De la construction en terre…

En guise de participation à un débat qui s’agite sur un “réseau social” connu :

1 – Les Guides de Bonnes Pratiques ont été écrits par des pros, pour des pros. Pas par des chercheurs et des gens qui passent leur temps dans les labos ou qui font des expérimentations sous couvert de “formations” qu’ils appellent “professionnelles”.

2 – Il faut évidement de tout : Des labos, des écoles etc. et des associations de pros, et des fédérations de pros (artisans notamment) et pour ce qui est des écoles, je reviens plus loin sur le sujet des “Grandes Écoles” dont font partie les Écoles d’architecture…

Le “différent” historique entre les labos/écoles “historiques” qui ont pignon sur rue et revendiquent d’être “les spécialistes mondiaux” de la terre d’un côté, et des groupes et associations de professionnels, c’est qu’avec toutes les aides, subventions, projets etc. que les premiers ont pu recueillir auprès des institutions publiques depuis des décennies (on peut donc vraisemblablement compter en millions d’euros collectés et mis dans la recherche etc.), la terre, et même la chaux qui est sa grande copine, ne sont toujours pas revenues dans les formations pro (CAP, BEP, Bac pro etc.) courantes, d’où les horreurs que l’on continue de voir quotidiennement produites par des maçons pourtant patentés :

16 août 2020 : Une “rénovation” d’un bâtiment pisé avec tout le “savoir-faire” du maçon contemporain…


Malgré tous ces millions d’euros durant toutes ces décennies, pas de démarche réellement pro-active d’information claire auprès des maîtres d’ouvrage publics, privés, pas de changement dans les formations de base, pas de réglementation adaptée… Des colloques internationaux, des beaux livres, donc, certains très bien fait et intéressants, mais au final, aucun impact, même pas auprès des professionnels concernés !
Peut-être faudrait-il enfin flécher tous ces sous, non plus dans de nouvelles “recherche-actions”, mais dans du concret : de la formation de pros, et dans de l’action directe auprès des maîtres d’ouvrage pour leur signifier la destruction de leur patrimoine, par des gens incompétents.

Donc il faut de tout, oui bien sûr, mais il faut quand même remettre “l’église au milieu du village”* : pour bien construire, il faut avoir été bien formé, à l’école et sur le terrain, pour que l‘intelligence de l’humain se traduise, et se nourrisse en retour, de l’intelligence de la main, des gestes… Ce que la production industrielle ne veut pas ! Et il y a là, l’autre nœud qui déchire des acteurs dont on pourrait légitimement croire qu’ils défendent les mêmes valeursRien n’est moins En est-on bien sûr ?

C’est ici que la question de l’intensité sociale, dans la production du cadre bâti de notre Cité, de la Cité que nous voulons, est primordiale : L’industrie veut des applicateurs de solutions toutes faites, dans des processus où la valeur ajoutée est captée par l’industriel au détriment de tous les autres acteurs de la chaîne de valeur (de la maîtrise d’ouvrage à la maîtrise d’œuvre, et la mise en œuvre), avec en bout de course des applicateurs sous-traitants payés au lance pierre, embauchés à la journée. C’est la réalité du monde du bâtiment aujourd’hui, la formation pro (des archis comme des ingénieurs comme celles applicateurs finaux) a été complètement façonnée par cette approche industrielle. On voit le résultat : des productions du bâti de pire en pire, de moins en moins d’emplois, de moins en moins de candidats à ces métiers (je fais référence à l’absence de candidats pour le conventionnel, car dans l’écologique, on croule sous les candidatures, y compris pour être simple maçon).

Cette tendance industrielle s’accélère (BIM, 5G, “smart building” etc.) alors qu’on ne sait même pas réparer un mur en terre ou assurer un étanchéité à l’air correcte.
C’est la fuite en avant technico-scientifico-numérique alors que les savoir faire et les gestes de base ne sont même plus enseignés (à part quelques centre de formation qui résistent) car ils sont considéré par l’industrie comme d’aucune valeur, ou plus exactement, l’industrie veut s’accaparer toute la valeur ajoutée…

Oui, on ne vend plus du m2 habitable pour vivre et répondre à des besoins : on fait juste tourner une machine qui doit rembourser les emprunts et les intérêts des investissements colossaux réalisés par une industrie à forte intensité capitalistique, des actionnaires à rémunérer coûte que coûte… La production du cadre bâti est l’industrie qui, par la spéculation foncière et immobilière et le crédit, à donné l’illusion que l’économie fonctionnait alors que la France se désindustrialisait. Car même les produits industrialisés du bâtiment font le tour de la planète…

Appliquer des produits industriels, production du futur “patrimoine” ?


Que voulez-vous ? On forme de plus en plus de cadres, de managers, dans une économie tertiaire dite de la “très haute valeur ajoutée”, mais c’est une une illusion, un mythe : nous n’avons jamais consommé autant de ressources, et nous sommes obligés de trouver des emplois à tous ces gens très importants formés dans des grandes écoles, qu’il faut payer très cher parce qu’ils ont fait de grandes études et qu’ils sont très intelligents : la chaîne de valeur industrialisée est faite pour ça, elle fait la part belle aux cadres de la finance, de la production industrielle, aux managers, aux chefs de projets, en couches successives qui vivent de la marge sur les produits industriels importés, couches qui s’accumulent au dessus de ceux qui, en bas, précarisés et mal payés, produisent de leur mains ce cadre de vie matériel sans lequel tous ces gens si importants ne pourrait survivre.

Ce modèle d’une société tertiaire et industrialisée s’applique à tout : alimentation, construction, aménagement, biens matériels, logistique. Tout y est devenu “exploitation” (agricole, des ressources), création de valeur (c’est à dire captation de la richesse produite par le vrai travail des petites mains en bas de l’échelle).
Tout cela pour le bien être de tous ces êtres supérieurs qui n’ont qu’a appuyer sur un bouton pour avoir de la lumière, ouvrir un robinet pour avoir de l’eau potable et chaude, descendre à l’épicerie du coin pour acheter des denrées “bios” à loisir, tirer la chasse pour faire disparaître leurs déchets. Cette société élitiste qui fait vivre un proportion grandissante de non productifs sur le dos de producteurs déconsidérés, précarisés, mal payés, est un mythe qui s’auto reproduit dans ses “Grandes Écoles”.

Extrait d’une conférence sur les ressources à la Maison de l’écologie



Elle est insoutenable car elle repose sur trop d’esclaves : esclaves humains loin des yeux de ces urbains (pas même bourgeois car même les pauvres sont pris dans ce système dévalorisant au travers de la consommation de produits industriels vendus à crédit), et aussi beaucoup d’esclaves énergétiques (une société dopée à l’énergie fossile qui s’épuisera de toutes façon)… Sans parler de l’épuisement des ressources, de l’effondrement de la biodiversité. Bref, insoutenable.

Extrait d’une conférence sur la Cité que nous voulons lors du 3e “Cycle Effondré”.


Je ne vais pas ici redire ce que je dis dans mes cours et dans mes conférences, si cela vous intéresse, je peux développer tous ces sujets IRL ! (In Real Life : dans la vraie vie)


Je reviens à notre point de départ : la construction en terre !

Certains veulent accompagner cette industrialisation, d’autres la contrer (pour les plus motivés), d’autres en sortir en parallèle par le terrain…
Choisir l’un ou l’autre, c’est faire un choix politique fondamental et qui doit être assumé : voulons-nous une Cité où chacune et chacun peut avoir sa place, vivre dignement.

3 – Enfin, je me refuse à nourrir la bête, et je tiens ici à faire part de ma consternation de voir tout ce débat sur ce réseau dit “social” qui est l’aboutissement de cette logique de désincarnation et de l’industrialisation de la pensée, déni de notre habilité à débattre de la fabrique de la Cité, alors que nos structures associatives et professionnelles manquent d’humains : dans leurs réunions de travail, dans les CAs des associations, dans les adhésions aux associations, dans les formations de celles et ceux qui veulent apprendre à refaire avec intelligence et discernement…

Facebook et tous ces outils “gratuits” sont devenus comme “indispensables” : il faudrait y être, il faudrait y débattre… Bref, l’industrie gagne quand on est obligé de passer par elle ! La révolution ne passera pas à la télévision ! La fin justifie-t-elle les moyens ?

Pour ma part, ma position sur ce sujet est simple : On ne fait pas de la permaculture avec des OGMs ! Au moins, venez débattre sur des outils libres !

Rejoignez les associations et les fédérations de pros si vous avez des choses à dire sur le sujet !


* C’est une expression, pas le reflet ici d’une appartenance ou d’une revendication religieuse.

NB : édité le 28/10 pour reformuler un passage qui pouvait créer de la polémique inutile.

Une Startup Nation de compét.

Petits chiffres rapides sur l’optimisation et l’évasion fiscale, vite fait, en passant…

Je vais faire un saut sur la page du Fond Monétaire International chercher quelques chiffres pour une prochaine note et je tombe sur cette information :

Alors que les Pays-Bas se sont opposés avec vigueur contre Corona Bonds, le FMI nous apprend que c’est le pays qui a reçu le plus d’investissements étrangers directs en 2018.

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Oui, vous avez bien lu, ce pays de moins de 18 millions d’habitants, a reçu en investissements directs de la part des États suivants plus de 4 700 milliards de dollars en 2018 (devant les États-Unis et… le Luxembourg) :

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Si j’étais un peu ironique, je dirais que c’est sans doute pour son tissus industriel exceptionnel et sa R&D de renommée mondiale… Une Startup Nation de compétition quoi.
Mais en réalité, les parts de l’emploi dans l’agriculture, 2,2 % et dans l’industrie 16,1 % comparée à celle des services, 81,6 %, nous donnent une réponse plus simple : les services financiers, le nirvâna de la « création de valeur » selon la logique intellectuelle de nos dirigeants depuis quelques décennies, celle qui met au dessus de tout les gestionnaire de fonds, les banquiers, les traders et les contrôleurs de gestion, loin, bien loin au dessus des petites mains héros de l’actualité (agriculteurs, infirmiers, caissiers, éboueurs, femmes de ménage etc.). Mais je m’égare…

On remarquera au passage que sur les 5 États qui ont le plus « investis » aux Pays-Bas, 4 sont membres de l’UE, et que ces derniers sont connus pour avoir permis une optimisation fiscale agressive de la part des multinationales.

Si on se fie à la Société Générale, la fiscalité y est très avantageuse :

Imposition des « dividendes: 15% (0% pour les dividendes soumis à la directive de l’UE sur le régime fiscal commun applicable aux sociétés mères et aux filiales d’États membres différents ou payés à une société mère basée dans un pays avec lequel les Pays-Bas ont signé une convention fiscale supprimant cette retenue à la source)
Intérêts: 0%
Redevances: 0% »

Comme le dit Lison Rehbinder, porte-parole de CCFD – Terre solidaire, les Pays-Bas on fait de l’optimisation fiscale une véritable industrie (interview à écouter sur le site France Culture) : « Les Pays-Bas proposent (…) des taux d’imposition tout à fait ridicules, validés ensuite dans des accords fiscaux. En faisant cela, ils favorisent l’accueil sur leur territoire d’entreprises qui n’y ont pas forcément d’activité réelle mais qui échappent à l’impôt dans d’autres pays où ils ont une véritable activité. »

Donc…

Les Allemands et les Pays-Bas ne veulent pas entendre parler des « Corona Bonds », ils ont fait le choix économique d’être les passager clandestins de l’Union Européenne (c’est un terme économique pour parler d’un acteur qui profite indûment d’une position dans un système économique).

Ils ne veulent pas se retrouver « solidaires » des dettes des pays du « club Med » comme ils disent, alors que leur modèle économique ces dernières décennies à été de piller les autres pays européen : évasion fiscale des entreprises et des fortunes aux Pays-Bas (et au Luxembourg), dumping fiscal de l’Irlande et de la Grande Bretagne, dumping social de l’Allemagne grâce à la création d’un hinterland de sous traitance industrielle allemand avec l’entrée à marche forcée des anciens pays de l’Europe de l’est, alors que les membres de Union Européenne ont soutenu la réunification Allemande, notamment en annulant la dette Allemande…

L’Union Européenne est une honte.

Et que va nous annoncer notre banquier manager dirigeant leader chef de l’État Emmanuel Macron alors que notre pays continue de faire naufrage dans les eaux glacées égoïstes de cette Europe ? Un nouveau monde ? Un changement de modèle économique ?

Phase 3 : un naufrage sanitaire

Le 20 mars, Emmanuel Macron agacé par les critiques, a ironisé en « félicitant toutes celles et ceux qui avaient prévu tous les éléments de la crise une fois qu’elle a eu lieu ».

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Finalement, Emmanuel Macron est comme Nicolas Sarkozy : c’est un coq qui ne supporte pas d’être mis en cause, contesté, surtout quand il se prend les pieds dans le tapis parce qu’il regardait ailleurs.


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On se rappelle — et on oubliera pas quand l’alternance sera là — le fameux « qu’ils viennent me chercher » à propos de l’affaire Benalla, une attitude aussi grotesque et prétentieuse que le « descends si t’es un homme » de Nicolas Sarkozy en son temps… Ces saillies et sorties sont dignes d’adolescents pris sur le fait et cherchant à détourner l’attention sur leurs erreurs, mais sont indignes d’un Président, et on se pince à chaque fois qu’on les entends…

Le job, mais sans les risques…

Emmanuel Macron a voulu, et a fait de son accession à la magistrature suprême, l’auto-célébration de sa réussite et de sa supériorité. Il s’avère qu’un nombre sans cesse croissant de Français s’interroge depuis sa prise de fonction, où se trouvent ses fameuses compétences…

À l’heure où la fonction présidentielle est donc une nouvelle fois entachée par des comportements de coq de basse-cours, des centaines de personnes sont dans un état critique dans les hôpitaux.

Ça fait plusieurs jours que ça me démange de faire une note sur ce sujet parce que justement, cette crise, elle a bien été prévue, et depuis longtemps, et les avertissements ont bien été lancés, depuis suffisamment longtemps, pour qu’on reproche à ce gouvernement et à ce président, leur malhonnêteté ou à minima, leur incompétence.

Le gouvernement et Emmanuel Macron pouvaient-ils prévoir cette crise ?

On pourrait trouver, à foison, des articles de presse, des papiers de recherche, des revues spécialisées, des propositions de recherche, qui depuis des années alertent sur la question des risques de pandémies, notamment sur les « coronavirus » et la nécessité de s’y préparer très sérieusement.

Des rapports pour « les décideurs » sans ambiguïté.

Il y a, dans le monde politique, dans le monde de l’entreprise, quelque chose qui s’appelle la « gestion de risque » ou le « management du risque » pour les amateurs d’anglicismes.

Si on est dans le club très sélect des dirigeants de ce monde, comme notre président, il y a le « Rapport Global Risk » produit chaque année par le «  Forum Économique Mondial », et, si on est, seulement, qu’un dirigeant Français, alors, il y a le « Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale », paru en 2008, puis en 2013 (donc bien avant que vous ne soyez président, Monsieur le Président), et qui oui, explique assez précisément les risques et les impacts des pandémies, et comment s’y préparer un tant soit peu.

Et, au regard de quelques éléments qui démontrent l’impréparation de notre Nation :

  • Pénurie de masques,
  • La découverte que des molécules essentielles pour la santé, sont fabriquées à l’autre bout du monde,
  • L’absence de stocks de produits sanitaires aussi basiques que masques, gels hydroalcoolique
  • La mise en place tardive d’un « conseil scientifique »
  • Le flou sur la stratégie face à la crise (confinement, pas confinement)

On est en droit de se faire la remarque que la « Start’up Nation » a peut-être bêtement fait naufrage avant même d’appareiller vers le monde merveilleux de la mondialisation.

Le Président Français prépare la nation au pire :

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Oui, ce monde merveilleux, fait de délocalisation, de chaines de production en flux tendu « juste à temps » ultra fragiles, de prix fixés par la loi du marché donc de l’offre et de la demande, et surtout, de réalités bien moins sexy que les cours de bourse de la dernière start’up : les excrétas chargés de virus, de malades que seuls des vrais professionnels, pas des communicants, peuvent soigner…

Tous les gens un peu sérieux ont lu le « Livre Blanc de la Sécurité Nationale » de 2008, qu’en est-il d’Emmanuel Macron ?

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Le Livre Blanc de la Défense et de la Sécurité Nationale de 2008

On y lit : « L’interdépendance accrue des marchés et des économies mondiales tempère les risques de confrontation aiguë entre États. On observe, lors d’accidents majeurs d’ordre climatique ou sanitaire, comme à l’occasion du tsunami du 26 décembre 2004, de l’épidémie du SRAS en 2002-2003, ou cette année en Birmanie et en Chine, une capacité croissante de mobilisation et de coopération internationales. La conscience d’une responsabilité commune face à des risques planétaires progresse, même si l’adoption de solutions globales demeure difficile à obtenir. » ça commence plutôt bien mais…

Dans le chapitre intitulé « LES NOUVEAUX RISQUES NATURELS ET SANITAIRES » il est rappelé que :

« Les désorganisations sociales majeures que peuvent provoquer les nouveaux types d’épidémies ou les accidents climatiques violents font partie des risques d’ampleur nouvelle qui pèsent sur la collectivité nationale. »

Dans la troisième partie du Livre Blanc de la Sécurité Nationale de 2008, intitulée « UNE NOUVELLE STRATÉGIE POUR L’ACTION », il y a même un chapitre dédié aux Pandémies (P. 164) : « Pandémie massive à forte létalité »


Dans cette partie, les auteurs préviennent donc, dès 2008, que « sur les quinze années à venir, l’apparition d’une pandémie est plausible » et donnent une série d’indications tant sur la prévention, que la préparation et les actions à mener en cas de pandémie:

« le premier volet de la stratégie porte sur la connaissance et l’anticipation et simultanément sur la prévention. Il comporte l’orientation du système de veille et d’alerte sanitaires, un effort continu de recherche, de développement et de production de produits de traitement, la planification de la vie nationale en situation de pandémie, la sensibilisation précoce de la population, la formation des intervenants et leur entraînement par des exercices, la constitution de stocks nationaux correspondant aux principaux risques sanitaires, enfin une contribution à l’action des agences internationales compétentes. (…) Cette organisation mobilisera tout le personnel soignant compétent ainsi que les infrastructures hospitalières. »

  • Concernant l’effort continu de recherche et développement, on appréciera donc particulièrement les propos du chercheur qui travaillait sur les Coronavirus, Bruno Canard, qui travaille avec son équipe depuis 2004 : « En délaissant la recherche fondamentale, on a perdu beaucoup de temps ».
  • Concernant la constitution de stocks nationaux, là encore, on appréciera le caractère inédit des pénuries organisées par les gouvernements sous François Hollande, Emmanuel Macron : « En 2013, il a été décidé que le milliard de stock d’Etat n’était plus indispensable, tant les productions mondiales de masques étaient désormais intenses, notamment en Asie”, regrette le ministre Olivier Véran à l’Assemblée. »
  • Sur la question de la contribution à l’action des agences internationales, on s’intéressera en particulier à la question du financement de l’OMS, de plus en plus tributaire et donc sous le guidage bienveillant des lobbyistes et de fondations comme celle de Bill et Melinda Gates : « Comment rester indépendant quand on est financé en majorité par des dons privés ? »

Que sont devenus les constats de 2008 et quelles mesures ont été prises ?

 

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Tous les gens un peu sérieux ont lu le « Livre Blanc de la Sécurité Nationale » de 2013, qu’en est-il d’Emmanuel Macron ?

En 2013, le nouveau « Livre Blanc, Défense et Sécurité Nationale » revient sur la question de la pandémie, mais avec une tournure particulière, il est en effet expliqué que c’est la « faiblesse d’un état qui est un risque » : « Que des États se révèlent incapables d’exercer leurs responsabilités régaliennes (…). Une épidémie peut devenir pandémie si elle n’est pas enrayée dès l’origine. »

Dans son introduction du Livre Blanc de 2013, François Hollande y écrit : « Dans le même temps, les menaces identifiées en 2008 – terrorisme, cybermenace, prolifération nucléaire, pandémies… – se sont amplifiées. La nécessité d’une coordination internationale pour y répondre efficacement s’impose chaque jour davantage. »

Les analystes y écrivent ensuite que si le Livre blanc de 2008 identifiait déjà les problèmes, la suite des événements avait validé cette analyse du risque:

« Les événements intervenus depuis lors sont venus confirmer la réalité de ces risques. Plusieurs évènements ont illustré la vulnérabilité de nos sociétés aux risques naturels : en 2009, l’épidémie de grippe A/H1N1 (…) ».

Et les auteurs de préciser que « la circulation des personnes et des marchandises, la concentration de populations dans des mégalopoles et la défaillance des systèmes de santé dans certaines zones favorisent la survenue de crises majeures. Le risque existe notamment d’une nouvelle pandémie hautement pathogène et à forte létalité résultant, par exemple, de l’émergence d’un nouveau virus franchissant la barrière des espèces ou d’un virus échappé d’un laboratoire de confinement. »

Et bien sûr là encore il est bien précisé les impacts potentiels de ce type de crise : « Dépendantes d’infrastructures vitales complexes, fonctionnant à flux tendus, en contact quotidien avec le monde entier, nos sociétés peuvent être rapidement et profondément perturbées par des événements qui ne frappent initialement qu’une fraction de la population. Une désorganisation au départ limitée peut rapidement se propager et être amplifiée au point de constituer une menace affectant la sécurité nationale. »

À ce stade, on pourrait se dire que le Livre Blanc est un élément d’analyse stratégique qui n’intéresse pas les hommes et les femmes politiques qui, dans leur grande majorité, n’ont aujourd’hui plus aucune vision à long terme des enjeux pour la Nation.

Trop préoccupés par leur propre devenir politique, leurs places dans les arcanes du pouvoir et leurs aller-retour dans des grandes entreprises, ils sont trop impliqués avec les réseaux économiques pour avoir une vision à long terme.

Mais même dans le monde « économique » il y a aussi des études « sérieuses » et de référence, sur le sujet.

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Tous les gens un peu sérieux ont lu le « Rapport Global Risk » du Forum Economique Mondial, qu’en est-il d’Emmanuel Macron ?

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Je ne m’attarderai pas sur l’ironie de cette série de rapports puisque les questions d’effondrement, de réchauffement climatique, des mesures à prendre pour améliorer la résilience de nos sociétés, sur les questions environnementales, tout est bien documenté avec des références scientifiques dont visiblement, nos gouvernants n’ont que faire.

Je ne m’attarderai pas non plus sur le cynisme de ces rapports en terme d’analyse des problèmes mondiaux et des solutions qu’ils proposent puisque, années après années, la solution aux problèmes relevés, est souvent davantage de libéralisme.

Mais on sera content d’apprendre que nos dirigeants actuels ont bien participé aux rencontres du Forum Économique Mondial et certains membres de nos gouvernements ont bien lu ces rapports puisqu’ils appliquent certaines recommandations — et pas d’autres vous l’aurez compris — comme par exemple celles que l’on trouve dans la version 2017 :

« Nouveaux systèmes de protection sociale: une approche globale :
(…) Les systèmes devront offrir une flexibilité suffisante pour aider les individus à suivre des parcours de vie et des carrières sensiblement différents tout en maintenant une certaine équité entre les groupes (on dirait du Macron, non ?) et en renforçant la résilience individuelle :
1. Dissocier la santé et la protection du revenu des employeurs ou des emplois individuels
2. Refonte des modèles de retraite en fonction des nouvelles réalités du travail et du vieillissement (on dirait du Macron, non ?)
3. Mettre en œuvre des politiques pour accroître la «flexicurité» (on dirait du Sarkozy, non ?)
4. Mise en œuvre de modèles alternatifs de distribution des revenus »

On voit donc par là que ces rapports sont produits par de dangereux gauchistes très éloignés des idées défendues par nos récents gouvernants.

La version 2013 du rapport, toutefois, est très intéressante pour qui s’intéresse aux risques posés par la mondialisation :

Une partie de ce rapport insiste notamment sur la prédiction de ce qui n’est pas prévisible — une tâche pour les personnes qui sont censées diriger un pays par exemple. Cette section sur les facteurs X donc à considérer les préoccupations émergentes qui ne sont pas encore « sur le radar des décideurs ».

«  Si les 50 risques mondiaux représentent des connus, donc connus, ces facteurs X pourraient alors être considérés comme des inconnues connues. Ils ont été élaborés conjointement avec les rédacteurs de Nature (excusez du peu) et bénéficient de la connaissance approfondie de leurs contributeurs en matière de recherche scientifique de pointe qui n’a pas encore atteint le discours dominant. » et donc qui doivent de manière urgent rentrer sur les radars des dirigeants.

Ce rapport met en demeure les « futurs décideurs » de renforcer la résilience des États face aux risques mondiaux, avec comme objectif d’élaborer une stratégie continue de mesure et d’action pour « renforcer la résilience nationale et identifier les domaines où de nouveaux investissements sont nécessaires ».

Deux parties sont donc particulièrement intéressantes parce qu’étant très directes :

D’une part, un chapitre intitulé « Les dangers de l’ubris sur la santé humaine», qui traite plutôt des risques bactériens et de la menace existentielle posée par les bactéries résistantes aux antibiotiques, plutôt que des risques viraux, mais qui reste tout à fait pertinent sur les questions sanitaires;

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Et d’autre part, toute une section intitulée « Rapport spécial : Renforcer la résilience nationale face aux risques mondiaux ».

Cette partie du rapport propose des outils d’analyse, en particulier autour de la question de la « résilience » et de la nécessité de mettre en place des politiques systémiques pour se préparer à de futurs chocs.
Le rapport présente cinq composantes de la résilience : robustesse, redondance, ingéniosité, réponse et reprise – qui peuvent être appliquées à cinq sous-systèmes nationaux : économique, environnemental, gouvernance, infrastructure et social.

Un autre insert spécial concerne les « Risques dans la Chaine d’approvisionnement » puisque les chaines d’approvisionnement sont mondiales, interconnectées et à flux tendus.

Encore une fois, les évaluations qui sont faites concernant les pays comme la France montrent une sur-représentation de risques tels que les « Conséquences négatives imprévues de nouvelles réglementations », mais ce rapport averti toutefois sur ces « flambées depuis 2000 décrites comme une successions de quasi-catastrophes »

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À nouveau, dans la version 2019 du Rapport Global Risk, on lisait :

« Going Viral, The transformation of Biological Risks »


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Celui-ci commence par pointer du doigt « l’impréparation de nos sociétés aux risques biologiques, même les plus modestes ».

Le rapport revient sur les épidémies successives « Ebola, MERS, SARS, Zika, fièvre jaune etc. » :

Comme le rappelle très bien le professeur Philippe Sansonetti dans sa conférence au Collège de France « Covid-19, chronique d’une émergence annoncée », MERS et SARS sont des coronavirus…

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Going Viral :

« La fréquence des flambées épidémiques augmente régulièrement. Entre 1980 et 2013, 12 012 foyers ont été enregistrés, comprenant 44 millions de cas individuels et affectant tous les pays du monde. Chaque mois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) détecte 7 000 nouveaux signaux d’épidémies potentielles, générant 300 suivis, 30 enquêtes, et 10 évaluations complètes des risques. En juin 2018, il y a eu – pour la toute première fois – des flambées de six des huit catégories de maladies figurant sur la liste des «maladies prioritaires» de l’OMS. S’ils s’étaient répandus à grande échelle, ils auraient pu tuer des milliers de personnes et créer des perturbations mondiales majeures. »

Et de continuer en pointant du doigt la mondialisation et l’anthropocène :

« Premièrement, l’augmentation des niveaux de voyage, de commerce et de connectivité signifie qu’une épidémie peut se déplacer d’un village éloigné vers des villes du monde entier en moins de 36 heures.
Deuxièmement, la vie à haute densité, souvent dans des conditions non hygiéniques, il est plus facile pour les maladies infectieuses de se propager dans les villes – et 55% de la population mondiale vit aujourd’hui dans les zones urbaines, une proportion qui devrait atteindre 68% d’ici 2050.
Troisièmement, l’augmentation de la déforestation est problématique: la perte de couvert forestier a augmenté régulièrement au cours des deux dernières décennies et est liée à 31% des flambées telles que le virus Ebola, Zika et Nipah.
Quatrièmement, l’OMS a souligné le potentiel de le changement climatique pour modifier et accélérer les modes de transmission des maladies infectieuses telles que le Zika, le paludisme et la dengue.

Enfin, le déplacement humain est un facteur critique à cet égard. Que ce soit en raison de la pauvreté, des conflits, des persécutions ou des urgences, le déplacement de grands groupes vers de nouveaux endroits – souvent dans de mauvaises conditions – augmente la vulnérabilité des populations déplacées aux menaces biologiques. Parmi les réfugiés, la rougeole, le paludisme, les maladies diarrhéiques et les infections respiratoires aiguës représentent ensemble entre 60 et 80% des décès pour lesquels une cause
est signalé. »

Bref, là aussi donc, on voit que tout ce qui se produit aujourd’hui devrait donc être loin d’être une surprise pour l’ensemble des dirigeants de la planète, qu’ils soient politiques ou économiques !


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En conclusion de cette partie, les auteurs du rapport insistent sur le fait que les dégâts « limités » des crises successives qui n’ont alors pas dégénérés en pandémies ont fini par endormir la vigilance des institutions et des États.
L’OMS allant jusqu’à parler d’une forme de « complaisance » et à donc introduit en 2015 un liste de « maladies prioritaires » dont en 2018, une « maladie X » pour attirer l’attention des chercheurs sur les risques liées à des maladies perçue comme non susceptibles d’être transmis à l’homme mais qui pourraient le devenir. L’OMS et le rapport pointent enfin du doigt que le budget 2017-2021 de la « Coalition for Epidemic Preparedness Innovations (CEPI) » mise en place en 2017 pour coordonner et financer le développement de vaccin n’est que de 1 milliard de dollar ! »

Les risques de pandémies et leurs conséquences économiques et sociales sont donc des sujets relativement anciens mais très bien documentés et sur lesquels la communauté scientifique alerte de manière répétée et avec constance. Comme pour le réchauffement climatique, les dirigeants ne veulent pas mettre cela sur leurs radars car cela va à l’encontre de leurs projets de libéralisation.

En effet, les solutions pour se préparer à ces risques et renforcer la résilience de nos sociétés passent par reprendre le contrôle sur les chaines de valeurs mondialisée, relocaliser nos économies, investir dans les infrastructures sanitaires et leurs personnels… Au risque tôt ou tard, à défaut, d’être confronté de manière impuissante à une catastrophe pourtant annoncée.

Gouverner c’est prévoir.

Il y a quelques années j’ai renforcé dans mes cours sur le « management du Développement Durable et de la RSE », la question de la gestion du risque. Je m’étais particulièrement ému de l’impréparation des Japonais en 2011 face à ce que l’on a appelé « l’accident de Fukushima » qui n’est pas réellement un accident, mais le résultat de l’enchainement d’incuries et la négation de tout ce qui fonde une gestion raisonnée du risque.

En effet, à l’époque là aussi, nous avons tous vu sur nos écrans, incrédules, se dérouler un drame pourtant bien prévisible :

Nous avons vu une centrale nucléaire construite dans un pays connu pour ses risques sismiques, être construite elle-même sur une faille sismique, et en bord de mer, dont « on a pas prévu » qu’un tsunami de plus de 8 mètres puissent se produire, alors qu’historiquement, les preuves de tsunamis de plusieurs dizaines de mètres se retrouvent partout dans les campagnes japonaises…

Dans un pays que l’on pensait être une puissance technologique rigoureuse et ultra organisée, nous avons vus des réacteurs nucléaires fondre, des enceintes de confinements et des hangars exploser, et des pompiers non préparés, véritablement improviser, bricoler des lances à incendies pour essayer d’arroser de loin des piscines remplies de combustible. L’ensemble des acteurs, gouvernement, services de sécurité et entreprises concernées, impuissants à gérer la crise… Des millions de tonnes d’eau contaminées finiront donc dans l’océan…

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La gestion de risque ne consiste pas à évaluer les possibilités d’occurrence des événements, mais bien d’évaluer la gravité des occurrences qui viendront tôt ou tard, et les réponses que l’on doit y apporter lorsque ces événements se produisent.

Comme le faisait remarquer Emile de Girardin : Gouverner c’est prévoir.

En Janvier 2019, encore lui, le Forum Economique Mondial publiait un…
Livre Blanc sur les risques pandémiques :

« Outbreak Readiness and Business Impact, Protecting Lives and Livelihoods across the Global Economy » :

On y lit :
« Le monde est mal préparé pour détecter et enrayer les épidémies
Bien que des progrès significatifs aient été accomplis depuis la réponse à Ebola en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, les experts s’accordent généralement à dire que le monde reste mal préparé pour détecter et répondre aux flambées et n’est pas prêt à répondre à une menace pandémique importante. »

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Que pouvait donc faire Agnes Buzyn ?
Avec Emmanuel Macron au pouvoir, rien !


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On a sans doute raison de fustiger — voire de poursuivre en justice — ce gouvernement et notamment notre ancienne ministre de la Santé, partie en pleine crise en campagne pour la Mairie de Paris. Il s’agit bien évidemment là aussi d’une preuve de plus de l’incurie de la macronie, comme celle de ses prédécesseurs, plus préoccupés par renvoyer l’ascenseur à ceux qui financent leur campagne et à travailler pour s’assurer une place durable dans l’arène politique, que de faire le nécessaire pour préserver l’intérêt général, mais franchement, que pouvait-elle faire ? Rien.

Quand la crise à commencé en Chine, il était déjà trop tard puisque tout ce dont nous avions besoin n’était non seulement pas prêt, mais n’avait même pas été envisagé.

Pour comprendre la façon dont Emmanuel Macron et son gouvernement se préparent sur les questions des crises sanitaires, pourtant annoncées, on relira la tribune de décembre 2019 dans le JDD, où 660 médecins hospitaliers se disent « prêt à la démission », et qui finira par la démission de plus de 1000 chefs de service en janvier 2020 « pour sauver l’hôpital Public », actions elles-mêmes précédée d’une longue grève des urgences depuis l’été 2019

E6DSIK6OP5W5YYLOWLEPCSPUHE-2020-03-23-13-16.jpgSoignants en grève et en souffrance, les urgentistes (ici à l’hôpital Necker) sont à bout. LP/Louise Méresse

« L’hôpital public se meurt, faute de moyens à même d’assurer la qualité des soins et de garantir la sécurité des patients. Les médecins hospitaliers ont eu beau sonner l’alarme, la rigueur est devenue austérité, puis l’austérité, pénurie. »

Certes, ce n’est pas ce gouvernement qui a commencé les purges puisque cela fait longtemps que la santé des Français coute trop cher pour nos gouvernements respectifs :
« En pleine épidémie de grippe, cela ferait désordre. En visite aux urgences de l’hôpital La Pitié Salpêtrière à Paris vendredi 27 février, Manuel Valls et Marisol Touraine se sont auto-congratulés d’avoir réagi “avec détermination” et “au bon moment” face au pic de la maladie. En revanche, le Premier ministre et la ministre de la Santé n’ont pas dit mot sur les économies prévues dans les budgets des hôpitaux d’ici à 2017. »

« (…) le nombre d’administratifs travaillant dans le domaine des soins a augmenté de 3 200 % et le nombre de médecins de 150 %. »
Extrait de l’Interview de Stéphane Velut sur la régression managériale et comptable de la santé sur Usbek & Rica.

Rien, absolument rien n’a été fait au cours des 20 dernières années en France pour faire face à une pandémie pourtant annoncée, d’où la posture aujourd’hui du Président Emmanuel Macron de dire « quoi qu’il en coûte ».
Tout d’un coup, réalisant la gravité de la situation et la hauteur de l’impréparation, il ne lui reste plus qu’à sortir le chéquier, en espérant nous faire oublier la vrai raison de la catastrophe.

On peut même s’étonner que dans La « REVUE STRATÉGIQUE DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ NATIONALE » de 2017, préfacée par le Président de République, le risque sanitaire ne soit plus évoqué que dans deux maigres paragraphes…

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Dans les deux précédents Livres Blancs de la Défense et de la Sécurité Nationale, les Présidents de l’époque n’avaient pas jugés nécessaire de mettre leur trombine en guise d’introduction…
Ceci explique peut-être cela… Ubris ?

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Il est encore trop tôt pour faire le bilan, mais quel que soit le nombre de morts et le nombre de milliards qu’il va falloir « sortir » pour faire face, on a déjà les éléments pour constater la vacance du pouvoir et la nécessité urgente de mettre en place un gouvernement « pour le peuple, et par le peuple ».

Il n’est pas étonnant que de plus en plus de Français pensent « tribunal populaire ». Comment leur en vouloir ?
Aux armes, ou aux urnes, citoyens ?

——
Je vous invite à voir, ou revoir « Hôpital public, la loi du marché », 2017, d’Envoyé Spécial de France 2, où la question du management et des méthodes de gestion sont clairement décrites.

4 ans plus tard…

J’avais tenté de reprendre l’écriture ce ces notes en 2016

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Mais depuis, il y a eu le chômage, les problèmes de famille, la dépression, le travail, les tragédies quotidiennes et les trahisons, la lassitude. Il y a eu aussi des luttes, encore des luttes, des tournées, des conférences, des débats, un mariage aussi, comme quoi la vie est toujours aussi faite de belles de surprises. Manque de temps, cerveau en vrac, course à la survie.

Il ne me resterait que des prises de notes, des tonnes de notes, sur un cahier, des blocs, des carnets sur ordinateur partout, des tonnes de notes…

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Thibault m’a demandé l’autre jour: « de quoi faire un bouquin ? »
Moi : « Oui, même plusieurs »…

Et dans mes notes, il a aussi des photos, des vidéos, et jamais le temps de tout mettre au propre, on verra.

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Entre temps aussi silva-rerum.net a changé de serveur, fermé, ouvert, refermé, j’ai même perdu le nom de domaine faute de sous pour payer le renouvellement, pour l’héberger.

Pendant toutes ces années, j’ai fais comme beaucoup de monde : j’ai fais des commentaires sur Facebook. Ben oui, c’est conçu pour, pour nous faire réagir, pour nous faire aller vite, nous faire gagner du temps ? J’ai perdu mon temps sur Facebook et ce que je voulais vraiment dire, je n’ai pas pris le temps de le poser vraiment, de le mettre en forme pour le mettre ici.

Depuis plusieurs mois, je me refuse à écrire sur Facebook ou ailleurs, j’essaie de récupérer toutes mes publications pour les mettre sur un fil ici. Je ne veux plus que Facebook exploite mon cerveau et mes contacts.

Désormais, ce sera ici avec un bot sur Mastodon et Facebook, histoire de reprendre le contrôle de mes données personnelles et celles de mes réseaux.

je vais aussi profiter du temps qui reste pour publier les trop nombreuses notes en retard, transférer les commentaires Facebook. À ce propos, j’ai tout essayé et il manque un parser pour les fichiers XML de FB, si une bonne âme avec des compétences en XML lit cette note…

À bientôt donc.

Sans nous, ils ne sont rien

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Le président du groupe LREM à l’Assemblée Nationale : “Nous avons insuffisamment expliqué (…) été trop intelligents“…

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Voilà voilà. Ce n’est pas que vous ne voulez pas de ce qu’on fait, non, on ne vous a pas assez expliqué, on n’a pas assez « fait de pédagogie »… Vous n’avez rien compris parce que nous sommes trop intelligents.

Franchement, vous croyez vraiment que les gens de « La République En Marche » ont compris quoi que ce soit ?

Ce sont des « ravis de la crèche » complètement hors sol, qui n’ont qu’une seule préoccupation en tête : détruire le modèle social français de 1945 (comme le réclament depuis 30 ans les « premiers de cordée » qui ont financé la campagne électorale de Macron, avec le soutient massif du « Parti de la Presse et de l’Argent » comme les journaux « gratuits », LCI, BFM pourtant subventionnés par nos Impôts). Ils sont en train de détruire un a un tous les éléments de base qui ont fait la solidarité dans ce pays au profit d’un classe dominante qui se fout bien de savoir si vous avez de quoi remplir votre assiette à la fin du mois.

  • Ils vous ont dit que la Sécu c’est un vieux truc (70 ans) alors que c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité (± 15 000 ans) qu’une société exsangue et détruite s’est donné les moyens de protéger les plus faibles tout au long de la vie… Parce qu’il n’y a pas de paix durable sans justice sociale !
  • Ils vous ont dit que si vous n’avez pas de costard, c’est que vous ne voulez pas travailler,
  • Ils vous ont dit que les services publics seraient « mieux gérés » par des groupes privés et proposeraient des services moins chers, la bonne blague : ces groupes qui récoltent tous les bénéfices sans faire les investissements (autoroutes, barrages, gaz, télécoms, banque postale, et bientôt services postaux, hôpitaux, études supérieures, écoles…),
  • Ils vous ont dits que, dans les gares, vous n’étiez rien et que eux, ils sont tout,

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  • Ils vous ont dit que si vous êtes au chômage, ce n’est pas digne, et que pour regagner votre dignité, vous devez vous transformer, devenir un winner, et que là seulement vous mériterez d’être aidé,
  • Ils vous ont dit que les premiers de cordée méritent de gagner 500, 1000 fois plus que vous, pour un travail dont la pénibilité leur permet de vivre plus de 20 ans de plus que vous, parce que pour eux, ce travail vaut plus et est plus digne à leurs yeux que celui d’infirmiers, de militaires, de paysan, de garagiste, d’épicier, de petit patron, de chauffeur de taxi, de maçon, d’artisan, de balayeur…
  • Ils vous ont dit que tout doit être soumis à la concurrence, mais on verra plus tard pour les règles, parce que c’est « mieux pour l’économie », mais sans vous dire que c’est pour leur économie à eux, que c’est meilleur, pas pour la vôtre,
  • Ils vous ont dit que votre pays est irréformable, parce que pour eux, la « réforme », c’est transformer votre vie, vos droits, votre dignité, en droit de consommer, en « liberté » de juger les autres, avec pour seul devoir d’obéir à la « loi du marché »,
  • Ils vous on dit : « vous ne comprenez rien, vous demandez des services publics et vous voulez payer moins de taxes » alors que vous aviez très bien compris : l’évasion fiscale et les baisses d’impôts des 1% les plus riches paierait tous les services publics, et effacerait la « dette » illégitime de la France en quelques années de vrai travail, de labeur, parce que les Français non, ne sont pas des abrutis,
  • Ils vous ont dit : « il n’y pas d’alternative » parce que pour eux, il n’y a pas d’autre chose à faire que de vous soumettre à leur logique, pas eux, vous ! En plus de 15 000 ans de civilisations sur la planète, il y a eu des milliers de modèles économiques et de sociétés, mais pour eux, il n’y en a qu’un seul, et il n’y en aura plus qu’un seul car pour eux, c’est « la fin de l’histoire »,
  • Ils vous ont dit que pour protéger la planète et l’avenir de nos enfants, il n’y a que le marché et la liberté d’entreprendre, car en devenant tous des entrepreneurs, tout le monde sera riche, donc tout le monde fera attention à protéger l’avenir de la planète… Regardez dans quel état elle est avec toute cette « liberté » d’entreprendre pour des industriels sans vergogne! Il faut pas être complètement « ravi de la crèche » pour croire vraiment ça ?

Pour eux tout est marché, tout est marchand parce que pour eux, il y a aura toujours plus à gagner en vous vendant plus cher, en prenant toujours plus de marge, tout ce dont vous avez besoin pour vivre dignement plutôt qu’en faisant en sorte que ce soit accessible à tous, voire fait par l’État c’est à dire nous tous, si c’est de l’intérêt général.

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Défendez-vous, défendons-nous, sans nous ils ne sont rien !


Publié originalement le 17 décembre 2018 sur FB.

Retour dans l’arène

Ça faisait pas mal de temps que je n’avais plus battu le pavé, animé des débats, collé des affiches, tenu des stands militants, avec plein de presse alternative et tout.

Fakir, je connaissais bien, je lisais régulièrement. Et puis, Ruffin à Là-bas Si j’y Suis, c’était le beurre salé sur les fakirs (un genre de radis), cette petite touche relevée sur un croquant juteux frais, savoureux, parfois doux, qui pouvait aussi vous faire monter la moutarde au nez.Fakir ? CQFD ! Et quand je lui ai fait découvrir, ça faisait longtemps que j’avais quitté mes chaussures de montagne, ma tête sans coiffure, tondue, avec une touche un peu bûcheron, contre le costard cravate, histoire de choisir un autre angle d’attaque pour le combat : l’enseignement supérieur, plutôt vers ceux qui tiennent le manche donc, histoire de semer des graines.

Elle, elle à tout de suite accroché, s’est abonnée, a fait les salons avec eux. De fil en aiguille, et parce qu’au fond, on ne se refait pas — et là, franchement, à deux, c’est vrai, c’est mieux — nous voilà dans la distribution militante, l’organisation de projections-débats, et tout et tout… Nous voilà donc aux Nuits Debout aussi, mais ça, c’est un autre sujet.

Premier mai à Lyon, morne plaine.

Le froid, presque du grésil, l’absence de coordination Nuits Debout & syndicats, bonjour la convergence, circulez, c’est pas le grand jour. Du coup, ce matin du 2 mai, donc, après un premier mai raté, me voilà parti pour aller diffuser du Tchio « Non à la loi El Khomeri et à son monde ». Rien que deux milles, une paille… J’avais vu un peu trop grand, la météo n’est vraiment pas favorable ce printemps et du coup, ça me cassait les pieds d’avoir autant de papier urgents à faire lire sur les bras. Et puis, ce qui au départ devait être un début de matinée s’est transformé en journée Tchio Fakir. Une belle journée en somme.

2 mai, Gare de Part-Dieu, 8h00…

Déjà là, vous pourriez dire : 8h00, c’est plus la France qui se lève tôt. Certes, mais quand on a des enfants, on s’occupe quand même d’eux avant d’aller faire du bénévolat militant. Sinon, on refait le monde à leurs frais, c’est-à-dire « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». J’ai toujours pensé que les gens qui faisaient plein de choses géniales, mais qui étaient de vrais casse-pieds égoïstes dans leur vie n’étaient pas si brillants que ça. Je préfère être moins bon, mais être moi-même en respectant mon environnement, qu’un donneur de leçon dont la vie n’a rien à voir avec les valeurs revendiquées — vous avez pensé éditocrate, avouez !

Donc, je traverse la gare pour aller coté Rhône histoire de sentir l’ambiance, et me pose au milieu des distributeurs de « journaux » gratuits, comme s’ils n’étaient pas là, ou plutôt, je ne leur demande pas leur avis, je pèse qu’eux-mêmes font ça pour avoir du boulot, pas pour se fâcher avec les autres. Ça m’a fait bizarre au début: pendant des années, je prenais le train et je ne supportais pas d’être assailli par ces distributeurs de papier toilette que l’on retrouve partout dans la journée, jonchant les gares, les trains les voies. Des centaines de kilos de papier rempli de pub déguisée en information, quotidiennement dilapidés pour rien.

Bien que je l’ai vécu quotidiennement de l’autre côté de la barrière, je ne m’imaginais pas à quel point, en creux, ce mode de distribution est symptomatique d’une société malade. Je n’ai jamais pris les gratuits, je ne peux pas comprendre que l’on puisse imaginer s’informer avec du travail de terrain et des salaires décents, même avec de la pub, voire surtout avec de la pub, dans un papier gratuit. Mais ce n’est pas le pire. Les voyageurs qui entrent ou sortent prennent machinalement les gratuits, voire pour certains, vont les chercher. C’est à désespérer quand on en connaît le contenu…

Et de l’autre côté, ils regardent d’un œil méfiant le journal que je leur tends: un Tchio avec en gros titre « Non à la loi El Khomeri et à son monde ». La plupart ne regardent pas vraiment, ils ne vont pas changer leurs habitudes. Certains font la moue, c’est sûr, dès que ça parle vraiment politique, là, il n’y a plus grand monde. Normal. Le PPA a bien fait son travail : il bourre la tête de leurs clients d’idées économiques et sociales préconçues, politiquement formatées, cachées sous un discours revendiquant la neutralité… Des décennies que ça dure, ce n’est pas un Tchio qui va leur remettre le cerveau à l’endroit d’un seul coup. Quoique.

Même si c’est une personne sur cent qui en prend un, en une heure, soit une soixantaine et que sur ces un pour cent, il n’y en a qu’une dizaine qui ont eu la présence d’esprit de se demander si c’était gratuit ou pas, c’est déjà pas mal. Résultat, je laisse filer, ça couvrira à peine les tickets de métro de la journée. J’irais faire un saut à la Croix Rousse, peut-être là…

Il y a quand même quelques curieux qui de temps en temps, ralentissent voir s’arrêtent et prennent le temps de lire la manchette. Mais ils sont rares, très rares.

L’information gratuite

Franchement, il y a de quoi l’avoir mauvaise et on se prend à rêver d’une loi contre la concentration des médias parce que là, ils sont vraiment trop forts : les gratuits, derrière, il y a déjà Bouygues, Bolloré, et Schibsted (côté en bourse) avec le groupe Sipa. Bref, vous connaissez l’adage, « quand c’est gratuit, le produit, c’est vous », du temps de cerveau disponible version papier, qui formate bien. Avec la télévision et la radio déjà aux mains des mêmes, impossible d’échapper à l’orthodoxie libérale. On a l’air de quoi avec nos vraies enquêtes ? Nos journaux papier qui sentent la révolte ? Nos chiffres pas bidonnés ?

Ceux qui passent là le matin à la Part-Dieu, ce sont majoritairement des classes moyennes et plus, et des étudiants, quelques lycéens. Donc, quand ils ne dorment pas dans le train ou n’écoutent pas le prurit des radios, ils « s’informent » avec les gratuits. Je vois les dégâts dans tous mes cours. On se doute bien que ces classes sociales là, qui détiennent de manière passive un pouvoir massif, a bien été ciblées par les marchands, bien formatée… Il n’y a qu’a voir avec quels réflexes elle se saisit voire va chercher le gratuit, plusieurs gratuits même, et fait la moue quand elle me voit tendre un journal où il y à écrit en gros « Non à la loi El Khomeri et à son monde », et mon beau costume noir avec la cravate rouge, tout sourire, enjoué, cordial et poli, n’y changeront pas grand-chose.

Les cinémas

Au bout de deux heures, je suis gelé, je remballe, quitte la gare de Part-Dieu et change de crèmerie. Je reprends mon caddie de course carrouf noir, avec mon vieux parasol plié, et fonce dans le métro. Direction les cinémas pour déposer des liasses de Tchios, aux Terreaux, à Bellecour… L’autre cinéma, je l’avais visité rapidement le 1er mai. Art & Essai, un peu gauche Rabbat, qui n’avait pas voulu projeter le film au début, a bien fini face au succès du film à le programmer. Du coup, le 1er, après un une manif ratée et une météo à vous faire tomber les demis de blanches en ressassant avec les copains pour la Xème fois l’organisation des Nuits Debout, j’avais déjà lâché une liasse de Tchios histoire d’être sûr que les retraités de la « gauche de combat » puissent avoir une lecture un peu moins… consensuelle.

Place Bellecour

Après le tour des cinémas, avec un accueil très positif des Cinés Populaires pour mettre bien en évidence les tchios aux caisses, je me suis posé à l’entrée de la rue X, piétonne, entre la sortie de métro et l’alignement de magasins à thèmes. Là, en plein dans le flux des touristes et des gens qui vont consommer leurs sorties, j’avoue que j’ai eu des grands moments de solitude. C’est la foire : d’un côté, les jeunes qui font les gros durs au Mc Do et se frittent pour un oui ou un non, de l’autre, ceux qui vont faire du shopping dans leur parc à thème préféré. Triste. Heureusement, un podcast de là-bas dans une oreille m’a redonné de la patate et me voilà faisant de grands sourires et plaisantant parfois pour attirer l’attention : « il n’y a pas que la consommation dans la vie ! Vous connaissez le journal Fakir ? ».

Stratégiquement, j’avais remarqué à la Part Dieu que le journal seul ne suffisait pas à attirer l’attention. Du coup, une affiche de Merci Patron pliée sur ma pile de Tchios d’un côté, bien visible, et l’autre main qui présente le Tchio, ça marche un peu mieux. Enfin, un peu. Parce que là, vraiment, à part quelques convaincus ou connaisseurs, pas grand-chose d’autre que des moues un peu dégoûtées en voyant en noir « El Khomeri » et quelque chose me dit que ce n’est pas un malentendu : tous ces consommateurs les bras chargés de sacs de magasins de marques, il m’est avis que « le temps des cerises » doit plutôt les agacer qu’attirer leur sympathie. Bien sûr on croise forcément des gens qui vous disent « ah merci patron j’en ai entendu parler il faut que j’aille le voir, mais je n’ai pas eu le temps ». « c’est juste à côté là vous voyez au C. Bellecour juste là, après le tabac ». « Ah bon, il y a un cinéma là ? Je ne l’avais jamais vu! ». Oui, il faut se faire à l’idée que c’est populaire, mais en fait, ça l’ait plus du tout. Depuis longtemps.

Le costume cravate

Celui interroge souvent aussi, c’est mon costume cravate. Alors que mes copains mettent le tee-shirt I Love Bernard, moi, j’ai choisi de conserver mon attirail de cadre sup.

« c’est vrai que ça fait étrange la cravate et le costume, surtout le costume… On dirait les comment là… les évangélistes… »

Bon, voilà autre chose, décidément, mon choix de m’habiller en costume cravate surtout lorsque je milite fait toujours autant tiquer, mais celle-là, je ne l’avais pas vue venir. Intérieurement, je navigue entre la rage et la lassitude, je suis cadre, certes au chômage, mais chercheur et enseignant dans le supérieur dont pas un peu de temps en école de commerce, je ne vais quand même pas faire comme si j’étais un ouvrier ou un néo-bohème (j’es ai assez de taper sur les bobos).

« C’est ma tenue de combat. C’est ma classe sociale, donc c’est une façon pour moi de dire à ceux qui en font partie, regardez, dans ces combats, il y a aussi des cadres qui peuvent être du bon côté de la barrière… Une façon de les inviter à sortir du bois quoi ! »

C’est très optimiste comme approche, je sais, avec Internet, Linked-In et autres réseaux sociaux « professionnels » vous pouvez être sûr que vos chances de carrière dans une grande école ou une entreprise vont vite se réduire si vous laissez filtrer le moindre doute sur le modèle actuel. Je ne me fais guère d’illusions, mais bon.

Le 28, dans la manifestation, juste avant que l’on arrive place Bellecour, je voyais des ouvriers qui nous regardaient interloqués depuis le premier étage d’un immeuble. J’ai beau être dans un logement social, ils ne sont pas du même quartier que moi ceux-là, mais plutôt de Vaulx ou de Vénissieux. Du coup, de la rue, dans mon costume cravate, je leur ai fait des grands signes pour les inviter à nous rejoindre, et du coup, tout le monde à fait de même. Certains d’entre eux nous ont fait comprendre par signes qu’ils ne pouvaient pas… La précarité chez les ouvriers beurs et blacks, les emplois ça fait 40 ans qu’ils courent après, et même si on espère que ceux-là ce jour-là avaient un contrat, on se doute bien qu’ils n’en auront plus jamais s’ils quittent le chantier pour nous rejoindre. Mais bon, ça a changé leur regard un peu narquois, et du coup, certains on fait des V de victoire, et la foule de la manifestation à levé le poing et a applaudi. Symboliquement, au lieu d’avoir des ouvriers qui bossent regardant passer une foule de pas beaucoup de grévistes, mais surtout des militants, et bien nous étions ensemble, et ça, ça compte énormément.

Si ce monde ne veut pas de moi, finalement, ça me rassure, je ne veux pas de lui ! On est bien assez pour en construire un autre.

Du coup, j’ai trouvé la parade. Au début, j’avais pensé à un Pin’s « I love Bernard », mais ça fait trop anecdotique, il faut rester dans le ton du costume cravate. En épluchant mes patates ce soir j’ai trouvé : Et si on faisait comme si, comme si nous, les cols blancs, on allait à un salon « I love Bernard » !

C’est vrai quoi, on fait des salons, des séminaires, des conférences, etc. Et à chaque fois, on a nos Goodies : le badge version boutonnière, le gros badge, genre porte-carte avec le plan du salon, etc. Et là, mais alors là… ça le fait trop bien :

Manque plus que la clé USB ;-)

La Croix Rousse

Bon allez, j’arrête de babiller, je vous raconterai ce que ça donne avec la panoplie complète…

Mais avant, promis, je reviendrai sur la soirée du 20 avril 2016, ou #51mars.

Et ça continue…

Depuis le 1er tour, comme à chaque élection, on assiste à un déversement de mépris pour les électeurs du FN. Le Parti de la Presse et de l’Argent est parti en campagne contre le Front National, enfonçant le clou qui les a jusque là disqualifiés aux yeux de ces électeurs… Depuis que je vis en France, je suis consterné par cette façon de faire de la politique, lorsque des millions de gens se reconnaissent dans un parti, dans une proposition, et que l’on n’est pas d’accord, on argumente, on essaye de comprendre, on propose…

Non ?

Et nous voilà de nouveau, sommés de sauver la Démocratie… La quoi ?

À chaque fois que les partis traditionnels sont en difficultés du fait de leurs incuries, nous avons droit aux mêmes injonctions, pour lutter contre la « montée » du Front National…  Encore ? Mais qui fait « monter » le Front National ?

Être de gauche, c’est considérer que chacun doit trouver sa place et que la richesse créée doit être répartie de manière équitable, que l’humain doit être libre.
Être de droite, c’est considérer que chacun doit trouver sa place et contribuer à la création de richesses au profit de quelques-uns, que l’humain doit se soumettre.
Avant, le FN était donc d’extrême droite. Les anciens caciques du FN dénonçaient l’interventionnisme de l’État, les taxes, les impôts, les dispositifs de soutient aux improductifs et aux « malades » (SIDA, homosexuel, etc.) et, avec la décolonisation et l’amertume de la perte de l’Empire, l’immigration.

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Depuis la décolonisation et la fin des trente glorieuses, le FN dénonce la présence de la population immigrée originaire d’Afrique du Nord venue construire la France pendant les trente glorieuses, et exige la fin du droit du sol pour que leurs enfants vus comme non « intégrables » ne puissent pas être français.

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Face à cette inquiétude, les autres partis se sont bouché le nez en niant une réalité objective : les immigrés d’Afrique du Nord ne sont pas « rentrés chez eux » et ont fait des enfants qui sont devenus de fait, des Français.

Les partis de gauche et de droite (PS, RPR, UDF, UMP etc.) se sont bouché le nez en méprisant ces préoccupations, en niant la panne de l’ascenseur social, en niant l’aggravation des inégalités, en faisant toujours semblant de traiter les conséquences sans jamais traiter les causes… Et en minimisant le fait que les enfants des premières générations, rejetés et laissés dans des ghettos, se sont tournés vers d’autres formes d’identification et de cohésion en refusant de se taire contrairement à leurs parents: revendications sociales, parfois violentes, communautarismes, parfois radicaux, adoption d’un islam wahhabite par certains comme moyen de reprendre en main un destin, trop contents de trouver des exutoires à des situations injustes qu’ils font leurs.

Dans une société désormais habitée par l’individualisme le consumérisme, qui frise le nihilisme, même pour les enfants des « Gaulois », le système libéral a détruit la cohésion territoriale et cassé l’ascenseur social laissant ainsi se développer un terreau fertile à la rancœur et à l’amertume.

Les élites de ces partis désormais amalgamés dans le même sac, car défendant finalement les mêmes valeurs, flirtant avec, ou possédant les médias, ont renforcé la stigmatisation de ceux qui questionnent, d’un côté le libéralisme et ses conséquences (sociales et environnementales) et de l’autre, les inquiétudes soulevées par l’augmentation de la part de français d’origine maghrébine et les revendications de certains d’entre eux, utilisant une forme radicale de confession musulmane comme moyen de cohésion et de reconnaissance faute de faire parti de la société française et le renforcement de communautarisme faute d’autres perspectives.

Ainsi, avec la mondialisation et son dumping social (on sera toujours plus cher qu’un ouvrier de Chine ou qu’un ingénieur Indien), et l’ultralibéralisme des classes dirigeantes des partis traditionnels, le FN a su faire sien d’un côté la dénonciation des classes privilégiées et des élites intellectuelles qui se sont révélées incapables d’adapter nos modèles économiques et nos systèmes de protection pour que chacun trouve sa place dans une société.

Face à l’injonction faite à tous ceux qui s’inquiètent de la croissance de la présence de l’Islam, de se taire, par l’ensemble des médias et des élites, le FN a récupéré les discours sur la laïcité alors qu’il défend fondamentalement le catholicisme, et a su au fil des années, attirer vers lui une grande partie des Français catholiques, en particulier les traditionalistes, grâce notamment à des personnalités comme Marion Maréchal Le Pen.

Depuis 1995, cette exaspération sociale s’est renforcée par l’incapacité des partis de gouvernement à recréer de la cohésion sociale et à résorber les revendications identitaires et les communautarismes. Ceci à permis de nourrir l’idée que d’une part, les intellectuels, les médias et les dirigeants actuels sont incapables d’entendre et de « protéger » les « vrais Français », et que d’autre part une 5e colonne de « faux Français » est désormais à l’œuvre, en voyant dans les attentats les prémices d’une guerre de civilisation qu’ils annoncent depuis des années… À tort ?

La question comme la réponse ne sont pas simples, mais la façon dont ce parti pose la question et y répond est simple à comprendre, et comme ceux qui sont en mesure d’y répondre de manière complexe et en tenant compte des enjeux longs, géopolitiques et historiques, ont depuis longtemps été discrédités par les médias et les partis traditionnels, laissant ainsi toute la place aux messages limpides du Front National.

Du coup, aujourd’hui, le FN, n’est plus « d’extrême droite », le FN est devenu, dans son discours, un parti National Socialiste qui défend une forme de solidarité sociale réservée aux « vrais Français ».

Et si son score augmente au fil des ans, c’est d’une part parce qu’une partie des déçus des autres partis soit s’abstiennent soit se tournent vers d’autres petites formations, et que d’autre part l’autre partie des déçus le rejoint dans l’espoir qu’il mette au pas les médias et les classes dirigeantes qui défendent un ultralibéralisme sans limites, et surtout qu’il mette au pas les immigrés et les musulmans.

La « réussite » du FN n’est que la manifestation de la faillite et des manipulations des autres propositions, des trahisons des valeurs soutenues depuis des décennies par les autres grandes formations. C’est la faillite d’une société sans valeurs humaines fortes, sans cohésion forte, sans projet, sans culture, sans avenir.…

Les marchés

L’histoire est toujours intéressante pour comprendre les enjeux sous jacents de l’actualité.

Par exemple, pourquoi les États-Unis veulent-ils toujours mettre en place des traités de libre-échange avec les grandes zones économiques, à l’instar de ce qu’il se passe en ce moment avec le traité de libre-échange transatlantique TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement). C’est encore une fois une affaire de « marché libre » et « non faussé ».

Les origines contemporaines du « Libre échange »

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Source : touteleurope.eu

L’expansionnisme économique et militaire des États-Unis n’est pas une nouveauté, toute l’histoire de ce pays dès sa création est profondément marquée par la primauté accordée à ses enjeux économiques face à toute autre considération dans les lignes directrices de sa politique intérieure et extérieure.

Ainsi, quelques années à peine après le discours du président américain républicain James Monroe, le 2 décembre 1823, à l’intention des Européens, au cours duquel il fixe les directives de la diplomatie des États-Unis durant le XIXe et le début du XXe siècle, les États-Unis traversent le Rio-Grande sous des prétextes fabriqués dans le but de conquérir une partie du Mexique. Cette guerre mènera le Mexique à céder aux États-Unis, avec le traité de Guadeloupe Hidalgo en février 1848, les états de l’Arizona, de la Californie, du Colorado, du Nevada, du Nouveau-Mexique, du Texas, de l’Utah et du Wyoming, soit la moitié de leur territoire !

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Cet impérialisme datant en réalité d’avant la doctrine Monroe, avait fait de l’Amérique latine progressivement hors du contrôle de l’Espagne, la zone d’influence des États-Unis. Et il ne fallut pas longtemps pour que les entrepreneurs américains s’intéressent au Pacifique : Hawaï, le Japon et les marchés de la Chine. Entre 1798 et 1895, les forces militaires américaines sont intervenues à 103 reprises hors de leur territoire.

Howard Zinn : « Thus, by the 1890s, there had been much experience in overseas probes and interventions. The ideology of expansion was widespread in the upper circles of military men, politicians, businessmen-and even among some of the leaders of farmers’ movements who thought foreign markets would help them. »

Cette culture expansionniste s’est ainsi renforcée dans les milieux militaires, et s’étendait à toutes les élites américaines, voire même aux grands propriétaires terriens qui voyaient là la possibilité d’étendre leurs marchés. Ainsi, la grande dépression qui débuta en 1893 renforça l’idée que les marchés étrangers pourraient compenser la réduction de la consommation interne des États-Unis, et permettrait également de réduire les mouvements de protestation et de grèves dans un élan de patriotisme. Ce sentiment guerrier n’était pas là par hasard, il était entretenu, encouragé, exagéré par une presse au service des puissants, des militaires et du gouvernement :

Extrait d’un éditorial du Washington Post à l’aube de la guerre avec le Mexique (Zinn) :

« The taste of Empire is in the mouth of the people even as the taste of blood in the jungle. »

La classe politique américaine semblait unanime, comme le décrit Zinn :

« Several years before his election to the presidency, William McKinley said:

“We want a foreign market for our surplus products.”

Senator Albert Beveridge of Indiana in early 1897 declared:

“American factories are making more than the American people can use; American soil is producing more than they can consume. Fate has written our policy for us; the trade of the world must and shall be ours. »

Mais c’est de l’état du monde au sortir de la Seconde Guerre mondiale et de leur position hégémonique particulière à ce moment-là que les États-Unis, suivit par certains de leurs « alliés » vont ancrer profondément les modèles économiques et l’ensemble de leurs instruments, idéologiques, économiques et financiers, modèles qui vont structurer la seconde partie du XXe siècle jusqu’à aujourd’hui.

Ces outils et ces modèles s’étaient développés, théorisés et en grande partie imposés dès le XVIIIe siècle : Du XVIIIe au début du XXe siècle, une série de mutations économiques et industrielles avaient fait passer les empires occidentaux d’un modèle basé sur les productions agraires et artisanales à un modèle industriel et commercial, la première et la seconde révolution industrielle…

[12/2012, edit 09/2015]

À lire :

A people’s History of the United-Sates, 1492 to present, Howard Zinn

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Le Pays des Hommes Intègres

Parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le Burkina Faso traverse de nouveau des heures troubles, je ne peux que vous inviter à vous pencher sur l’histoire de ce pays.

Triste événement qui m’offre l’occasion de remettre ici mes docs en cours de tri. Je vous invite donc à écouter et regarder des émissions sur le Burkina Faso et la françafrique, c’est la seule chose que je puisse faire…

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Documentaire vidéos :

Thomas Sankara, l’homme intègre

De : Robin Shuffield – 2006

http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/Doc-Burkina-ThomasSankara-LHommeIntegre.m4v&arve

——

Emissions Radio :

L’Afrique enchantée (France Inter)
Soro Solo & Co

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– Se souvenir de Sankara 55:32
Émission du 12/10/14
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/AFREN-20141012-SeSouvenirDeSankara.mp3″]

– Nicolas Sarkozy l’Africain 55:57
Émission du 13/05/12
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/AFREN-20120513-NicolasSarkozyLAfricain.mp3″]

Rendez-vous avec X (France Inter)
Patrick Pesnot

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– Burkina Faso : Thomas Sankara
Émission du 23/02/2001
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/RVX-20010223-BurkinaFassoThomasSankara.mp3″]

– Burkina Faso : Blaise Compaoré, l’ex-putschiste détrôné 37:37
Émission du 29/11/14
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/RVX-20141129-BurkinaFasoBlaiseCompaoreExPutschiste.mp3″]

Culture Monde (France Culture)
Florian Delorme

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– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (1/4) – Retour sur une insurrection populaire exemplaire 52:49
Émission du 02.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-15-Retour sur une insurrection populaire exemplaire.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (2/5) – Une transition politique sous tension 52:53
Émission du 03.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-25-Une transition politique sous tension.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (3/5) – La jeunesse et le culte de Thomas Sankara 53:13
Émission du 04.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-35-La jeunesse et le culte de Thomas Sankara.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (4/5) – Les chemins du développement 52:04
Émission du 05.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-45-Les chemins du développement.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (5/5) – Le Burkina face au terrorisme 53:46
Émission du 06.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-55-Le Burkina face au terrorisme.mp3″]

Et aussi :

Les Enjeux Internationaux (France Culture) – Burkina-Faso. Les premières leçons politiques et régionales de la chute du président Compaoré 12:07

Émission du 24/11/14

Syrie, Irak

Pendant que l’on se « bouffe le nez » sur la question des réfugiés Syriens qui fuient les massacres d’une autre salle guerre, les affaires continuent !

Quand on examine le rapport Conflict Armament Research, Analysis of small-calibre ammunition recovered from Islamic State forces in Iraq and Syria, de Conflict Armement Research on trouve des infos parlantes qui seraient bien utiles si on voulait vraiment agir sur cette guerre…

Par exemple, la provenance des cartouches utilisées par DAECH en Syrie et en Irak.

On lit que les cinq principaux pays de fabrication sont dans l’ordre la Chine, l’Union soviétique, les États-Unis, la Fédération de Russie et la Serbie :

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Bon, vous avez compris, l’explication est logique y a du stock saisi sur les armées, de la récupération (ça fait longtemps que l’Union soviétique ne fabrique plus d’armes si vous n’aviez pas remarqué) etc.

Non, ce qui est vraiment important, c’est de regarder l’origine de fabrication des cartouches fabriquées depuis 2010. Et là, on entre dans le vif du sujet :

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Eh oui, vous lisez bien, pour les cinq premiers, dans l’ordre, la Bulgarie (membre de l’UE et de l’OTAN), la Chine, la Turquie (membre de l’OTAN et de l’OCDE), la Serbie (candidat officiel pour entrer dans l’UE) et la République tchèque (membre de l’UE et de l’OTAN)...

Bref, l’Europe, l’OTAN, les États-Unis, etc. personne, non, personne, ne peut rien faire…

À part y mettre encore plus de guerre et de violence en bombardant voire en envoyant des troupes sur place bien sûr.

Télécharger le rapport :

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