« Les patrons contre la finance »

J’ai eu l’audace d’aller bafouiller ça sur le répondeur…

« À propos de l’émission « Là-bas si j’y suis » du 29 novembre 2006.

Salut Là-bas,

Je suis heureux qu’enfin Daniel, tu abordes ce débat, que tu portes cette parole sur les ondes, il était temps.

J’interviens, chaque fois que je le peux, dans les réunions publiques, les collectifs antilibéraux, etc. en tant que citoyen, mais aussi, et surtout, en tant que, petit patron. Certains auditeurs d’Aubenas s’en souviendront puisque je suis de nouveau intervenu lundi et mardi derniers, lors de la conférence de Gérard Filoche et celle du collectif antilibéral d’Aubenas.

Et j’interviens pour y dire quoi : que parmi les petits patrons de PME, parmi les indépendants, les professions libérales, les agriculteurs, les commerçants, etc. il y aussi des gens qui sont vraiment de gauche, des gens qui comme moi font des bonds de colères quand ils entendent Madame Parisot, et qui considèrent que la financiarisation de l’économie est une plaie, que la bourse est une ponction contre-productive sur le produit des entreprises, et qui pensent que le rôle de l’état est primordial et doit être restauré avec de vrais services publics.

J’interviens parce que je crois que dans le mouvement antilibéral, les petits patrons ont toute leur place pour proposer et construire l’avenir, avec par exemple une réforme de la sous-traitance, une réforme juste des marchés publics pour éviter que les grands groupes deviennent des rentiers de l’état, pour exiger des réformes de l’état afin que l’argent que nous sommes fiers de cotiser retourne là ou il doit aller, à la collectivité, à l’action publique, pas a des rentes de situations que se partagent des hommes d’affaires avec la complicité de certains politiques et hauts fonctionnaires, pas a des rentes de situations mises en place par une décentralisation qui à en réalité réinstauré un système féodal en France.

[…]

J’interviens pour dire que pour les patrons aussi, la concurrence acharnée et débile de la mondialisation est inacceptable et n’est pas une fatalité, que cette absurdité du moins-disant, que la mise à sac de la protection sociale, que la règle du laisser-faire et de la dissimulation, tout cela doit être combattu.

J’interviens aussi pour dire que les petits patrons ne rêvent pas tous de rouler en berline de luxe et de passer leurs vacances au soleil, j’interviens pour dire que les petits patrons, comme leurs employés, ont aussi des familles, une vie, et veulent pouvoir dormir la nuit, participer l’action collective, être des citoyens dans un monde plus humain.

Merci encore Daniel d’ouvrir le débat sur cet aspect…

Nous ne devons pas laisser le MEDEF nous voler notre parole ! Le patron du MEDEF, n’est pas le patron des patrons et il serait temps de dénoncer cette imposture…

Si je parle ici, dans ce répondeur, c’est que je suis inquiet, très inquiet de la tournure des événements : beaucoup, beaucoup d’artisans, de commerçants, de petits patrons, d’indépendants, qui se sont laissés embobiner par les discours poujadistes de la droite, se rendent compte que cette droite les a trahis parce qu’elle roule pour les plus gros, parce qu’elle se moque de leur travail, de leur avenir, et ces déçus de la droite ne vont pas au centre, ou vers ceux qui se disent sociodémocrates, non, ils vont à l’extrême droite, car ils veulent maintenant faire tomber tous ces nantis, ils veulent les faire payer et là, ça sent très mauvais.

[Si l’UMP l’emporte, aux présidentielles, mais surtout aux législatives, surtout, aux législatives ! Les réformes qu’ils ont dans leurs cartons vont mettre le pays à feu et à sang, il faut absolument gratter derrière la façade pseudo-démocratique et aller voir quelles sont les vraies réformes que l’UMP prépare réellement, ce qui va être voté dès qu’ils auront reconduit leur mandat.]

Et donc j’en profite, j’invite donc tous mes collègues, -je ne sais pas si le terme est approprié, -, patrons, artisans, commerçants, professions libérales, à ne plus considérer les collectifs antilibéraux et leurs militants comme des pseudo-communistes d’un autre âge, mais à se rendre compte par eux même de la vision d’avenir qu’ils portent.

S’ils refusent d’être entraînés dans une spirale infernale qui nous mène TOUS tout droit dans le mur, je les invite à rejoindre les collectifs antilibéraux, les collectifs du 29 mai, pour faire entendre leurs voix, pour participer à l’élaboration d’un programme constructif, réaliste, pour que la France et l’Europe sortent du système infernal que des fous furieux nous préparent. Il faut que ces patrons participent aux vraies réformes et aux vrais enjeux pour que nous ayons tous, ensemble, un avenir !

Pour un MOUVEMENT DES ENTREPRISES SOLIDAIRES, rejoignez les collectifs du 29 mai !

Voilà, j’espère que vous allez continuer sur cette lancée ! »

Pour m’engueuler, ou créer un nouveau mouvement pour des entreprises solidaires, @silva-rerum.net

L’état de la France ?

Des grands mots, de l’emphase faussement humble dans cette très respectâââble Bibliothèque Médicis.

Réunis autour de l’inénarrable Jean-Pierre Elkabbach, Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), Olivier Pastré (Économiste, professeur à l’Université Paris VIII), Martin Hirsch (Président d’Emmaüs France), le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), et enfin, Jean-Jacques Vorimore (Président de France Export Céréales).

Le thème : Dans quel état sommes-nous ?

Que des hommes pour traiter de ce sujet, mais passons, on aurait sans doute eu Mme Parisot…

C’est évident, je vais trouver dans cette réunion de quoi satisfaire ma curiosité :

Jean-Pierre Elkabbach :

[…] « On va voir comment éclairer le monde et la France d’aujourd’hui. Mais vous avez tous plusieurs points communs, vous ne mâchez pas vos mots, et en tout cas, vous ne déguisez jamais vos solutions. »

Ah il l’aime le livre de Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), tous les autres invités, à part peut-être le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), ne sont là que pour faire bonne figure.

Michel Camdessus :

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« Il faut remettre la France au travail ».

[…] « Un autre thème sur lequel nous avions mis le doigt, c’est celui de l’endettement, alors depuis, on a remis une couche si je puis dire avec le rapport que nous avons écrit avec Michel Pébereau ».

Jean-Pierre Elkabbach, s’adressant à Michel Camdessus :

« Vous dites, c’est la plus inacceptable des injustices, parce que ce sont les jeunes qui vont rembourser les dettes des aînés. »

(Donc c’est de ma faute si je dois rembourser la dette que Michel Camdessus et Jean-Pierre Elkabbach vont nous laisser, et vu leurs appointements, notamment celui de M. Elkabbach par les services publics, je vais devoir bosser un bon moment, mais bon).

Michel Camdessus :

« C’est exactement ça. Et bien cette idée, maintenant, me semble-t-il, elle sera incontournable dans le débat politique. Tout homme politique qui dira il n’y pas de problème de la dette, comme ils l’ont dit très souvent dans le passé sera tout de suite suspect ».

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Jean-Pierre Elkabbach donne la parole à Olivier Pastré, attendant, semble-t-il une sorte de confirmation des principes posés par Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France). Mais là, ce n’est pas tout à fait son propos…

Olivier Pastré :

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« Je crois qu’il faut être anti-décliniste (mine sombre de Jean Pierre Elkabbach), il n’y a aucune fatalité, il y a beaucoup de marges de manœuvre, sous réserve que l’on ne sous-estime pas les contraintes qu’il y a aussi. Vous parliez de remettre la France au travail, une des questions fondamentales c’est : Quel travail ? Comment l’homme est dans l’entreprise et comment il arrive à l’entreprise. Et dans ce domaine-là, en matière éducative, on sait qu’il y a un besoin considérable, qu’on est en retard par rapport aux États-Unis, que le retard s’accroît… Il y a deux politiques possibles, une qui est plutôt tournée vers le service public, mais aussi vers l’efficacité*, et ce n’est pas contradictoire ; l’autre qui est plutôt pour l’autonomie complète des universités, la sélection, qui est plus libérale. Les deux sont compréhensibles, mais le problème c’est que, il faut que les hommes politiques, ou la femme politique, en parlent ! Or, notre inquiétude…

Jean-Pierre Elkabbach interrompant Olivier Pastré et tenant un propos incompréhensible se terminant par :

« quantité de travail par âge actif ? » Il tourne la main vers Michel Camdessus, Gouverneur honoraire de la Banque de France) pour revenir au sujet important qui est que les Français ne travaillent pas assez…

Olivier Pastré visiblement pas décidé à approuver Michel Camdessus :

« La France est le pays développé dans lequel la productivité horaire des salariés est parmi les plus élevées, donc les Français sont très productifs. »

Jean-Pierre Elkabbach redonne la parole à Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), attendant sans doute qu’il rebondisse et en « remette une couche » (sur le manque de travail des feignants que nous sommes).

Michel Camdessus (visiblement décontenancé et regardant Jean-Pierre Elkabbach, celui-ci semblant faire meilleur accueil à ses idées) bredouillant :

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« Ils sont d’autant plus productifs, qu’ils travaillent moins ! »

Vous noterez comme moi la brillante démonstration du propos… Et il continue, bredouillant de plus belle :

« Et que ce sont les gens vers la tranche, euh, d’âge, où l’en est en effet très productif, que, qui sont au travail ».

Je vous laisse apprécier…

Voulant sans doute sortir Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France) de l’embarras dans lequel il s’est mis, Jean-Pierre Elkabbach lui tend une perche :

Jean-Pierre Elkabbach :

« Quand ils veulent des emplois, est-ce qu’ils les ont, et est-ce qu’ils vont les avoir ? »

On change donc de sujet, d’ailleurs la pirouette marche :

Michel Camdessus, retrouvant son assurance et ses effets :

« Alors voilà, il y a plusieurs choses à faire, d’abord, il y a les emplois d’aujourd’hui et préparer les emplois de demain. »

Outre l’évidence de la sentence, y a-t-il là une démonstration ou une suite cohérente dans la démonstration ?

« Si nous avons un regard sur l’avenir, il est bien évident que la réforme de l’université est absolument essentielle, euh, pour le reste, euh, je crois qu’il faut aussi, euh, faire sauter tous les obstacles législatifs, réglementaires, qui font que l’entrepreneur, le petit entrepreneur en particulier, n’ose pas créer l’emploi ou les deux emplois de plus qu’il pourrait créer ».

Il finit sur une note guillerette, sans doute satisfait d’avoir pu conclure sur le cheval de bataille des ultras libéraux en s’appuyant sur un abus que nous sommes trop bêtes pour pouvoir déceler : « si nous avons un regard sur l’avenir… » c’est-à-dire que si l’on n’est pas d’accord avec lui, c’est que forcement, on n’a pas de vision d’avenir

Avant de passer à la suite, en tant que petit entrepreneur justement, je mesure tout le cynisme et le poujadisme crasseux de ces propositions… J’ai déjà longuement expliqué ici pourquoi, notamment dans cette note, où encore celle-ci, mais j’y reviendrais plus tard.

S’il y a bien une France qu’il faudrait remettre au travail, et bien j’ai envie de dire à M. Camdessus : « chiche ! » :

Ce doit être parce qu’il est plus habitué à côtoyer des barons du capital et des rentiers qu’il doit avoir l’impression que la France ne travaille pas ; ou ne veut pas travailler. Il y a tant d’hommes et de femmes dans ce pays qui non seulement veulent travailler, qui voudraient se voir reconnaître la pénibilité de leur travail, qui voudraient ne pas revenir en arrière, que c’est de l’indécence de continuer à tenir de tels propos.

Homme de l’entregent des grands de ce monde, il doit y avoir bien longtemps qu’il n’a pas vu « de près » un travailleur pauvre, une infirmière, un prof de collège (qui fait bien plus de 35 heures), mais également un ouvrier, voire même un petit entrepreneur !

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C’est sûr, travailler, c’est plus dur que de se tenir les bras en s’échangeant des idées toutes faites (par d’autres) avec des airs entendus, dans les fastueux couloirs des grandes institutions françaises et européennes (avec nos impôts donc)…

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Après un petit échange fait des poncifs économiques sur la croissance, les pays émergeant, etc., Jean Pierre Elkabbach passe la parole à Martin Hirsch qui avait bien des raisons d’être impatient, car comme il le dit, il fait partie « des gens qui remettent les gens au travail, en particulier ceux dont personne ne veut et qui souhaitent travailler ; des personnes considérées comme pas rentables, pas productives, pas capables de travailler, pas capables de s’inscrire dans une logique de production d’entreprise. »

Suivent des débats sur les institutions, la possible fusion de GDF avec un opérateur privé, etc.

Puis…

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Jean-Pierre Elkabbach :

« Alors, général Kelche. Le président de la République vient d’inaugurer le nouveau musée de la Légion d’honneur, près du musée d’Orsay au bord de la Seine, vous êtes magnifiquement installé, on passe devant souvent on ne sait pas que vous êtes là, portant haut les couleurs de la république, etc. Vous l’avez restauré, justement, c’était mérité. On sait généralement et confusément que vous formez les jeunes filles de la Légion d’honneur… »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Tout à fait. Deux maisons d’éducation, mille élèves. Les meilleurs résultats de Paris et de l’île de France » (il fait un mouvement de la main ressemblant à un geste définitif).

Jean-Pierre Elkabbach :

« Très bien et qu’est-ce qu’elles deviennent après ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Toutes des études supérieures ! Mais certaines ont des cycles plus courts parce qu’elles ont une vocation. Par exemple j’ai deux petites qui sont venues pour le dix novembre à une cérémonie lire un texte en mémoire des poilus, et je les interviewé et elles m’ont dit : “on veut devenir sage femme”. Elles ont des niveaux extraordinaires. Un petit détail, elles sont littéraires, et je ne sais pas comment elles vont devenir sages femmes. »

Jean-Pierre Elkabbach :

Étonné de l’inefficacité de l’honorable institution : « Mais pourquoi on ne les a pas décelées pendant leurs études ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Ben simplement, elles ont une aptitude littéraire et non pas maths physiques, il faut passer par la première année de médecine. Je viens d’en parler au ministre. »

Bon, on n’est pas dans le même monde visiblement. J’adore aussi ce ton badin : « j’ai deux petites », façon, « j’ai fait le Congo, le Biaffra »… Ah mes petites Causettes…

Mais bon, posons le parcours de l’homme :

Jean-Pierre Elkabbach :

« Vous qui avez été conseiller, si je me rappelle bien, des deux présidents, Mitterrand et Jacques Chirac, chef d’état-major des armées, vous qui avez fait face à… Des guerres ou des crises ? »

Général Jean-Pierre Kelche : « Des crises, pas de guerres. »

Jean-Pierre Elkabbach : « Combien ? Beaucoup ! »

Général Jean-Pierre Kelche : « Une dizaine… »

Jean-Pierre Elkabbach : « Lesquelles ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

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« Si vous voulez, l’Afrique, hélas l’Afrique, avec ses problèmes récurrents hein, mais disons la Côte d’Ivoire, le Congo euh, la RCA euh, y’en pas mal comme ça, la RDC, les Balkans, les Balkans qui sont loin d’être stabilisés avec une grosse crise au Kosovo tout à fait importante, et puis euh, le Liban bien sûr, mais qui à l’époque était un peu en, en montée en puissance, puis, ben l’Asie, l’Afghanistan…

Je passe sur les petites choses… Si je prends la peine de retranscrire tout ça, c’est parce que, vous vous en doutez, moi qui me posais des questions quand je regardais passer les troupes françaises qui débarquaient la nuit dans le port de Douala pour aller au Tchad, j’aimerais bien qu’il en lâche un peu plus que :

« On est très engagé sur les théâtres de crise avec l’armée professionnelle que l’on a constituée et qui marche bien, mais où il y a énormément d’engagements, on demande beaucoup aux soldats français… »

Jean-Pierre Elkabbach :  « Vous qui avez lancé la réforme des armées […] vous avez imaginé lancer une fondation liée à la Chancellerie de la Légion d’honneur, euh, pourquoi faire, vraiment, et avec quels moyens, est-ce que c’est l’état qui vous a donné des sous, est-ce que vous vous adressez ? (la question n’est pas orientée déjà, mais justement, la réponse arrive).

Général Jean-Pierre Kelche :

« Ah non ! Pas de sous ! En fait j’ai posé le principe que la Légion d’honneur, que ceux qui en font partie, qui font aussi partie de la Médaille militaire et du mérite ont assez de conviction citoyenne pour ne pas avoir besoin de subventions de l’État […] si vous voulez, moi ce que je pense, j’écoutais tout à l’heure… »

Là on sent qu’il n’en peu plus de lâcher son mot, notamment à propos de la proposition de Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch, le Président d’Emmaüs France. Il y a bien là, deux France qui se regardent.

Général Jean-Pierre Kelche :

« L’état ne peut pas tout, cette société elle a besoin de la solidarité des citoyens, de l’engagement des citoyens. On ne réglera pas tout avec des règles de SMIC et de machin et de truc. Ce n’est pas possible ! Il faut remettre de l’humain. Et moi j’ai constaté une chose, j’ai lu le rapport Montaigne qui montre qu’il n’y a plus d’ascension sociale en France. En trente ans, le taux des élèves, faisant des études supérieures, issues des classes modestes, a été divisé par cinq. On va dans le mur ! »

Et il lui a fallu lire le rapport Montaigne pour ça. Ça me rappelle quand mon père demandait à sa secrétaire de lui rappeler la date de mon anniversaire… Et il poursuit :

« J’ai 500 000 décorés en France, c’est formidable, y’a une force, et normalement ce sont des gens de mérite, je pense qu’il n’y a pas trop d’erreurs, et à partir de là je leur dis : vous qui avez été reconnus faites quelque chose. Aidez les jeunes. Donc parrainage. On prend des jeunes boursiers méritants, en seconde, on les amène premier temps au Bac, on les accompagne trois ans ».

Jean-Pierre Elkabbach : Parainage ou paternalisme ?

Petits rires balayés par un « on me l’a déjà faite ».

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Général Jean-Pierre Kelche :

« Une exigence, une exigence de comportement, vous voyez ce que je veux dire ? Un jeune n’a pas le droit de déroger aux règles des valeurs qui sont les nôtres, de comportement. En revanche, je cherche pas l’excellence à tout prix […] les boursiers méritants c’est excellent. Pourquoi ? Parce que c’est, les résultats au brevet des collèges, et c’est le comportement scolaire, la fameuse note qui fait d’ailleurs débat parmi les enseignants… Et je ne comprends pas pourquoi il y a un débat ! »

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Donc on peut barbouser comme des bêtes dans la Françafrique (avec ou sans drapeau tricolore sur le treillis), on peut piller la France avec les comptes offshore, mais attention, pas de zéro de conduite au collège ! Sinon, on est un mauvais citoyen.

Général Jean-Pierre Kelche :

« Vous prenez une famille avec deux enfants. Deux SMICs : pas de bourse ! Qu’est-ce qu’on fait si il y a un potentiel ? Ben on fait rien. On l’arrête. On fait un caissier, une caissière. Et moi je vais arriver, avec mes moyens, que je suis en train de rassembler, je suis en train de faire le tour du CAC40 ! […] et c’est avec cet argent-là que je vais en fait compléter les ressources de la famille pour permettre de tenter l’aventure de l’enseignement supérieur… »

« L’ascenseur social est en panne » dit-il, et le voilà en justicier de la république, distribuant les bonnes âmes et des sous du CAC40 aux jeunes méritants, ceux qui n’auront pas eu de zéro de conduite. La condescendante charité des « grands de ce monde » se penchant sur la « France d’en bas », entre deux petits fours sur les parquets cirés de la république, est bien l’apanage de ceux pour qui « fraternité » ne revient à leur mémoire qu’une fois en haut de l’échelle, entre le champagne.

À l’américaine : des congrégations d’hommes et de femmes fortunés vont financer les études de quelques happy few triés sur le volet. Ça me rappelle la venue de La Jeanne (bateau-école de la Marine nationale) dans le port d’Abidjan, où était organisé un bal pour lequel une sélection de jeunes filles du lycée Français était envoyée pour servir de « cavalières »…

Pour « contribuer à remettre en route l’ascenseur social », il faudrait peut-être se demander ce qu’il signifie !

S’il y a un haut dans la société, il y a donc un bas, et c’est bien là que le bas blesse. Parce qu’au mot fraternité qu’ils avaient déjà oublié, il faut ajouter le mot égalité.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir »

Au lieu de se contenter de mettre un petit pansement sur une béance, nos chers « papas » qui s’inquiètent pour nous feraient mieux de dénoncer l’entregent dont ils usent et qui permet de ruiner la France, justement.

Misérable condescendance de ces « hommes » fiers et droits…

La droite aujourd’hui, c’est l’art de ponctuer chaque discours de mot comme « social », « justice » ou « droit », comme si ça pouvait effacer la réalité des actes.

*Je ne sais pas si vous mesurez la lourdeur du contexte réactionnaire, ici de l’emprise idéologique ultralibérale, quand, lorsque l’on parle de service public, l’on se sent immédiatement obligé de préciser que ce n’est pas contradictoire avec efficacité !

Archive :

MPEG2 SD 5 Go, enregistrée sur Public Sénat, le 25 novembre 2006.

Copyright PUBLIC SENAT 2006

L’assassinat de Felix Moumié

La répression du parti UPC, l’Union des Populations du Cameroun, est sans doute une des plaies les plus honteuses dans la mémoire de la Françafrique.

Entre le génocide dont parle François Xavier Vershave dans son livre « La Françafrique », et les quelques centaines de victimes reconnues du bout des lèvres par Mesmer et Delauney, comment savoir ? Comme toujours quand il s’agit de l’Afrique, la désinformation et le silence, institutionnalisés, permettent au temps d’effacer les traces, de brouiller les pistes.

Extraits :

Jean-Martin Tchaptchet :

« On savait qu’un grand homme venait de disparaître, et que c’est un coup dur pour la résistance Camerounaise. »

Pierre Messmer :

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« Lui, n’est intéressé, que par le combat pour le pouvoir. Il n’accepte aucune élection ! »

Marthe Ekemeyoung Moumié :

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« Il y a eu la répression. Roland Pré est venu au Cameroun avec un programme : finir l’UPC en 6 mois ! »

Frank Garbely :

« La France en effet envoi un nouveau commissaire : Roland Pré. Les colons européens applaudissent ce choix, car Roland Pré va aussitôt s’attaquer à sa mission, liquider le mouvement d’opposition UPC. […] Contrairement à aujourd’hui, l’UPC de l’époque était un parti très puissant. Sous la présidence de Moumié, il volait de succès en succès, il était même devenu le plus grand parti du Cameroun. L’UPC comptait alors plus de 400 sections et chaque mois il s’en créait de nouvelles. »

Marthe Ekemeyoung Moumié :

« Roland Pré à fait une conférence, pour attaquer les UPCistes ; et Moumié a fait une contre conférence, pour démentir les choses que Roland Pré avait dites. Tout le monde a couru pour aller à la conférence. Les militaires étaient là, ils tiraient. Là c’est le commencement des émeutes. »

Frank Garbely :

« Le meeting du 25 mai 1955 se termine dans un bain de sang. Dans le seul quartier de New Bell, on dénombrera plus de mille morts. Commence une véritable chasse à l’homme, d’abord à Douala, puis dans tout le Cameroun. Partout, Roland Pré fait emprisonner les UPCistes, et les partisans de Moumié. Juillet 1955, l’UPC est interdite. Son fondateur, Miobé, passe à la clandestinité, le président Moumié s’enfuit à l’étranger. […] Finalement, le chef d’État de la Guinée, le socialiste Sékou Touré le fait venir à Conakry. De là, Moumié combat avec succès, la puissance coloniale établie au Cameroun. C’est à l’ONU qu’il obtient son plus grand succès politique. Une majorité le soutient et réclame l’indépendance du Cameroun. Mais au même moment débarque au Cameroun un nouveau haut-commissaire : Pierre Messmer. »

La suite…

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Jacques Vergès :

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« Les prisons étaient des mouroirs où les gens étaient torturés, tués, nous étions en pleine illégalité. Il y a eu génocide, usage du Napalm contre des populations civiles. »

Film à voir et à revoir, parce que ce n’est pas dans nos livres d’histoire !

Interview du réalisateur sur le site Royaume Bamoun

Images extraites du documentaire :

L’assassinat de Félix Moumié – L’Afrique sous contrôle

Un film de Franck Garbely

© 2005 Triluna Film AG / ARTE / TSR / Aïe Production SA

Archive :

MPEG2 SD 1,5 Go, enregistrée sur ARTE, le 24 juillet 2006.

Note du 11 août 2006.

ITER, EPR (Élus Pour Rien) etc.

Quand j’étais adolescent, je m’amusais à fabriquer des petites bombes avec des récipients dans lesquels je réalisais une électrolyse de l’eau. De fait, ça m’a toujours paru étonnant que l’on accorde autant de place au pétrole et au nucléaire, quand on sait qu’on ne peut pas stocker l’électricité, et que l’hydrogène, c’est propre et que ça peut soit se brûler, soit s’utiliser dans des piles pour fabriquer de l’électricité. C’est étonnant que l’on tourne tout le temps autour du pot…

Pour sa consommation énergétique, l’humanité dispose déjà d’une formidable centrale thermonucléaire qui ne lui coûte rien, dont elle n’a pas à gérer les déchets, les risques d’explosion etc.

Est-ce que ça ne coûterait pas, tout de même, largement moins cher, de construire des pipelines d’eau de mer que l’on enverrait en plein coeur des déserts (d’Afrique, du Moyen-Orient, du Mexique etc.), puis électrolyser cette eau grâce à de bêtes panneaux solaires. En plus, ça permettrait aussi d’apporter sur place de quoi faire de l’eau douce, et serait une bonne occasion de créer des infrastructures de transports ferroviaires…

Comme vous êtes bien formaté par « l’intérêt scientifique validé par l’économie de marché », vous me direz : « et le rendement » ?

Ah oui, ça le rendement, c’est là que l’on voit si le problème est traité de manière « sérieuse », par des scientifiques « sérieux », et pas des rigolos-écolos-cocos

Certains scientifiques et ceux qui financent la recherche (privés ou publics) posent toujours la question du rendement pour pousser de côté les solutions simples (simpliste ?) et pas chères.

Alors, bêtement, le problème du rendement :

Est-ce que convertir en électricité l’énergie de la fission de l’atome en chauffant de l’eau pour créer de la vapeur, puis en convertissant le mouvement de la vapeur en électricité (sans compter la perte d’énergie pour ensuite refroidir l’excès de chaleur ! non maîtrisée), c’est avoir un bon rendement ? Et que dire du rendement global si on compte la filière d’approvisionnement de la matière première, et de la gestion des déchets ? mmhh ? Niveau rendement, là, excusez du peu, ça coince quand même un chouïa…

Est-ce que convertir en électricité l’énergie de la fusion de l’atome en chauffant de l’eau pour créer de la vapeur, puis en convertissant le mouvement de la vapeur en électricité (sans compter la perte d’énergie pour refroidir l’excès de chaleur ! non maîtrisée), c’est avoir un bon rendement ?

Et que dire des investissements colossaux, pour la recherche dont on ne sait même pas si ça va réellement aboutir. Quid de la gestion des déchets (au moins tous les matériaux irradiés, ce qui n’est pas rien) ?

Dans les deux cas, que dire du rendement final de la production de l’hydrogène si ensuite, on utilise cette même électricité pour faire une électrolyse de l’eau ?

Bonjour « l’usine à gaz » !

Pour « le futur de l’humanité* », il y a même des programmes de recherche consistant à « produire » ou collecter de l’énergie dans l’espace, sur la Lune etc. puis l’envoyer sur la terre via des micro-ondes etc. Là aussi, pourquoi pas, mais le rendement ?

Ce ne sont pas les mégawatts qui arrivent déjà sur la terre qui manquent…

Les dirigeants africains et du Moyen-Orient seraient d’ailleurs bien avisés d’utiliser leurs pétrodollars pour partir sur des solutions de ce type plutôt que de piller leur pays et/ou construire des hôtels climatisés, des îles artificielles, des parcs d’attractions pour « assurer » l’avenir de leur pays… Mais bon.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué (et cher) ?

Pour notre indépendance énergétique pardi ! Je croyais que l’on parlait de l’avenir de la planète ?

Sans doute aussi parce que ça permet à des industriels de rester des « acteurs privilégiés », mais bon, ça, on le savait déjà…

À quand un « ITER » Africain, c’est-à-dire un projet commun, basé sur des technologies actuelles, pour produire en masse de l’hydrogène dont l’occident va être très, très, très gourmand ?

P.S. :

Sur la même chanson de comment faire des gros chèques d’argent public à des industries privées :

Convertir l’énergie éolienne en électricité, n’est-ce pas aussi une aberration** du point de vue du rendement ?

Si on simplifie en disant que le vent c’est déjà à la base, de l’énergie solaire qui chauffe des masses d’air qui se mettent en mouvement. Pourquoi dépenser des fortunes en sursubventionnant avec des fonds publics des projets industriels privés qui de toute façon ne produiront même pas assez pour couvrir ne serait-ce que l’augmentation de la consommation de nos villes et de nos grandes surfaces éclairées comme en plein jour, de nos bâtiments en verre climatisés, de nos chauffages individuels électriques…

Pourquoi ne pas directement convertir l’énergie solaire là où elle se trouve ? (et aussi faire de réelles économies d’énergie)…

* C’est vrai que si nos dirigeants (on a ceux que l’on mérite) avaient un tant soit peu une once d’empathie pour « le futur de l’humanité », ça se saurait…

** Sans parler de la dépense énergétique de la fabrication, du transport des structures, de l’impossibilité de recycler les pales et autres matériaux composites, de l’énergie dépensée pour fabriquer les centaines de tonnes de béton des socles, de l’impossibilité de gérer et de planifier l’utilisation de cette source, et enfin, bien que ça, se discute, des nuisances…

La petite bête qui monte…

Quand j’étais étudiant à l’école d’architecture de Montpellier, notre professeur d’urbanisme, sur le point de prendre sa retraite, décida de présenter les quelques étudiants de son atelier, à son ancien professeur, le premier adjoint de Georges Frêche, chargé de l’urbanisme de la ville de Montpellier.

Notre professeur, sans doute soucieux de se ménager les bonnes grâces de ces deux hommes puissants dans la région, avait donc organisé une sorte de rencontre en petit comité, informelle, avec cet homme présenté comme vénérable et qui allait nous entrouvrir les portes du décisionnel sur l’urbanisme de Montpellier.

Le premier adjoint en question, grand seigneur, nous convia à discuter dans la salle du conseil de la mairie de Montpellier.

La rencontre avait tourné à un grand discours lénifiant sur le pouvoir de ce binôme. Je me souviens avoir pensé très fort au jeu SimCity…

Ce dont je me souviens le plus, c’est surtout un discours stupéfiant sur la gestion et les attributions des concours pour les grands projets d’aménagements de la ville : « c’est moi qui décide si c’est untel ou untel et c’est décidé à l’avance ». Le choix de résolument faire partir les classes populaires de la ville pour les remplacer par des classes moyennes ou supérieures avec des étudiants issus de milieux aisés, des chercheurs, des professions libérales ; un discours totalement insupportable de « retour sur investissement » dans les programmes de constructions de logement sociaux etc. Toutes choses qui ne me paraissaient pas tout à fait correspondre à la couleur politique portée.

C’était surréaliste, comme si on nous avait pris à part pour nous faire comprendre de ne pas cracher dans la soupe, on pourrait peut-être à l’avenir y manger.

Passant outre la réserve souhaitée par mon professeur d’urbanisme, j’avais eu une discussion assez vive avec cet homme, dénonçant une attitude antidémocratique, un élu devant selon moi proposer des choix de société et d’aménagement urbains plutôt que de les imposer d’en haut. Outre le fait que je ne faisais pas partie de la population qu’il souhaitait conserver dans « sa » ville (en bref, je pouvais partir vu que mon discours était « très intéressant »), le premier adjoint m’expliqua que si on disait aux électeurs ce qu’on avait réellement l’intention de faire et comment on allait le faire, on ne serait jamais élu et que la population ne pouvait pas y voir assez clair pour cela.

À l’époque, je ne sais pas si c’est toujours le cas aujourd’hui, la majeure partie des étudiants de l’EALR* était plutôt hostile aux prises de position urbanistiques et architecturales de l’équipe municipale. Non pas que ces étudiants fussent opposés à la couleur politique de ladite équipe, prétendument de gauche, mais plutôt que le développement urbain, les projets et de manière plus générale la politique de la ville en matière sociale et environnementale soulevait alors des débats houleux dans les ateliers et les cours de l’EALR.

Antigone, le Corum, parcs à thèmes, les logements sociaux, la politique sociale, l’abandon de certains quartiers, le déplacement du centre-ville avec l’évitement de la question du « ventre mou » (le nord-ouest de la ville), mais également des choix emblématiques comme la décharge près de Palavas, le glissement en ghetto du Petit Bar, les copinages avec Nicolin…

Tout cela faisait qu’il y avait une tension réelle entre la municipalité et une partie importante de l’École.

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Pendant des années, le « peuple de gauche » de la ville, comme de la région (la Septimanie, n’est-ce pas), s’est senti floué par le PS qui, en adoubant son très controversé Georges Frêche systématiquement pris en triangulaire, l’obligeait à voter utile, alors que les valeurs qu’il mettait concrètement à l’oeuvre étaient plutôt vécues par ce peuple-là comme des trahisons.

Oui, pendant des années, nous avons voté Frêche, non pas pour lui, pour ses programmes ou ses valeurs, mais pour éviter d’avoir le retour d’une droite radicale à la municipalité, ou comme député, et plus tard pour tenter de faire barrage à Blanc et ses alliances comme président de région.

Autant dire que pour les gens de gauche, le PS en Languedoc Roussillon les a fait longtemps voter à reculons.

Aussi, quel soulagement d’entendre enfin dans les médias les insanités et les méthodes oratoires que bien des Montpelliérains ont eu à entendre et à subir durant des décennies.

Soulagement, oui, pour deux raisons :

La première, c’est que localement, c’est un secret de polichinelle que la façon dont Georges Frêche à toujours fait taire ses contradicteurs, que ce soit dans les réunions du conseil municipal ou dans les réunions publiques de quartier. Il fallait être un orateur solide et particulièrement réactif (oserais-je dire, « burné ») pour ne pas se faire écraser sous ses diatribes. Les gens se faisant systématiquement rabrouer, rabattre et finalement écraser par une verve véhémente indigne d’un dialogue élu/administré (sauf en présence de caméras).

C’est heureux qu’enfin, le masque tombe.

La seconde, c’est que le PS, malgré le 21 avril, malgré les législatives de 2002, n’a toujours pas compris que le peuple de gauche ne lui fait pas confiance, et que si les régions sont aujourd’hui à gauche, c’est à cause d’un ras-le-bol de la droite, pas à cause du programme du PS et des actes de ses représentants !

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Le PS n’a toujours pas de programme de gauche et, après le malheureux spectacle de fausses primaires opposant une femme de droite, un social-démocrate favorable à la défiscalisation des stocks options et un opportuniste se refaisant une virginité socialiste, il aura sans doute un candidat qui pourra éventuellement rassembler ses militants, mais certainement pas le peuple de gauche qui justement, n’a toujours pas digéré les compromissions qui lui ont fait voter utile depuis tant d’années.

C’est d’autant plus grave que le troisième homme lui, compte ses voix.

Oui, pendant que le PS continue sa crise autistique et médiatique, l’UMP se déchire tandis que l’UDF tente de racler au centre (comme à chaque veille d’élections, pour finalement voter utile à droite à la dernière minute).

Tout comme le PS à perdu son peuple qui continue de se chercher entre Via Campesina, la LCR, les collectifs du 29 mai, etc. l’UMP à perdu son électorat populaire, c’est-à-dire sa masse critique.

Pendant trente ans, cet électorat a absorbé le discours du trop d’état, des fonctionnaires payés à rien foutre, des postiers/profs/cheminots toujours en grève pour défendre des acquis indécents… Discours soigneusement rabâché par le RPR devenu UMP, via des médias privatisés et diffusant un vomi poujadiste, réactionnaire et antirépublicain. Oui, ces hommes et ces femmes de droites, majoritairement ruraux, ont fini par croire qu’en sciant la branche sur laquelle ils étaient assis, ils allaient enfin pouvoir redresser la tête.

Or, que voient-ils ?

Les services publics peu à peu libéralisés par le PS et privatisés au pas de charge par l’UMP disparaissent, fragilisant de manière insoutenable le monde rural : bureaux de poste qui disparaissent, centres hospitaliers s’éloignant à 2, 3 voir 4 heures de route selon les conditions météo, etc. Malgré le soutien de leurs parents agriculteurs, indépendants et artisans leurs enfants se retrouvent de plus en plus précaires, tandis qu’eux se retrouvent sous tensions fiscales et en concurrence européenne alors que « les gros eux se voient attribuer des marchés, des ristournes, des cadeaux fiscaux, des ententes »… Les cotisations ne baissent pas pour toutes ces petites PME qui pourtant, produisent une grande partie de la richesse de ce pays.

Ces hommes et ces femmes de droite sont aujourd’hui en contradiction directe avec les actes de ceux qu’ils ont élus. Les députés UMP ont de plus en plus de mal à gérer et à tenir face à un terrain qui leur demande des comptes : on vous à pas demandé de désertifier les campagnes, on ne vous a pas demandé de faire un hôpital de riche pour vous et un hôpital de pauvre pour nous, où est l’ordre, pourquoi vos amis se servent-ils toujours autant, la vie est de plus en plus chère, etc.

Oui, ce peuple de droite se sent lui aussi trahi par le parti auquel il croit de moins en moins à cause des affaires, des arrangements électoralistes, avec un sentiment de plus en plus présent de « tous pourris ».

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Et Nicolas Sarkozy aura beau faire le coup du coup-de-poing sur la table face à des jeunes, ou le coup du travailler plus pour gagner plus (comme si eux ne bossaient pas assez) avec un discours réactionnaire pour essayer de recoller avec un électorat persuadé que les banlieues crament parce que le treize heures le montre, son peuple à lui se barre chez Jean-Marie.

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Le malaise est d’ailleurs palpable à l’UMP quand on essaye de redonner une fausse image de protection sociale et de défense d’un service public à minima, de défense de la ruralité, à un programme résolument libéral qui fera des campagnes des déserts abandonnés d’une république de précaires et de sous traitants inféodés aux grands groupes

Le PS et l’UMP font la campagne de Jean-Marie…

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* EALR : École d’Architecture Languedoc-Roussillon.

So the jig is up?

Well…

It’s bit like on this side of the ocean: Here, our so called conservatives have used the right-wing-real-world-serious-sensed-respectfull-patriarchal speech to hijack the democratic system and quickly dismantle, irreversibly, the last dams that would prevent globalized marketization to slam the remains of what was, a few years ago, still a nation, France.

They made it such a way that with rising debt and divesting of elected representatives by the untouchable and antidemocratic EU commission, we can just hope for the less… of the worse.

But that’s not the point.

Indeed, what are Democrats going to do now?

I don’t think they even want to do that, after all, business is business, but let’s dream a little. They can prosecute Bush & Co. as much as they want, investigate and reveal the truth on 911, find an honorable way to withdraw from Irak, Afghanistan, rehabilitate public health and education, invest in green industries and lead the world for a new round of sustainable development…

The Republicans made it anyway!

By putting into so much debt the US Nation towards the financial markets and the military lobbies, by devastating the world with hatred and exhilarated power strikes, the Bush administration plundering system has irreversibly disseminated the ill seeds (GMO, of course) worldwide to make the US, and most western countries, ongoing targets of thirsted for revenge and desperate human bombs…

Not only the financial markets own the US nation (land, production and resources), with a full control on the next generations’ wealth production through the Nation’s debt and breathless consumerism, but the military industries, the PMCs and homeland security officials will forever have good reasons to rise military and security spending as, at least, half of the human beings on this planet would be now glad to see the US and western countries being devastated by bombings, terror attacks, and plague.

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Thank you so much guys for making sure that the future of our children will be a nightmare.