Lettre ouverte à François HUMBLOT

Lettre ouverte à François HUMBLOT, suite à sa lettre ouverte adressée à Ségolène Royal, et publiée le 23 février sur le site besoindair.fr.

*PDG d’HUMBLOT-GRANT ALEXANDER

Monsieur,

Je lis avec attention votre lettre ouverte à Ségolène Royal, et, en qualité de tout petit entrepreneur, je me permets de réagir à vos propos qui concernent LES entreprises et l’emploi.

En tant que tout petit entrepreneur, j’ai compris très tôt qu’en France (que j’ai connu après de nombreuses années en Afrique subsaharienne) les valeurs du travail, du respect des lois et des règles du marché, étaient bien souvent érigées en revendications pour la société, et systématiquement bafouées dans la pratique. Le terme de « république bananière » dont mes compatriotes affublaient les pays dans lesquels j’ai vécu, a pris un surprenant éclairage quand j’ai découvert mon pays…

C’est en effet une gageure pour un entrepreneur que de vivre et de faire vivre son entreprise exclusivement de son travail dur et honnête, de qualité, sans travail au noir, sans bidouilles fiscales, sans manger aux multiples offres d’arrangements offertes par des systèmes où se mêlent fonds publics décentralisés et porteurs d’affaires ou conseils en tous genres (formation, consulting, études, etc.).

Oui, dur de simplement faire son travail, à fond, en cherchant à améliorer la qualité, en se formant.

Plus on travaille et plus on fait du bon travail, plus ça devrait marcher non ?

Eh bien non.

Tout comme nombre de gens ayant un « esprit libre », un esprit d’entrepreneur, ne voulant pas faire comme tout le monde, je me suis alors tourné vers l’étranger… À ceci près, que ma démarche, au lieu de m’expatrier, a consisté à trouver des clients exclusivement à l’étranger. Aujourd’hui, je produis un service dans un secteur « compétitif » exclusivement à l’exportation. Pourquoi ?

Pour répondre à cette question, il faut répondre à celle-ci :

Qu’est-ce qu’être une TPE, une PME en France ?

C’est bien souvent être à la fin d’une longue chaîne de sous traitance avec des décisions souvent non négociées, imposées avec comme seul cadre relationnel : « à prendre ou a laisser (même quand cela va à l’encontre de la qualité), si vous ne le prenez pas il y en a d’autres qui attendent ».

C’est attendre jusqu’à parfois quatre mois le paiement des travaux fournis, quand ils ne sont pas contestés au moment du paiement pour essayer de gagner encore du temps.

C’est souvent ramasser les miettes de gros groupes qui sont devenus les fournisseurs attitrés de l’état et des collectivités via un code des marchés publics taillé sur mesure pour eux.

C’est être un pion dans le système féodal des relations ambiguës de la politique et des affaires, amplifiées de manière invraisemblable par la décentralisation…

C’est la pratique courante de commissions iniques, de marges arrière, de contreparties obligatoires, d’emplois imposés ou d’emplois fictifs de la part de donneurs d’ordres…

C’est assumer tous les risques et les engagements des relations employeur/salarié, employeur/organismes collecteurs et entrepreneur/banques en lieu et place des managers et des dirigeants des groupes qui n’assument plus que les dividendes versés à des actionnaires, alors que les bénéfices desdits groupes ont été le fruit de l’investissement, du dévouement, de la démarche qualité et du labeur de chaînes de production tendues pour fournir le meilleur d’elles-mêmes…

Précariser encore davantage les employés de ces PME, c’est admettre que ce système est normal et acceptable** et c’est accentuer encore la pression sur les patrons de ces TPE et de ces PME !

Dans les très petites entreprises comme vous le dites si bien, on ne demande pas d’aides publiques, on travaille dans la production autant que nos salariés, on ne peut compter sur aucun organisme financier, aucune banque, aucun investisseur, aucun soutien…

Mais on veut des écoles pour nos enfants, des infrastructures de transport et d’énergie efficaces et désintéressées, des universités et des hôpitaux parce que justement, on sait ce que c’est que de ne pas avoir les moyens d’aller dans les structures privées, pourtant grassement soutenues par des fonds publics.

Nombre des propositions de Mme Royal sont bien sûr des inepties qui prouvent, une fois de plus, le problème que pose un système de pensée basé sur l’idéologie, alors que nous avons besoin de pragmatisme, de raison, de justice, d’humanisme. Le pendant de son vide sidéral ne doit pas pour autant être un suicide collectif au nom d’une autre idéologie, communément appelée « ultralibérale », qui a mené le monde jusqu’ici dans une fuite en avant mortelle…

À moins de n’en fréquenter que les quelques kilomètres carrés privilégiés et hors de toute réalité, il n’y a qu’à contempler l’état de ce monde pour mesurer le cuisant échec de cette doctrine !

Vous demandez à Mme Royal d’être lucide ?

L’autocélébration de votre réussite vous porte-t-elle donc à croire que vous êtes vous-même plus lucide en nous demandant de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ?

Que les grands « capitaines d’industrie », « les investisseurs », les « financiers », reconnaissent à son juste prix le TRAVAIL (!), les compétences, la créativité, la productivité des hommes et des femmes qui travaillent !

Jouons la concurrence lorsque c’est nécessaire, et pas seulement pour augmenter indéfiniment des marges déjà largement bénéficiaires.

Pour un homme ou une femme produisant ou transformant des produits, ou produisant des services aux entreprises et aux personnes, en France, combien d’hommes et de femmes y a-t-il pour évaluer la rentabilité de ces premiers, produire d’innombrables études sur la possibilité de baisser tel ou tel coût, délocaliser, démultiplier les transports, etc.

Quel est le coût réel de cette pratique de l’économie ?

Les pratiques de la grande distribution sont à ce titre exemplaires : combien de productions délocalisées à l’autre bout du monde uniquement pour augmenter les marges des distributeurs, et non comme c’est répété sans fin, pour survivre. Un mal qui tend à la schizophrénie en poussant de surcroît les consommateurs à acheter toujours moins cher les produits qu’ils produisent pourtant eux-mêmes pour se retrouver finalement eux-mêmes sur le carreau…

Il en va de même pour les marchés publics : que les grands « capitaines d’industrie » fournisseurs de l’état acceptent aussi de moins ponctionner ce dernier (tout en feignant de dénoncer le gaspillage dans leurs propres médias) et redistribuent mieux cette manne, de manière juste et pérenne, vers l’ensemble de leur chaîne de production…

L’idée selon laquelle les travailleurs français ne sont pas compétitifs est en soit un piètre renoncement : ils seront toujours plus chers tant qu’ils n’auront pas atteint le prix plancher d’adolescents ou de jeunes étudiants indiens ou sri-lankais… Est-ce donc cela le seul horizon qu’un visionnaire qui revendique d’être lucide est capable de proposer à des masses de travailleurs qui ne demandent qu’à donner le meilleur d’eux-mêmes ?

Je suis un entrepreneur dans l’âme, fourmillant d’idées, de désir d’avancer, de projets. Parce que je suis constamment dans l’effort de la création, de la production, le temps passe vite, très vite. Je me nourris donc de mes échecs comme de mes réussites sans jamais oublier que je suis mortel et que le monde que nous laissons à nos enfants, c’est celui que nous construisons nous-mêmes ! Dans mon entreprise, je crois sans réserve au travail, au dévouement, à l’intelligence, à la créativité, à la recherche, à l’apprentissage permanents…

Je ne demande jamais d’aide à l’état, mais j’exige qu’il joue son rôle pour assurer une organisation juste et cohérente de la société, de jouer son rôle de solidarité, de péréquation des ressources et de contrôle des abus, d’où qu’ils viennent !

Voici, Monsieur, quelques réflexions.

J’ai toujours essayé de donner le meilleur de moi-même pour créer de la richesse collective. Je suis sur un marché international, dématérialisé et en tension permanente. Je sais ce que c’est que de devoir assumer une baisse de marché de 60 % en 2 mois, d’être obligé de licencier et de ne plus prendre de rémunération pour assurer la survie de mon entreprise.

De grâce, ouvrez les yeux sur le monde qui nous entoure, et cessez de nous demander de nous tirer des balles dans les pieds. C’est notre avenir qui est en jeu, et celui de notre beau pays dans un monde qui agonise.

Croyez, Monsieur, à tout mon profond et sincère respect.

** Ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de pays qui encadrent de manière beaucoup plus juste les relations donneurs d’ordres — sous-traitants.

CQFD

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À lire dans le dernier CQFD (précipitez-vous dans votre kiosque pour acheter un des rares journaux indépendants), un article comme toujours passionnant chez les erroristes, sur « les déserteurs du chagrin ».

Même si je suis loin de partager le parti pris de CQFD, je ne peux que soutenir les points de vue différents du discours ambiant sur la valeur travail telle qu’elle est promue en ce moment. Et pour cause :

« Le travail, c’est l’émancipation. Le chômage, c’est l’aliénation. »

Nicolas Sarkozy, sur TF1, 05/02/2007

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Le travail rend libre ?

Mais quel travail  ?

Au vu de l’actualité à Guyancourt, ça devrait quand même faire réfléchir ceux qui bêlent en permanence les idées toutes faites, injectées avec force dans nos médias par les héritiers du CNPF. Eh oui, merci de ne pas oublier que le MEDEF n’est que le ravalement de façade d’une institution qui a représenté sans état d’âme la valeur travail durant des heures moins glorieuses de la France d’avant (et qui sera de nouveau aussi celle « d’après » selon Nicolas Sarkozy).

Difficile de ne pas penser à la nationalisation des usines Renault et la confiscation des biens de Louis Renault, le 16 janvier 1945…

Compétitivité, croissance blah blah…

On les entend chroniquer le matin sur France Inter, toutes les heures sur toutes les grandes radios, sur LCI, sur BFM, au journal de 20 heures, sur les sites des grands candidats, partout, nous tenir la jambe à bêler leurs litanies apprises par cœur dans les bréviaires d’économie de « grandes écoles », sans jamais comprendre un mot de ce qu’ils racontent.

Comme ils s’entendent les uns les autres, comme en écho, à longueur de journée, forcément, ils finissent par croire que ce qu’ils disent veut dire quelque chose, même s’il n’y comprennent souvent rien. Des chroniqueurs, tribuns et autres éditorialistes dont la vacuité me laisse voix quand ils analysent (ou éclairent, tiens ça va mieux qu’analyse comme c’était avant sur ce site), chroniquent « l’information économique », les « tendances des marchés » et « la vie des entreprises »…

C’est hilarant (enfin, il y a de quoi rire un peu jaune mais bon), parce qu’ils sont là à nous expliquer ce que c’est que le management des winners et la dynamique de croissance pour la création d’emplois, la compétitivité, etc. alors qu’eux-mêmes n’ont pour la plupart jamais créé une entreprise (oui, là, en bas, tout en bas là, à partir de rien), ou ne serait-ce que leur propre emploi* !

Et avec force termes en vogue : Points, actifs, heures travaillées, entrepreneurs, exception française et autres idées reçues du même acabit, nous expliquent à nous, ceux qui bossent pour faire rentrer des dollars et des euros dans la balance commerciale du pays, qu’on est vraiment des cons et que l’on ne bosse pas assez… Je résume parce que sinon.

Là, dans les réactions à un article, il y en a un qui vient de la maison des trous d’air ** semble-t-il (je ne sais pas qui il est, ça n’a pas d’importance) tout content qui vient et qui commence à nous sortir les phrases qu’on entend partout, du genre :

« La compétitivité/attractivité est le premier ressort de la croissance économique, donc du progrès de l’emploi et du pouvoir d’achat. »

C’est du charabia d’oxyures, un classique du genre !

Je vous laisse aller décoder le missile dans le commentaire numéro 26

* Je ne parle pas des économistes, de ceux qui réfléchissent et analysent l’économie au sens large, mais des journaleux qui font bzzzz dans les oreilles de ceux qui bossent.

** Je devrais dire que Besoin d’air c’est plutôt la Maison des courants d’air, parce que de toute façon, tant qu’on ne bossera pas au tarif d’un enfant de 12 ans dans une lointaine province d’Asie, on sera toujours trop chers pour les « retenir »… Mais bon, c’est un autre débat.

PS : vous ne trouverez qu’une seule idée fondamentalement pertinente et innovante sur le site de la Maison des courants d’air, par un certain Charles Duclos, elle est là, et celle-là, elle ne risque pas d’être soutenue par le MEDEF !

Tout re(de)vient possible…

Je vais sur les sites dédiés à-la-France-qui-gagne-pour-l’avenir-radieux-de ceux-qui-ont-des-idées-neuves (?!) : entre sarkozy.fr, blog-ump.typepad.fr, u-m-p.org

En quête de réponses à mes questions, comme par exemple :

Pourquoi avoir enlevé le mot république du nom du parti ?

Que fait la France en Afrique ?

À quoi servent les fonctionnaires ?

Quel droit du travail pour ceux qui travaillent ?

Pourquoi progressivement privatiser la santé ?

Où part l’argent des commandes publiques ?

Quels sont les marges, les bénéfices, et les conditions de travail et de rémunération chez les fournisseurs de l’état ?

Pourquoi l’argent public finance-t-il des écoles privées ?

Comment préserver l’indépendance de la presse ?

Qui paiera les conséquences écologiques et de santé publique des industries polluantes ?

Quels messages éducatifs pour compenser les messages matraqués aux « cerveaux disponibles » ?

Quelle politique pour prévenir l’augmentation des cancers dus à l’environnement° (cosmétiques, parfums de synthèse, matériaux, colles et peintures etc.) ?

Comment lutter contre l’explosion des prix de l’immobilier ?

En dehors du marché, des capitaux et de la sécurité, quelle Europe ?

Que faire des paradis fiscaux ?

Si la valeur, c’est le travail, pourquoi tant de travailleurs pauvres ?

Enfin,

Que faire de ceux qui ont des « idées malsaines* » ?

Ce sont des questions « sérieuses », évidement…

Mais je ne vois que des idées vieilles des valeurs de la France d’avant avec un coup de karcher sur la façade et des journaliers qui lustrent les cuivres et les parquets de la république…

On entend presque les petits grincements sous les pas d’un maréchal…

* cf Serge Dassault.

° cf Appel de Paris.

Santé et assurance-maladie : constat et propositions

Si vous ne connaissez pas les excellentes émissions de Pascale Fourier, courrez vous rattraper sur le site de « des sous et des hommes », une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 (en région parisienne).

Le PS, l’UMP et l’UDF nous parlent constamment de la dette de la France qui ferait que… L’on ne pourrait rien faire ! La dette est une réalité qui mériterait de savoir pour quelles raisons l’état s’est autant endetté, et à qui ça a profité, mais ce n’est pas l’objet de cette note.

Fin octobre 2006, l’UFAL (l’union des familles laïques) a été à l’initiative des EGSAM, les États Généraux de la Santé et de l’Assurance-Maladie.

Mettez de côté vos a priori, et prenez donc deux fois 20 minutes pour écouter attentivement les deux émissions des 5 et 12 décembre 2006 avec Bernard Teper, président de L’UFAL.

Généreux !

Ça fait maintenant 17 ans que j’essaye d’expliquer aux gens que je rencontre les mécanismes de ce que l’on appelle la françafrique, la foutaise de la « dette des pays du sud » etc. Et en quoi c’est important de se bouger là-dessus.

J’ai trouvé une solution simple qui m’évitera de me décomposer devant la mauvaise fois crasse de nombre de nos concitoyens, je vais diffuser les excellents petits fascicules créés par les Renseignements Généreux !

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En quelques pages, l’essentiel est dit…

Ça nous changera de l’imposture de la campagne de com. de Pierre Péan sur l’altermondialisme de Jacques Chirac ! Pincez-moi, je fais un cauchemar…

Méditons ensemble :

Brigitte Girardin, ministre déléguée au Développement : « ce que l’on appelle la Françafrique n’existe plus depuis longtemps. Nous avons désormais avec les pays africains une relation de partenariat. »

La Françafrique ? « Un héritage que la France assume » ?

Du vote utile…

Et revoilà le vote utile, le PS est finalement aussi sournois que l’UMP dans sa logique de la peur :

http://www.liberation.fr/rebonds/234542.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY

À cela, une réponse :

http://www.leplanb.org/page.php?sommaire=6#sommaire

« Comment le PS a réformé les services publics. »

Outre la peur d’avoir l’un des deux fascistes (raison qui empêche certains maires de gauche de donner leur signature pour José Bové) il y a aussi un débat dans les collectifs sur le fait de savoir s’il faut appeler à voter Royal au 2nd tour…

Et j’ajoute, comme j’ai tenté de l’expliquer dans le collectif d’Aubenas ce soir :

Dans les deux cas, cela renvoie exactement aux mêmes responsabilités (!) que ce que nous avons eu en 2002 :

Le PS nous a insultés en n’écoutant pas les raisons pour lesquelles nous avons désavoué Jospin, et tente de nous faire peur avec le vote utile. C’est une manipulation de sa part qui en dit long sur le fait qu’il n’a fondamentalement pas changé :

Nous n’avons pas à céder à cette pression pour une raison toute simple : si le peuple de gauche est « majoritaire » en voix en France (moins celles de Lepen), il n’a aucune raison de voter à reculons pour avoir un seul candidat qui ne le représente pas. N’oublions pas que le président ne peut rien sans un gouvernement qui lui ne peut rien sans… Un parlement ! Le vote utile fera que pour les législatives, nos voix, nos valeurs ne seront pas comptabilisées et que donc, le PS se retrouvera majoritaire à l’Assemblée Nationale parce qu’il s’appuiera sur le premier tour des présidentielles pour imposer ses candidats.

Mobiliser les gens uniquement autour des présidentielles, en essayant sous la pression de les faire voter utile, c’est les démobiliser pour les législatives alors que c’est là que se jouent les vrais enjeux, les lois des vraies réformes !

Si le peuple de gauche n’avait pas déserté les urnes aux législatives de 2002, nous n’en serions pas là. Le vrai problème de 2002 n’a pas été le choix entre Chriac et Lepen, le vrai problème de 2002 a été une majorité écrasante d’un seul parti à l’assemblée ! Où était le « peuple de gauche » qui était dans les rues entre les deux tours quand il a fallu élire ceux qui votent les lois ?

Ce point est crucial : l’UMP s’est assis avec un affront d’airain sur la démocratie parce qu’il avait la majorité à l’Assemblée Nationale, il n’était même pas utile de discuter une loi… Elle était là la dictature. Quelle place et quel respect pour les autres tendances du pays ? « Aucune, fallait voter pour les députés bande de cons ! »

Scénario du « pire » : si nous avons le choix entre Sarkozy et Lepen à l’issue du premier tour, Sarkozy sera président. Nous n’aurons que faire de lui : Il faut rester mobilisé aux législatives qu’aux présidentielles, le parlement pourra quand même être majoritairement à gauche, avec un pourcentage de 15 % ou plus de la vraie gauche… Que pourra faire Sarkozy ? ben il ne pourra rien faire ! D’autant qu’il aura au moins 15 % d’UDF !

Le scénario que veulent faire aux Français le PS et l’UMP c’est : démobilisez-vous et votez utile aux présidentielles… Exit les législatives… Et là, il ne nous restera que la rue…

Non seulement on veut nous voler le premier tour, mais surtout, on veut nous voler le 3e tour, celui où on transforme l’essai.

Il n’y a pas de raison d’avoir peur !

Si Ségolène veut nos voix, il faudra qu’elle fasse amende honorable pour le mépris que le PS a eu en signant les traités européens de libéralisation des services publics, pour le mépris qu’il a eu par son autisme face aux raisons pour lesquelles Jospin a été désavoué, et enfin, pour le mépris qu’il a eu face à notre refus d’une Europe marchande (et pas de l’Europe comme il a eu le culot de dire)…

À bon entendeur…

Des antilibéraux et des altermondialistes :

« Utopistes », « irréalistes », « passéistes »…

« Trotskistes », « communistes », « léninistes », « staliniens »…

« Droit-de-l’hommiste », « doux dingues » ou « irresponsables », c’est selon…

« Pédés », « écolos de merde »…

Les amalgames, les qualificatifs orduriers ou condescendants dont nous affublent tous ces gens très sérieux et très honnêtes, qui mettent joyeusement le monde à feux et à sang au non du réalisme de la vie, de l’économie, se balayent d’un regard :

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Ne perdons pas de vue l’essentiel.

La France qui travaille, justement…

J’ai eu de nouveau l’audace d’aller bafouiller ça sur le répondeur :

« José Bové ? Mais est-ce bien sérieux ? »

« Pourquoi pas revenir au Moyen-âge tant que vous y êtes ? »

Eh oui, il y a un discours assez méprisant, de la part des médias et des acteurs économiques ou politiques invités à s’exprimer sur les comités dits antilibéraux. Et dès que l’on approche les milieux professionnels, les PME, les TPE, les indépendants, les professions libérales, les artisans et les commerçants, ce discours méprisant devient parfois totalement irréaliste [ surréaliste ? Fallacieux ! ].

J’avais déjà laissé un message dans ce sens sur le répondeur, j’espère que vous allez diffuser celui-ci s’il est audible.

Le véritable projet de société qui est sous-tendu dans les valeurs portées par les comités antilibéraux, avec aujourd’hui José Bové comme porte-parole, n’est pas cette caricature de pseudo-communisme (j’ai bien dit pseudo) d’un autre âge bien sûr qu’ils ont de fortes affinités à gauche ou à l’extrême gauche, puisqu’ils veulent remettre l’humain et la justice sociale au cœur de la société. Mais si les membres de ces comités n’étaient réduits qu’à cette proximité de valeurs, comme on l’entend et on le lit ici où là, ils auraient rejoint depuis longtemps les partis comme le PC, la LCR ou Lutte Ouvrière.

Non, les gens qui s’investissent dans ce mouvement veulent justement sortir des clans et remettre à plat certains fondamentaux de la société, des valeurs qui nous animent quotidiennement. Alors, je sais bien que l’on lit ici ou là qu’il faut « bouffer du patron », mais il faut aller au-delà de cela.

Il y a beaucoup de propositions discutées, et parmi certaines je voudrais revenir, si vous le permettez sur quelque chose qui me paraît très important surtout quand on se sert toujours des arguments dits économiques pour tirer toute la société vers le bas : En quoi cela devrait-il particulièrement, selon moi, intéresser les PME, les TPE, les indépendants, les artisans, les commerçants, etc. Ainsi que les agriculteurs et les élus locaux ?

C’est que l’un des points clés, l’un des éléments fondamentaux au coeur de ce projet de société, c’est de redonner au local sa place fondamentale. C’est de faire en sorte, pour des raisons sociales comme écologiques que les circuits de production et de consommation, soient les plus courts possibles.

Ça veut dire par exemple que pour se nourrir, il faut commencer par le local, par son voisin paysan, par son voisin artisan… En leur payant un juste prix pour leur permettre de vivre de leur travail.

Ça veut dire par exemple consommer des produits qui au lieu d’être fabriqué par des enfants en Asie dans des conditions abominables, seront fabriqués en France par exemple, par des PME et dans des conditions respectueuses des travailleurs et de l’environnement.

Et ça ne serait pas forcément plus cher puisque les délocalisations, « grâce » à l’économie du tout pétrole, ont pour principale raison l’augmentation des marges pratiquées par notamment les réseaux de la grande distribution, et pas simplement le coût du travail comme certains le martèlent dans les médias.

Cette logique n’est pas raciste ou xénophobe, en référence à un certain parti qui prône d’autres valeurs qui n’ont rien à voir, et avec lequel certains observateurs tendancieux s’empressent de faire l’amalgame. Tout cela n’est juste qu’une question de bon sens.

Parmi les réformes fondamentales pour ce projet de société, on trouve aussi la réforme des marchés publics et la réforme de la sous-traitance : ces deux réformes sont le véritable bol d’air dont les PME, les sociétés de service et les artisans ont justement besoin (et qu’on peut opposer au bol d’air vicié de M Parisot), Pourquoi ?

Parce que ces réformes visent notamment à casser la logique du moins-disant, et à redonner un véritable statut aux salariés de ces petites entreprises, ce qui va forcément apaiser le cauchemar que vivent nombre de petits patrons, qui se retrouvent dans une position intenable à devoir presser comme des citrons leurs salariés (et eux-mêmes !) pour justement répondre à cette logique du moins-disant.

Bon d’accord y’a aussi des patrons voyous, je sais, mais y’a aussi des patrons qui voudraient dormir la nuit sur leurs deux oreilles, dans un monde véritablement plus juste. Et ceux-là, je m’adresse à eux, ils devraient sortir du bois et s’investir en tant que tels dans la campagne de José Bové.

Voilà, merci à toute l’équipe.

Sainte Parisot

L’ange Parisot est passé ce matin sur France Inter

On ne vit décidément pas dans le même monde.

Pas un mot sur :

Les marges de la grande distribution et les centrales d’achat, la malbouffe subventionnée, les OGM, la pollution de l’agriculture intensive, les grandes entreprises familiales et leur comportement de prédateurs en Afrique, les grandes entreprises et leur comportement de prédateurs sur les PME françaises, les marchands de canons qui pompent le budget de l’état, la pression exercée sur les sous-traitants (on a pourtant effleuré le cas BTP), l’équilibre énergétique et la baisse des consommations futiles, les conséquences environnementales de « l’économie de marché » libre, la spéculation immobilière qui ruine les ménages, le démantèlement des services publics, les transports collectifs…

Pas un mot sur… Les enjeux !

En fait pas un mot sur tout ce qui pourrait recréer des centaines de milliers d’emplois locaux et économes en énergie tout en faisant pourtant baisser le PIB. C’est simple à faire, mais pour cela il faudrait accepter de rémunérer à son juste prix le… Travail ! Paradoxal non ?

C’est étrange, mais à l’entendre, c’est comme si elle était à la tête d’une organisation dont les membres sont des bisounours !