Le Pays des Hommes Intègres

Parce qu’à l’heure où j’écris ces lignes, le Burkina Faso traverse de nouveau des heures troubles, je ne peux que vous inviter à vous pencher sur l’histoire de ce pays.

Triste événement qui m’offre l’occasion de remettre ici mes docs en cours de tri. Je vous invite donc à écouter et regarder des émissions sur le Burkina Faso et la françafrique, c’est la seule chose que je puisse faire…

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Documentaire vidéos :

Thomas Sankara, l’homme intègre

De : Robin Shuffield – 2006

http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/Doc-Burkina-ThomasSankara-LHommeIntegre.m4v&arve

——

Emissions Radio :

L’Afrique enchantée (France Inter)
Soro Solo & Co

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– Se souvenir de Sankara 55:32
Émission du 12/10/14
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– Nicolas Sarkozy l’Africain 55:57
Émission du 13/05/12
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Rendez-vous avec X (France Inter)
Patrick Pesnot

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– Burkina Faso : Thomas Sankara
Émission du 23/02/2001
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– Burkina Faso : Blaise Compaoré, l’ex-putschiste détrôné 37:37
Émission du 29/11/14
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Culture Monde (France Culture)
Florian Delorme

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– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (1/4) – Retour sur une insurrection populaire exemplaire 52:49
Émission du 02.03.2015
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– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (2/5) – Une transition politique sous tension 52:53
Émission du 03.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-25-Une transition politique sous tension.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (3/5) – La jeunesse et le culte de Thomas Sankara 53:13
Émission du 04.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-35-La jeunesse et le culte de Thomas Sankara.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (4/5) – Les chemins du développement 52:04
Émission du 05.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-45-Les chemins du développement.mp3″]

– Burkina-Faso: L’An I de la révolution (5/5) – Le Burkina face au terrorisme 53:46
Émission du 06.03.2015
[fvplayer src=”http://silva-rerum.net/medias/files/Burkina/CMONDE-Burkina-Faso-55-Le Burkina face au terrorisme.mp3″]

Et aussi :

Les Enjeux Internationaux (France Culture) – Burkina-Faso. Les premières leçons politiques et régionales de la chute du président Compaoré 12:07

Émission du 24/11/14

éclectik « embedded »…

éclectik est une des rares émissions radio, avec L’Afrique Enchantée et Des Sous et Des Hommes*, qui me donnent envie de me poser et de l’écouter tranquillement, parfaitement — pas béatement toutefois…

Comme son nom l’indique, elle est éclectique, et nous amène parfois à la rencontre de personnages auxquels on ne s’intéresserait pas forcément de soi-même, ou qui nous permette de rencontrer ceux auxquels on s’intéresse déjà… Plus encore, elle sait allier un temps posé de l’interview, du dialogue, de l’écoute et de l’expression, presque intime, mais jamais déplacé, avec le temps de l’actualité, avec des regards parfois incisifs, des digressions… Je l’ai toujours enregistrée pour pouvoir, même des mois après, me poser et l’écouter tranquillement, ou l’écouter et l’écouter encore sur la route.

éclectik, c’est ma gourmandise en somme. Chacun la sienne.

C’est étrange, en regardant le portrait d’Emmanuelle hier soir sur Arte, dans l’émission Métropolis, dont une partie a été tournée à la maison, ça m’a fait un drôle d’effet de voir mes photos intégrées dans le document, et ce n’était pas d’avoir vu mes photos « à la télé » qui m’a fait cet effet-là, pas du tout, j’ai même détesté le fait d’être filmé en train de préparer le déjeuner pour l’équipe de tournage et Emmanuelle ; non, c’était d’entendre la voix de Rebecca Manzoni parler et de voir ces photos, parce que certaines d’entre elles sont véritablement, affectivement, imprégnées d’éclectik, avec sa voix, justement.

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Par exemple, j’amenais Lola, puis Paul, le matin à l’école, en traversant le plateau dans la burle, le soleil, la pluie, le vent, la brume ou tous ces éléments à la fois, tout en écoutant éclectik. J’ai fait certaines photos, j’ai tourné certaines séquences, avec en « fond sonore » éclectik qui me donnait du recul par rapport à la situation, et la situation qui me donnait du recul par rapport à l’émission, un aller-retour intérieur très émouvant, très riche. Entendre les chroniqueurs africains parler des pays de mon enfance révélait en moi la blessure de l’absence, du manque de l’Afrique, et donnait encore davantage de relief au décalage entre mon désir d’Afrique et ma présence physique dans un environnement si différent.

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Souvent le matin, la beauté du paysage, la rigueur des éléments se nourrissaient de la voix de Rebecca qui en retour, se posant de manière parfois si décalée sur mon environnement, devenait encore plus prégnante, plus enveloppante. Et là, le mot qui va bien, c’est « justement »…

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Bref. Quand, à la fin de l’interview de Vincent Lindon, ce dernier dit « ça m’a fait très plaisir », et que Rebecca Manzoni lui répond « moi aussi », on a spontanément envie d’ajouter « moi aussi ».

Les Chroniqueurs africains me manquent énormément, mais bon…

Comme je l’ai écrit dans la note précédente, j’ai profité de l’agression récente contre le site pour mettre à jour le contenu, j’ai donc mis à jour les pages de mes archives audio, avec la plupart des émissions d’éclectik dont je dispose (il reste du travail sur la saison 2008/2009).

* Maintenant remplacée par J’ai dû louper un épisode.

[edit: 09/2015]

Esprit critique ?

Jeudi 23 avril, Guillaume Erner * hagiographe d’Arielle Dombasle, elle-même interrogeant Alain Finkielkraut, Bernadette Chirac… C’est à se demander si Philippe Val n’a pas pris les rênes d’Inter !

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Plus sérieusement, le degré zéro d’autocritique d’Arielle Dombasle dans son album et dans la justification qui l’accompagne rejoint celui de son compagnon dans l’hagiographie qui lui a été consacré : « La Déraison dans l’Histoire », documentaire absolument hallucinant consacré à Bernard-Henri Levy commis par Eric Dahan. À regarder sans retenue jusqu’à l’écœurement.

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© FRANCE 5, INTENSER

France Inter devient-elle… Rance Inter ?

*sous sédatif ?

Révisionnisme

Extrait du Petit Robert :

révisionnisme [YevizjCnism] n. m.

• 1907; de révision, d’apr. le russe

Position idéologique préconisant la révision d’une doctrine politique dogmatiquement fixée. Voir : réformisme. Le révisionnisme poststalinien, dans les partis communistes.

(v. 1985) Position idéologique tendant à minimiser le génocide des Juifs par les nazis, notamment en niant l’existence des chambres à gaz dans les camps d’extermination. Voir : négationnisme.

Dans l’émission « J’ai mes sources » du lundi 20 avril 2009, la « journaliste » Colombe Schneck (je mets des guillemets sciemment), présente et participe à une discussion autour de la chronique de Pierre Langlais qui parle d’un des héros de la série « Rescue me » qui défend l’idée d’un « Inside Job » concernant les attentats du 11 septembre 2001…

Dans son introduction du sujet et dans ses propos, Colombe Schneck utilise le terme « révisionniste » pour qualifier ceux qui parlent d’un complot intérieur à propos des attentats. Il ne fait aucun doute que pour Colombe Schneck, ce n’est pas à la première des définitions de « révisionnisme » présentées ci-dessus qu’elle fait référence, mais bien de la seconde : cette « position », pour le moins polémique, défendue par nombre d’états-uniens, est de manière générale systématiquement présentée comme douteuse, stupide, fascisante, insupportable dans les médias traditionnels.

Douteuse ? Soit !

Personnellement, je ne me sens pas le droit de dire quel est le vrai du faux. Je ne suis pas journaliste.

En revanche, un « journaliste » qui présente un point de vue différent de la doxa et qui l’assimile directement au révisionnisme, hors de toute question liée à la Shoah, ne me semble tout simplement pas acceptable. En réalité, je suis sur internet les différents développements de cette thèse depuis qu’elle s’est fait jour, et je me contente d’écouter, de lire et de regarder les arguments présentés par les différents « partisans » de la théorie du « complot intérieur » et si la plupart de leurs arguments me paraissent grossiers, quelques-uns mériteraient quelques éclaircissements… J’attends avec impatience des contradicteurs offrant des arguments construits et étayés.

Quand on ne craint pas ses adversaires, ou ses contradicteurs, on n’a pas peur de débattre.

J’aurais cru que le rôle d’un journaliste était de permettre au débat d’avoir lieu, de présenter les faits et éventuellement les différents points de vue.

Pour Colombe Schneck donc, quelqu’un qui n’est pas d’accord avec elle est un « révisionniste ».

Ça laisse songeur.

« Une bonne dose de démocratie »

À l’instar de Nicolas Demorand qui s’exclame ce matin (6 février 2008), avec verve et sa certitude habituelle, que la campagne des primaires américaines montre une « une bonne dose de démocratie », l’ensemble des médias français, toutes tendances confondues, n’a d’yeux que pour l’affrontement Obama / Clinton coté Démocrates, et Huckabee / McCain coté Républicains…

On vous donne le choix entre vous pendre ou vous tirer une balle dans la tête, vous n’allez pas dire qu’on vous empêche de vous exprimer !

Du côté des « grands médias », évidement, on ne pouvait s’attendre à autre chose, mais pour ceux qui ont fustigé, à juste titre, l’orchestration du débat de la campagne des présidentielles françaises par les services de communication du PS et de l’UMP, débat tronqué qui a servi à des prises d’otage telles que « voter Sarkozy, c’est être d’accord avec la ratification du mini traité européen par la voie parlementaire », ou « voter Royal, c’est approuver la privatisation des services publics » on aurait pu espérer un peu plus de recul…

Peut-être faut-il aussi y voir là aussi le résultat d’un lobbying des groupes républicains et démocrates dans la capitale française, où le suivisme et la consanguinité médias, « philosophes », services de com et partis politiques se révèle une fois de plus impossible à contredire.

Suite à un échange avec Philippe sur sa note du 5 février « est-ce que le pays est prêt pour élire un Noir à la Maison Blanche ? » je reprends ici mon argumentation :

Personne ne parlera par exemple de Ralph Nader, et des candidats verts (accusé par une partie de l’extrême gauche d’avoir fait perdre les Démocrates contre Bush) et des réflexions proposées par des penseurs de la société étatsunienne comme Chomsky ou Zinn qui sont beaucoup plus proches de la réalité du peuple américain, et qui soulignent brillamment que ce peuple caricaturé à loisir ici, a toujours été historiquement par défaut contre la politique impérialiste de son pays, pour une meilleure répartition des richesses, une réelle protection sociale publique mutualisée et la défense des libertés publiques, mais qui ne vote plus parce que ces questions fondamentales restent totalement absentes des mises en scène médias (médias dont il ne faut pas oublier qu’ils ne sont plus tenus à une quelconque obligation de temps de parole dans la campagne électorale).

Républicains / Démocrates ? Et les autres alors ?

Obama, présenté par les médias complaisants pour les Démocrates comme une sorte « d’héritier » de valeurs sûres telles que Marthin Luther King et JFK, reste d’une certaine façon un faux nez pour esquiver les vrais enjeux de la faillite de la société américaine :

– L’emprise, ou plutôt la préemption (!) de la richesse produite par les Américains, désormais gagées pour des générations par un couple Marchands de canons/Médias : la faillite et le surendettement de l’économie américaine auprès de créanciers dont le peuple américain devrait légitimement se préoccuper. Georges Bush annonçant un plan de 3,1 trillions de dollars visant à augmenter les dépenses militaires… C’est la fuite en avant. Ne posons pas la question : à qui profite le crime ?

– Faillite du libéralisme Reaganien (et au-delà) avec une paupérisation extrême de la société. Les USA de 2008, hormis quelques km carrés privilégiés ça et là, c’est l’Afrique de mon enfance, où l’on marche dans une rue aux façades cossues et en tournant le coin de la rue, on découvre les quartiers abandonnés alentours où s’affairent des survivants qui vivent de la débrouille et des petits boulots aux services de la classe dominante. Il ne faut pas oublier la Nouvelle Orléans, catastrophe symptomatique de la situation. Alors que justement c’est Mardi Gras, on ne va justement surtout pas parler de cela !

– Etc.

[…]

Bon c’est lassant, pas la peine d’en rajouter…

Oui mais…

Anne Cécile Robert* a publié un article qui ouvre un certain optimisme sur l’Afrique.

L’Afrique est peut-être en passe de vivre un tournant, un espoir pour une seconde et réelle indépendance ?

“ Au-delà de la bienveillance carnassière de la « communauté internationale » ”

Ça ne vous paraîtra pas forcément évident de faire le lien comme cela, mais il m’est impossible d’éviter d’aller dans cette direction…

Compte tenu de la malédiction du pétrole ainsi que des formidables ressources minières, il y a de bonnes raisons d’être sceptique. D’autant que réfléchir sur le devenir de l’Afrique et regarder en face la réalité de ce qu’il s’y passe permet de voir dans le miroir la réalité des mécanismes qui nous gouvernent, notamment ici, dans notre patrie des droits de l’homme

Il suffit d’abord de considérer que l’occident a toujours joué des coups d’État, de la manipulation et de l’oppression par des dictatures en tirant les ficelles depuis le cœur même de nos grandes institutions démocratiques. Outre la contradiction entre la réalité des politiques étrangères menées par nos dirigeants et leurs discours démocratiques, nous savons aussi, même si nous feignons encore de l’ignorer tant cette réalité est dure à affronter, que ces méthodes finissent par s’appliquer à nos propres peuples.

Aux États-Unis comme en Europe, alors que l’on a, en apparence, les mécanismes de la démocratie, la réalité du pouvoir et des prises de décision échappe finalement aux peuples pour se retrouver concentrée aux mains de quelques hommes d’affaires, de quelques familles et professionnels des appareils de partis.

Même au sein de l’Europe, la soi-disant grande maison commune, nous n’avons aucune raison de nous sentir « à l’abri » : parce que ses institutions se sont quasiment exclusivement constituées, au détriment de tout le reste, autour de la loi du marché, avec une mise en concurrence acharnée et contre-productive pour les classes populaires, les fruits de sa prétendue « croissance » se sont retrouvés finalement toujours concentrés aux mains des mêmes.

Et non, nous ne sommes pas à l’abri de « guerres » ou de très difficiles lendemains parce que là où les déceptions des populations grandissent, s’affirment jusqu’à l’écoeurement, c’est la logique de la peur, de la pression et des aspirations réactionnaires qui reviennent en force.

Au rythme où vont les choses, l’Afrique pourrait, au prix d’énormes efforts pour se débarrasser de ses parasites, se retrouver dans une position certes améliorée, mais en ayant en face d’elle un occident en proie à des convulsions nationalistes et autoritaires, sous le joug de pouvoirs manipulant les valeurs sécuritaires, et méprisant la vie privée et les droits les plus fondamentaux au non même d’une vision bien cynique de la démocratie.

La gronde des laissés pour compte de l’Europe libérale va en s’amplifiant, notamment à l’est avec les déceptions engendrées par le passage d’une économie planifiée misérable à une économie libérale qui a explosée, mais au profit des mêmes apparatchiks.

Le prochain Hitler, le prochain Mobutu, le prochain Saddam, le prochain Franco, le prochain Mussolini, ces marionnettes mises en place par les éminences grises, arrivera aussi sûrement à l’Élysée ou dans une autre de nos prétendues démocraties européennes que dans un pays dit « du sud ». Nous en avons un exemple tellement énorme qui nous toise depuis l’autre côté de l’atlantique que nombre d’entre nous feignons de ne pas le voir.

Il n’y arrivera pas par un coup d’État à l’ancienne, mais en usant de toutes les ficelles de la manipulation que les « think tanks » et les « spin doctors » grassement payés par les grandes familles lui mettront à sa disposition, en surfant sur une vague populiste grossièrement créée et savamment orchestrée

À l’heure ou en France on célèbre les justes, à l’heure ou on salue le combat de l’abbé Pierre, les listes de ceux qu’il faudra surveiller, voir venir chercher en premier, sont déjà prêtes…

Paranoïaque ? mmmhhh…

L’Histoire n’est pas juste une affaire de spécialistes penchés sur le passé.

Jusqu’à quand allons-nous dormir ?

*Sa dernière intervention dans « Là-Bas » dans la série « Autour du Diplo » du 9 janvier 2007 condense en quelques mots ce que j’essaye de bafouiller dans mes notes et c’était vraiment une bouffée de cohérence salutaire.

P. S. : Pour ce qui concerne les programmes des partis, nous sommes assez intelligents, j’espère, pour lire entre les lignes des programmes leurs contradictions intrinsèques et grossières, et d’en tirer les conséquences.

Si je ne me place que du point de vue du petit patron que je suis — qui bosse à l’export, sans aides publiques, sans marchés publics, etc. — j’ai toutes les raisons d’être terrorisé (!) par les programmes portés par les partis dits de droite. Et si le parti du centre semble aller dans une direction qui lui est propre, il ne faut jamais oublier qu’il s’est toujours démarqué de ses amis de droite pendant les campagnes pour finalement s’y rallier en dernier ressort.

Quant aux partis dits de gauche, ils sont carrément largués, mais ça, c’est une autre question.

P. S. 2 (07/02/07) : J’ai mis un lien dans cette note vers un site : http://www.syti.net/ sur lequel on trouve pas mal de notes avec un point de vue argumenté… Las, je n’en partage pas totalement tous les points de vue, notamment sur les « maîtres du monde ». Plutôt que le complot, ne serait-ce pas la fuite en avant éperdue d’un système dont la propre incohérence et la médiocrité ont provoqué un effondrement généralisé qui entraîne tout sur son passage…

Là-Bas et le Rwanda…

J’avais laissé ce message sur le répondeur de Là-Bas ce matin (ce mardi 9 janvier), mais il n’a pas été diffusé. C’est vrai que je m’y exprimais très mal (je me demande si c’était audible même) mais j’ai particulièrement apprécié ce qui a été dit sur le Rwanda…

Salut Daniel,

Je voudrais répondre à l’auditeur qui est revenu sur ta « prudence » à propos des derniers événements concernant les relations entre la France et le Rwanda.

Tout d’abord, comme tu l’as fait remarquer, Colette Braeckman a rédigé un excellent article dans le dernier diplo et je rêverais que tous les gens qui s’intéressent à la politique Française en général le lisent. Si l’on se réfère aux propos de Pierre Péan face à la position de F.X Verschave puis à celle, bien opportuniste, aujourd’hui du juge Bruguière, on a la en effet un pur produit de la françafrique.

Il y a des querelles de spécialistes pour savoir si oui ou non, la France a, en connaissance de cause, formé les futurs génocidaires, si elle les a aidés à s’organiser, si elle a réglé les hausses des armes lourdes avant de laisser la place aux militaires rwandais pour faire feu, si elle a participé à l’attentat contre Juvénal Habyarimana, si elle a volontairement laissé faire tel camp, ou empêché tel autre, etc.

L’Afrique et la France, dès qu’il s’agit de médias et de politique, reste un tissu de grenouillage et de désinformation (de tous côtés) au milieu duquel se trouvent les vérités, là, comme le nez au milieu de la figure, et, si un des moyens pour comprendre ce qu’il s’y passe peut être l’accès aux archives, comme tu le dis, il y a un autre moyen plus simple qui n’est hélas, que très rarement utilisé par les médias : c’est d’interroger publiquement les Belges et les Français qui étaient sur place les années et les mois avant le génocide, voire ceux qui ont été évacués.

Chez les Occidentaux qui vivent sur place presque tout se sait, on en parle à table entre « passe-moi le sel » et « je prendrais bien du dessert », et ce serait particulièrement intéressant d’entendre les témoignages de tous ces gens. Pas forcément les diplomates, mais les petites mains, les employés de sociétés européennes, les gens qui avaient leur petite entreprise sur place, les coopérants, leurs enfants, etc.

Pour te donner un autre exemple, hormis quelques petits reportages par-ci par-là pour montrer que les Français qui ont précipitamment quitté la Côte d’Ivoire lors des derniers événements, ont pour certains, tout perdu, pourquoi n’y a-t-il jamais de grande enquête ou de soirée spéciale de reportage, de document et surtout de débat dans les grands médias sur les mois et les années qui précèdent les événements. Mais pas seulement avec les protagonistes (victimes, bourreaux, militaires) pas seulement des experts, des journalistes et des politiques, non, avec des gens qui vivaient sur place, des petites mains du système…

C’est un peu comme une « maladie honteuse », on n’en parle pas.

Parce que toute cette dispute autour de l’autopsie du peuple Rwandais (mais on pourrait parler de bien des histoires françafricaines, et je ne veux pas du tout minimiser le génocide), tout ce débat donc c’est un peu l’arbre qui cache la forêt : la vraie question reste : Que fait la France en Afrique ? Je ne parle pas des tartes à la crème de la supposée aide au développement, ou des accords militaires ou de coopération, ou des relations HISTORIQUES, etc. Je ne parle pas, en soi du fait que des Français y vivent, là comme ailleurs dans le monde. Non, que fait la France en Afrique ?

Si on parle de la France au Rwanda et de son rôle dans la tragédie du Rwanda, et pas du rôle éventuel de l’Allemagne, du Japon ou du Brésil, c’est parce que la France, ELLE, y était. Et qu’y faisait-elle vraiment ? Quand le président parle dans ses voeux de l’engagement des militaires français dans le monde, qui se demande où ils sont et ce qu’ils y font ?

Bon, j’ai une idée de la réponse, mais je ne vois pas beaucoup de gens qui se posent la question, ce qui est vraiment dommage, parce que c’est un nœud qui est vraiment au cœur de la république. Comprendre la Françafrique, c’est mettre à nu tous les rouages de notre belle république et des partis dits de gouvernement.

Attends, j’ai un petit jeu : vous vous souvenez du Biafra ? Et bien, que se passe-t-il au Darfour ? mmhh ? Que fait la France au Tchad, en République centrafricaine et à Djibouti ? Djibouti, ça ne vous dit rien ?

Et au fait, y’a pas un journaliste français qui était témoin direct des événements au Rwanda, mais qui connaissait aussi le Burundi, l’Éthiopie, la Somalie ou encore tiens justement le Soudan, et qui a été assassiné, tiens tiens, en Cote d’Ivoire ?

La France en Afrique, c’est une grosse pelote où tout s’emmêle… Mais…

Il faut tirer tous ces fils, parce que c’est là, là ! Sous nos yeux !

Bon allez, merci à toute l’équipe de Là-Bas.

« Les patrons contre la finance »

J’ai eu l’audace d’aller bafouiller ça sur le répondeur…

« À propos de l’émission « Là-bas si j’y suis » du 29 novembre 2006.

Salut Là-bas,

Je suis heureux qu’enfin Daniel, tu abordes ce débat, que tu portes cette parole sur les ondes, il était temps.

J’interviens, chaque fois que je le peux, dans les réunions publiques, les collectifs antilibéraux, etc. en tant que citoyen, mais aussi, et surtout, en tant que, petit patron. Certains auditeurs d’Aubenas s’en souviendront puisque je suis de nouveau intervenu lundi et mardi derniers, lors de la conférence de Gérard Filoche et celle du collectif antilibéral d’Aubenas.

Et j’interviens pour y dire quoi : que parmi les petits patrons de PME, parmi les indépendants, les professions libérales, les agriculteurs, les commerçants, etc. il y aussi des gens qui sont vraiment de gauche, des gens qui comme moi font des bonds de colères quand ils entendent Madame Parisot, et qui considèrent que la financiarisation de l’économie est une plaie, que la bourse est une ponction contre-productive sur le produit des entreprises, et qui pensent que le rôle de l’état est primordial et doit être restauré avec de vrais services publics.

J’interviens parce que je crois que dans le mouvement antilibéral, les petits patrons ont toute leur place pour proposer et construire l’avenir, avec par exemple une réforme de la sous-traitance, une réforme juste des marchés publics pour éviter que les grands groupes deviennent des rentiers de l’état, pour exiger des réformes de l’état afin que l’argent que nous sommes fiers de cotiser retourne là ou il doit aller, à la collectivité, à l’action publique, pas a des rentes de situations que se partagent des hommes d’affaires avec la complicité de certains politiques et hauts fonctionnaires, pas a des rentes de situations mises en place par une décentralisation qui à en réalité réinstauré un système féodal en France.

[…]

J’interviens pour dire que pour les patrons aussi, la concurrence acharnée et débile de la mondialisation est inacceptable et n’est pas une fatalité, que cette absurdité du moins-disant, que la mise à sac de la protection sociale, que la règle du laisser-faire et de la dissimulation, tout cela doit être combattu.

J’interviens aussi pour dire que les petits patrons ne rêvent pas tous de rouler en berline de luxe et de passer leurs vacances au soleil, j’interviens pour dire que les petits patrons, comme leurs employés, ont aussi des familles, une vie, et veulent pouvoir dormir la nuit, participer l’action collective, être des citoyens dans un monde plus humain.

Merci encore Daniel d’ouvrir le débat sur cet aspect…

Nous ne devons pas laisser le MEDEF nous voler notre parole ! Le patron du MEDEF, n’est pas le patron des patrons et il serait temps de dénoncer cette imposture…

Si je parle ici, dans ce répondeur, c’est que je suis inquiet, très inquiet de la tournure des événements : beaucoup, beaucoup d’artisans, de commerçants, de petits patrons, d’indépendants, qui se sont laissés embobiner par les discours poujadistes de la droite, se rendent compte que cette droite les a trahis parce qu’elle roule pour les plus gros, parce qu’elle se moque de leur travail, de leur avenir, et ces déçus de la droite ne vont pas au centre, ou vers ceux qui se disent sociodémocrates, non, ils vont à l’extrême droite, car ils veulent maintenant faire tomber tous ces nantis, ils veulent les faire payer et là, ça sent très mauvais.

[Si l’UMP l’emporte, aux présidentielles, mais surtout aux législatives, surtout, aux législatives ! Les réformes qu’ils ont dans leurs cartons vont mettre le pays à feu et à sang, il faut absolument gratter derrière la façade pseudo-démocratique et aller voir quelles sont les vraies réformes que l’UMP prépare réellement, ce qui va être voté dès qu’ils auront reconduit leur mandat.]

Et donc j’en profite, j’invite donc tous mes collègues, -je ne sais pas si le terme est approprié, -, patrons, artisans, commerçants, professions libérales, à ne plus considérer les collectifs antilibéraux et leurs militants comme des pseudo-communistes d’un autre âge, mais à se rendre compte par eux même de la vision d’avenir qu’ils portent.

S’ils refusent d’être entraînés dans une spirale infernale qui nous mène TOUS tout droit dans le mur, je les invite à rejoindre les collectifs antilibéraux, les collectifs du 29 mai, pour faire entendre leurs voix, pour participer à l’élaboration d’un programme constructif, réaliste, pour que la France et l’Europe sortent du système infernal que des fous furieux nous préparent. Il faut que ces patrons participent aux vraies réformes et aux vrais enjeux pour que nous ayons tous, ensemble, un avenir !

Pour un MOUVEMENT DES ENTREPRISES SOLIDAIRES, rejoignez les collectifs du 29 mai !

Voilà, j’espère que vous allez continuer sur cette lancée ! »

Pour m’engueuler, ou créer un nouveau mouvement pour des entreprises solidaires, @silva-rerum.net

Où va France Inter ?

Bon ben voilà, « Où va France Inter ? », « Rance Inter » comme l’avait qualifié certains*, est une question qui me fait, à moi aussi, soucis.

Au vomi poujadiste et consumériste gerbé sur l’ensemble des médias privés du PAF, je préfère les enregistrements programmés et choisis des émissions d’inter** (et d’ailleurs) qui m’intéressent et que je peux écouter et critiquer*** à loisir.

Donc voilà, il y a une soirée débat ce soir au Gymnase Japy, à Paris. Super, je veux y aller, je m’organise à la dernière minute, etc. Et puis…

Après un divorce houleux dans le bureau, une série d’arguments et de contre arguments valables comme excessifs, et une réflexion approfondie, je n’y vais pas.

Non pas que je ne veuille pas rencontrer des gens actifs, non pas que je ne veuille pas participer au débat, mener des actions, créer des réseaux et apporter, éventuellement, une pierre au petit édifice alternatif qui grandit… Non pas que je ne veuille pas éventuellement croiser dans la vraie vie des gens qui semblent sur les ondes avoir des valeurs proches des miennes…

Mais voilà, c’est à Paris.

Ce n’est pas écologique, c’est élitiste (ça fait quand même pas loin de cent euros de train même avec ma carte famille nombreuse) et c’est « parisien », serait-ce bobo ? J’espère que non, mais comment le saurais-je ?

*Notamment à cause de la position largement OuiOuiste défendue sans arguments par de nombreux intervenants durant la campagne référendaire

**Là-Bas, eclectik, Rendez-vous avec X, Le Pont des artistes, CO2, Pollen etc. mais aussi pour la critique le 7/9, le téléphone sonne, Système disque et quelques autres.

m.à.j. le 30/06/2006 :

Il faut entendre « (…) par l’ensemble des médias privés du PAF ».

*** éventuellement…

Chroniques marchiennes

France Inter le vendredi 16 juin, émission e-clectik :

Il y avait, comme d’habitude, quelque chose de totalement surréaliste à entendre Alberto Toscano introduire son propos avec des trémolos dans la voix en parlant d’un enfant défiguré, puis très remonté contre la presse qui ne dirait pas toute la vérité quand on parle des agressions par chiens dangereux :

« Il y aussi si vous me permettez Rebecca, un problème dans le problème, la façon ou, la presse, parfois parle de ces choses. »

Alors là, on pourrait s’attendre à une dénonciation de l’exploitation émotionnelle et du racolage pratiqué par les médias et les effets d’annonce d’un certain ministre de l’intérieur en campagne…

« Dans le premier cas il s’agissait d’une personne qui se baladait dans la rue avec un chien, une personne qui était qualifiée en tant que SDF, et parfois on a peur de dire que quand on voit des SDF dans la rue avec la bouteille de vin et des chiens à côté qui ne sont pas muselés et qui sont parfois, parfois, on le dit dangereux, je ne suis pas un expert de chiens non plus ».

Rebecca n’y tenant plus (je n’aurais pas eu autant de patience) : « Cela dit »…

Mais il ne se démonte pas : « On a peur, on a peur, (Rebecca intervient à nouveau, mais il ne se démonte pas, on l’imagine emporté dans son combat pour la vérité, porté par tout un peuple de petites vieilles réactionnaires, exultant derrière leur poste en maugréant « vas-y Alberto » avec leurs youkis dans les bras) on a peur de lancer un cri d’alarme dans ces cas-là et la police n’intervient pas. »

Mais que fait la Police ? Bon, la suite, vous écouterez…

[audio:20060616_ECLECK.mp3]

En général, les médias poubelles et racoleurs qui dominent dans les kiosques et sur les ondes ne se privent pas de préciser les origines « ethniques » (enfin, quand elles sont autres que « blanches » avec 5 générations au cimetière du coin) des agresseurs d’enfants et de petites vielles, ou de remplir leurs colonnes, éditos et rubriques de SDF avinés rançonnant à l’aide de chiens agressifs le bon peuple.

Notons donc que selon Alberto, il est plus que temps de dénoncer le politiquement correct qui fait qu’on ne peut pas parler de ces choses-là.

Mais ce n’est pas tout…

Puis d’entonner plus loin un discours affligé sur la façon dont les opérateurs traitent les gens (il semblait vouloir insister sur un grand opérateur, et mon petit doigt me souffle, à entendre l’énervement du monsieur, que ce doit être notre ex-opérateur national, mais je ne peux pas le prouver hélas).

D’abord, Alberto Toscano introduit son propos sous l’angle tarte à la crème « économies pour les petites gens » qu’il serait possible de réaliser grâce aux boîtiers ADSL qui font télévision, téléphonie et Internet : les personnes âgées.

Comme si des populations entières de petits retraités sans le sou attendaient qu’enfin les opérateurs se décident à avoir un comportement un peu plus moral au lieu d’essayer de gagner un maximum d’argent sur de la communication en vendant du toujours plus et des appels payants aux services d’assistance.

Ah bon ? Les opérateurs se feraient de l’argent en vendant des produits qui ne marchent pas forcément bien et racketteraient les pauvres utilisateurs perdus ? Ah mais c’est scandaleux, c’est une honte ma chère madaaame !

En fait que veut-il, Alberto ?

– L’accès pour tous à des technologies modernes qui permettraient aux plus modestes de réaliser des économies…

– Une assistance par des gens compétents, désintéressés et disponibles tout le temps…

– Un service à moindre coût…

Et bien tout ça, ça s’appelle un service public Monsieur Toscano.

À force de taper comme des malades sur ces « feignants de fonctionnaires » qui ont « ruiné la France » (une autre grande vérité qu’on n’ose pas dire), l’ex opérateur désormais privatisé a pris le discours libéral au pied de la lettre : tout pour gagner un max, vous voulez des services, vous aurez ce qu’on voudra bien vous donner et vous aller raquer. Péréquation des ressources, aménagement du territoire, accès pour tous etc. c’est la mission de service public, et ça, c’est terminé, circulez !

Il est « journaliste » où Alberto Toscano ? À France Dimanche ?