À vendre

République bananière

Vends république bananière, membre du G8, arsenal nucléaire, leader dans de nombreux domaines industriels, climat tempéré, paysages magnifiques, au cœur de l’Europe.
IDÉAL VILLÉGIATURE !
AVEC
infrastructures nationales (transports, enseignement, énergies, santé etc.) exceptionnelles prêtes à être exploitées pour dégager des
rentes exceptionnelles, PLUS formidable réseau de TPE, PME et PMI sous-traitantes, corvéables et exploitables à merci (top de la productivité selon le F. Times) pour assurer vos parachutes dorés ; PLUS puissant lobby agricole (idéal pour vente produits phytosanitaires et OGM) ; PLUS population de 61 millions de consommateurs de programmes télévisuels avec temps de cerveau disponible exceptionnel (idéal pour vente de crédits, de produits pharmaceutiques et OGM).
Vous pourrez masquer vos bilans, disposer des biens sociaux, redistribuer l’argent et les marchés publics à vos amis (CAC 40, assujettis à l’ISF etc.) en taxant davantage les moins riches et les plus nombreux, favoriser le développement du travail au noir et des petits boulots précaires, pomper l’aide publique au développement avec la complicité de dictateurs africains,
TOUT EST POSSIBLE !

RENTE A VIE ASSURÉE : De nombreux « dirigeants » de groupes privés rentiers de l’état vous soutiendront en désinformant la population grâce à leur part d’audience télévisuelle, radio et presse imprimée écrasante ! Travail de l’opinion assuré depuis des années pour une population prête à se soumettre sans rechigner à travailler encore plus pour travailler plus.

S’adresser à l’UMP (M. Nicolas Sarkozy) qui transmettra à l’Assemblée Nationale et au MEDEF (Frère de M. Nicolas Sarkozy) – PAS BESOIN DE DISCRÉTION !

A DIFFUSER LARGEMENT
(cliquez ici pour télécharger le .pdf)

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Mélange des genres

Nicolas Sarkozy : « Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix. Je veux leur dire que nous déciderons ensemble d’une politique d’immigration maîtrisée et d’une politique de développement ambitieuse. »

Cadeaux « bonux » dans le paquet de lessive présidentiel :

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Pour les militants de l’UMP qui continuent à dire qu’il n’y a rien de mal à prendre des vacances sur un yacht, il serait peut-être intéressant de se souvenir que c’est le yacht de Vincent Bolloré, ami personnel de N. Sarkozy, et que pour les Africains, Bolloré ne rime pas vraiment avec développement, mais plutôt avec pillage

Qui a parlé de morale ?

Du vote utile etc…

Lu sur le Web :

« Que vive le 29 mai 2005 ! »

Bigre, de la part de quelqu’un qui appelle implicitement à voter utile…

Le « peuple » de gauche qui a dit non le 29 mai attend encore des excuses, des remords, une certaine forme de contrition ou d’amendement de la part de ceux qui, comme Ségolène Royal, continuent de croire ou de dire que ceux qui ont voté non sont antieuropéens, contre le progrès, n’ont rien compris etc.

Nous sommes, pour la plupart, des pros européens et bien au-delà, mais pour une autre Europe, un autre monde…

Autour des collectifs, ceux du 29 mai puis autour des « anti-libéraux », gravite un nombre très important de personnes qui ne s’intéressaient pas ou plus à la politique et aux postures des candidats habituels. Sans être contre MG Buffet, O. Besancenot et les autres, il faudrait rappeler que le mouvement des anti-libéraux va très largement au-delà de ces partis : si toutes ces femmes et tous ces hommes avaient dû se mettre en ordre derrière le PCF, ou la LCR, ils l’auraient fait depuis longtemps !

« L’échec » de l’union était patent avant le début des discussions : le PCF proposant son candidat à un mouvement bien plus large que lui savait parfaitement qu’il ne pouvait pas dégager un consensus… Idem pour les autres. Refuser la candidature de MG Buffet, ce n’est pas être contre elle ou le PCF, c’est vouloir prendre en compte tous les autres sans les « encarter »…

Halte à la culpabilisation systématique, c’est une logique de PEUR, et c’est une mauvaise conseillère.

Le vote « utile » est inutile :

Il y a un troisième tour, les législatives, et nous demander de voter utile, c’est refuser d’entendre nos valeurs (voir ci-dessus) et c’est démobiliser pour les législatives. En l’état actuel des choses, le président ne peut rien sans le parlement. Ce dernier doit représenter toutes les composantes des valeurs politiques, pas seulement le mépris du PS pour les autres forces de gauches et les alternatifs.

Pour ceux qui n’arrivent décidément pas à comprendre à quel point pourquoi c’est la candidature de José Bové qui permet de porter un mouvement qui va bien au delà des traditionnels partis d’extrême gauche, allez voir cette Interview de José lors de son contre-salon

Après, on discute…

M.à.j 2022 avec les images qui avaient sauté.

CQFD

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À lire dans le dernier CQFD (précipitez-vous dans votre kiosque pour acheter un des rares journaux indépendants), un article comme toujours passionnant chez les erroristes, sur « les déserteurs du chagrin ».

Même si je suis loin de partager le parti pris de CQFD, je ne peux que soutenir les points de vue différents du discours ambiant sur la valeur travail telle qu’elle est promue en ce moment. Et pour cause :

« Le travail, c’est l’émancipation. Le chômage, c’est l’aliénation. »

Nicolas Sarkozy, sur TF1, 05/02/2007

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Le travail rend libre ?

Mais quel travail  ?

Au vu de l’actualité à Guyancourt, ça devrait quand même faire réfléchir ceux qui bêlent en permanence les idées toutes faites, injectées avec force dans nos médias par les héritiers du CNPF. Eh oui, merci de ne pas oublier que le MEDEF n’est que le ravalement de façade d’une institution qui a représenté sans état d’âme la valeur travail durant des heures moins glorieuses de la France d’avant (et qui sera de nouveau aussi celle « d’après » selon Nicolas Sarkozy).

Difficile de ne pas penser à la nationalisation des usines Renault et la confiscation des biens de Louis Renault, le 16 janvier 1945…

Du vote utile…

Et revoilà le vote utile, le PS est finalement aussi sournois que l’UMP dans sa logique de la peur :
http://www.liberation.fr/rebonds/234542.FR.php?mode=PRINTERFRIENDLY

À cela, je réponds ceci :
http://www.leplanb.org/page.php?sommaire=6#sommaire
« Comment le PS a réformé les services publics. »

Outre la peur d’avoir l’un des deux fascistes (raison qui empêche certains maires de gauche de donner leur signature pour José Bové) il y a aussi un débat dans les collectifs sur le fait de savoir s’il faut appeler à voter Royal au 2nd tour…

Et j’ajoute, comme j’ai tenté de l’expliquer dans le collectif d’Aubenas ce soir :

Dans les deux cas, cela renvoie exactement aux mêmes responsabilités (!) que ce que nous avons eu en 2002 :

Le PS nous a insulté en n’écoutant pas les raisons pour lesquelles nous avons désavoué Jospin, et tente de nous faire peur avec le vote utile. C’est une manipulation de sa part qui en dit long sur le fait qu’il n’a fondamentalement pas changé :

Nous n’avons pas à céder à cette pression pour une raison toute simple : si le peuple de gauche est « majoritaire » en voix en France (moins celles de Lepen), il n’a aucune raison de voter à reculons pour avoir un seul candidat qui ne le représente pas. N’oublions pas que le président ne peut rien sans un gouvernement qui lui ne peut rien sans… Un parlement ! Le vote utile fera que pour les législatives, nos voix, nos valeurs ne seront pas comptabilisées et que donc, le PS se retrouvera majoritaire à l’assemblée nationale parce qu’il s’appuiera sur le premier tour des présidentielles pour imposer ses candidats.

Mobiliser les gens uniquement autour des présidentielles, en essayant sous la pression de les faire voter utile, c’est les démobiliser pour les législatives alors que c’est là que se jouent les vrais enjeux, les lois des vraies réformes !

Si le peuple de gauche n’avait pas déserté les urnes aux législatives de 2002, nous n’en serions pas là. Le vrai problème de 2002 n’a pas été le choix entre Chriac et Lepen, le vrai problème de 2002 a été une majorité écrasante d’un seul parti à l’assemblée ! Où était le « peuple de gauche » qui était dans les rues entre les deux tours quand il a fallu élire ceux qui votent les lois ?

Ce point est crucial : l’UMP s’est assis avec un affront d’airain sur la démocratie parce qu’il avait la majorité à l’assemblée nationale, il n’était même pas utile de discuter une loi… Elle était là la dictature. Quelle place et quel respect pour les autres tendances du pays ? « Aucune, fallait voter pour les députés bande de cons ! »

Scénario du « pire » : si nous avons le choix entre Sarkozy et Lepen à l’issue du premier tour, Sarkozy sera président. Nous n’aurons que faire de lui : Si nous restons aussi mobilisés aux législatives qu’aux présidentielles, le parlement pourra quand même être majoritairement à gauche, avec un pourcentage de 15 % ou plus de la vraie gauche… Que pourra faire Sarkozy ? ben il ne pourra rien faire ! D’autant qu’il aura au moins 15 % d’UDF !

Le scénario que veulent faire aux Français le PS et l’UMP c’est : démobilisez-vous et votez utile aux présidentielles… Exit les législatives… Et là, il ne nous restera que la rue…

Non seulement on veut nous voler le premier tour mais surtout, on veut nous voler le 3eme tour, celui où on transforme l’essai.
Il n’y a pas de raison d’avoir peur !

Si Ségolène veut nos voix, il faudra qu’elle fasse amende honorable pour le mépris que le PS a eu en signant les traités européens de libéralisation des services publics, pour le mépris qu’il a eu par son autisme face aux raisons pour lesquelles Jospin a été désavoué, et enfin, pour le mépris qu’il a eu face à notre refus d’une Europe marchande (et pas de l’Europe comme il a eu le culot de dire)…

À bon entendeur…


13/02/07 PS : J’ai « posté » un extrait de cette note, à 2 reprises hier entre 23 heures et minuit, dans les « réactions » à l’article de Libération susmentionné. J’ai bien fait attention à ne pas dépasser les 2 000 signes, mais… Rien !

13/02/07 PS2 : 10 heures plus tard, le commentaire a été validé…

Là-Bas et le Rwanda…

J’avais laissé ce message sur le répondeur de Là-Bas ce matin (ce mardi 9 janvier), mais il n’a pas été diffusé. C’est vrai que je m’y exprimais très mal (je me demande si c’était audible même) mais j’ai particulièrement apprécié ce qui a été dit sur le Rwanda…

Salut Daniel,

Je voudrais répondre à l’auditeur qui est revenu sur ta « prudence » à propos des derniers événements concernant les relations entre la France et le Rwanda.

Tout d’abord, comme tu l’as fait remarquer, Colette Braeckman a rédigé un excellent article dans le dernier diplo et je rêverais que tous les gens qui s’intéressent à la politique Française en général le lisent. Si l’on se réfère aux propos de Pierre Péan face à la position de F.X Verschave puis à celle, bien opportuniste, aujourd’hui du juge Bruguière, on a la en effet un pur produit de la françafrique.

Il y a des querelles de spécialistes pour savoir si oui ou non, la France a, en connaissance de cause, formé les futurs génocidaires, si elle les a aidés à s’organiser, si elle a réglé les hausses des armes lourdes avant de laisser la place aux militaires rwandais pour faire feu, si elle a participé à l’attentat contre Juvénal Habyarimana, si elle a volontairement laissé faire tel camp, ou empêché tel autre, etc.

L’Afrique et la France, dès qu’il s’agit de médias et de politique, reste un tissu de grenouillage et de désinformation (de tous côtés) au milieu duquel se trouvent les vérités, là, comme le nez au milieu de la figure, et, si un des moyens pour comprendre ce qu’il s’y passe peut être l’accès aux archives, comme tu le dis, il y a un autre moyen plus simple qui n’est hélas, que très rarement utilisé par les médias : c’est d’interroger publiquement les Belges et les Français qui étaient sur place les années et les mois avant le génocide, voire ceux qui ont été évacués.

Chez les Occidentaux qui vivent sur place presque tout se sait, on en parle à table entre « passe-moi le sel » et « je prendrais bien du dessert », et ce serait particulièrement intéressant d’entendre les témoignages de tous ces gens. Pas forcément les diplomates, mais les petites mains, les employés de sociétés européennes, les gens qui avaient leur petite entreprise sur place, les coopérants, leurs enfants, etc.

Pour te donner un autre exemple, hormis quelques petits reportages par-ci par-là pour montrer que les Français qui ont précipitamment quitté la Côte d’Ivoire lors des derniers événements, ont pour certains, tout perdu, pourquoi n’y a-t-il jamais de grande enquête ou de soirée spéciale de reportage, de document et surtout de débat dans les grands médias sur les mois et les années qui précèdent les événements. Mais pas seulement avec les protagonistes (victimes, bourreaux, militaires) pas seulement des experts, des journalistes et des politiques, non, avec des gens qui vivaient sur place, des petites mains du système…

C’est un peu comme une « maladie honteuse », on n’en parle pas.

Parce que toute cette dispute autour de l’autopsie du peuple Rwandais (mais on pourrait parler de bien des histoires françafricaines, et je ne veux pas du tout minimiser le génocide), tout ce débat donc c’est un peu l’arbre qui cache la forêt : la vraie question reste : Que fait la France en Afrique ? Je ne parle pas des tartes à la crème de la supposée aide au développement, ou des accords militaires ou de coopération, ou des relations HISTORIQUES, etc. Je ne parle pas, en soi du fait que des Français y vivent, là comme ailleurs dans le monde. Non, que fait la France en Afrique ?

Si on parle de la France au Rwanda et de son rôle dans la tragédie du Rwanda, et pas du rôle éventuel de l’Allemagne, du Japon ou du Brésil, c’est parce que la France, ELLE, y était. Et qu’y faisait-elle vraiment ? Quand le président parle dans ses voeux de l’engagement des militaires français dans le monde, qui se demande où ils sont et ce qu’ils y font ?

Bon, j’ai une idée de la réponse, mais je ne vois pas beaucoup de gens qui se posent la question, ce qui est vraiment dommage, parce que c’est un nœud qui est vraiment au cœur de la république. Comprendre la Françafrique, c’est mettre à nu tous les rouages de notre belle république et des partis dits de gouvernement.

Attends, j’ai un petit jeu : vous vous souvenez du Biafra ? Et bien, que se passe-t-il au Darfour ? mmhh ? Que fait la France au Tchad, en République centrafricaine et à Djibouti ? Djibouti, ça ne vous dit rien ?

Et au fait, y’a pas un journaliste français qui était témoin direct des événements au Rwanda, mais qui connaissait aussi le Burundi, l’Éthiopie, la Somalie ou encore tiens justement le Soudan, et qui a été assassiné, tiens tiens, en Cote d’Ivoire ?

La France en Afrique, c’est une grosse pelote où tout s’emmêle… Mais…

Il faut tirer tous ces fils, parce que c’est là, là ! Sous nos yeux !

Bon allez, merci à toute l’équipe de Là-Bas.

EDIT2020 – Ce site a perdu ses commentaires initiaux durant ses multiples réinstallations, les voici (récupérés sur Internet Archive) :

  • patfalc 9 jan 2007 à 10:37 pm

    ben moi, ça me parait clair…comme de l’eau de roche.vous avez raison d’insister sur les petites gens.Non seulement on ne veut pas les entendre mais en plus elle payent un max les conneries de certains hauts placés.

  • anton marie paule 2 juil 2007 à 11:42 pm

    pourquoi Vladimir Cagnolari n’est il pas present cette année? Soro Solo nous dit que son absence est independente de sa volonté. Est il malade? ou sa presence n’est elle pas la bien venue? j’ai écouté la premiere aujourd’hui, il manque quelque chose…. Vladimir, reviens nous!

Oxyures

J’avais décidé de mettre là quelques extraits écrits des « voeux » de Jacques Chirac. Finalement, je ne mettrai que quelques images qui sont plus parlantes :

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Dans la vie, ce qui est important, ce n’est pas ce que l’on dit, c’est ce que l’on fait. Il n’y a qu’a regarder autour de nous pour voir concrètement comment ça se passe… Poubelle donc.

Le « grand art », si tant est que l’on puisse appeler ça un art, de nos dirigeants et candidats à la dirigiature**, c’est de nous dire qu’ils ont compris ce que l’on veut tout en mettant tout en oeuvre pour faire exactement le contraire…

Et plus on est exigeant sur le résultat, plus ils répètent les mots qui comptent pour nous à tout bout de champ. Un exemple frappant cette année, c’est le couple de mots Services Publics.

Après nous avoir bassinés en nous disant que le service public était dépassé (qu’il fallait réduire), qu’il fallait réformer (privatiser), optimiser (supprimer le principe de péréquation), après nous avoir endormis avec notre modèle social « obsolète », comme nous sommes toujours attachés à nos valeurs, ils ont décidé de dire oui, tout en continuant à faire non.

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Bref, nous serions cons et arc-boutés sur nos valeurs (services publics, solidarité, justice, égalité, etc.) donc on va nous répéter les mots qui comptent pour nous, tout en continuant de tout détruire en se cachant derrière des traités européens signés par eux-mêmes. Et cerise sur le gâteau, on continue de se faire sermonner comme si nous étions anti-européens !

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Comme ça me fatigue au plus haut point de devoir répéter autrement les mêmes choses (ben oui les causes produisent les mêmes effets), je vais reprendre ce que j’avais écrit dans un commentaire sur un site Web après avoir entendu un discours de Jacques Chirac (un jour de crâmure** en banlieue) :

9 novembre 2005 : « Certains d’entre vous auront sans doute remarqué qu’il était visiblement particulièrement gênant pour le président de prononcer le mot « républicain » l’autre soir en s’exprimant* sur les événements.

Et pour cause, et c’est un simple constat, sa politique, comme celle de son prédécesseur (vous voyez, je ne m’encarte pas) n’a rien de républicaine. Encore là, ça allait, parce qu’ il pouvait parler de valeur républicaine en ne s’intéressant qu’à une seule de ses composantes : son bras armé. S’il s’était agi d’école, ou de santé, il aurait eu particulièrement mal à la gorge.

Tout un chacun peut constater que cette “valeur” est totalement tombée en désuétude : L’école laïque et républicaine est morte ou en passe d’être mise à mort.

La péréquation des ressources dans les domaines de l’aménagement du territoire, de la protection sociale, de la sécurité, de la santé et de l’éducation, valeurs fondamentales de l’état de droit républicain où tous les citoyens sont égaux en droits et en devoirs, ont été totalement abandonnés par la majorité des députés depuis de longues années.

D’ailleurs, le RPR n’existe plus, je pense que ça devait être intenable pour un groupement politique de porter cette revendication dans son nom alors que la politique qu’il mène, comme celle de ses prédécesseurs de droite comme de gauche depuis les années 70, va totalement à l’encontre de cette valeur, qu’il avait pourtant longtemps revendiquée en héritage de De Gaulle (qui doit se retourner dans sa tombe en voyant ce que ses fils spirituels font de la France).

* et j’ajouterai même, le dernier à avoir fait remarquer que « force devait rester à la loi » dans notre « république », c’était Mr Charles Pasqua lorsqu’il a fait abattre le forcené qui avait pris en otage des enfants dans une maternelle… Souvenez-vous.»

Je suis fatigué d’entendre constamment des gens comme Coppé, Sarkozy, Chirac, Royal, Le Pen, Deveidjian, Hollande, Strauss Kan, Fabius, De Villepin, Bayrou qui ne pensent pas un mot de ce qu’ils disent et qui ne s’intéressent qu’à leur prise de pouvoir. C’est à vomir. Ce qui reste incroyable dans ce contexte, c’est que personne ne croit un mot de ce que tous ces gens racontent, mais le bal continue.

Et je conclurai en interpellant ces oxyures :

Monsieur le Président, aucune des valeurs que vous avez défendues dans vos discours n’a été mise en oeuvre par vous-mêmes et vos différents gouvernements.

Jamais les Français n’ont eu autant de raisons d’avoir honte de vous et de vos agissements, et vos misérables simagrées devant les caméras ne dupent personne. Vous êtes le clown de la république et je vous mets au défi (vous et ceux de votre parti) de me faire taire en mettant concrètement en œuvre une politique conforme aux valeurs que vous prétendez avoir : celles de la République.

Aucun des candidats, de leurs valets, de leurs porte-voix et porte-drapeaux, n’a d’ambition pour la France autre que celle de son parti. Ils n’ont aucune vision, aucun courage, aucune conviction, aucune valeur.

Vous êtes tous incapables d’avancer sans des formules toutes faites prédigérées par des équipes de communicants.

Quel avenir allez-vous proposer aux hommes et aux femmes, aux enfants de ce pays, de l’Europe, si ce n’est des corrections et quelques mesures pour satisfaire telle ou telle classe, tel ou tel intérêt. Où est la capacité à définir et à mener une véritable vision d’avenir pour tous, où est la proposition pour un monde nouveau, un monde d’avenir ?

Là où les enjeux sont centrés sur l’avenir des Européens, dans un monde suffocant et implosant d’injustice, de misère, de pollution et de barbarie, vous ne proposez que des aménagements, des accompagnements, des pansements médiocres et sans lendemain.

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Lafayette aurait bien honte de vous voir galvauder le drapeau de ce pays.

**C’est la réponse de M. Mégot à Me Ségo

L’état de la France ?

Des grands mots, de l’emphase faussement humble dans cette très respectâââble Bibliothèque Médicis.

Réunis autour de l’inénarrable Jean-Pierre Elkabbach, Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), Olivier Pastré (Économiste, professeur à l’Université Paris VIII), Martin Hirsch (Président d’Emmaüs France), le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), et enfin, Jean-Jacques Vorimore (Président de France Export Céréales).

Le thème : Dans quel état sommes-nous ?
Que des hommes pour traiter de ce sujet, mais passons, on aurait sans doute eu Mme Parisot…

C’est évident, je vais trouver dans cette réunion de quoi satisfaire ma curiosité :

Jean-Pierre Elkabbach :
[…] « On va voir comment éclairer le monde et la France d’aujourd’hui. Mais vous avez tous plusieurs points communs, vous ne mâchez pas vos mots, et en tout cas, vous ne déguisez jamais vos solutions. »

Ah il l’aime le livre de Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), tous les autres invités, à part peut-être le général Jean-Pierre Kelche (Grand Chancelier de la Légion d’Honneur), ne sont là que pour faire bonne figure.

Michel Camdessus :

« Il faut remettre la France au travail ».
[…] « Un autre thème sur lequel nous avions mis le doigt, c’est celui de l’endettement, alors depuis, on a remis une couche si je puis dire avec le rapport que nous avons écrit avec Michel Pébereau ».

Jean-Pierre Elkabbach, s’adressant à Michel Camdessus :
« Vous dites, c’est la plus inacceptable des injustices, parce que ce sont les jeunes qui vont rembourser les dettes des aînés. »

(Donc c’est de ma faute si je dois rembourser la dette que Michel Camdessus et Jean-Pierre Elkabbach vont nous laisser, et vu leurs appointements, notamment celui de M. Elkabbach par les services publics, je vais devoir bosser un bon moment, mais bon).

Michel Camdessus :
« C’est exactement ça. Et bien cette idée, maintenant, me semble-t-il, elle sera incontournable dans le débat politique. Tout homme politique qui dira il n’y pas de problème de la dette, comme ils l’ont dit très souvent dans le passé sera tout de suite suspect ».

Jean-Pierre Elkabbach donne la parole à Olivier Pastré, attendant semble-t-il une sorte de confirmation des principes posés par Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France). Mais là, ce n’est pas tout à fait son propos…

Olivier Pastré :

« Je crois qu’il faut être anti-décliniste (mine sombre de Jean Pierre Elkabbach), il n’y a aucune fatalité, il y a beaucoup de marges de manœuvre, sous réserve que l’on ne sous-estime pas les contraintes qu’il y a aussi. Vous parliez de remettre la France au travail, une des questions fondamentale c’est : Quel travail ? Comment l’homme est dans l’entreprise et comment il arrive à l’entreprise. Et dans ce domaine-là, en matière éducative, on sait qu’il y a un besoin considérable, qu’on est en retard par rapport aux États-Unis, que le retard s’accroît… Il y a deux politiques possibles, une qui est plutôt tournée vers le service public, mais aussi vers l’efficacité*, et ce n’est pas contradictoire ; l’autre qui est plutôt pour l’autonomie complète des universités, la sélection, qui est plus libérale. Les deux sont compréhensibles, mais le problème c’est que, il faut que les hommes politiques, ou la femme politique, en parlent ! Or, notre inquiétude…

Jean-Pierre Elkabbach interrompant Olivier Pastré et tenant un propos incompréhensibles se terminant par :
« quantité de travail par âge actif ? » Il tourne la main vers Michel Camdessus, Gouverneur honoraire de la Banque de France) pour revenir au sujet important qui est que les Français ne travaillent pas assez…

Olivier Pastré visiblement pas décidé à approuver Michel Camdessus :
« La France est le pays développé dans lequel la productivité horaire des salariés est parmi les plus élevée, donc les Français sont très productifs. »

Jean-Pierre Elkabbach redonne la parole à Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France), attendant sans doute qu’il rebondisse et en « remette une couche » (sur le manque de travail des feignants que nous sommes).

Michel Camdessus (visiblement décontenancé et regardant Jean-Pierre Elkabbach, celui-ci semblant faire meilleur accueil à ses idées) bredouillant :

« Ils sont d’autant plus productifs, qu’ils travaillent moins ! »

Vous noterez comme moi la brillante démonstration du propos… Et il continue, bredouillant de plus belle :
« Et que ce sont les gens vers la tranche, euh, d’âge, où l’en est en effet très productif, que, qui sont au travail ».
Je vous laisse apprécier…

Voulant sans doute sortir Michel Camdessus (Gouverneur honoraire de la Banque de France) de l’embarras dans lequel il s’est mis, Jean-Pierre Elkabbach lui tend une perche :

Jean-Pierre Elkabbach :
« Quand ils veulent des emplois, est-ce qu’ils les ont, et est-ce qu’ils vont les avoir ? »
On change donc de sujet, d’ailleurs la pirouette marche :

Michel Camdessus, retrouvant son assurance et ses effets :
« Alors voilà, il y a plusieurs choses à faire, d’abord, il y a les emplois d’aujourd’hui et préparer les emplois de demain. »
Outre l’évidence de la sentence, y a-t-il là une démonstration ou une suite cohérente dans la démonstration ?

« Si nous avons un regard sur l’avenir, il est bien évident que la réforme de l’université est absolument essentielle, euh, pour le reste, euh, je crois qu’il faut aussi, euh, faire sauter tous les obstacles législatifs, réglementaires, qui font que l’entrepreneur, le petit entrepreneur en particulier, n’ose pas créer l’emploi ou les deux emplois de plus qu’il pourrait créer ».

Il finit sur une note guillerette, sans doute satisfait d’avoir pu conclure sur le cheval de bataille des ultras libéraux en s’appuyant sur un abus que nous sommes trop bêtes pour pouvoir déceler : « si nous avons un regard sur l’avenir… » c’est-à-dire que si l’on n’est pas d’accord avec lui, c’est que forcement, on n’a pas de vision d’avenir


Avant de passer à la suite, en tant que petit entrepreneur justement, je mesure tout le cynisme et le poujadisme crasseux de ces propositions… J’ai déjà longuement expliqué ici pourquoi, notamment dans cette note, où encore celle-ci, mais j’y reviendrais plus tard.

S’il y a bien une France qu’il faudrait remettre au travail, et bien j’ai envie de dire à M. Camdessus : « chiche ! » :

Ce doit être parce qu’il est plus habitué à côtoyer des barons du capital et des rentiers, qu’il doit avoir l’impression que la France ne travaille pas ; ou ne veut pas travailler. Il y a tant d’hommes et de femmes dans ce pays qui non seulement veulent travailler, qui voudraient se voir reconnaître la pénibilité de leur travail, qui voudraient ne pas revenir en arrière, que c’est de l’indécence de continuer à tenir de tels propos.

Homme de l’entregents des grands de ce monde, il doit y avoir bien longtemps qu’il n’a pas vu « de près » un travailleur pauvre, une infirmière, un prof de collège (qui fait bien plus de 35 heures), mais également les parents, un ouvrier, voire même un petit entrepreneur !

C’est sûr, travailler, c’est plus dur que de se tenir les bras en s’échangeant des idées toutes faites (par d’autres) avec des airs entendus, dans les fastueux couloirs des grandes institutions françaises et européennes (avec nos impôts donc)…

Après un petit échange fait des poncifs économiques sur la croissance, les pays émergeant etc., Jean Pierre Elkabbach passe la parole à Martin Hirsch qui avait bien des raisons d’être impatients, car comme il le dit, il fait partie « des gens qui remettent les gens au travail, en particulier ceux dont personne ne veut et qui souhaitent travailler ; des personnes considérées comme pas rentables, pas productives, pas capables de travailler, pas capables de s’inscrire dans une logique de production d’entreprise. »

Suivent des débats sur les institutions, la possible fusion GDF avec un opérateur privé etc.

Puis…

Jean-Pierre Elkabbach :
« Alors, général Kelche. Le président de la république vient d’inaugurer le nouveau musée de la légion d’honneur, près du musée d’Orsay au bord de la Seine, vous êtes magnifiquement installé, on passe devant souvent on ne sait pas que vous êtes là, portant haut les couleurs de la république, etc. Vous l’avez restauré, justement, c’était mérité. On sait généralement et confusément que vous formez les jeunes filles de la légion d’honneur… »

Général Jean-Pierre Kelche :
« Tout à fait. Deux maisons d’éducation, mille élèves. Les meilleurs résultats de Paris et de l’Île de France » (il fait un mouvement de la main ressemblant à un geste définitif).

Jean-Pierre Elkabbach :
« Très Bien et qu’est-ce qu’elles deviennent après ? »

Général Jean-Pierre Kelche :
« Toutes des études supérieures ! Mais certaines ont des cycles plus courts parce qu’elles ont une vocation. Par exemple j’ai deux petites qui sont venues pour le dix novembre à une cérémonie lire un texte en mémoire des poilus, et je les interviewé et elles m’ont dit : “on veut devenir sage femme”. Elles ont des niveaux extraordinaires. Un petit détail, elles sont littéraires, et je ne sais pas comment elles vont devenir sages femme. »

Jean-Pierre Elkabbach :
Étonné de l’inefficacité de l’honorable institution : « Mais pourquoi on ne les a pas décelées pendants leurs études ? »

Général Jean-Pierre Kelche :
« Ben simplement, elles ont une aptitude littéraire et non pas maths physiques, il faut passer par la première année de médecine. Je viens d’en parler au ministre. »

Bon, on n’est pas dans le même monde visiblement. J’adore aussi ce ton badin : « j’ai deux petites », façon, « j’ai fait le Congo, le Biaffra »… Ah mes petites Causettes…

Mais bon posons le parcours de l’homme :

Jean-Pierre Elkabbach :
« Vous qui avez été conseiller, si je me rappelle bien, des deux présidents, Mitterrand et Jacques Chirac, chef d’état-major des armées, vous qui avez fait face à… Des guerres ou des crises ? »

Général Jean-Pierre Kelche : « Des crises, pas de guerres. »

Jean-Pierre Elkabbach : « Combien ? Beaucoup ! »

Général Jean-Pierre Kelche : « Une dizaine… »

Jean-Pierre Elkabbach : « Lesquelles ? »

Général Jean-Pierre Kelche :

« Si vous voulez, l’Afrique, hélas l’Afrique, avec ses problèmes récurrents hein, mais disons la Côte d’Ivoire, le Congo euh, la RCA euh, y’en pas mal comme ça, la RDC, les Balkans, les Balkans qui sont loin d’être stabilisés avec une grosse crise au Kosovo tout à fait importante, et puis euh, le Liban bien sûr, mais qui à l’époque était un peu en, en montée en puissance, puis, ben l’Asie, l’Afghanistan…

Je passe sur les petites choses… Si je prends la peine de retranscrire tout ça, c’est parce que, vous vous en doutez, moi qui me posais des questions quand je regardais passer les troupes françaises qui débarquaient la nuit dans le port de Douala pour aller au Tchad, j’aimerais bien qu’il en lâche un peu plus que :

« On est très engagé sur les théâtres de crise avec l’armée professionnelle que l’on a constituée et qui marche bien, mais où il y énormément d’engagement, on demande beaucoup aux soldats français… »

Jean-Pierre Elkabbach :  « Vous qui avez lancé la réforme des armées […] vous avez imaginé lancer une fondation liée à la Chancellerie de la Légion d’honneur, euh, pourquoi faire, vraiment, et avec quels moyens, est-ce que c’est l’état qui vous a donné des sous, est-ce que vous vous addressez ? (la question est pas orientée déjà, mais justement, la réponse arrive).

Général Jean-Pierre Kelche :
« Ah non ! Pas de sous ! En fait j’ai posé le principe que la légion d’honneur, que ceux qui en font partie, qui font aussi partie de la médaille militaire et du mérite ont assez de conviction citoyenne pour ne pas avoir besoin de subventions de l’état […] si vous voulez, moi ce que je pense, j’écoutais tout à l’heure… »

Là on sent qu’il n’en peu plus de lâcher son mot, notamment à propos de la proposition de Revenu de Solidarité Active de Martin Hirsch, le Président d’Emmaüs France. Il y a bien là, deux France qui se regardent.

Général Jean-Pierre Kelche :
« L’état ne peut pas tout, cette société elle a besoin de la solidarité des citoyens, de l’engagement des citoyens. On ne réglera pas tout avec des règles de SMIC et de machin et de truc. Ce n’est pas possible ! Il faut remettre de l’humain. Et moi j’ai constaté une chose, j’ai lu le rapport Montaigne qui montre qu’il n’y a plus d’ascension sociale en France. En trente ans, le taux des élèves, faisant des études supérieures, issus des classes modestes, a été divisé par cinq. On va dans le mur ! »

Et il lui a fallu lire le rapport Montaigne pour ça. Ça me rappelle quand mon père demandait à sa secrétaire de lui rappeler la date de mon anniversaire… Et il poursuit :

« J’ai 500 000 décorés en France, c’est formidable, y’a une force, et normalement ce sont des gens de mérite, je pense qu’il n’y a pas trop d’erreurs, et à partir de là je leur dit : vous qui avez été reconnus faites quelque chose. Aidez les jeunes. Donc parrainage. On prend des jeunes boursiers méritants, en seconde, on les amène premier temps au Bac, on les accompagne trois ans ».

Jean-Pierre Elkabbach : Parainage ou paternalisme ?

Petits rires balayés par un « on me l’a déjà faite ».

Général Jean-Pierre Kelche :
« Une exigence, une exigence de comportement, vous voyez ce que je veux dire ? Un jeune n’a pas le droit de déroger aux règles des valeurs qui sont les nôtres, de comportement. En revanche, je cherche pas l’excellence à tout prix […] les boursiers méritants c’est excellent. Pourquoi ? Parce que c’est, les résultats au brevet des collèges, et c’est le comportement scolaire, la fameuse note qui fait d’ailleurs débat parmi les enseignants… Et je ne comprends pas pourquoi il y a un débat ! »

Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Donc on peut barbouser comme des bêtes dans la Françafrique (avec ou sans drapeau tricolore sur le treilli), on peut piller la France avec les comptes offshore, mais attention, pas de zéro de conduite au collège ! Sinon, on est un mauvais citoyen.

Général Jean-Pierre Kelche :
« Vous prenez une famille avec deux enfants. Deux SMICs : pas de bourse ! Qu’est-ce qu’on fait si il y a un potentiel ? Ben on fait rien. On l’arrête. On fait un caissier, une caissière. Et moi je vais arriver, avec mes moyens, que je suis en train de rassembler, je suis en train de faire le tour du CAC40 ! […] et c’est avec cet argent-là que je vais en fait compléter les ressources de la famille pour permettre de tenter l’aventure de l’enseignement supérieur… »

« L’ascenseur social est en panne » dit-il, et le voilà en justicier de la république, distribuant les bonnes âmes et des sous du CAC40 aux jeunes méritants, ceux qui n’auront pas eu de zéro de conduite. La condescendante charité des « grands de ce monde » se penchant sur la « France d’en bas », entre deux petits fours sur les parquets cirés de la république, est bien l’apanage de ceux pour qui « fraternité » ne revient à leur mémoire qu’une fois en haut de l’échelle, entre le champagne.

À l’américaine : des congrégations d’hommes et de femmes fortunés vont financer les études de quelques happy few triés sur le volet. Ça me rappelle la venue de La Jeanne (bateau école de la Marine nationale) dans le port d’Abidjan, où était organisé un bal pour lequel une sélection de jeunes filles du lycée Français était envoyée pour servir de « cavalières »…

Pour « contribuer à remettre en route l’ascenseur social », il faudrait peut-être se demander ce qu’il signifie !
S’il y a un haut dans la société, il y a donc un bas, et c’est bien là que le bas blesse. Parce qu’au mot fraternité qu’ils avaient déjà oublié, il faut ajouter le mot égalité.

« Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cours vous rendront blanc ou noir »

Au lieu de se contenter de mettre un petit pensement sur une béance, nos chers « papas » qui s’inquiètent pour nous feraient mieux de dénoncer l’entregents dont ils usent et qui permet de ruiner la France, justement.

Misérable condescendence de ces « hommes » fiers et droits…

La droite aujourd’hui, c’est l’art de ponctuer chaque discours de mot comme « social », « justice » ou « droit », comme si ça pouvait effacer la réalité des actes.

*Je ne sais pas si vous mesurez la lourdeur du contexte réactionnaire, ici de l’emprise idéologique ultralibérale, quand, lorsque l’on parle de service public, l’on se sent immédiatement obligé de préciser que ce n’est pas contradictoire avec efficacité !


Archive :
MPEG2 SD 5 Go, enregistrée sur Public Sénat, le 25 novembre 2006.
Copyright PUBLIC SENAT 2006

L’assassinat de Felix Moumié

La répression du parti UPC, l’Union des Populations du Cameroun, est sans doute une des plaies les plus honteuses dans la mémoire de la Françafrique.

Entre le génocide dont parle François Xavier Vershave dans son livre « La Françafrique », et les quelques centaines de victimes reconnues du bout des lèvres par Mesmer et Delauney, comment savoir ? Comme toujours quand il s’agit de l’Afrique, la désinformation et le silence, institutionnalisés, permettent au temps d’effacer les traces, de brouiller les pistes.


Extraits :

Jean-Martin Tchaptchet :
« On savait qu’un grand homme venait de disparaître, et que c’est un coup dur pour la résistance Camerounaise. »

Pierre Messmer :

« Lui, n’est intéressé, que par le combat pour le pouvoir. Il n’accepte aucune élection ! »

Marthe Ekemeyoung Moumié :

« Il y a eu la répression. Roland Pré est venu au Cameroun avec un programme : finir l’UPC en 6 mois ! »

Frank Garbely :
« La France en effet envoi un nouveau commissaire : Roland Pré. Les colons européens applaudissent ce choix, car Roland Pré va aussitôt s’attaquer à sa mission, liquider le mouvement d’opposition UPC. […] Contrairement à aujourd’hui, l’UPC de l’époque était un parti très puissant. Sous la présidence de Moumié, il volait de succès en succès, il était même devenu le plus grand parti du Cameroun. L’UPC comptait alors plus de 400 sections et chaque mois il s’en créait de nouvelles. »

Marthe Ekemeyoung Moumié :
« Roland Pré à fait une conférence, pour attaquer les UPCistes ; et Moumié a fait une contre conférence, pour démentir les choses que Roland Pré avait dites. Tout le monde a couru pour aller à la conférence. Les militaires étaient là, ils tiraient. Là c’est le commencement des émeutes. »

Frank Garbely :
« Le meeting du 25 mai 1955 se termine dans un bain de sang. Dans le seul quartier de New Bell, on dénombrera plus de mille morts. Commence une véritable chasse à l’homme, d’abord à Douala, puis dans tout le Cameroun. Partout, Roland Pré fait emprisonner les UPCistes, et les partisans de Moumié. Juillet 1955, l’UPC est interdite. Son fondateur, Miobé, passe à la clandestinité, le président Moumié s’enfuit à l’étranger. […] Finalement, le chef d’état de la guinée, le socialiste Sékou Touré le fait venir à Conakry. De là, Moumié combat avec succès, la puissance coloniale établie au Cameroun. C’est à l’ONU qu’il obtient son plus grand succès politique. Une majorité le soutient et réclame l’indépendance du Cameroun. Mais au même moment débarque au Cameroun un nouveau haut-commissaire : Pierre Messmer. »

La suite…

Jacques Vergès :

« Les prisons étaient des mouroirs où les gens étaient torturés, tués, nous étions en pleine illégalité. Il y a eu génocide, usage du Napalm contre des populations civiles. »


Film à voir et à revoir, parce que ce n’est pas dans nos livres d’histoire !
Interview du réalisateur sur le site Royaume Bamoun

Images extraites du documentaire :
L’assassinat de Félix Moumié – L’Afrique sous contrôle
Un film de Franck Garbely
© 2005 Triluna Film AG / ARTE / TSR / Aïe Production SA


Archive :
MPEG2 SD 1,5 Go, enregistrée sur ARTE, le 24 juillet 2006.
Note du 11 août 2006.

ITER, EPR (Élus Pour Rien) etc.

Quand j’étais adolescent, je m’amusais à fabriquer des petites bombes avec des récipients dans lesquels je réalisais une électrolyse de l’eau. De fait, ça m’a toujours paru étonnant que l’on accorde autant de place au pétrole et au nucléaire, quand on sait qu’on ne peut pas stocker l’électricité, et que l’hydrogène, c’est propre et que ça peut soit se brûler, soit s’utiliser dans des piles pour fabriquer de l’électricité. C’est étonnant que l’on tourne tout le temps autour du pot…

Pour sa consommation énergétique, l’humanité dispose déjà d’une formidable centrale thermonucléaire qui ne lui coûte rien, dont elle n’a pas à gérer les déchets, les risques d’explosion etc.

Est-ce que ça ne coûterait pas, tout de même, largement moins cher, de construire des pipelines d’eau de mer que l’on enverrait en plein coeur des déserts (d’Afrique, du Moyen Orient, du Mexique etc.), puis électrolyser cette eau grâce à de bêtes panneaux solaires. En plus, ça permettrait aussi d’apporter sur place de quoi faire de l’eau douce, et serait une bonne occasion de créer des infrastructures de transports ferroviaires…

Comme vous êtes bien formaté par « l’intérêt scientifique validé par l’économie de marché », vous me direz : « et le rendement » ?

Ah oui, ça le rendement, c’est là que l’on voit si le problème est traité de manière « sérieuse », par des scientifiques « sérieux », et pas des rigolos-écolos-cocos
Certains scientifiques et ceux qui financent la recherche (privés ou publics) posent toujours la question du rendement pour pousser de côté les solutions simples (simpliste ?) et pas cher.

Alors, bêtement, le problème du rendement :
Est-ce que convertir en électricité l’énergie de la fission de l’atome en chauffant de l’eau pour créer de la vapeur, puis en convertissant le mouvement de la vapeur en électricité (sans compter la perte d’énergie pour ensuite refroidir l’excès de chaleur ! non maîtrisée), c’est avoir un bon rendement ? Et que dire du rendement global si on compte la filière d’approvisionnement de la matière première, et de la gestion des déchets ? mmhh ? Niveau rendement, là, excusez du peu, ça coince quand même un chouïa…

Est-ce que convertir en électricité l’énergie de la fusion de l’atome en chauffant de l’eau pour créer de la vapeur, puis en convertissant le mouvement de la vapeur en électricité (sans compter la perte d’énergie pour refroidir l’excès de chaleur ! non maîtrisée), c’est avoir un bon rendement ?
Et que dire des investissements colossaux, pour la recherche dont on ne sait même pas si ça va réellement aboutir. Quid de la gestion des déchets (au moins tous les matériaux irradiés, ce qui n’est pas rien) ?

Dans les deux cas, que dire du rendement final de la production de l’hydrogène si ensuite, on utilise cette même électricité pour faire une électrolyse de l’eau ?

Bonjour « l’usine à gaz » !

Pour « le futur de l’humanité* », il y a même des programmes de recherche consistant à « produire » ou collecter de l’énergie dans l’espace, sur la Lune etc. puis l’envoyer sur la terre via des micro-ondes etc. Là aussi, pourquoi pas, mais le rendement ?

Ce ne sont pas les mégawatts qui arrivent déjà sur la terre qui manquent…
Les dirigeants africains et du moyen orient seraient d’ailleurs bien avisés d’utiliser leurs pétrodollars pour partir sur des solutions de ce type plutôt que de piller leur pays et/ou construire des hôtels climatisés, des îles artificielles, des parcs d’attraction pour « assurer » l’avenir de leur pays… Mais bon.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué (et cher) ?
Pour notre indépendance énergétique pardi ! Je croyais que l’on parlait de l’avenir de la planète ?
Sans doute aussi parce que ça permet à des industriels de rester des « acteurs privilégiés », mais bon, ça, on le savait déjà…

À quand un « ITER » Africain, c’est à dire un projet commun, basé sur des technologies actuelles, pour produire en masse de l’hydrogène dont l’occident va être très, très, très gourmand ?

P.S. :
Sur la même chanson de comment faire des gros chèques d’argent public à des industries privées :
Convertir l’énergie éolienne en électricité, n’est-ce pas aussi une aberration** du point de vue du rendement ?
Si on simplifie en disant que le vent c’est déjà à la base, de l’énergie solaire qui chauffe des masses d’air qui se mettent en mouvement. Pourquoi dépenser des fortunes en sursubventionnant avec des fonds publics des projets industriels privés qui de toute façon ne produiront même pas assez pour couvrir ne serait-ce que l’augmentation de la consommation de nos villes et de nos grandes surfaces éclairées comme en plein jour, de nos bâtiments en verre climatisés, de nos chauffages individuels électriques…
Pourquoi ne pas directement convertir l’énergie solaire là où elle se trouve ? (et aussi faire de réelles économies d’énergie)…

* C’est vrai que si nos dirigeants (on a ceux que l’on mérite) avaient un tant soit peu une once d’empathie pour « le futur de l’humanité », ça se saurait…

** Sans parler de la dépense énergétique de la fabrication, du transport des structures, de l’impossibilité de recycler les pales et autre matériaux composites, de l’énergie dépensée pour fabriquer les centaines de tonnes de béton des socles, de l’impossibilité de gérer et de planifier l’utilisation de cette source, et enfin, bien que ça, se discute, des nuisances…