez de régularité « l’état de la France » selon ces petits soldats de la mondialisation heureuse.

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Arrivée dans ma boîte aux lettres via le fichier des gérants de sociétés (dirigeants préfèrent-ils car c’est un mot qui émeut jusqu’à l’orgasme ces oxyures), une proposition qui dans l’optique susmentionnée, a eu de quoi éveiller mes sens toujours en alerte :

« L’économie s’accélère. Elle est chaque jour plus présente dans notre vie […] émergence de la chine, mondialisation des échanges […] évolution des marchés financiers et de l’emploi…

[…]

Chaque semaine, nos journalistes, nos experts : Patrick Artus […] Christian de Boisseau […] Michel Pébereau […] nos éditorialistes : J-M. Colombani, J. Boissonnat, R. Soubie et nos analystes financiers vous permettent, par leurs regards croisés de décoder les nouveaux enjeux économiques.

[…]

Avec une maquette élégante CHALLENGES vous fera découvrir tous les acteurs qui marquent la vie des affaires […] conquièrent des marchés.

[…] Au plaisir de leur lecture s’ajoutera la certitude d’être au courant des faits qu’il ne faut pas ignorer. »

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Devant une telle débauche d’arguments si pertinents, si inattendus, si puissants, si novateurs…

Comment résister ?

Soyons fou. Je me suis abonné…

À l’abordage !

Assez !

Ras le bol de devoir traduire des documents pour lesquels les termes clés ont été choisis par des fainéants…

Exemple sur lequel je me fais mal tous les 100 signes : Support.

La traduction de « support » en français ne devrait pas être « support » mais « assistance » !

Dans le même genre répété jusqu’à la nausée par nos icônes médiatiques et politiques : « flexibility » qui devait être traduit à l’origine par « polyvalence » et non « flexibilité ».

Ça me casse les doigts de devoir constamment taper des termes inappropriés pour vendre de la soupe ou du yaourt franglais de « marcom » ou de « management » bafouillé par des handicapés du cerveau…

D’un côté ils nous brisent les cacahuètes en nous inventant des mots comme « courriels » ou « mél » au lieu d’utiliser le vrai nom qui permet de connaître son origine c’est-à-dire « e-mail ». Et de l’autre, ils se contentent de faux amis ou de choisir la version la plus réductrice, en terme de sens, pour des mots qui sont importants…

Moi, quand j’ai un problème de panne informatique, je veux que l’on m’assiste ou que l’on m’aide, pas que l’on me supporte !

Et quand je demande à mes collaborateurs salariés de faire preuve de polyvalence, voire de souplesse, je ne leur demande pas d’être « flexibles » (comme une lame d’acier par exemple)…

Et il y en a des tartines comme ça sur le Web, dans la bouche de nos « managers », de nos « journaleux », sans parler des « politiques »…

Argh ! Au secours !

Nouvelles du Festival Résitances !

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Arrivé hier (6 juillet), j’ai pris un peu de temps pour me repérer, installer une connexion Wi-Fi capricieuse et aller voir le film « Viva Zapatero » de Sabina Guzzanti qui traite sans détour de la censure dans les médias sous le pouvoir de Berlusconi.

Cette année, le festival a été « repris » par des producteurs indépendants après le retrait, semble-t-il, de soutiens publics, apparemment pour des raisons politiques (vous aviez deviné, je présume).

Le festival repose donc cette année entièrement sur les épaules d’une toute petite structure qui joue son avenir pour promouvoir une vision militante du film documentaire.

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Bref, je ne suis pas ici pour voir tous les films, ni faire un reportage sur le sujet, mais simplement pour rencontrer des humains, voir des documentaires et prendre un peu de temps pour bouquiner les innombrables livres en souffrance dans ma bibliothèque (L’empire de la Honte de Jean Ziegler actuellement).

Aujourd’hui, j’ai assisté aux projections de « Outfoxed » de Peter Greenwald, puis « On air » de (et en présence de) Christophe Joly.

C’est assez plaisant de voir que d’autres personnes s’efforcent de montrer qu’aux États-Unis d’Amérique, il n’y a pas que des « gros cons de beaufs qui roulent en 4×4 et vomissent sur le reste du monde » (comme on l’entend souvent par chez nous).

Je regrette juste le côté superficiel (pardon pour l’auteur de ce documentaire) de la façon dont est décrit le combat de ces militants que l’on qualifie trop simplement « de gauche ». Cela ressemble plus à une ballade dans l’univers des médias alternatifs américains qu’à une rencontre avec ceux-ci et sur l’ampleur de ce mouvement.

Ce que j’adore dans ce festival, ce sont les stands de documentaires :

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Résistances…

Du 5 au 8 juillet, rendez-vous à Foix (Ariège), pour la nouvelle édition du Festival Résistances.

Au programme, des projections et débats autour des thèmes « Culture insoumise », « Les services publics sont-ils solubles dans la mondialisation ? » et « L’environnement à l’épreuve du développement et vice-versa ».

En présence de Amic Bedel, Peire Brun, Erwann Briand, Bernard Cauvin, Christian Dauriac, Jean Druon, Alain Dussort, Michel Gayraud, Michel Griffon, Christophe Joly, Marc Khanne, Yohan Laffort, Yann le Masson, Roger Pasturel, Denys Piningre, Robin Renucci, Stéphane Valentin, Vanina Vignal, Francis Wurtz, Wladimir Koslov, Thierry Gentet, Vincent Munié, Rémy Ricordeau, Anne Viel…

Invité d’honneur : Robin Renucci

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À l’affiche :

Les services publics sont-ils solubles dans la mondialisation ?

* La poste un drôle de pli

* SNCF une erreur d’aiguillage de Atisso Medessou

* EDF les apprentis sorciers de Gilles Balbastre

* Une trilogie de Gilles Balbastre

* Nioro du Sahel, une ville sous tension de Ch. Lallier

* Quelque chose de notre histoire de Jean Druon

* La voie est libre de Vincent Munie

Environnement à l’épreuve du développement

* Pays Massaï : terre interdite ! De Kristin Sellefyan

* Le Beurre et l’argent du beurre de Badini Alidou, Baque Philippe

* Terre commune de Yohan Laffort

* Putain d’usine de Remy Ricordeau

* Terre vivante de Jean-François Vallée

* Quatre maires dans le vent De Bernard Cauvin

* Ma mondialisation De Gilles Perret

* Kashima paradise de Yann le Masson

* Eloge du maraîchage d’Alain Dussort

* Nous sommes nés pour marcher sur la tête des rois de Vincent Sorrel

* Aigoual La forêt retrouvée de Marc Khanne

* Le bruit du canon de Marie Voignier

* Après moi le déluge de David Martin

* L’assiette sale de Denys Piningre

* Notre pain quotidien de Nicolos Geyrhalter

* Abya Yala de Patrick Vanier

* Les vaches ne regardent plus passer les trains de Patrick Gérard

* Still Life de JIA ZHANG-KE

La Télévision de service public en région ?

* On air de Christophe Joly

* Le temps de l’urgence de Christian TRAN

* Cette télévision est la vôtre de Mariana Otero

* Le journal commence à 20 H de William Karel

* Viva Zapatero de Sabina Guzzanti

Culture en résistance, culture insoumise

* Sirventés de Michel Gayraud

* Fecas et Godilhs de Peire Brun

* Se Canta de Stéphane Valentin

* Le Rock clandestin de Vladimir Koslof

* Stella

* 12h08 à l’est de Bucarest Corneliu Porumboiu

* Sempre Vivu de Robin Renucci

* Outfoxed de Peter Grenwald

Là-bas comme ici !

The Nation, est une des rares publications nord-américaines qui défendent avec force des valeurs de progrès social : solidarité, égalité, féminisme, lutte contre la corruption, les discriminations, etc.

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Oui, on peut être de gauche et aimer profondément les États-Unis ! ;-)

Il ne faut pas oublier qu’aux États-Unis comme ailleurs, une partie importante de la population est en résistance contre l’ultralibéralisme, l’injustice, les discriminations, l’oppression…

Loin des caricatures et des clichés que nous vomissent des médias asservis par les marchands du temple, il y a une autre Amérique, celle dont on ne vous parle que très rarement : celle des luttes sociales, de la paix dans le monde, du progrès partagé, des luttes contre les discriminations, de la justice. Cette Amérique que l’on entend parfois de ce côté-ci de l’atlantique au travers des écrits de gens comme Howard Zinn ou Noam Chomsky, l’Amérique de Ralph Nader…

Il faut aujourd’hui aider les publications comme The Nation !

Que se passe-t-il ? Voici ce qu’on écrit écrit Teresa Stack, la présidente de The Nation :

« Au cours d’une action sans précédent, les autorités de régulation postale ont rejeté le plan tarifaire proposé par les services de United States Postal Service au profit d’un montage conçu par Time Warner, l’éditeur le plus important du pays !

Le nouveau plan propose des augmentations de tarifs moins importantes, voire des baisses de tarifs, pour les grosses publications comme celles de Time Warner telles que Time, People and Sports Illustrated, déplaçant les charges vers les plus petites publications comme The Nation.

Il ne nous a été donné que huit jours ouvrés pour préparer une réponse au plan de tarification de 758 pages avant que celui-ci ne soit un fait accompli.

La conséquence est une augmentation de 18 % des coûts d’envois par la Poste pour The Nation. Aidez-nous maintenant.

Pour les mastodontes des médias qui contrôlent de manière croissante l’information qui vous arrive et leurs portes-paroles de Washington, les affaires continuent.

Pour The Nation, c’est un désastre potentiel — mais pas vraiment une surprise. »

SOUTENEZ THE NATION !

Je suis pour ma part un lecteur heureux de deux publications de grande qualité qui défendent avec vigueur et intelligence les valeurs de l’autre Amérique : The Nation et Harper’s.

De la mauvaise foi…

Hé oui, Poujade « habite la fonction présidentielle »…

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Il y aurait long à dire sur les mesures du président de « tous les Français » et sa façon crasse de monter les différentes catégories sociales les unes contre les autres, en allant en particulier chercher les plus réactionnaires pour se faire élire…

Le summum reste quand même ce type de déclaration :

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« Les jours de grève ne seront plus payés »

Sous-entendu : chez tous les privilégiés (de la fonction publique et assimilée) quand on fait la grève, on est payé. C’est le ministre de la fonction publique de Rafarin 1 qui avait je crois déjà bâvé un tel procédé de manipulation…

Ce qui est ahurissant, c’est que pas un journaliste, pas un socialiste, pas un syndicaliste n’a relevé l’énormité du procédé.

Sarkoujade !?

Ou alors, c’est pire que de l’incompétence…

En tous cas, y’a du travail à faire.

Pas votant s’abstenir de la ramener !

Passés les premiers haut-le-cœur, il faut bien souffler un peu et essayer de faire le bilan.

On savait déjà le cynisme de la nouvelle « droite décomplexée », celle qui n’hésite plus à s’identifier à la « France qui avait choisi le camp des vainqueurs », celle des élites et des parvenus populisant leurs discours pour récolter les voix des poujadistes et des médiocres, amers recalés pour n’avoir pas travaillé à l’école (ce sera d’ailleurs l’objet d’une longue note dans quelques jours).

On savait le parti socialiste autiste et ne sachant plus quelle direction prendre pour se raccrocher à un train, quel qu’il soit, « libéral démocrate », « social-démocrate » ou « centre gauche », enfin tout et son contraire, mais sans rien comprendre et sans rien entendre d’autres que ses gargouillements intestins.

On se « réjouissait », d’une certaine façon, de l’agonie d’un PC totalement hors circuit, et de son corollaire de syndicalisme vieille garde, celui des fonctionnaires qui se syndiquent pour obtenir qui une mutation, qui un changement de statut, qui telle ou telle bonification… En espérant que la majorité des fonctionnaires reprendrait la parole et le combat pour proposer des services publics rénovés et modernes.

On savait la France globalement à droite quand il faut faire, et presque à gauche quand il faut parler…

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Avec la répétition du je-m’en-foutisme de 2002, on sait finalement que ceux qui tendent le cou et froncent les sourcils pour défendre « la gauche », le « social » et « l’état républicain » sont majoritairement des larves de droites complexées et des hypocrites : au fond, ils sont bien d’accord avec la « droite décomplexée » et lui laisse faire le sale boulot, pour pouvoir rester dans leur posture de bobos privilégiés, et se réclamer, se déclamer,« en lutte », mais seulement dans les heures ouvrées…

Lorsque le gouvernement scélérat et sa chambre d’enregistrement passive, tous deux parfaitement légitimes, démantèleront un à un les derniers pans de ce qu’il restait de l’état, ce « peuple de gauche » égoïste descendra dans la rue contester les mesures contre lesquelles il n’a pas voté. Je ne pleurerai pas et je regarderai ailleurs quand ils tomberont à genou sous les coups des forces « de répression » :

Vous n’aviez qu’à voter.

La haine des électeurs que l’UMP est « fier d’avoir récupérés »

6 juin 2007 — Ils méprisent tellement toute forme de réflexion qu’ils vouent une haine aveugle à l’école, surtout celle de la République, celle de l’égalité.

Cette école qui leur a montré par l’exemple qu’il fallait travailler et faire des efforts pour avancer. Comme ils étaient paresseux, préférant rire gras en meute, coincer les filles timides quand personne ne les voyait, ou encore rire bêtement quand il ne comprenait pas ce que l’instituteur, puis les professeurs, essayaient de leur dire, ils ont très vite échoué. Les voilà disant que l’école n’était pas pour eux, que ça ne sert pas à grand-chose, que c’est des trucs d’intellos, de gauchistes, d’inutiles…

La seule façon pour eux d’accepter la contrainte de scolariser leurs enfants reste alors l’école primaire catholique.

Haine, oui, ils ne sont que haine.

De cette confrontation avec leur propre médiocrité, ils ont retenu que pour éviter qu’on leur renvoie leur propre indigence intellectuelle, il fallait revendiquer la veulerie, le pastis gras et les parties de chasse où lorsqu’ils tirent sur du gibier d’élevage lâché la veille, ils s’imaginent tirer sur les femelles qui se sont refusées à eux et qu’ils ont du prendre de force…

Voilà la France que M. Sarkozy est venu draguer…

Ces électeurs qu’il est si fier d’avoir récupéré et qui se comportent comme une mafia.

Ils ricanent amèrement à la farce de la nomination de M. Juppé comme sinistre de l’écologie et du développement durable parce qu’il sait qu’il pourra continuer à déverser tranquillement du round-up pour « nettoyer » les bords des routes, à brûler les emballages des engrais azotés qu’il balance allègrement dans ses champs, il sait que le syndicat majoritaire des agriculteurs fera toujours plus fort dans la surenchère d’aides publiques, de subventions à a la pollution, à la surconsommation…

Dans un sursaut réactionnaire, ils vomissent toute idée de progrès social ou humain, qu’ils s’empressent d’amalgamer sans état d’âme avec gauchisme, droit-de-l’hommisme, marxisme, égalitarisme et laxisme.

Ce même sursaut réactionnaire les pousse, dans un ultime râle poujadiste, à définitivement éliminer toute notion de service public, de fonctionnaire, de bien commun.

Voilà ce qui a mis M. Sarkozy au pouvoir.

Voilà ce que la droite « décomplexée » est fière d’avoir conforté.

Ici, on n’a pas peur de la surenchère et la loi de la plus grande gueule est un principe de base.

Cet électorat là se verrait bien porteur d’une idée consistant à finir le travail commencé en 41 : on entend ici autour des verres de marquisettes et de pastis des propos qui n’auraient pas déplu à la « France qui n’avait pas choisi le camp des vainqueurs ».

Ici il n’y a pas d’arabe, pas de « nègre » ou d’« assistés », mais on est certainement parmi les premiers à vivre des subsides de l’État ou de l’Europe.

Ici on ne dit pas un « nègre » ou « bougnoule » mais on dit sans complexe un « pneu », et il faudrait que ces soi-disant républicains de droite qui en appellent sans vergogne à Jaures et a Blum assument pleinement la portée de leurs actes et des valeurs qu’ils défendent sur le terrain.

Ici ils votent UMP parce que le conseiller général et le député UMP sont de leur réseau d’influence, pas pour faire de l’écologie et sauver l’humanité, pas pour réunir la France autour de la république et de la laïcité.

Pendant que le parti UMP des grandes agglomérations et des médias affiche des femmes et des minorités (sexuelles, d’origines différentes, etc.), dans son électorat, dans le monde rural, la réalité est diamétralement opposée : En caressant cet électorat pour assurer sa victoire, la « majorité » en a adopté la substantifique moelle : la haine de la culture, la xénophobie la plus radicale, le plus profond mépris des notions d’égalité et de fraternité.

Il faudra que cette majorité en assume les conséquences : toujours plus de violences faites aux femmes et aux enfants, toujours plus de racisme et d’antisémitisme, toujours plus de violences faites aux homosexuels, toujours plus de négligence vis-à-vis de la petite enfance, toujours plus de dérapages dans les bals, à la sortie des bars et dans les recoins de rase campagne, loin des regards…

On sent déjà les ça et là les spasmes de ceux qui se retiennent depuis tant d’années, et qui sont prêts à exploser pour déverser toute leur haine contenue, toute la violence de leur mépris pour les droits-de-l-hommiste, les pédés et les socialos-cocos.

Il n’y a pas que ça, mais ici…

Ici, ils votent pour le discours sur la « morale » de l’UMP parce qu’on sait que ce n’est pas cette morale-là qui va les empêcher d’utiliser l’argent public pour entretenir les églises et les écoles confessionnelles, payer des employés municipaux pour travailler dans les cantines scolaires des écoles privées…

Ici, ils votent pour le discours sur la « rigueur » de l’UMP parce qu’on sait que ce n’est pas cette morale-là qui va venir regarder les comptes des communes, les remembrements des parcelles et les croisements d’intérêts entre les potentats locaux et les dépenses des municipalités.

Ici, ils votent pour l’écologie de l’UMP parce qu’ils savent qu’elle s’accommodera sans problème de l’utilisation massive d’engaris chimiques, de pesticides, de désherbants. Ils savent que ce n’est pas cette écologie-là qui va remettre en cause la construction de logements sociaux mal isolés et chauffés à l’électricité, l’installation de chauffages collectifs au fuel, l’ouverture des chemins de randonnée au rallye de 4×4 et de Quads…

Ici ils votent pour la « valeur travail » de l’UMP contre les « assistés des banlieues » parce qu’ils savent que cela ne remettra pas en cause leur assistanat qui est au moins autant sinon plus lourd, d’aides de l’état et de l’Europe aux communes, des subventions publiques à l’agriculture intensive et polluante, des aides régionales et départementales aux infrastructures…

Ici, ils votent pour le « ministère de l’intégration et de l’identité nationale » parce qu’ils savent que ça permettra de soumettre encore davantage les melons et les pneus pour faire les travaux qu’ils ne veulent pas faire et que ce sont leurs enfants qui seront les chefs de chantiers et les conducteurs de travaux.

Il suffira d’avoir son député défendre une quelconque calamité pour voir s’ouvrir les poches de la république que « l’on dit pourtant vides quand il s’agit d’enseignement ou de santé…

Héritiers d’une révolution vite oubliée, voici les nouveaux féodaux

Cette France là se comporte en rentière, héritière des acquis sociaux et des infrastructures formidables, fruits du labeur lent, patient, déterminé, acharné des anciens qui peu à peu, ont arraché leurs enfants d’un avenir voué à un quasi-esclavage que leur imposait leurs origines sociales, leur milieu.

En enfants terribles et insouciants, ils ne voient plus ce que toute la société leur a apporté, directement ou indirectement, en conditions de vie, en possibilités, en options d’avenir pour eux et leurs enfants, non, ils ne voient plus que ce que l’état “leur prend”, pour le donner à ceux qu’ils appellent avec mépris et condescendance, des “assistés”, des “oisifs”…

Ils sont pourtant eux-mêmes des assistés ! Lesquels parmi eux n’ont pas utilisé les infrastructures publiques, l’énergie, le système de santé, les télécommunications. Lesquels n’ont pas bénéficié des investissements collectifs, nationaux, régionaux, départementaux ou de leur commune.

Ceux-là mêmes qui vomissent sur l’état et l’assistanat dont ils sont eux-mêmes bénéficiaires, sont les premiers à en appeler à la solidarité républicaine, nationale, lorsqu’ils s’estiment laissés pour compte de la solidarité et des investissements publics, ou encore lorsqu’ils sont frappés par les intempéries, les catastrophes naturelles, voire même lorsqu’ils souffrent des désastres dont ils ont eux-mêmes été les instigateurs au nom de la rentabilité ou de leur indépendance bornée…

Bien sûr aucun de ces systèmes n’est parfait, bien sûr, il faudrait adapter certains services, changer des méthodes, remettre à plat certaines structures. Mais il faudrait le faire dans l’intérêt de tous, pas dans l’intérêt de quelques privilégies qui auraient les moyens, pas au nom d’une entreprise idéologique du tout laisser faire.

Que la gauche se soit dévoyée est une évidence que nul ne saurait aujourd’hui décemment contester. Que la solidarité ait des ratées parce que certains malins en profitent, c’est aussi une évidence, mais ces actes restent minoritaires.

Mais quand on frappe le petit malin, quand toutes les caméras se focalisent sur le petit fraudeur, n’est-ce pas pour mieux éloigner les regards de ceux qui, à coups de millions, voire de milliard, font en sorte de bénéficier des largesses de l’état ?

Quand on fustige le poids de l’état, en pointant d’un doigt vengeur les fonctionnaires, en incitant le peuple à la haine et au mépris et leur faire porter tous leurs maux, tout en donnant encore davantage aux nantis et aux fournisseurs de l’état ; quand on détourne l’attention du peuple vers des petites proies faciles pour mieux avoir les mains libres pour détruire les derniers remparts de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, qui est l’imposteur, Monsieur Fillon ?

De l’art de l’imposture…

Il est bon mon Fillon, il est bon !

Règle d’or du bonimenteur : ne pas hésiter à en rajouter.

Sur le mensonge, je vous invite à lire le petit papier de Larrouturou sur le site Libération (journal dont je suis loin de partager la ligne éditoriale par ailleurs).

Jean-Louis Borlo : « 200 000 emplois de service ont été créés en deux ans ».

Et en exclusivité, j’ai trouvé les premières offres d’emplois prêtes à être massivement diffusées après les législatives !

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Téléchargez le PDF pour le diffuser au maximum, il ne faut pas que les « assistés » ratent de telles offres qui, à n’en pas douter, redonnent tout son sens au mot « travail ».

Bilan de la nuit…

Bon autant dire que le bilan n’est pas fameux.

Quoique… : D

Un renard, un faon (je ne sais pas si on peut dire ça vu qu’il avait des bois d’au moins 20 cm), des lièvres à n’en plus finir, un écureuil, un couple de furets (ou quelque chose qui y ressemble), un superbe renard, des hérissons (apparemment, ils mangent les escargots qui traversent la route) et un espèce de truc qui ressemble à un, à un… un gros truc qui se dandinait.

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Ah si, j’oubliais : Un superbe sanglier, au-dessus de Burzet, vers 1 h 30 du matin, en redescendant de la Vestide du Pal.

Bref, que du bonheur pour les yeux.

Mais par contre, pour revenir au collage des affiches sur les trois villages qui restaient (enfin, 2 hameaux et un village), pas de place pour coller dans le premier (et non, je ne décolle pas les autres, y’a encore des lois dans ce pays, je vais devoir appeler la mairie), impossible de trouver la mairie pour l’autre (à minuit, je n’ai pas eu l’audace d’aller réveiller quelqu’un) et pour Burzet, ben c’était déjà fait !

Quatre heures de route pour rien.

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Enfin presque, j’en ai profité pour « mettre en situation » les affichettes.

Mmhhh…