Syrie, Irak

Pendant que l’on se « bouffe le nez » sur la question des réfugiés Syriens qui fuient les massacres d’une autre salle guerre, les affaires continuent !

Quand on examine le rapport Conflict Armament Research, Analysis of small-calibre ammunition recovered from Islamic State forces in Iraq and Syria, de Conflict Armement Research on trouve des infos parlantes qui seraient bien utiles si on voulait vraiment agir sur cette guerre…

Par exemple, la provenance des cartouches utilisées par DAECH en Syrie et en Irak.

On lit que les cinq principaux pays de fabrication sont dans l’ordre la Chine, l’Union soviétique, les États-Unis, la Fédération de Russie et la Serbie :

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Bon, vous avez compris, l’explication est logique y a du stock saisi sur les armées, de la récupération (ça fait longtemps que l’Union soviétique ne fabrique plus d’armes si vous n’aviez pas remarqué) etc.

Non, ce qui est vraiment important, c’est de regarder l’origine de fabrication des cartouches fabriquées depuis 2010. Et là, on entre dans le vif du sujet :

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Eh oui, vous lisez bien, pour les cinq premiers, dans l’ordre, la Bulgarie (membre de l’UE et de l’OTAN), la Chine, la Turquie (membre de l’OTAN et de l’OCDE), la Serbie (candidat officiel pour entrer dans l’UE) et la République tchèque (membre de l’UE et de l’OTAN)...

Bref, l’Europe, l’OTAN, les États-Unis, etc. personne, non, personne, ne peut rien faire…

À part y mettre encore plus de guerre et de violence en bombardant voire en envoyant des troupes sur place bien sûr.

Télécharger le rapport :

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Les implications géopolitiques de la crise financière… Extrait.

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“Europe has a central bank. It’s an experiment, to have a central bank and a single money without a central government behind it. Decentralized fiscal policy with centralized monetary policy, how well is that going to work? […] No one predicted that we would enter in a situation where, monetary policy has to be done through aggressive unconventional measures… The normal thing, cutting interest rates, has run out of room because effectively interest were next to zero, so you really need to have the central bank to do other stuffs, like buying long term government debt, like buying commercial paper. All of the things that the Federal Reserve has largely done […] doing that exposes the central bank to risk […] how can the Fed do that? It has an agreement that the US treasure will compensate for any losses, so the Federal Reserve is in a way free to be adventurous because it has the fiscal authority behind it. To WHO does the ECB turn? […] It’s not clear who’s on the phone…”

Les jeux sont faits depuis Maastricht, l’Euro est mort à sa naissance, en sortir serait impossible et catastrophique, y rester l’est tout autant (cf les « PIGS »). Autant résister puisque de toute façon, le château de carte s’écroule…

Gestation d’une société coopérative…

Lorsque je rédigeais les statuts de la SCIC que nous voulions alors créer en 2007, je le faisais en inscrivant noir sur blanc le fil de ce en quoi je crois, ce qui fait sens dans ma vie. Les nombreux débats que nous avions eus à l’époque m’avaient amené à formuler le préambule, la charte et les statuts du projet en y formulant ce qui me paraît être aujourd’hui le seul modèle économique valable pour toute action de création, de développement, de production et de commercialisation de biens et de services.

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Extraits :

« CHARTE du Projet

(…)

Cette charte prend en compte l’ensemble des besoins et des liens qui tissent un territoire, son patrimoine, ses acteurs de développement et ses résidents. Ces engagements s’inscrivent dans un projet de vie (développement ?) durable et d’aménagement du territoire.

L’ensemble des adhérents/sociétaires se fixe comme objectifs les points suivants : respect de l’environnement, qualité des produits, qualité des services, action collective, soutien à l’agriculture paysanne.

La démarche comporte plusieurs approches :

Approche sociale :

Recréer, développer et soutenir les échanges et les concertations entre le milieu agricole, les autres acteurs de développement et les consommateurs (particuliers, collectivités) dans une démarche de proximité visant à renforcer notamment un tissu rural local. Garantir le respect des droits élémentaires et fondamentaux de la personne, refus de l’exploitation des producteurs, respect des droits sociaux du travail (repos hebdomadaire, hygiène, sécurité et santé) et de la protection des enfants dans le travail…,

Approche économique :

L’objectif est de développer des filières de proximité créatrices d’emploi (en favorisant un partage équitable de la valeur ajoutée et une juste rémunération des opérateurs). Pratiquer une politique commerciale de « prix minimum garanti » permettant une juste rémunération des producteurs et des salariés pour subvenir décemment à leurs besoins et à ceux de leurs familles, et s’inscrivant dans un objectif de rentabilité économique de l’activité de production.

Approche territoriale et environnementale :

De nombreuses initiatives sont apparues localement afin de travailler au développement d’une agriculture durable, respectueuse de l’environnement (respect de l’eau, des sols, des paysages). La coopérative s’engage à soutenir ces démarches et favoriser la création de nouvelles activités complémentaires.

Approche éducative :

Volonté de sensibiliser les élus, les gestionnaires, les producteurs et les consommateurs sur les relations entre les modes de production et de consommation des produits alimentaires et de consommation courante, y compris en restauration collective, dans le milieu scolaire, auprès des enseignants et des parents d’élèves…

Les différents acteurs s’engagent à soutenir, par leurs choix de consommation, un cahier des charges commun visant aux objectifs suivants :

Dans le domaine agricole (production, transformation, distribution) :

• Mode de production exempt de tout produit chimique de synthèse (pesticides, engrais de synthèse),

• Maintien de la fertilité des sols par des méthodes écologiques : rotation des cultures, utilisation d’engrais verts…,

• Diversification des productions sur les domaines.

• Participation au sauvetage du patrimoine génétique et à la défense de la semence fermière.

• Exclusion totale, à tous les niveaux des filières, des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés),

• Respect du bien-être animal

• Maintien d’un lien au sol pour l’alimentation animale,

• Liaison au sol de l’élevage obligatoire, les surfaces doivent permettre un accès au plein air des animaux et assurer tout ou partie de leur alimentation et de l’épandage de leurs déjections.

• Protection de l’environnement des domaines en rétablissant les équilibres écologiques (haies, protection de la faune et de la flore…).

• Promotion de la transformation à la ferme et des formes de commercialisation qui responsabilisent producteurs et consommateurs et induisent une dynamique sociale (exemple : fixation des prix).

Dans le domaine environnemental et des énergies :

• Réduction des déchets et de la consommation énergétiques à toutes les étapes de production, de transformation et de transport.

• Promotion de la revalorisation des déchets, notamment par la cogénération.

• Privilégier la proximité pour les ventes afin d’éviter au maximum les pollutions des transports et favoriser le dialogue entre producteurs, consommateurs, transformateurs et distributeurs.

Dans le domaine social :

• Privilégier les domaines à dimension humaine, source de main-d’œuvre, où chacun peut conserver sa dignité et trouver son épanouissement.

• Refus de tout système commercial qui pratique la politique de l’écrasement des prix.

• Création de liens entre les consommateurs et les producteurs par l’organisation de rencontres, visites, dégustations.

• Promotion des productions et transformations locales et artisanales respectueuses de l’environnement.

• Actions sociales et interventions pour encourager et développer les initiatives publiques ou privées répondant aux mêmes objectifs.

Mode d’action :

L’ensemble de ces approches se réalisera sous la forme d’actions complémentaires :

A — Un « point de vente coopératif » de type coopérative de distribution de produits (biologiques, écologiques ou respectueux de l’environnement), provenant soit du plateau ardéchois, soit des zones géographiques les plus proches si les produits ne sont pas disponibles sur le plateau.

Ce point de vente distribuera de manière plus générale des produits courants (épicerie, produits nettoyants, etc.) issus de filières respectueuses de l’environnement.

(…)

B — Un système de soutien à la transformation coopérative visant à regrouper, soutenir et cofinancer les groupements de producteurs adhérents souhaitant créer des ateliers de transformation.

(…)

C — Un système de soutien à la distribution équitable de type « circuits courts » favorables aux producteurs et aux consommateurs :

« Paniers maraîchers » en livraison régulière directe par les producteurs adhérents de la SCIC (selon des contrats avec les consommateurs adhérents),

« Groupement d’achat » qui pourra proposer des commandes collectives en gros ou demi-gros pour les produits de producteurs paysans ou artisanaux non locaux.

(…)

D — Des « services coopératifs » visant à permettre des échanges solidaires :

Ces services organisés dans le cadre de la coopérative, avec éventuellement le soutien des moyens de la coopérative, consisteront en l’organisation et à la mise en œuvre d’une partie des actions de la société coopératives, ainsi que d’autres services d’échange entre les adhérents de la coopérative.

Ces services pourront être valorisés par l’attribution de parts dans la société, ou permettront de bénéficier d’une réciprocité de la part d’autres coopérateurs. »

Hey, I found it!

I have a plan to save our economies and turn back the investments to down to earth wealth creation and this time with environmental preservation, once for all, for the sake of the next generations. It would cost nothing compared to all the billions stolen by the financial serious managers and acclaimed clever investors of the so called* “free market that will self regulates”…

Let’s nationalize The Economist!

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And as a light “go back to school and do your assignments” punishment for each editorial writer of The Econcomist of the last decade, have them to write an essay on: where has the money gone and why financial (unproductive) real economy diverting investments deserve more money then… say… the UN World Food Programme (or just simple SMBs support if that’s too painful for their pen) for example.

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Read on their leader:
“I want your money. No government bail-out of the banking system was ever going to be pretty. This one deserves support…”

This is so… how can I say, mmhh… Unexpected!

Damn, how can anyone take these guys for serious. Will they ever learn something?
And we, the “liberals/green/progressives” are the ones that are not serious?


* you know the saying: “privatize profits, share losses”, don’t you?

NKM – UMP même combat ?

Aaahh Nathalie… (permettez que je vous appelle par votre prénom  ?)

Comme je pense à vous, comme je compatis… Je vous revois encore face à Nicolas Hulot dire avec force conviction que vous étiez engagée dans « l’écologisation de l’UMP »

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Je vous revois encore découvrant votre ministère, appuyée nonchalamment contre le montant d’une porte posant la question qui tue : « La cantine, elle est en Bio ici ? »

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Croyez-vous qu’un jour celle de l’Assemblée Nationale sera aussi en Bio, avec 0,9 % d’OGM ?

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« J’en ai marre d’être confrontée à une armée de lâches » dites-vous ?

Rien que de très normal : Chassez le naturel et il revient au galop…

Comme ceux qui se sont abstenus lors du vote, allez-vous vous coucher pour préserver votre carrière politique, ou aurez-vous le courage d’aller déchirer votre carte de l’UMP sur le bureau de votre cher président ?

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Bref, désormais, en France, nous n’aurons plus le droit de nous alimenter sans OGM.

Vous n’en vouliez pas ? Malgré le fait que vous représentiez la majorité (72 % des personnes interrogées), que les pros OGM sont minoritaires dans le secteur agricole agro-industriel, que la contamination des filières non-OGM est irrémédiable dès lors que les OGM sont en plein champ ; peu importe que les bénéfices des OGM soient contestés et contestables, peu importe que tout cela mette à genou la production agricole alimentaire mondiale face à quelques firmes multinationales…

Je fais mienne la question posée par Greenpeace : « Texte de loi ou acte de vente à Monsanto ? »

Extrait du site de Greenpeace :

« L’Assemblée nationale vient de rédiger l’acte de vente de l’agriculture française à Monsanto, conclut Arnaud Apoteker. Le Premier ministre est le premier à vouloir le signer. Les sénateurs trouveront-ils le courage d’afficher un autre visage ? »

Ce scrutin, caractérisé par une très courte majorité et une abstention inhabituelle, témoigne par ailleurs du manque d’unanimité et de la mauvaise conscience des députés UMP sur la ligne définie par M.Copé et la frange la plus extrémiste du parti. Greenpeace en appelle maintenant au Président de la République : l’intérêt général doit passer avant les intérêts des firmes de semenciers et la politique politicienne.

Je me suis mordu la langue depuis l’élection de Sarkozy, notamment concernant la tartuferie du « Grenelle de l’environnement », parce que je voulais attendre de voir quelle serait la conclusion. Je ne suis pas déçu. Les députés ont donc voté pour la loi qui s’assoit sur les principes fondamentaux de protection de l’environnement, sur les principes de précaution et surtout rend irresponsable celui qui contamine.

Extrait du Petit Robert :

corruption [kCYypsjT] n. f.

• v. 1130; lat. corruptio, de corrumpere  corrompre 

1 (1170) Vieilli Altération de la substance par décomposition. ⇒ Décomposition, pourriture, putréfaction.

2 Littér. Altération du jugement, du goût, du langage. ⇒ Corrompre (I, 2o).

3 Le fait de corrompre moralement; état de ce qui est corrompu. ⇒ Avilissement, dépravation, gangrène, perversion, souillure, vice. Corruption des mœurs. ⇒ dérèglement, dissolution. « Les hommes sont tous pareils, enragés de vice et de corruption » (A. Daudet).

4 Emploi de moyens condamnables (⇒ bakchich, dessous-de-table, pot-de-vin) pour faire agir qqn contre son devoir, sa conscience; fait de se laisser corrompre. Tentative de corruption. La corruption électorale est un délit. Condamné pour corruption de fonctionnaires. ⇒ Prévarication. Être convaincu de corruption. Corruption active, passive.

Quelle définition* du mot corruption parmi celles-ci, pensez-vous qu’il faille utiliser concernant l’adoption de cette loi ?

Y a-t-il encore quelqu’un dans ce pays pour croire qu’il est sain pour la démocratie française que celle-ci soit dirigée par des avocats d’affaires ?

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*Pour ma part, je retiens la troisième, mais sait-on jamais…

(maj à 22:24)

Bousiculture…

Oui je sais, c’est finalement assez facile de taper sur Chirac.

Le discours sur la maison qui brûle était assez savoureux dans le genre « faites ce que je dis pas ce que je fais », ou encore son amour immodéré revendiqué pour les arts premiers et l’Afrique alors que les réseaux de la chiraquie n’ont rien à envier à ceux de Foccart… Ou l’autre, que l’on a un peu vite oublié et qui concernait son « plan cancer »…

J’allais donc écrire que ce qui est fatigant n’est pas tant ce que lui dit (finalement si, voir ci-dessus) que le discours attendri de la presse sur la « chose » de Chirac : l’agriculture.

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Oui, en ces temps de passation de pouvoir, lire, voir et entendre une telle absence de critique sur le bilan de Chirac, un tel respect de « l’amour » de Chirac pour le monde agricole est de taille à vous donner envie de définitivement exclure toute réconciliation avec les médias.

Et d’entendre les dirigeants de la FNSEA dire qu’avec le départ de Chirac, le monde agricole perd l’un de ses plus fervents supporters me fait friser l’apoplexie.

À la limite, admettons que… La françafrique soit loin ou du passé, les affaires de la mairie de paris une sorte de mauvais procès, le plan cancer une erreur d’évaluation, l’absence de préoccupations avant son discours pour l’écologie une timidité face à un monde pas assez mûr pour entendre, le discours sur la fracture sociale une anticipation des vrais enjeux. Ça en fait des occasions ratées de mettre en application un discours non ?

Mais admettons donc…

Mais s’il y a bien un bilan que les agriculteurs devraient faire payer à Chirac à coup de fourche dans les fesses, c’est bien celui de la situation des agriculteurs en France ! D’ailleurs, les agriculteurs devraient •••• Chirac, et la FNSEA avec…

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Quel bilan !

Un monde agricole surendetté (merci la banque des agriculteurs), pris dans une fuite en avant d’hyperproductivité polluante, pressuré par le monde de la grande distribution, réduit à vivre sous les perfusions de la PAC et des diverses aides pour telle ou telle calamité…

Ils ne sont pas fiers les agriculteurs, c’est même eux qui le disent !

On ne peut pas dire que la politique agricole de Chirac et les positions jusqu’aux boutistes soutenues par la FNSEA aient permis aux agriculteurs de retrouver un équilibre pour simplement vivre de leur production, d’avoir la fierté de nourrir les Français avec des choses saines et d’entretenir l’environnement pour les générations futures…

Le monde agricole est exsangue, surendetté ; il détruit durablement l’environnement et les humains à coups de pesticides, il est malade du cancer, en train de disparaître à cause des gros exploitants qui accaparent les terres à coups de subventions…

En bref, c’est l’agonie dans le monde agricole, la maison brûle mais Chirac aime tapoter les vaches et on ne tarit pas d’éloges sur son lever de coude

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Et de fait, je reste sans voix en voyant tous ces agriculteurs saluer Chirac comme quelqu’un qui les aime et qui se soucie d’eux !

Voir des agriculteurs voter pour la FNSEA, pour Chirac et ses successeurs, me fait penser à la remarque de Coluche : « c’est comme voir un crocodile rentrer dans une maroquinerie… ».

Qu’ont fait tous ces gens pour eux ? Ils leur ont tout simplement écrasé la tête dans la bouse. Comme le vote Le Pen, l’augmentation du vote pour la Coordination Rurale devrait pourtant faire réfléchir…

Et ils en redemandent :

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Les images sont extraites du journal de LCI 03/03/2007 à 21h00

Lettre ouverte à François HUMBLOT

Lettre ouverte à François HUMBLOT, suite à sa lettre ouverte adressée à Ségolène Royal, et publiée le 23 février sur le site besoindair.fr.

*PDG d’HUMBLOT-GRANT ALEXANDER

Monsieur,

Je lis avec attention votre lettre ouverte à Ségolène Royal, et, en qualité de tout petit entrepreneur, je me permets de réagir à vos propos qui concernent LES entreprises et l’emploi.

En tant que tout petit entrepreneur, j’ai compris très tôt qu’en France (que j’ai connu après de nombreuses années en Afrique subsaharienne) les valeurs du travail, du respect des lois et des règles du marché, étaient bien souvent érigées en revendications pour la société, et systématiquement bafouées dans la pratique. Le terme de « république bananière » dont mes compatriotes affublaient les pays dans lesquels j’ai vécu, a pris un surprenant éclairage quand j’ai découvert mon pays…

C’est en effet une gageure pour un entrepreneur que de vivre et de faire vivre son entreprise exclusivement de son travail dur et honnête, de qualité, sans travail au noir, sans bidouilles fiscales, sans manger aux multiples offres d’arrangements offertes par des systèmes où se mêlent fonds publics décentralisés et porteurs d’affaires ou conseils en tous genres (formation, consulting, études, etc.).

Oui, dur de simplement faire son travail, à fond, en cherchant à améliorer la qualité, en se formant.

Plus on travaille et plus on fait du bon travail, plus ça devrait marcher non ?

Eh bien non.

Tout comme nombre de gens ayant un « esprit libre », un esprit d’entrepreneur, ne voulant pas faire comme tout le monde, je me suis alors tourné vers l’étranger… À ceci près, que ma démarche, au lieu de m’expatrier, a consisté à trouver des clients exclusivement à l’étranger. Aujourd’hui, je produis un service dans un secteur « compétitif » exclusivement à l’exportation. Pourquoi ?

Pour répondre à cette question, il faut répondre à celle-ci :

Qu’est-ce qu’être une TPE, une PME en France ?

C’est bien souvent être à la fin d’une longue chaîne de sous traitance avec des décisions souvent non négociées, imposées avec comme seul cadre relationnel : « à prendre ou a laisser (même quand cela va à l’encontre de la qualité), si vous ne le prenez pas il y en a d’autres qui attendent ».

C’est attendre jusqu’à parfois quatre mois le paiement des travaux fournis, quand ils ne sont pas contestés au moment du paiement pour essayer de gagner encore du temps.

C’est souvent ramasser les miettes de gros groupes qui sont devenus les fournisseurs attitrés de l’état et des collectivités via un code des marchés publics taillé sur mesure pour eux.

C’est être un pion dans le système féodal des relations ambiguës de la politique et des affaires, amplifiées de manière invraisemblable par la décentralisation…

C’est la pratique courante de commissions iniques, de marges arrière, de contreparties obligatoires, d’emplois imposés ou d’emplois fictifs de la part de donneurs d’ordres…

C’est assumer tous les risques et les engagements des relations employeur/salarié, employeur/organismes collecteurs et entrepreneur/banques en lieu et place des managers et des dirigeants des groupes qui n’assument plus que les dividendes versés à des actionnaires, alors que les bénéfices desdits groupes ont été le fruit de l’investissement, du dévouement, de la démarche qualité et du labeur de chaînes de production tendues pour fournir le meilleur d’elles-mêmes…

Précariser encore davantage les employés de ces PME, c’est admettre que ce système est normal et acceptable** et c’est accentuer encore la pression sur les patrons de ces TPE et de ces PME !

Dans les très petites entreprises comme vous le dites si bien, on ne demande pas d’aides publiques, on travaille dans la production autant que nos salariés, on ne peut compter sur aucun organisme financier, aucune banque, aucun investisseur, aucun soutien…

Mais on veut des écoles pour nos enfants, des infrastructures de transport et d’énergie efficaces et désintéressées, des universités et des hôpitaux parce que justement, on sait ce que c’est que de ne pas avoir les moyens d’aller dans les structures privées, pourtant grassement soutenues par des fonds publics.

Nombre des propositions de Mme Royal sont bien sûr des inepties qui prouvent, une fois de plus, le problème que pose un système de pensée basé sur l’idéologie, alors que nous avons besoin de pragmatisme, de raison, de justice, d’humanisme. Le pendant de son vide sidéral ne doit pas pour autant être un suicide collectif au nom d’une autre idéologie, communément appelée « ultralibérale », qui a mené le monde jusqu’ici dans une fuite en avant mortelle…

À moins de n’en fréquenter que les quelques kilomètres carrés privilégiés et hors de toute réalité, il n’y a qu’à contempler l’état de ce monde pour mesurer le cuisant échec de cette doctrine !

Vous demandez à Mme Royal d’être lucide ?

L’autocélébration de votre réussite vous porte-t-elle donc à croire que vous êtes vous-même plus lucide en nous demandant de scier la branche sur laquelle nous sommes assis ?

Que les grands « capitaines d’industrie », « les investisseurs », les « financiers », reconnaissent à son juste prix le TRAVAIL (!), les compétences, la créativité, la productivité des hommes et des femmes qui travaillent !

Jouons la concurrence lorsque c’est nécessaire, et pas seulement pour augmenter indéfiniment des marges déjà largement bénéficiaires.

Pour un homme ou une femme produisant ou transformant des produits, ou produisant des services aux entreprises et aux personnes, en France, combien d’hommes et de femmes y a-t-il pour évaluer la rentabilité de ces premiers, produire d’innombrables études sur la possibilité de baisser tel ou tel coût, délocaliser, démultiplier les transports, etc.

Quel est le coût réel de cette pratique de l’économie ?

Les pratiques de la grande distribution sont à ce titre exemplaires : combien de productions délocalisées à l’autre bout du monde uniquement pour augmenter les marges des distributeurs, et non comme c’est répété sans fin, pour survivre. Un mal qui tend à la schizophrénie en poussant de surcroît les consommateurs à acheter toujours moins cher les produits qu’ils produisent pourtant eux-mêmes pour se retrouver finalement eux-mêmes sur le carreau…

Il en va de même pour les marchés publics : que les grands « capitaines d’industrie » fournisseurs de l’état acceptent aussi de moins ponctionner ce dernier (tout en feignant de dénoncer le gaspillage dans leurs propres médias) et redistribuent mieux cette manne, de manière juste et pérenne, vers l’ensemble de leur chaîne de production…

L’idée selon laquelle les travailleurs français ne sont pas compétitifs est en soit un piètre renoncement : ils seront toujours plus chers tant qu’ils n’auront pas atteint le prix plancher d’adolescents ou de jeunes étudiants indiens ou sri-lankais… Est-ce donc cela le seul horizon qu’un visionnaire qui revendique d’être lucide est capable de proposer à des masses de travailleurs qui ne demandent qu’à donner le meilleur d’eux-mêmes ?

Je suis un entrepreneur dans l’âme, fourmillant d’idées, de désir d’avancer, de projets. Parce que je suis constamment dans l’effort de la création, de la production, le temps passe vite, très vite. Je me nourris donc de mes échecs comme de mes réussites sans jamais oublier que je suis mortel et que le monde que nous laissons à nos enfants, c’est celui que nous construisons nous-mêmes ! Dans mon entreprise, je crois sans réserve au travail, au dévouement, à l’intelligence, à la créativité, à la recherche, à l’apprentissage permanents…

Je ne demande jamais d’aide à l’état, mais j’exige qu’il joue son rôle pour assurer une organisation juste et cohérente de la société, de jouer son rôle de solidarité, de péréquation des ressources et de contrôle des abus, d’où qu’ils viennent !

Voici, Monsieur, quelques réflexions.

J’ai toujours essayé de donner le meilleur de moi-même pour créer de la richesse collective. Je suis sur un marché international, dématérialisé et en tension permanente. Je sais ce que c’est que de devoir assumer une baisse de marché de 60 % en 2 mois, d’être obligé de licencier et de ne plus prendre de rémunération pour assurer la survie de mon entreprise.

De grâce, ouvrez les yeux sur le monde qui nous entoure, et cessez de nous demander de nous tirer des balles dans les pieds. C’est notre avenir qui est en jeu, et celui de notre beau pays dans un monde qui agonise.

Croyez, Monsieur, à tout mon profond et sincère respect.

** Ce qui n’est pas le cas dans beaucoup de pays qui encadrent de manière beaucoup plus juste les relations donneurs d’ordres — sous-traitants.

Compétitivité, croissance blah blah…

On les entend chroniquer le matin sur France Inter, toutes les heures sur toutes les grandes radios, sur LCI, sur BFM, au journal de 20 heures, sur les sites des grands candidats, partout, nous tenir la jambe à bêler leurs litanies apprises par cœur dans les bréviaires d’économie de « grandes écoles », sans jamais comprendre un mot de ce qu’ils racontent.

Comme ils s’entendent les uns les autres, comme en écho, à longueur de journée, forcément, ils finissent par croire que ce qu’ils disent veut dire quelque chose, même s’il n’y comprennent souvent rien. Des chroniqueurs, tribuns et autres éditorialistes dont la vacuité me laisse voix quand ils analysent (ou éclairent, tiens ça va mieux qu’analyse comme c’était avant sur ce site), chroniquent « l’information économique », les « tendances des marchés » et « la vie des entreprises »…

C’est hilarant (enfin, il y a de quoi rire un peu jaune mais bon), parce qu’ils sont là à nous expliquer ce que c’est que le management des winners et la dynamique de croissance pour la création d’emplois, la compétitivité, etc. alors qu’eux-mêmes n’ont pour la plupart jamais créé une entreprise (oui, là, en bas, tout en bas là, à partir de rien), ou ne serait-ce que leur propre emploi* !

Et avec force termes en vogue : Points, actifs, heures travaillées, entrepreneurs, exception française et autres idées reçues du même acabit, nous expliquent à nous, ceux qui bossent pour faire rentrer des dollars et des euros dans la balance commerciale du pays, qu’on est vraiment des cons et que l’on ne bosse pas assez… Je résume parce que sinon.

Là, dans les réactions à un article, il y en a un qui vient de la maison des trous d’air ** semble-t-il (je ne sais pas qui il est, ça n’a pas d’importance) tout content qui vient et qui commence à nous sortir les phrases qu’on entend partout, du genre :

« La compétitivité/attractivité est le premier ressort de la croissance économique, donc du progrès de l’emploi et du pouvoir d’achat. »

C’est du charabia d’oxyures, un classique du genre !

Je vous laisse aller décoder le missile dans le commentaire numéro 26

* Je ne parle pas des économistes, de ceux qui réfléchissent et analysent l’économie au sens large, mais des journaleux qui font bzzzz dans les oreilles de ceux qui bossent.

** Je devrais dire que Besoin d’air c’est plutôt la Maison des courants d’air, parce que de toute façon, tant qu’on ne bossera pas au tarif d’un enfant de 12 ans dans une lointaine province d’Asie, on sera toujours trop chers pour les « retenir »… Mais bon, c’est un autre débat.

PS : vous ne trouverez qu’une seule idée fondamentalement pertinente et innovante sur le site de la Maison des courants d’air, par un certain Charles Duclos, elle est là, et celle-là, elle ne risque pas d’être soutenue par le MEDEF !

Santé et assurance-maladie : constat et propositions

Si vous ne connaissez pas les excellentes émissions de Pascale Fourier, courrez vous rattraper sur le site de « des sous et des hommes », une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 (en région parisienne).

Le PS, l’UMP et l’UDF nous parlent constamment de la dette de la France qui ferait que… L’on ne pourrait rien faire ! La dette est une réalité qui mériterait de savoir pour quelles raisons l’état s’est autant endetté, et à qui ça a profité, mais ce n’est pas l’objet de cette note.

Fin octobre 2006, l’UFAL (l’union des familles laïques) a été à l’initiative des EGSAM, les États Généraux de la Santé et de l’Assurance-Maladie.

Mettez de côté vos a priori, et prenez donc deux fois 20 minutes pour écouter attentivement les deux émissions des 5 et 12 décembre 2006 avec Bernard Teper, président de L’UFAL.